N°15. Conflit libyen en 2011. Opération Unified Protector / Harmattan

N°15. Conflit libyen en 2011. Opération Unified Protector / Harmattan

English/Anglais HS2011-E001-009 17 March 2011 Her Majesty's Canadian Ship (HMCS) CHARLOTTETOWN Leading Seaman (LS) Mikael Tardif hoists the NATO Flag as HMCS Charlottetown joins Standing NATO Maritime Group 1. HMCS Charlottetown departed its home port of Halifax on Wednesday, 02 March 2011 as part of the Canadian military's contribution to the Government of Canada's response to the situation in Libya. HMCS Charlottetown is now operating under Operation Mobile with Canada's NATO partners in the Mediterranean Sea. Its presence demonstrates Canada's willingness and ability to assist in North Africa by creating a sustained maritime presence in the region while providing a range of readily deployable capabilities to the Government of Canada. Photo by: Corporal (Cpl) Chris Ringius, Formation Imaging Services, Halifax © 2011 DND-MDN Canada French/Franais HS2011-E001-009 17 mars 2011 Navire canadien de Sa MajestŽ (NCSM) CHARLOTTETOWN Le Matelot de 1re classe (Mat 1) Mikael Tardif hisse le drapeau de lÕOTAN alors que le NCSM CHARLOTTETOWN se joint au 1erÊ Groupe de la Force navale permanente de lÕOTAN (SNMG1). Le NCSM CHARLOTTETOWN a quittŽ son port dÕattache, ˆ Halifax, le mercredi 2 mars 2011, pour participer ˆ lÕintervention militaire du Canada en Libye. Le NCSM CHARLOTTETOWN prend part ˆ lÕopŽration Mobile avec les partenaires de lÕOTAN du Canada dans la mer MŽditerranŽe. Sa prŽsence dŽmontre la volontŽ et la capacitŽ du Canada ˆ prter main-forte en Afrique du Nord en assurant une prŽsence maritime prolongŽe dans la rŽgion et en offrant des forces prtes ˆ se dŽployer. Photo : Caporal (Cpl) Chris Ringius, Services dÕimagerie de la formation, Halifax, © 2011 DND-MDN Canada

Leading Seaman Mikael Tardif hisse le drapeau de l'OTAN sur le navire canadien HMCS Charlottetown qui rejoint le SNMG1 - 17 mars 2011 (Crédit Photo : Cpl Chris Ringius, Services d'imagerie de la formation, Halifax, DND-MDN Canada)

(B2) Face aux troubles en Libye en 2011, Français et Britanniques décident d'intervenir militairement d'abord pour protéger les rebelles de l'avancée des troupes de Kadhafi, ensuite pour renverser le régime de Tripoli. Ils entraînent à leur suite une opération de l'Alliance atlantique.

Le retex de l'opération

Le mardi 12 avril 2011. Les représentants du Conseil national de transition libyen font un topo de la situation aux ministres des Affaires étrangères européens. En Libye les morts s’accumulent, l’ONU réfléchit, l’OTAN tergiverse, l’UE planifie.

En août 2011. L’agence humanitaire de l’UE s'établit à Tripoli.

En octobre 2011. L'armée française revient sur son intervention en Libye et en tire les premières leçons de l’opération en Libye, selon l’Amiral Guillaud.

En décembre 2012. La France opère en Libye tant en solo qu'en soutien à l'OTAN. Lire : Le soutien français aux forces d’opposition en Libye. Les leçons d’Harmattan…

Opérations militaires

Le lundi 21 février 2011. L'arrivée de 2 Mirages de l'armée libyenne dans le territoire maltais inquiète les Italiens. Les forces italiennes sont en « alerte maximale »

Le vendredi 25 février 2011. La France annonce qu'elle va mettre trois navires à disposition de l’UE pour les opérations d’évacuation. Le BPC Mistral et 2 frégates à disposition de l’UE.

Fin février 2011. Une coalition maritime se met en place au large de la Libye.

Le lundi 28 février 2011. Les Nations unies proclament un embargo sur les armes à destination de la Libye, quid et comment le faire respecter ? En parallèle, le Premier ministre anglais, David Cameron, confirme l'étude d'une « no fly zone ». Lire : Une « no fly zone » sur la Libye, en 3 questions

En mars 2011. Les Awacs français et de l’OTAN ont placé l’espace libyen sous surveillance.

Le mercredi 2 mars 2011. Deux navires américains arrivent au large de la Libye. Lire : L’USS Kearsage, spécialiste de l’intervention militaro-humanitaire

Le 7 mars 2011. En cas d'intervention de l'OTAN en Libye, l'Italie est disposée à assurer un soutien logistique, pas d'avion, à la « No fly zone » en Libye.

Le mardi 8 mars 2011. Le ministre des Affaires étrangères française s'oppose à une intervention de l'OTAN en Libye. Pour Alain Juppé, l’OTAN n’est « pas l’organisation adaptée » face au conflit libyen.

