Accord Belgrade-Pristina. Une bonne nouvelle qui pose problème…

(BRUXELLES2) C'est en ses termes que s'est exprimé un diplomate d'un pays membre récemment en très petit comité. Pour les cinq pays qui, jusqu'ici, refusaient de reconnaitre le Kosovo comme Etat indépendant, l'accord survenu entre Pristina et Belgrade marque une étape. Certains pays - comme la Slovaquie ou la Grèce - pourraient d'ailleurs envisager une évolution de leur position.

Trouver une solution pour ne pas bloquer

Pour d'autres, comme Chypre ou l'Espagne, ainsi que le reconnait ce diplomate, « c'est une bonne nouvelle... qui pose problème ». Ainsi que nous l'a confié un ambassadeur, « il faut trouver une solution pour ne pas tout bloquer. Mais on ne peut pas reconnaître un Etat en donnant l'accord d'association et de stabilisation », qui est le premier pas vers l'adhésion.  L'idéal - poursuit-il - « serait que la Serbie reconnaisse le Kosovo ». Ce qui tirerait une épine du pied des pays qui disent non. Sinon... « Il va donc falloir être inventif » conclut-il évasif sur les solutions qui ne semblent pas encore agréés dans les capitales.

De "bonnes" raisons de bloquer

Chacun des 5 pays qui bloque a une "bonne" raison. Pour la Slovaquie, ce sont les problèmes avec la minorité hongroise (10% de la population tout de même), idem pour la Roumanie (avec la Transylvanie). Pour la Grèce c'est le problème avec la Macédoine et une certaine solidarité avec Chypre et "orthodoxe"avec la Serbie. Pour Chypre - qui est confronté au plus grave problème - c'est la coupure du pays en deux avec l'occupation du nord par la Turquie. Pour l'Espagne, c'est l'autonomisme basque mais surtout catalan maintenant. Mais cette comparaison ne tient pas tellement la route comme l'avouait récemment un négociateur espagnol, s'exprimant "à titre personnel". « Il est difficile de comparer la situation interne de la Catalogne et du Pays basque avec le Kosovo ».

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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