N°38. Brexit ou Remain. Quand le Britannique se tâte sur l’Europe (v8)

(B2) D'une simple promesse de campagne, le référendum sur le maintien (ou non) du Royaume-Uni dans l'Union européenne est devenu un véritable enjeu politique et un feuilleton qui a agité durant des mois l'Europe, l'obligeant à improviser une solution pour un problème qui n'avait pas été envisagé : le départ volontaire d'un de ses États membres.

Une lente promesse de campagne

Le 26 septembre 2007. Dans les colonnes du Sun, Cameron promet un référendum sur le traité de Lisbonne s'il arrive au pouvoir.

« Today, I will give this cast-iron guarantee: If I become PM a Conservative government will hold a referendum on any EU treaty that emerges from these negotiations.  No treaty should be ratified without consulting the British people in a referendum. »

Mardi 4 novembre 2009. Cameron renonce à sa promesse. Le traité de Lisbonne entre en vigueur avant que son parti gagne les législatives au printemps 2010.

Le 23 janvier 2013. David Cameron annonce, s'il est réélu en 2015, la tenue d'un référendum « Ce sera un référendum pour 'rester ou sortir' » de l'Union européenne, dans la première moitié de son mandat (2015-2017). « L'intérêt national britannique est mieux servi au sein d'une Union européenne flexible, adaptable et ouverte » plaide-t-il.

Jeudi 19 décembre 2013. A son arrivée au sommet européen, le Premier ministre britannique oppose un vibrant "No" à toute tentative de renforcer l'Europe de la Défense. Les Britanniques ont mis une série de clés s'opposant à toute conclusion trop ambitieuse. Une victoire considérée comme capitale à Londres pour illustrer la volonté britannique de stopper toute velléité de l'Europe de développer certaines de ses compétences. Lire : David Cameron sonne la charge (héroïque) …

Vendredi 28 novembre 2014. Dans un discours prononcé au siège de JCB à Rocester, David Cameron trace ses "lignes rouges" en matière de libre circulation des personnes. Il met en avant une revendication principale britannique : limiter les droits des migrants européens, durant 4 ans (lire le discours sur la BBC). Il en fait un test de son engagement dans la campagne pour le maintien dans l'UE. « Si j’y parviens, je ferai campagne pour maintenir ce pays au sein d’une UE réformée. Si nos inquiétudes ne trouvent aucun écho et que nous ne parvenons pas à modifier de manière plus avantageuse les termes de notre relation avec l’UE, alors bien sûr je n’exclurai rien ». Un propos qui suscite une certaine indignation dans les pays de l'Est qui ont apporté leur savoir-faire et leurs combattants en 1940-1945 à l'île britannique. Lire : Une ingratitude signée Cameron

Vendredi 8 mai 2015. Les conservateurs (tories) remportent haut la main les élections législatives au Royaume-Uni. La voie est ouverte aux négociations avec l'Union et à l'organisation du referendum d'ici la fin 2017. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, se montre conciliant. Lire : La Commission prête à négocier sur tout et sur beaucoup

Jeudi 15 octobre 2015. Au sommet européen, la question britannique est normalement à l'ordre du jour. Une réunion pour rien. Faute de proposition britannique, le point est reporté à plus tard. Les esprits sont concentrés sur la crise des migrants qui fait vibrer les frontières de la Grèce jusqu'à l'Allemagne en passant par les Balkans. Le Premier ministre britannique promet aux Européens d'envoyer, rapidement, ses revendications. Lire : Brexit. Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! *

Négocier un accord justifiant le maintien

Mardi 10 novembre 2015. David Cameron formalise, dans une lettre envoyée aux 28, ses revendications autour de quatre chapitres : 1) la gouvernance économique, zone Euro et Union bancaire ; 2) la compétitivité ; 3) la souveraineté, l'intégration politique et la subsidiarité ; 4) les avantages sociaux et la libre circulation. Télécharger la Lettre et le discours prononcé devant Chatham House. Le référendum est avancé à juin 2016.

Mercredi 2 décembre 2015. Le parlement britannique vote, à une nette majorité, des frappes en Syrie. Une victoire personnelle pour Cameron qui avait dû battre en retraite deux ans plus tôt (lire : Frappes en Syrie : not now ! répondent les Brit’. Un modèle à suivre ?). A l'occasion, la majorité s'est élargie à certains travaillistes. Un modèle que le Premier ministre compte reproduire dans la campagne européenne.

Jeudi 17 décembre 2015. Le sujet 'Royaume-Uni' est mis au menu du sommet des Chefs d'Etat et de gouvernement, qui se retrouvent pour une discussion « sans tabous », en format "Chefs seuls" sans assistant. Mais l'heure n'est pas, encore, à un accord. Lire : Au Conseil européen des 17 et 18 déc. *

2016

Mardi 2 février 2016, avant le sommet, le président du Conseil européen, Donald Tusk, présente un paquet détaillé de propositions *, permettant de résoudre les quatre grandes préoccupations soulevées par le Premier ministre britannique. Ce projet de décision répond à une alchimie très délicate, ainsi que le détaille une note confidentielle du service juridique. Lire : Le montage juridique très fin pour éviter le Brexit. Explication *

Lundi 8 février 2016. Une nouvelle version du projet de décision sur le Royaume-Uni est rédigée (Carnet 12.02.2016).

Mercredi 17 février 2016. Un nouveau projet de décision donnant à la Grande-Bretagne un opt-out politique et social, pour faire face au référendum sur le Brexit a été préparé par les 28 sherpas des dirigeants européens avant le sommet qui apporte une série de modifications. Lire : Trouver un accord pour éviter le Brexit : difficileS, au pluriel *

Vendredi 19 février 2016. La discussion entre les 28 leaders européens est difficile. Il faut du mélodrame. Le british breakfast se transforme ainsi en un lunch puis un dîner avant d'aboutir à un accord. En fin de soirée, David Cameron peut apparaître devant les caméras britanniques, clamant fièrement : « I have a deal ». Un « statut spécial » pour le Royaume-Uni est négocié. Accord qui n'entrera en application que si le "Oui au maintien dans l'Union" l'emporte au référendum. Lire : Brexit : Un accord au finish

Vendredi 15 avril 2016, démarre la campagne officielle entre le « Vote Leave » en faveur du « Brexit » et « The In Campaign » pour le maintien dans l'UE. Les sondages font du yoyo laissant entrevoir une marge très faible entre les deux votes.

