N°53. L’Union européenne face à la situation en Irak

N°53. L’Union européenne face à la situation en Irak

(B2) À partir de décembre 2013, Daesh s'empare d'une partie de l'ouest de l'Irak en profitant de la désorganisation de l'armée irakienne. En six mois, l'organisation terroriste s'empare d'une grande partie du pays, y compris Mossoul, et proclame un califat. Une coalition internationale militaire se met en place pour lutter contre Daesh. L'Union européenne, sous l'égide des Nations unies, participe à l'effort diplomatique.

Sur les sujets connexes, lire notre dossier N°41. L’opération militaire contre Daesh (Inherent Resolve) et notre dossier N°31. Le phénomène des combattants étrangers en Europe

Le 31 décembre 2013, la mission EUJUST Lex Iraq prend fin.

30 avril 2014 : élections parlementaires en Irak.

Lundi 23 juin 2014, l’Irak est au cœur de toutes les préoccupations des ministres des Affaires étrangères de l'UE. C'est le temps de « l'évaluation » en commun.

Lundi 28 juin 2014, les 28 « condamnent » les attaques perpétrées par l'Etat islamique d'Irak et du Levant (ESIL). Condamnations, préoccupations et peu d’actions

Le 17 juillet 2014, à son tour, le Parlement européen adopte une résolution condamnant les actions des groupes terroristes en Irak. Il s’alarme de la montée en puissance de l’Etat islamique en Irak.

Mardi 22 juillet 2014, les « 28 » ministres des Affaires étrangères adoptent, sans débat, des textes modifiant le dispositif de sanctions sur l'Irak. Les mesures restrictives sur l’Irak clarifiées

Jeudi 3 juillet 2014, le président de la région du Kurdistan, Massoud Barzani, annonce l’organisation prochaine d’un référendum d’indépendance.

Le 15 juillet 2014, le sunnite Salim al-Jubouri est élu à la tête du nouveau Parlement issu des élections législatives d'avril.

Le 24 juillet 2014, le Kurde Fouad Massoum est élu par le Parlement président de la République.

Vendredi 25 juillet 2014, l'Union européenne salue, par la voie d'un communiqué de la Haute représentante, l'élection du nouveau président irakien Fouad Massoum. Cette élection est une « étape positive » qui améliorera « les perspectives d'une solution politique (qui reste) à trouver en Irak. Une solution politique est indispensable pour contrer la menace terroriste et surmonter la crise actuelle ».

Lundi 4 août 2014, l’UE appelle Bagdad et les Kurdes irakiens à coopérer face aux djihadistes de l’EIIL.

Le 11 août 2014, Haïder al-Abadi est désigné comme Premier ministre. L'ancien dirigeant Nouri al-Maliki a accepté de se retirer, non sans avoir exposé ses réticences. Il obtient le poste (honorifique) de premier vice-président de la République.

Mercredi 13 août 2014, dans une déclaration particulièrement virulente, l'eurodéputé italien Gianni Pitelli, chef du groupe des socialistes et démocrates au Parlement européen, dénonce « l'immobilité et l'indécision démontrées par la Commission européenne et le Conseil européen à ce jour ». Europe : réveille-toi ! dénonce le PSE

Vendredi 15 août 2014, l’Irak s'invite au cœur d’une réunion exceptionnelle des ministres européens convoquée par la Haute représentante Catherine Ashton. Les Européens décident de livrer des armes aux Kurdes irakiens. Une inflexion (maj). Cette réunion constitue une petite – mais nette – inflexion de la politique menée jusqu'ici par l'Union européenne comme par certains États membres.

Le 8 septembre 2014, un nouveau gouvernement est constitué – non sans difficulté – par le Premier ministre Haïder al-Abadi après d'intenses tractations. Un programme de réconciliation nationale est établi.

Le 20 octobre 2014, les ministres des Affaires étrangères se déclarent « à nouveau résolument attachée à l'unité, à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Irak » et chargent la Haute représentante de préparer une stratégie européenne centrée sur la lutte contre l'Organisation de l'Etat islamique (Daesh) en Syrie et en Irak (conclusions).

Le 15 janvier 2015, les ministres des Affaires étrangères des 28 débattent sur la future stratégie européenne contre Daesh. L'objectif « immédiat est de s'assurer que la menace ne se développe pas, c'est-à-dire contenir le flux de nouvelles recrues; et que la menace ne déborde pas plus au-delà des frontières de l'Irak et de la Syrie ».

Le 9 février 2015, le Conseil des Affaires étrangères décide que la lutte contre le terrorisme devient un élément de la politique étrangère. L'Union européenne va répondre « positivement à la demande de l'Irak d'une assistance contre-terroriste ». Lire : Au Conseil des Affaires étrangères (9 février 2015) – Carnet Spécial

Le 15 mars 2015, l’UE définit sa stratégie régionale pour l’Irak, la Syrie et contre Daesh.

