Une Italienne nommée représentante spéciale de l’UE au Sahel

(B2) L'ancienne vice-ministre des Affaires étrangères de Giuseppe Conte, chargée de la coopération internationale, Emanuela Del Re devrait occuper d'ici peu le poste sensible de RSUE dans le Sahel

(Crédit : Conseil de l'UE - Novembre 2019)
  • Son nom a été proposé par le Haut représentant de l'UE et approuvé par le comité politique et de sécurité début juin. L'information n'est pas encore officielle. Mais elle a été confirmée à B2 par plusieurs sources.
  • La nomination devrait être officialisée, en même temps que les nouvelles titulaires des postes dans la Corne de l'Afrique et l'Asie Centrale, lors du prochain conseil des Affaires étrangères le 21 juin.
  • Le mandat du précédent RSUE, le Portugais Angel Losada, arrive à échéance le 30 juin.

Une politique ancrée dans la sociologie des zones de conflit

Ancienne vice-ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale dans le gouvernement Conte de août 2018 jusqu'à février 2021, membre du Mouvement 5 étoiles, Del Re est aussi réputée pour être une chercheuse et experte en politique internationale. Sociologue, avec un intérêt particulier pour les migrations, les conflits et les questions religieuses, elle a mené plusieurs études sur différentes zones de conflit dans les Balkans ou en Afrique. Des recherches qui l'ont mené, comme elle le raconte sur sa page facebook : en Albanie aux côtés des militaires italiens de l'opération Pelican en 1991-1992 pour la distribution d'une aide alimentaire d'urgence et lors de la crise de 1997, à Herat en Afghanistan, pour étudier les activités militaires et civilo-militaire au sein des CIMIC, au Kosovo après la fin de guerre d'indépendance en 1999 « avec mon fils qui avait juste trois mois ».

De La Sapienza à Florence en passant par le CeMISS

Diplômée de l'université de Lettres de Rome (La Sapienza) en 1991, elle soutient en 2000 une thèse à l'institut universitaire européen (IUE) de Florence) sur le « rôle de l'observation électorale internationale dans les processus de démocratisation », puis a enseigné la sociologie politique à l'université Unicusano de Rome. Elle a aussi été directrice de recherche au centre militaire d'études stratégiques de Rome (CeMISS). Elle est élue députée à la Chambre en mars 2018, avant d'être nommée au gouvernement, et de retourner à la Chambre après sa nomination. Inutile de préciser que sa candidature a été fortement soutenue par son collègue de parti, l'actuel ministre des Affaires étrangères, Luigi Di Maio.

Une Italie davantage engagée sur le Sahel

Durant son mandat à la Farnesina, Emanuela Del Re a approfondi sa connaissance des dossiers africains, notamment sur la zone du Sahel, où l'Italie entend mener une action plus marquée. Rome veut renforcer sa coopération bilatérale avec le Niger (où elle a ouvert une base militaire) et veut s'engager davantage au Mali (dans la task-force Takuba). Elle avait d'ailleurs inauguré l'ambassade italienne à Bamako fin 2020. Elle a aussi rendu visite à tous les pays de la zone, dialoguant avec plusieurs des dirigeants de la région (du Burkinabais Roch Kaboré à l'ancien premier ministre malien Boubou Cissé). Elle a aussi pris le soin de visiter chacun des missions de la PSDC (EUCAP Sahel Mali et EUTM Mali notamment). « Le Sahel est une priorité stratégique pour l'UE et ses États membres » confiait-elle à Formiche il y a quelques jours.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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