SondageBrexit@YouGov1606Dimanche 15 mai 2016. Les insultes volent bas. Boris Johnson compare dans le Sunday Telegraph, l'Union européenne à Hitler. « Napoléon, Hitler, plusieurs personnes ont essayé de le faire, et cela s’est terminé de manière tragique. L’Union européenne est une autre tentative avec des méthodes différentes. »

Jeudi 16 juin 2016. Une députée travailliste, qui fait campagne pour l'UE, Joe Fox est agressée mortellement dans les rues de Birstall (Yorkshire), par un homme isolé. Atteinte de plusieurs balles et coups de couteaux, elle décède de ses blessures à l'hôpital. Un homme est arrêté. La campagne fait une pause. Le "Brexit" qui semblait l'emporter dans les sondages régresse laissant la place au "Remain".

Jeudi 23 juin 2016. Les Britanniques passent aux urnes. Les bureaux de vote sont ouverts de 7h à 22h locales (23h continent). L'Europe retient son souffle dans l'attente du résultat qui n'est connu que dans la nuit. La participation est importante (72%). Les premiers sondages qui tombent annoncent un 'Remain' gagnant à 52% (YouGov) voire 54% (IpsosMori)...

Le tonnerre du Brexit

Vendredi 24 juin 2016. La réalité s'impose au petit matin : c'est l'inverse. BREXIT ! à presque 52%. L'Angleterre (qui reste la plus peuplée) a voté largement en faveur d'une sortie de l'Union européenne. Lire : God save … l’Angleterre et l’Europe ! Ce vote suppose une vraie inconnue en Irlande du Nord et pour le processus de paix. Lire : La question irlandaise ressurgit

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A Londres, David Cameron annonce sa démission d'ici octobre. Les réactions fusent. Lire : Brexit. Un résultat qui sème le trouble en Europe et ailleurs *

Un nouveau chapitre de l'histoire européenne s'ouvre. Une conférence extraordinaire des présidents du Parlement européen est convoquée. Et une rencontre exceptionnelle se déroule au matin entre les '4 présidents de l'Europe' : Jean-Claude Juncker (Commission européenne), Martin Schulz (Parlement européen, Donald Tusk (Conseil européen), Mark Rutte (présidence néerlandaise de l'UE). Lire : Face au Brexit, le mantra de Juncker, Tusk, Schulz et les autres *

Samedi 25 juin 2016. Réunion des chefs de la diplomatie des six pays fondateurs de l'UE à Berlin : Frank-Walter Steinmeier (Allemagne), Jean-Marc Ayrault (France), Paolo Gentiloni (Italie), Bert Koenders (Pays-Bas), Didier Reynders (Belgique) et Jean Asselborn (Luxembourg). Les six réaffirment leur « confiance dans notre avenir européen commun ».

Lundi 27 juin 2016. Réunion à Berlin du G3 Angela Merkel (Allemagne), François Hollande (France), Matteo Renzi (Italie). Avant même le sommet formel à 27, ils donnent en fait la feuille de route des prochains mois fixant même un nouveau rendez-vous en septembre à 27. Lire : Penser l’UE à 27 : le message très politique du G3 *

Mardi 28 juin 2016. Le Parlement européen se joint, dans une session extraordinaire, aux autres institutions européennes pour demander l'activation « immédiate » de la clause de retrait de l'UE. Lire : Le Parlement dit à Londres de s’activer, aux 27 de s’engager. Farage exhulte*

Mardi 28 juin 2016. Sommet européen. Un dîner d'explication a lieu le soir avec David Cameron. Lire : Un Sommet européen (28 et 29 juin 2016) avec et sans Cameron*

Mercredi 29 juin 2016. Première réunion des dirigeants à '27' (hors Royaume uni) à Bruxelles. Lire : Brexit. La tristesse passée. Les 27 s’organisent pour une nouvelle vie*

Vendredi 1er juillet 2016. Début de la présidence slovaque de l'UE

Les vendredi/samedi 8 et 9 juillet 2016. Au sommet de l'OTAN Varsovie, le Brexit en arrière cour de toutes les discussions. Une déclaration du Hilton

Vendredi 8 juillet 2016. Le gouvernement britannique de David Cameron démissionne, sa ministre de l'Intérieur Theresa May devient Premier ministre. Lire : UK : Boris au Foreign Office, Michael reste à la Défense, Amber à l’Intérieur*

Le 16 septembre 2016. Sommet informel à '27' à Bratislava pour organiser le futur de l'Union européenne. Lire : La déclaration de Bratislava : faible sur la défense, ni une feuille de route ni un processus

Mi-octobre 2016. Les premiers pas de ce que veulent (vraiment) les Britanniques sur la PSDC

2017

Mercredi 17 janvier 2017. Dans un discours, Theresa May campe une position dure sur le Brexit. Donnez-nous un accord équitable ou vous le paierez cher (Give us fair deal or you'll be crushed) titre The Times. Dans son discours, elle confirme également que le Royaume-Uni veut rester arrimé à la politique extérieure européenne.

Mardi 24 janvier 2017. La Cour suprême du Royaume-Uni estime que le gouvernement doit soumettre au Parlement un projet de loi déclenchant le Brexit. Jugement approuvé par huit voix contre trois.

Mercredi 8 février 2017. Les députés de la Chambre des Communes approuvent le projet de loi du gouvernement conservateur donnant à la Première ministre, Theresa May, le pouvoir de déclencher le processus de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (par 494 voix contre 122). Début mars, la Chambre des Lords accepte le projet de loi avec un amendement fondamental : la possibilité en fin de négociation de se prononcer dans le cadre d'un vote sanction (accepter ou non l'accord), il poste aussi comme condition des garanties pour les Européens expatriés au Royaume-Uni.

Lundi 6 mars 2017. Réunis à Versailles, les quatre principaux pays européens dressent leurs priorités dans l'Union européenne du futur, sans le Royaume-Uni. Lire : Le sommet de Versailles donne le cap vers une Europe à plusieurs vitesses

Mercredi 29 mars 2017. Près de neuf mois après le référendum, Theresa May adresse à l'Union européenne sa lettre officielle demandant le divorce (signée la veille). C'est le déclenchement officiel de la période de deux ans (maximum, théoriquement), prévue à l'article 50 du Traité.