Début août 2015, le Premier ministre irakien annonce, après de grandes manifestations et l’appel du grand Ayatollah Ali al-Sistani, une série de réformes pour lutter contre la corruption et réduire les dépenses publiques.

Mardi 12 août 2015, les ambassadeurs du COPS se réunissent de manière exceptionnelle suite à deux demandes écrites du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, en faveur de la convocation d'un conseil extraordinaire des ministres de l'UE sur la situation inquiétante en Irak. La ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini, le soutient. Télécharger la Lettre du 08.08 et Lettre du 11.08 de Laurent Fabius.

Le 15 août 2015L’Irak au cœur d’une réunion exceptionnelle, en plein mois d'août, des ministres des Affaires étrangères de l'Union.

En décembre 2015, la réalité quotidienne en Irak se dégrade indique le directeur du CICR à Bagdad. Lire: Retour d’Irak : ce que l’État islamique change ! (Patrick Youssef, CICR)

Vendredi 11 décembre 2015, l'Irak saisit le Conseil de sécurité de l'ONU devant le refus de la Turquie de retirer ses troupes dans le nord du pays près de Mossoul (tenue par Daesh).

Lundi 14 décembre 2015, les ministres des Affaires étrangères des 28 répètent leur « soutien aux réformes politiques » comme au respect nécessaire de la diversité. Pas question d'agir au niveau militaire.  « Ce sont les États membres qui interviennent. Il n'est pas question au niveau européen d’entamer une opération militaire. Il n'y pas de projet dans ce domaine (même pas une mission de formation de type EUTM). Ce n'est pas notre rôle. » Lire : Au Conseil des Affaires étrangères (14 décembre 2015)

Lundi 18 janvier 2016, les 28 étudient comment aider l’Irak dans le processus interne de réconciliation et la lutte contre Daesh. La situation militaire s'étant améliorée – avec la reprise de trois villes, l'accent est mis sur l'aide que l'Union peut apporter aux zones libérées et aux personnes déplacées. Il faut maintenant « rétablir très vite les services de base dans ces zones, pour que la population voit la différence et l’intérêt de la libération et qu’il n’y ait pas de tentation de retour vers Daesh » souligne un diplomate. Lire : Au Conseil des Affaires étrangères (18 janvier 2016)

En mars 2016, l'Union européenne rattache le groupe Etat islamique en Irak et au Levant (Daesh) à la liste noire Al Qaida.

Fin mars 2016, le gouvernement irakien est remanié pour laisser la place à un gouvernement de technocrates dédié à la mise en œuvre des réformes. Une crise politique éclate, les partis politiques traditionnels étant hostiles à cette réforme.

Lundi 23 mai 2016, les 28 ministres des Affaires étrangères de l'UE font le point sur la stratégie européenne « pour l'Irak, la Syrie » et « contre Daesh », un an après son adoption. Les 28 veulent soutenir davantage le gouvernement de Bagdad *.

En juillet 2016, l'optimisme « règne à juste titre » au niveau militaire pour la reprise de Mossoul. « Il ne faut pas se laisser distraire » avertit Rosamaria Gili, la chef adjointe de la division Irak au SEAE l'enjeu réel est la « réconciliation nationale » et elle se joue à long terme. Il est donc important de ne pas 'rater' la remise sur pied des zones libérées. Lire : Mossoul, bataille militaire et idéologique décisive pour le futur de l’Irak (Rosamaria Gili) et La coalition internationale se prépare à l’assaut de Mossoul et Raqqa

Mercredi 20 juillet 2016, lors de la Conférence internationale des donateurs pour le soutien de l'Irak, l'Union européenne annonce une nouvelle aide de 194 millions d'euros. « Nous devons être prêts pour les conséquences humanitaires à la suite du conflit, en particulier dans des territoires comme Anbar et vers Mossoul » a averti le commissaire chargé de l'Aide humanitaire, Christos Stylianides, dans un communiqué.

Le 25 août 2016, adoption par le Parlement irakien de la loi d’amnistie sur les prisonniers politiques, point essentiel la réconciliation nationale.

Mercredi 21 septembre 2016, le commissaire européen de l'Aide humanitaire, Christos Stylianides, promet une aide humanitaire supplémentaire d'urgence de 104 millions d'euros.

En octobre 2016, le ministre irakien des Affaires étrangères, Ibrahim al-Jaafari, en déplacement en Europe, lance un appel à l'aide — contre Daesh, « ennemi de l'humanité », l'Irak a besoin de soutien — mais aussi un avertissement : « aucune ingérence » ne sera tolérée, ni par les Turcs ni par la coalition internationale... Lire : L’Irak appelle à l’aide contre Daesh, ennemi de l’humanité. Mais pas d’ingérence, avertit Al-Jafaari

Le 27 octobre 2016, les députés du Parlement européen expriment leur soutien à l'opération irakienne pour libérer Mossoul du groupe djihadiste Daesh, ce jeudi (27 octobre). Dans une résolution d'actualité, ils appellent toutes les parties à ouvrir des couloirs d'aide humanitaire et à protéger les civils. Ils invitent les États membres à saisir la Cour pénale internationale face aux « atrocités et au génocide contre les chrétiens, les Yézidis et d'autres minorités perpétrés par Daesh ».

