La décision EUFOR RCA Bangui (presque) adoptée (MAJ)

(BRUXELLES2) La décision-cadre fixant le contenu de l'opération militaire européenne en République centrafricaine (EUFOR RCA) devrait être adoptée lundi (10 février) en point A par les ministres des Affaires étrangères.

Une dernière incertitude britannique

Cette adoption reste cependant conditionnée au feu vert du Parlement britannique. Le texte est prêt. Mais il manque encore la consultation, obligatoire, de la Chambre des Communes qui doit se prononcer (à chaque étape désormais) d'une opération de la PSDC. Le Foreign office a émis un avis favorable et incite "ses" députés à autoriser la décision comme un déploiement plus rapide. « Nous sommes d’avis qu’il y a un besoin urgent de déployer EUFOR aussi vite que possible pratiquement pour avoir le plus d’impact en République centrafricaine ». Et d’ajouter « Si les conditions se détériorent encore (sur le terrain), il sera plus difficile politiquement d’extraire (de RCA) une force de l’UE, bien que le mandat limité ait été agréé maintenant ». 

Objectifs

La mission aura plusieurs objectifs, comme l'établit la résolution de l'ONU, notamment assurer la protection de la population à risques, établir les conditions de sécurité propres à rassurer la population, créer les conditions de sécurité permettant une reprise de la situation économique, assurer la liberté de circulation des civils comme la sécurisation des mouvements des acteurs humanitaires, permettre une pleine capacité pour la Mission de sécurisation sous conduite africaine (MISCA).

Budget

Le budget financé en commun a été fixé à 25,9 millions d’euros pour six mois. Il est financé au titre du mécanisme Athena, par une contribution des Etats membres, proportionnelle à leur PIB. Une bonne partie des coûts devrait être affectée à l'installation des militaires européens sur place, notamment la préparation du terrain où seront logés les soldats (NB : avec la saison des pluies, ce terrain est relativement friable et instable. Il est nécessaire de drainer le terrain et acheminer des pierres pour stabiliser, explique un expert du dossier).

En revanche, « les frais de transport » et « d'infrastructures » (comme la location de containers) ne sont pas inclus dans cette enveloppe de financement selon une décision passée au sein du comité Athena passée le 3 février (NB : le budget proposé était de 39,6 millions d'euros). Comme l'a expliqué le ministre belge de la défense, Pieter de Crem, devant la Chambre des députés, ce sont « les États membres (qui) devront par conséquent assumer l’essentiel des coûts liés à cette opération ».

A noter que ce budget n'est pas négligeable, à comparer à l'opération EUFOR Tchad TCA en 2008 qui était de 100 millions d'euros pour un an mais pour environ 3500 personnels (dont 2000 soldats), établis sur plusieurs points du territoire (N'Djamena et Abéché pour le commandement, Iriba, Forchana, Goz Beïda au Tchad et Birao en Centrafrique pour les cantonnements des bataillons), avec mise en place d'une piste d'aéroport.

Chef de mission

Quant au nom du chef de mission, il est connu. Il s'agit de Philippe Pontiès (ainsi que les lecteurs de B2 le savent, lire : Le commandant d’EUFOR RCA Bangui nommé). et l'OHQ est celui de Larissa. La décision contient également les conditions habituelles de cadrage d'une opération de la PSDC : chaine hiérarchique (COPS et Haut représentant, rapports réguliers au Conseil - via le COPS - et au Comité militaire de l'UE) ; appel aux Etats tiers pour participation et statut des Etats tiers ; immunités et privilèges négociés avec l'Etat hote d'accueil (via le SOFA) ; activation du mécanisme de financement Athena ; classement "confidentiel" des informations sur l'opération.

Calendrier

La première conférence de génération de forces, au plan formel est prévu pour le 13 février. Restera ensuite à clore la procédure du SOFA (statut of forces), à boucler le plan d'opération. Quant à la décision de lancement, elle devrait être prise au 1er mars. Et le déploiement - côté du SEAE -  est espéré « au plus tard en mars ». L'opération se terminera au plus tard « six mois après la déclaration de la pleine capacité opérationnelle de la mission ».

(MAJ 6/2 - précisions budget et calendrier)