Mardi 18 avril 2017. Theresa May provoque la surprise en convoquant des élections législatives anticipées. Décision approuvée par la Chambre des Communes par 522 voix contre 13 le lendemain.

Samedi 29 avril 2017. Réunis en sommet à Bruxelles, les 27 définissent leurs lignes d'orientation pour la négociation. Lire : Front commun des 27 pour définir les lignes de négociations pour le Brexit

Mercredi 3 mai 2017. Le dîner prévu à Londres entre le président de la Commission Jean-Claude Juncker et la Première ministre Theresa May tourne à l'aigre. Le récit d’un dîner catastrophe (Courrier international).

Jeudi 8 juin 2017. Elections législatives au Royaume-Uni. Elles ont été maintenues malgré deux attentats à Manchester et à Londres. Affaiblie, Theresa May perd sa majorité absolue, avec 318 députés (-12), le Labour en compte 262 (+30). Elle espère compter sur le soutien du Parti démocratique unioniste (DUP), nord-irlandais.

Lundi 19 juin 2017, un an après le vote sur le Brexit, les négociations démarrent enfin. Le calendrier des négociations du Brexit défini.

Mercredi 12 juillet 2017, après avoir fait le point sur les négociations devant la Commission européenne, Michel Barnier presse les Britanniques d’accepter de négocier la facture du divorce, contestant ainsi l'analyse du ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, estimant les prétentions européennes exorbitantes. (déclaration) La Commission européenne fixe, dans une série de papiers, ses positions de négociation sur la coopération policière et judiciaire, sur les procédures judiciaires et sur le traité Euratom (sécurité nucléaire, équipements et matériaux nucléaires).

Mercredi 19 juillet 2017, les membres de la Chambre des communes dressent les enjeux pour le Royaume-Uni sur la politique de sanctions internationales après le Brexit (dossier d'audition)

Jeudi 20 juillet 2017, le second round de négociations de quatre jours prend fin. L’UE et Londres campent sur leurs positions. Les points de désaccord sont identifiés : les obligations budgétaires de Londres et le rôle de la Cour de justice de l’UE (CJUE) dans la protection des droits des citoyens, après le Brexit. « Le troisième cycle doit servir à clarifier les choses », souligne le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier. Les prochaines négociations auront lieu le mois prochain. (déclaration)

Jeudi 31 août 2017, Michel Barnier annonce, suite au 3e round de négociations, des « clarifications utiles sur beaucoup de points » mais « aucun progrès décisif sur les sujets principaux même si la discussion sur l'Irlande a été fructueuse ».

Jeudi 7 septembre 2017, la Commission européenne et le Royaume-Uni présentent leur position sur la question des deux Irlandes. (proposition Commission / position UK)

Jeudi 28 septembre 2017, à l'issue du 4e round de négociations, le négociateur pour l'Union européenne affirme que « les progrès ne sont pas suffisants ».  Deux accords sont trouvés sur l'applicabilité directe de l'accord de retrait dans le droit britannique et sur la garantie de l'accord du Vendredi Saint et le maintien de la zone commune de voyage.

Jeudi 12 octobre 2017, le 5e round de négociations s'achève sur une déclaration de Michel Barnier rappelant l'importance du « respect de tous les engagements pris à 28 ».

Vendredi 10 novembre 2017, le négociateur européen pour le Brexit pose un ultimatum de deux semaines aux Britanniques pour leur permettre de répondre aux trois points de blocage (le règlement financier, le droit des non britanniques résident en Grande-Bretagne, la frontière entre l'Irlande du Nord et Sud), lors d'une conférence de presse en présence du ministre britannique David Davis.

Mercredi 29 novembre 2017, lors de la conférence sécurité et défense de Berlin, Michel Barnier, évoque la place du Royaume-Uni dans la défense européenne. Lire : Michel Barnier trace les traits d’un partenariat défense avec le Royaume-Uni et fixe des lignes rouges

Vendredi 8 décembre 2017, la Commission clôt la première phase de négociation du Brexit (lire : Fumée blanche sur le Berlaymont. Premier accord sur le Brexit) et met l'accent sur l'importance de respecter la stabilité de l'Irlande du Nord dans la suite des discussions (lire : Brexit. Les 28 choisissent les principes de la stabilité pour l’Irlande du Nord).

Vendredi 15 décembre 2017, les 27 Chefs d’État et de gouvernement (sans le Royaume-Uni) lancent la seconde phase des négociations du Brexit, lors du Sommet européen. Lire : Brexit. La seconde phase est lancée

2018

Jeudi 18 janvier 2018, la France et le Royaume-Uni se réunissent à l'occasion d'un Sommet à Sandhurst. Lire : Paris s’engage. Après le Brexit, les Britanniques devront avoir un accès au fonds européen de défense

Mercredi 24 janvier 2018, le groupe de travail de Michel Barnier publie un document encourageant à une coopération étroite entre l'UE et le Royaume-Uni, en matière de politique étrangère, sécurité et défense. Lire : Défense et sécurité : les 27 veulent une coopération « ambitieuse » avec le Royaume-Uni

Mercredi 28 février 2018, la Commission européenne présente un projet de Traité organisant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne et la période de transition jusque mars 2020. (communiqué et projet de traité)

Dimanche 18 mars 2018, le comité parlementaire britannique qui supervise les négociations du Brexit publie un rapport et annonce un potentiel retard dans le retrait du Royaume-Uni, étant donné les faibles progrès sur certaines questions (frontière irlandaise et droits des citoyens européens notamment).

Mars 2018. Les Britanniques sortent des battlegroups. L’UE quasiment sans force de réaction rapide au 2e semestre 2019

Vendredi 23 mars 2018, lors du Conseil européen, les 27 Chefs d’État et de gouvernement ont adopté les principes directeurs ouvrant la voie aux négociations. Lire : Feu vert pour les négociations sur les futures relations post 2020 avec le Royaume-Uni. En plus, entre Londres et Bruxelles, il semble y avoir une entente cordiale sur la défense.