Le 6 décembre 2016, la Commission européenne annonce le lancement de plusieurs projets, estimés à 50 millions €, en faveur de la stabilisation de l'Irak, en particulier dans les territoires repris à Daesh, afin que les populations déplacées puissent rentrer chez elles. L'accent est placé sur le déminage et sur la création de possibilités économiques et de moyens de subsistance.

Le 12 décembre 2016, 40 tonnes d'aide humanitaire d'urgence pour Mossoul sont livrées par la Commission européenne par l'intermédiaire du mécanisme de protection civile de l'UE.

Vendredi 16 décembre 2016, le commissaire européen Christos Stylianides (aide humanitaire) annonce un financement supplémentaire de 25 millions € « d'assistance d'urgence aux civils dans les zones de conflit actif et aux personnes les plus susceptibles de recevoir des personnes fuyant des opérations militaires en cours»  (communiqué).

Le 21 décembre 2016, transposant une décision du Comité des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies, du 16 décembre 2016, l'UE décide de retirer sept entités de la liste noire européenne dont les fonds sont gelés (règlement).

Lundi 9 janvier 2017le commissaire européen à l'Aide humanitaire Christos Stylianides annonce l'envoi de « plus de matériel dans les semaines à venir pour lutter contre l'hiver et apporter des soins d'urgence ». (communiqué)

Mardi 17 janvier 2017, le Comité politique et de sécurité (COPS) de l'Union européenne discute un projet – préparé par le SEAE – pour déployer une équipe d'experts déployées en Irak pour conseiller et assister les autorités irakiennes pour la réforme des forces de sécurité (EUSSR A&A), autrement dit une nouvelle mission de l’UE en Irak (V2).

Mardi 17 janvier 2017, le commissaire Chrístos Stylianides (Aide humanitaire), en visite en Irak, félicite les « autorités irakiennes et les forces militaires pour avoir placé la protection des civils au cœur de leur stratégie militaire » pour reprendre Mossoul. L'UE « continuera à faire de son mieux pour aider les civils encore pris au piège dans les zones de conflit ». (communiqué

Mardi 28 mars 2017, les ambassadeurs de l'UE donnent leur feu vert à une concept note sur la mise en place d'une équipe spécialisée de l'UE auprès de la délégation à Bagdad (Irak), chargée d'assister le gouvernement irakien dans la réforme du secteur de la sécurité en Irak (EUAM Irak). Lire : Carnet (29.03.2017)

Lundi 19 juin 2017, les ministres des Affaires étrangères affirment leur volonté de déployer une équipe de conseil et soutien à la sécurité en Irak et adoptent des conclusions appelant à la réconciliation nationale.

Dimanche 9 juillet 2017, la fin de l’occupation de Mossoul saluée par l’UE, par la voix de la Haute représentante, qui appelle cependant le gouvernement irakien à œuvrer pour la réconciliation et protéger les populations civiles.

Lundi 17 juillet 2017Les 28 approuvent le concept de gestion de crises (CMC) de la nouvelle mission EUAM en Irak pour contribuer à la réforme des systèmes de sécurité (EUAM Iraq).

Mardi 19 septembre 2017, face à la décision du gouvernement régional du Kurdistan irakien d'organiser un référendum d'indépendance le 25 septembre, l'Union européenne réaffirme, dans un communiqué de Federica Mogherini son « soutien inébranlable à l'unité, la souveraineté et l'intégrité territoriale du gouvernement irakien ».

Le même jour, la Commission européenne annonce une nouvelle contribution de 10 millions d’euros supplémentaires, portant le fonds d'assistance à 350 millions € pour les soins aux populations touchées par les déplacements, et les soins psychologiques.

Jeudi 12 octobre 2017, la Commission européenne adopte un paquet de stabilisation d’un montant de 60,4 millions d'euros pour la reconstruction et le développement de zones abandonnées par Daech (Le Communiqué)

Mardi 16 octobre 2017, en réponse à la demande du gouvernement irakien, le Conseil de l’UE établit EUAM Iraq, une mission de conseil et soutien à la réforme du secteur sécuritaire irakien. Le mandat comprend une équipe pouvant compter 35 experts avec un budget de 14 millions d’euros pour une période d’un an. Lire : Les 28 approuvent le concept de la nouvelle mission EUAM Iraq

Vendredi 17 novembre 2017, la mission EUAM Iraq est déployée à Bagdad.

A suivre...

(Leonor Hubaut)