Jeudi 12 avril 2018. C'est confirmé officiellement, Madrid et Paris font front commun pour reprendre le QG de l’opération Atalanta.

Jeudi 24 mai 2018. Nouveau round de négociations du Brexit. Face aux propositions britanniques en matière de sécurité, jugées excessives, la réponse européenne a été exceptionnellement dure. Mais malgré plusieurs points de divergences affichés publiquement, s'esquissent de nombreux points de rapprochement. Lire : Brexit is Brexit. Un État tiers ne peut prétendre participer aux décisions. Accords et désaccords

- Une note est diffusée. L'intention est de mettre en place une coopération renforcée post-Brexit sur la sécurité entre Européens et Britanniques. En somme, Londres prône un vaste accord de sécurité : le beurre, l’argent du beurre et le parapluie de la comtesse

- Londres veut continuer de participer au programme européen de navigation par satellite Galileo. Face aux objections de la Commission européenne, Londres utilise la menace et la bataille de Galileo tourne au vinaigre.

Jeudi 7 juin 2018. Theresa May soumet un plan en vue de faire avancer les négociations. Le document propose d'accorder un statut britannique et européen à l’Irlande du Nord afin qu’elle puisse commercer avec l’Union et à instaurer une zone tampon qui permettrait d’éviter le rétablissement d’une frontière physique avec la République d’Irlande. L’UE n'est pas convaincue par la proposition britannique.

Mercredi 13 juin 2018. Les eurodéputés se prononcent en commission constitutionnelle lundi (11 juin) et lors de la session plénière à Strasbourg mercredi, sur la nouvelle redistribution des sièges après Brexit.

Lundi 25 juin 2018. Le conseil des ministres de la Défense doit approuver de confier les rênes de l'opération anti-piraterie de l'UE à deux structures nationales : l'une à Rota (Espagne) purement militaire (chargée d'assurer le quartier général de commandement et conduite des opérations OHQ), l'autre située à Brest (France) chargée de faire la liaison avec le monde maritime civil (MSCHOA), ils prennent le relais de Northwood (Royaume-Uni), Brexit oblige.

Vendredi 29 juin 2018. Au Conseil européen, les dirigeants européens adoptent des conclusions sur le Brexit. « Aucun progrès substantiel » n'a été fait sur certaines questions aussi essentielles comme celle de la frontière irlandaise. Alors, l’UE se prépare au scénario du pire.

Dimanche 8 juillet 2018. Le ministre chargé du Brexit David Davis annonce sa démission. « The general direction of policy will leave us in at best a weak negotiating position, and possibly an inescapable one », écrit le ministre dans sa lettre comme le rapporte la BBC. Il est remplacé par Dominic Raab, jusque là Secrétaire d'État au Logement. Le ministre délégué au Brexit, Steven Baker, a également annoncé sa démission.

Lundi 9 juillet 2018. Le ministre aux Affaires étrangères Boris Johnson démissionne, Jeremy Hunt, ministre à la Santé et la protection sociale le remplace alors. Johnson écrit que « le rêve du Brexit est en train de mourir ».

Jeudi 19 juillet 2018. La Commission européenne présente une communication sur le futur accord de retrait avec le Royaume -Uni. Elle veut « être préparée pour les deux possibilités », qu'un accord soit trouvé ou non.

19 et 20 septembre 2018. A l'occasion du Sommet informel de Salzbourg, Theresa May présente aux chefs d'Etat et de gouvernement les propositions pour la future relation UE-Royaume-Uni, listées dans le plan de Chequers. Celles-ci ont été rejetées en bloc par les 27. Lire: Brexit: De Salzburg à Bruxelles, un moment de dramaturgie européenne. 

Mercredi 17 octobre 2018. Les négociations sur le Brexit au Sommet européen à Bruxelles se terminent par un échec.

Mardi 13 novembre 2018. Un accord de sortie du Royaume-Uni est trouvé.

Mercredi 14 novembre 2018. Le cabinet de Theresa May valide l'accord de sortie, évitant une frontière dure entre les deux Irlande.

Jeudi 15 novembre 2018. Quatre ministres et secrétaires d'Etat annoncent leur démission à la suite de l'accord de sortie, notamment Dominic Raab, jusqu'alors en charge des négociations du Brexit. Ils marquent ainsi leur profonde opposition avec l'accord de sortie adopté.

Jeudi 22 novembre 2018. Le projet de déclaration politique sur les relations futures entre l'Union européenne et le Royaume-Uni est finalisé et envoyé aux Etats membres. Le président de la Commission européenne envoie une lettre au président du Conseil européen Donald Tusk à ce sujet.

Dimanche 25 novembre 2018. Les Chefs d'Etat et de gouvernement des 27 ainsi que Theresa May donnent leur feu vert à l'accord de retrait du Royaume-Uni. Cet accord est attaché à une déclaration politique définissant les grandes orientations de la future relation. L'accord sur le Brexit est scellé, les européens un peu tristes, mais unis et soulagés.

Lundi 10 décembre 2018. La Cour de Justice de l'Union européenne a confirmé l'avis de son avocat général sur l'interprétation de l'article 50. Un Etat peut donc révoquer unilatéralement sa volonté de sortir de l'Union européenne.

Jeudi 13 et vendredi 14 décembre 2018: L'agenda du Sommet européen est modifié pour que la question Brexit soit discutée au dîner, dans un format à 28. Une réunion suit avec Michel Barnier pour décider de la réponse à donner aux Britanniques, et pour la préparation d'un éventuel no-deal. Le message transmis par les 27: le traité de retrait du Royaume-Uni n'est « pas ouvert à une renégociation ».

Mercredi 19 décembre 2018, la Commission européenne propose de modifier le règlement n°428/2009 du Conseil sur l'exportation de certains biens à double usage pour inclure le Royaume-Uni dans la liste des pays « à faible risque », bénéficiant d'une autorisation générale d'exportation de l'Union ("EU001"), au même titre que l'Australie, le Canada, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Suisse et les États-Unis. (proposition)

2019

Mardi 15 janvier 2019, la Chambre des Communes rejete l'accord par 432 voix contre 202, les députés britanniques votent contre le plan défendu par Theresa May. Elle doit maintenant faire face à une motion de censure déposée par le Labour.

Mercredi 16 janvier 2019, les députés britanniques rejettent la motion de censure par 325 voix contre 306, soit une marge de seulement 19 voix.

Jeudi 7 février 2019, Première ministre britannique Theresa May et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker se rencontrent à Bruxelles. Rencontre « robuste mais constructive ». (communiqué)

Mardi 5 mars 2019, visite de la Haute représentante de l'UE Federica Mogherini à Chypre, pour tenter de régler les problèmes dans l'hypothèse d'un no deal. La difficulté provient des deux bases de souveraineté britannique sur l'île, qui ont une quasi-totale libre circulation des personnes et des biens, ainsi que l'usage de l'Euro.

Jeudi 21 février 2019, rencontre supplémentaire entre la Première ministre Theresa May et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Ils ont prévu de se reparler avant la fin du mois.

Mardi 26 février 2019, la Première ministre Theresa May lors d’un discours à la Chambre des communes

Mardi 12 mars 2019, la Chambre des Communes rejette à une large majorité (391 voix pour, 242 contre) l'accord avec l'Union européenne. Le lendemain, le 13 mars 2019, elle rejette l'hypothèse d'une sortie de l’Union Européenne sans accord (no deal) à une très courte majorité (312 pour, 308 contre). Michel Barnier se montre pessimiste dans un tweet. « L'Union européenne a fait tout ce qui était en son pouvoir pour aider à faire passer l'accord de retrait sur la ligne. L'impasse ne peut être résolue que dans le Royaume-Uni. Nos préparatifs 'sans accord' sont maintenant plus importants que jamais. »

Jeudi 14 mars 2019, le Parlement britannique vote à une large majorité (412 pour, 202 contre) le report du Brexit au 30 juin, comme l'a demandé la Première ministre britannique, Theresa May.

Jeudi 21 mars 2019, après une lettre adressée à Donald Tusk par Theresa May, dans laquelle elle demande le report du Brexit au 30 juin, les 27 expriment leur exaspération lors du sommet. Ils conviennent que le Brexit sera repoussé au 22 mai (avant les élections européennes), à la condition que la Chambre des Communes l'accepte. Toutes les options restent ouvertes jusqu'au 12 avril.

Le 25 mars 2019, la Commission européenne affirme avoir achevé ses préparatifs en vue d'une Brexit sans accord. « Il devient de plus en plus probable que le Royaume-Uni quitte l'Union européenne sans accord le 12 avril »n indique la Commission européenne. (communiqué, site sur la préparation du Brexit, site d'information des États membres)

Mercredi 27 mars 2019, la Chambre des Communes rejette les huit options alternatives envisagées sur le Brexit. Parmi ces options, figurent la sortie sans accord (no deal), une union douanière avec l'Union européenne ou encore une révocation du Brexit (liste des motions soumises). Ces votes ne sont qu'indicatifs et non obligatoires. Le seul vote 'réel' et positif est celui de repousser la date du Brexit (en cas de non accord) au 12 avril, comme l'avait décidé le Conseil européen, sur demande de Theresa May. Vote acquis par 441 voix pour et 105 contre.

Vendredi 29 mars 2019, les députés de la Chambre des Communes rejettent, pour la troisième fois, l'accord de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne par 344 voix contre 286, le jour même de la date initialement prévue pour le Brexit. Lire : Un Brexit repoussé de quelques semaines…  Le président du Conseil européen Donald Tusk annonce la tenue d'un sommet européen extraordinaire le 10 avril.

Mardi 2 avril 2019, après une réunion longue du cabinet (gouvernement) britannique, Theresa May offre « pour lever le blocage, de rencontrer le chef de l’opposition ». Objectif : « convenir d'un calendrier pour que ce projet de loi garantisse son adoption avant le 22 mai, afin que le Royaume-Uni n'ait pas à prendre part aux élections au Parlement européen ». Dans la foulée, elle annonce vouloir demander aux Européens une « nouvelle extension de l'article 50 – une version aussi courte que possible et qui prend fin lorsque nous passons un accord ». (déclaration)

Mercredi 10 avril 2019, après de longues discussions, les 27 chefs d'État et de gouvernement se mettent d'accord pour donner un délai supplémentaire de six mois au Royaume-Uni pour trouver un accord sur le Brexit. Le délai est alors reporté au 31 octobre 2019. Lire : Le Brexit reporté au 31 octobre au plus tard… (V2)

Vendredi 24 mai 2019, la Première ministre britannique, Theresa May, annonce qu’elle démissionnera comme chef du parti conservateur le 7 juin. Elle précise que « le processus d’élections d’un nouveau dirigeant commencera la semaine suivante » et « regrette profondément de ne pas avoir été capable de mettre en œuvre le Brexit ». (déclaration)

Dimanche 26 mai 2019, aux élections européennes, le parti de Nigel Farage, le 'Brexit Party' est le plus voté au Royaume Uni (29 sièges), suivi de loin des LibDem (16 sièges) et Labour (10 sièges). Les conservateurs sont les grands perdants avec seulement 4 sièges. Le parti vert et les nationalistes écossais augmente les leurs (7 et 3 respectivement) tandis que quelques sièges sont glanés au passage par d'autres groupes régionalistes. Les mandats de ces eurodéputés s'arrêteront automatiquement au moment où le Royaume-Uni quittera officiellement l'UE. Lire : Le retour des Britanniques au Parlement européen… avant leur départ. Le casse-tête expliqué (V2)

Jeudi 13 juin 2019, le ministère de la Défense britannique publie un memorandum préparant la sortie de l'Union européenne. Cet outil juridique prévoit diverses mesures pour faire face au Brexit, notamment en provisionnant des fonds pour les entreprises du secteur de la Défense engagées dans le programme européen de recherche de défense et qui souffriraient de ruptures d'activités en lien avec l'UE. (texte et memorandum)

Mardi 16 juillet 2019, devant la plénière du Parlement européen, la candidate à la présidence de la Commission, Ursula von der Leyen, déclare qu'elle est « prête pour une nouvelle prolongation de la date de retrait si plus de temps est nécessaire pour une bonne raison » à propos du Brexit.

Mardi 23 juillet 2019, Boris Johnson est élu chef des Tories par les membres du parti conservateur (66% des voix), en battant son opposant du dernier tour, Jeremy Hunt. Il prend ses fonctions de premier ministre le lendemain, remplaçant ainsi Theresa May. Lire : Boris Johnson devient le nouveau Premier ministre du Royaume-Uni

Dimanche 18 août 2019, le gouvernement de Boris Johnson révoque l'acte d'adhésion du Royaume-Uni à l'UE de 1972. « Nous quittons l'UE le 31 octobre. La signature de ce document signifie que nous reprendrons le contrôle de nos lois le jour du Brexit » déclare Steve Barclay, le secrétaire d'État chargé du Brexit. (communiqué)

Mardi 20 août 2019, le gouvernement britannique fait savoir qu'il ne participera plus à toutes les réunions au niveau européen. Le Royaume-Uni continuera d'assister aux réunions « quand cela est dans son intérêt ». Cinq domaines sont définis dans le communiqué comme prioritaires où la participation britannique sera requise : « les réunions sur la sortie du Royaume-Uni, la souveraineté, les relations internationales, la sécurité et les questions financières ». Lire : Le Royaume-Uni aux abonnés absents dès le 1er septembre

Mercredi 28 août 2019, le gouvernement annonce suspendre le Parlement britannique à partir du 9-12 septembre jusqu'au 14 octobre 2019, une annonce approuvée par la reine.

Vendredi 30 août 2019, la Commission européenne confirme que le négociateur britannique pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE, David Frost, a demandé l'organisation de réunions deux fois par semaine à partir de septembre.

Mardi 3 septembre 2019, après qu'une vague de députés conservateurs opposés à la suspension du parlement aient quitté le parti dans les derniers jours, le député Phillip Lee se 'rebelle' à son tour et rejoint les LibDem. Il retire ainsi aux Tories leur majorité au parlement britannique. Les députés britanniques votent et prennent le contrôle de l'agenda de la Chambre des Communes. Le Premier ministre, Boris Johnson, menace d'élections anticipées.

Mercredi 4 septembre 2019, le Parlement britannique rejette la demande d'élections du gouvernement de Boris Johnson. Le chef de l'opposition, le dirigeant du Labour, Jeremy Corbyn, avait déclaré n'accepter des élections que si la législation qui permettrait d'empêcher un no deal était passée par le Parlement.

Vendredi 6 septembre 2019, la Chambre des Lords passe la législation qui oblige le gouvernement britannique a demander une extension à l'UE s'il n'arrive pas à avoir un nouvel accord de départ et si, en l'absence de ce dernier, le Parlement refuse d'accepter un no deal.

Lundi 9 septembre 2019, dans la Chambre des communes britannique, John Bercow, le président de la Chambre (Speaker), annonce qu'il quittera son poste aux prochaines élections ou le 31 octobre 2019, dépendant duquel arrive en premier.

Mardi 10 septembre 2019, dans les petites heures du matin, Boris Johnson annonce la suspension du parlement britannique.

Mercredi 11 septembre 2019, la plus haute instance judiciaire civile écossaise déclare la suspension du Parlement du Royaume-Uni illégale.

Lundi 16 septembre 2019, le premier ministre Boris Johnson rencontre Jean-Claude Juncker au Luxembourg. Il en profite pour rencontrer également Xavier Bettel, son homologue luxembourgeois, mais l'abandonne au moment de la conférence de presse. (tweet)

Mardi 24 septembre 2019, la cour suprême du Royaume-Uni déclare la suspension du Parlement illégale. (arrêt)

Mercredi 2 octobre 2019, le gouvernement britannique publie des documents (note) sur le Brexit, premiers documents concrets depuis des semaines. Cependant, pour le Parlement européen, « les dernières propositions du Royaume-Uni n’offrent pas les garanties nécessaires à l’UE et à l’Irlande ». (communiqué)

Mardi 8 octobre 2019, l'exaspération gagne. Le président du Conseil européen Donald Tusk résume, dans un tweet, le sentiment prévalent à Bruxelles de ces dernières semaines par rapport au Brexit. « Vous ne voulez pas d’accord, vous ne voulez pas de prolongation, vous ne voulez pas révoquer, quo vadis ? » 

Jeudi 10 octobre 2019, lors d'une rencontre entre Boris Johnson et le premier ministre irlandais, Leo Varadkar, les discussions ont l'air de s'intensifier, avec un sentiment d'urgence qui plane. Lire : Brexit : ça avance enfin ? Une frontière douanière en mer d’Irlande

*Vendredi, 11 octobre 2019, les discussions s'intensifient entre Britanniques et Européens amenant un certain vent d’optimisme pour la première fois depuis plusieurs semaines. « Nous intensifions les discussions techniques avec le Royaume-Uni au cours des prochains jours, dans un esprit constructif », déclare Michel Barbier dans un tweet. Il y a « la volonté de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour parvenir à un accord, dans le plein respect de nos principes ».

*Mardi 15 octobre 2019, au Conseil des Affaires Générales, aucun texte n'est posé sur la table.

*Jeudi 17 octobre 2019, les négociateurs britanniques et européens arrivent à un accord, juste avant l'ouverture du sommet européen, après une nuit de négociation, sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Lire : Un nouvel accord conclu entre l’Union européenne et le Royaume-Uni sur le Brexit. Les textes

*Samedi 19 octobre 2019, la Chambre des Communes approuve l'amendement Letwin (avec 322 voix 'pour 'et 306 'contre' selon le décompte officiel), demandant le report du vote sur l'accord négocié avec l'Union européenne tant que les lois nécessaires ne sont pas votées.

*Dimanche 20 octobre 2019, le Premier ministre britannique Boris Johnson adresse coup sur coup deux missives à Donald Tusk, président du Conseil européen, tout d'abord une lettre formelle demandant le report du Brexit jusqu'au 31 janvier 2020 (comme le demandait la Chambre des Communes). Cette lettre, non signée, est accompagnée d'une lettre du représentant permanent à Bruxelles, Tim Barrow, indiquant que le gouvernement avait l'intention d'introduire « dès la semaine prochaine la législation nécessaire pour ratifier l'accord de retrait » négocié jeudi dernier. Puis il adresse une seconde lettre, signée, expliquant qu'il compte tout faire pour ne pas demander d'extension de la procédure. De leur côté, les institutions européennes continuent de préparer le processus de ratification interne de l'accord.

*Mardi 22 octobre 2019, la Chambre des Communes britannique approuve finalement par 329 voix contre 299 (30 voix de différence) l'accord passé avec l'Union européenne. Mais les élus refusent, par 322 contre 308 (14 voix de différence), l'examen accéléré (en trois jours) des différentes dispositions d'application dans la loi britannique, comme le demandait le Premier ministre Boris Johnson. Ce qui revient à repousser le processus. Le Premier ministre suspend alors le processus de ratification.

*Après cette décision, le président du Conseil européen Donald Tusk indique dans un tweet « recommander à l’UE27 d’accepter la demande de prolongation du Royaume-Uni ». Ce « afin d’éviter un 'no deal' ». La décision sera formalisée selon « une procédure écrite », sans convocation d'un Conseil européen.

*Un « groupe de travail pour les relations avec le Royaume-Uni » (UKTF) est créé par la Commission européenne au sein de son secrétariat général. Le Français Michel Barnier reste à sa tête. Il regroupe l’actuelle TF50 (« Task Force pour la préparation et la conduite des négociations avec le Royaume-ni au titre de l’article 50 du TUE ») rattachée au président de la Commission et l’unité « Préparation au Brexit » du secrétariat général de la Commission européenne. Il sera opérationnel à partir du 16 novembre. (communiqué)

*Jeudi 24 octobre 2019, « le Président [du Conseil européen] Donald Tusk consulte les chefs des 27 sur la demande du Royaume-Uni d’une extension de l’article 50, au 31 janvier 2020 », précise la porte-parole adjointe de la Commission européenne, Natasha Bertaud, au point presse quotidien.

*Le gouvernement britannique propose la tenue d'élections législatives le 12 décembre, date du prochain Conseil européen à Bruxelles. Les députés britanniques devront en débattre lundi (28 octobre). La décision sur une possible extension de l'article 50 de la part des chefs d'État européens, si annoncée vendredi, aura une influence considérable sur le débat.

*La présidente désignée de la Commission européenne Ursula von der Leyen indique lors d'une conférence de presse à Helsinki avec le Premier ministre finlandais que « après le 1er novembre, si le Royaume-Uni est toujours dans l'Union européenne, je demanderais bien sûr au Royaume-Uni d'envoyer un commissaire ».

*Lundi 28 octobre 2019, « les 27 États membres se sont mis d’accord pour accepter la demande du Royaume-Uni pour une 'flextension' du Brexit jusqu’au 31 janvier 2020 » annonce Donald Tusk, président du Conseil européen, sur son compte twitter. Une 'flextension' signifie que, si le Royaume-Uni met en place l’accord de retrait avant la date limite, il peut quitter l’UE avant.

*Mardi 29 octobre 2019, le Conseil européen décide officiellement de repousser la date du départ du Royaume-Uni de l'Union européenne au 31 janvier 2020, au plus tard. Lire : Le départ du Royaume-Uni repoussé au 31 janvier 2020. Et, plus tôt, si affinités

*Lundi 4 novembre 2019, la décision du Conseil européen du 29 octobre, §11 est « très claire » rappelle Mina Andreeva, porte-parole en chef de la Commission européenne. Le Royaume-Uni a « l'obligation » d'envoyer une proposition de candidat pour la Commission. « Le Royaume-Uni s'est engagé à ne pas empêcher les institutions de l'UE d'aller de l'avant » a-t-elle rappelé.

*Mercredi 13 novembre 2019 au soir, Ursula von der Leyen reçoit une lettre des autorités britanniques expliquant « leur pratique pré-électorale » qui les empêche de « faire des propositions ou des nominations de candidat pour des postes dans des institutions internationales y compris les institutions européennes » comme l'indique Dana Spinant, porte-parole adjointe de la Commission von der Leyen, le lendemain. Le Royaume-Uni exprime toutefois dans cette lettre « son désir de coopérer avec la Commission pour assurer la formation d’une nouvelle Commission européenne aussi vite que possible ».

*Jeudi 14 novembre 2019, la Commission européenne envoie une lettre de mise en demeure à Londres pour avoir manqué à son obligation de nommer un candidat au poste de commissaire européen. Un État membre ne peut pas invoquer de dispositions de son ordre juridique national pour justifier le non-respect de cette obligation édictée par les Traités, rappelle le communiqué.

*Jeudi 12 décembre 2019, lors des élections générales, le Premier ministre britannique Boris Johnson remporte son pari. Le parti conservateur obtient la majorité absolue (365 sièges sur 650).

*Mercredi 18 décembre 2019, le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier dresse un rapide état des lieux du Brexit en plénière du Parlement européen. « Le Premier ministre britannique (Boris Johnson) a dit ne pas vouloir demander de prolongation de la transition. Elle sera possible jusqu’au 30 juin d’un commun accord. Il ne sera pas possible de tout faire dans ce temps limité, mais nous ferons tout notre possible. »

*Jeudi 19 décembre 2019, la loi britannique de retrait de l'Union européenne est approuvé par la Chambre des Communes à une nette majorité : 358 voix 'pour' (353 conservateurs et 6 travaillistes) contre 234 (travaillistes, SNP écossais et LibDem essentiellement). Tandis que l'accord de retrait est adopté à quelques voix de moins (353 voix contre 243). Les débats se poursuivront entre le 7 et 9 janvier devant la commission plénière de la Chambre précise un communiqué de la Chambre. (état du projet)

*Mercredi 8 janvier 2020, les positions restent tranchées à l'issue d'une rencontre entre la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et Boris Johnson, à Londres. Pour la première, sans une extension de la période de transition au delà de 2020, il sera illusoire de réussir à se mettre d'accord sur tous les points. « Nous devrons établir des priorités » explique-t-elle sur son compte twitter. Pour Downing Street, « (la) priorité immédiate (est) de mettre en œuvre l'accord de retrait d'ici le 31 janvier ». Le porte-parole précise que « le Royaume-Uni ne prolongera pas la période de mise en œuvre au-delà du 31 décembre 2020 ».

*Jeudi 9 janvier 2020, la Chambre des Communes adopte à 330 voix 'pour' (231 'contre') en troisième lecture le texte sur l'accord de Brexit (Withdrawal Agreement Bill). Le texte passe à la Chambre des Lords pour être débattu.

*Les 16 et 17 janvier 2020, deux courts documents (des slides powerpoint) sont présentés au groupe d'experts 'article 50' (Brexit) des États membres. Les négociations seront « complexes » indique la Commission européenne, noir sur blanc. La discussion sur la justice est particulièrement critique : la possibilité d'un 'gouffre' (cliff edge) en matière judiciaire au 1er janvier n'est pas exclue. (document Défense-Politique étrangère et document Coopération judiciaire)

*Lundi 20 janvier 2020, « [nous] commencerons les négociations aussi rapidement que nous pourrons, mais ce ne sera certainement pas avant fin février-début mars » indique Éric Mamer, porte-parole de la Commission européenne, au point presse quotidien. Le « processus institutionnel » prévoit que « la Commission ne peut adopter une proposition de directive de négociation qu'une fois que le Royaume-Uni a effectivement quitté l'UE » et le Conseil doit ensuite l'approuver.

*Jeudi 23 janvier 2020, après son passage dans la Chambre des Lords et son renvoi en Chambre des Communes, l'assentiment royal de la couronne britannique est donné à l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne et devient une loi.

*Vendredi 24 janvier 2020, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Charles Michel, président du Conseil européen, signent l'acte de retrait du Royaume-Uni. « Les choses changeront inévitablement mais notre amitié demeurera. Nous commençons un nouveau chapitre comme partenaires et alliés », souligne Charles Michel.

*Le SEAE confirme la création d'une délégation de l'UE au Royaume-Uni, au vu qu'il « sera un pays tiers » (communiqué). João Vale de Almeida est nommé à la tête de la délégation. Lire : João Vale de Almeida va devenir le premier ambassadeur de l’UE à Londres. Tout un symbole

*Mercredi 29 janvier 2020, le Parlement européen approuve  l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne. Lire : Le Brexit acté. Le Parlement reconfiguré. La délégation de l’UE à Londres en place

*Jeudi 30 janvier 2020, le Conseil de l'UE approuve l'accord du Brexit.

*Vendredi 31 janvier 2020, à minuit, le Royaume-uni sort officiellement de l'Union européenne.

*Les diplomates britanniques n'ont plus le droit d'assister aux réunions du Conseil de l'UE, quel que soit le format (ministérielle, diplomates, techniques). Les badges d'accès de la délégation britannique sont désactivés à minuit. Ils sont alors considérés comme des « représentants de pays tiers », précise à B2 un diplomate européen. Mais ils « pourront être invités à certaines réunions », à « titre exceptionnel » ainsi que le prévoit l'article 128 de l'accord de retrait.

*La représentation britannique auprès de l'UE (PermRep) change de nom en même temps que de statut, devenant une mission auprès de l'Union européenne (UKMis Brussels). Le représentant permanent Tim Barrow (Coreper 2) reste en poste, mais devient « ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l'UE », avec Katrina Williams (ex Coreper 1) en adjointe. Tandis que l'ambassadeur auprès du COPS Matt Baugh devient « directeur 'Sécurité extérieure et Développement' ». Lire : Brexit. Des diplomates britanniques privés de badge, de cafétéria et d’influence

*La défense et la politique étrangère constituent une petite exception au principe que rien n'est changé durant la période transitoire, jusqu'au 31 décembre 2020. Des règles subtiles s'appliquent, impliquant de regarder sujet par sujet. Lire : Sanctions, Défense, Espace, le Royaume-Uni sera en fait plus ‘exit’ que ‘in’ durant la période transitoire. Explications et Les Britanniques exit de l’Agence européenne de Défense le 31 janvier au soir. Enfin presque…

(Rédaction B2)


Quelques questions, quelques réponses, nos analyses

Que prévoit l'article 50 du Traité ? Depuis le traité de Lisbonne, cette possibilité de départ d'un Etat membre a été inscrite noir sur blanc. Il fixe certains principes mais pas tous. Brexit ! Quelle procédure pour le retrait ? Quand est-ce applicable ?

La fin du bénéfice du marché unique, une réalité ? Les Britanniques peuvent-ils espérer négocier autre chose. Après le Brexit : fini le marché unique et tout le reste ? Raison gardons ! Scénarios…

L'Europe de la Défense est menacée ? C'est un axiome souvent répété : le départ du Royaume-Uni signifierait une perte de puissance pour l'Europe de la Défense. Notre analyse est légèrement différente et beaucoup plus nuancée. Lire :Brexit. Le Britannique est-il nécessaire à l’Europe de la défense ?

Quelles seraient les conséquences sur la PSDC ? Certaines répercussions peuvent se produire au plan opérationnel. Mais elles peuvent être résolues. Quelles conséquences du Brexit sur la PSDC ? Une quasi bonne nouvelle ? En revanche, pour les accords de Berlin Plus, c'est plus délicat. Soutenus à bout de bras par le Royaume-Uni, ils méritent au minimum un relifting. L’accord de Berlin Plus touché en plein coeur par le Brexit

Comment peut s'organiser, demain les relations UE-UK ? Si la relation avec l'Union européenne n'a pas un modèle mais plusieurs pour tisser ses relations extérieures avec un pays non membre. Lire : Les Dix modèles européens pour associer un pays tiers… et le Brexit

Quelles seraient les conséquences d'un départ au Parlement ? Certains groupes au Parlement pourraient souffrir plus que d'autres. Brexit. Un petit séisme au Parlement européen

Le Royaume-Uni : en perte d'influence ? La volonté du Royaume-Uni de vouloir plier l’Europe à l’aune de ses seuls intérêts cache mal un certain effacement du Royaume sur la scène européenne. Le Royaume-Uni se désintéresse de l’Europe… et les Européens font de moins en moins d’effort pour l’en dissuader. Brexit ou pas. La perte d’influence de Cameron (et de Londres) en Europe

Et si les Britanniques avaient décidé de rester ? S'appliquait alors l'accord signé au sommet du 19 février qui est aujourd'hui caduque. Lire : L’accord anti-Brexit du Conseil européen. Premières questions, premières réponses


À lire

Déclarations officielles

Rapports

Positions de négociation (UE)

Dernière mise à jour effectuée le 3 février 2020.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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