Les 10-14 mars 2011. L'UE et l'OTAN envisagent les diverses options militaires qui s'offrent à eux du point de vue des objectifs, des avantages et des inconvénients. Lire :

Le vendredi 18 mars 2011. L’opération de « protection des civils » et celle de « No Fly Zone » sont lancées : Qui y participe ?, une force arabo-occidentale pour conduire les opérations sur la Libye ?

Fin mars 2011. Les discussions se succèdent pour faire passer les opérations de No Fly Zone sous commandement de l'OTAN. Lire : L’opération Odyssey Dawn passe sous commandement de l’OTAN. Enfin presque…  Ainsi, fin du mois, il n'y a pas une seule opération unie en Libye mais 4 ou 5, chaque acteur ayant une tâche précise. Lire : Les opérations sur la Libye. Qui commande qui ? Qui contrôle quoi ? Synthèse

En avril 2011. Après un mois d'opérations, le bilan reste assez négatif. L'intervention en Libye apparait plus compliquée que prévu. Lire :

Le 25 avril 2011. L'Alliance atlantique publie des chiffres dénotant un meilleur ciblage des objectifs et une meilleure efficacité des frappes.

En août 2011. Les fronts se stabilisent et les rebelles consolident leurs positions. Les rebelles à Tripoli, le plus dur commence ?

Le 1er septembre 2011. A la veille de l'ouverture de la conférence sur la Libye à Paris, la commissaire européenne Katalina Georgieva considère que « le pays est à un tournant critique de son histoire ». Lire notre article. A l'issue de la conférence, Ban Ki Moon confirme le déploiement d'une mission d'assistance onusienne en Libye.

Le 21 septembre 2011. Les ambassadeurs de l'OTAN décident de prolonger l’opération « Unified Protector » en Libye de 90 jours, afin de continuer à assurer la protection des civils. Tant que la menace est là…

La diplomatie internationale

Le 26 février 2011. Le Conseil de sécurité de l'ONU adopte la résolution 1970.

Le 9 mars 2011. L’ambassadeur russe auprès de l’OTAN, Dmitry Rogozine, se montre réticent à l’égard d’une intervention de l'OTAN en Libye et d’une nouvelle résolution de l’ONU, une nouvelle résolution ONU ne se justifie pas, pour l’instant.

Le 16 mars 2011. Nicolas Sarkozy adresse une lettre au Conseil de sécurité dans laquelle il demande l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne et des mesures de protection pour le peuple. « Ensemble sauvons le peuple libyen martyrisé », dit Sarkozy. Lettre à l’ONU.

Le 17 mars 2011. La France, le Liban et le Royaume-Uni dépose un projet de résolution au Conseil de sécurité. Usage du chapitre VII sur la Libye. Premiers détails du projet de résolution

Le 18 mars 2011. La France, le Royaume-Uni et les États-Unis réclament un cessez-le-feu dans un message adressé à Kadhafi : ultimatum du trio franco-britannique-américain. Le même jour, la résolution 1973 est votée au Conseil de sécurité des Nations unies, elle met en avant la « protection des civils » et le Conseil de sécurité de l’ONU vote sur la Libye. Réflexions en direct.

Le débat européen

Le dimanche 20 février 2011. Les ministres des Affaires étrangères se réunissent. Les 27, pas très unis, prient Kadhafi d’écouter… les « aspirations de son peuple ». La France, l'Espagne, la Grèce, Malte, Chypre et la Slovénie proposent de réorienter la politique européenne vers les pays du sud de la Méditerranée.

Le mercredi 23 février 2011. Une réunion est organisée à Bruxelles, sous l’égide de l’Union européenne, rassemblant certains États membres, des pays tiers et des organisations internationales. Face aux (r)évolutions au Moyen-Orient, l’Europe se met en branle… lentement

Le jeudi 24 février 2011. Les Européens étudient les options d'intervention en Libye, en tenant en compte la présence importante de ressortissants nationaux sur le sol libyen. A la réunion quotidienne, ECHO présente ses évaluations. Lire :

Le vendredi 25 février 2011. La Haute représentante de l'Union souligne la difficulté pour l'UE d'intervenir en Libye et s'exprime, lors de la réunion informelle des ministres de la Défense, sur les sanctions à adopter. Entretien avec Cathy Ashton : Évacuer les Européens de Libye: « une mission difficile, complexe ». Au même moment, l'OTAN se réunit d'urgence pour discuter de la situation en Libye, l’OTAN rentre dans la danse et grille la politesse à l’UE. My god !

Le dimanche 27 février 2011. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une résolution sur la Libye. Ashton réagit :  elle durcit le ton sur la Libye : Kadhafi paiera ses actes. Le même jour, la France demande la convocation d’un Conseil européen sur la Libye.

Le mercredi 2 mars 2011. Pour Nick Clegg, la « no fly zone » suppose d’avoir résolu la question légale (ONU), affirme-t-il devant la Commission européenne. Le président de la Commission, José-Manuel Barroso, fait, quant à lui, une assez longue déclaration sur la situation libyenne et met Cathy Ashton hors jeu.

Les dimanche/lundi 6 et 7 mars 2011. Le SEAE est en mission exploratoire en Libye et à Tripoli. Retour de mission européenne à Tripoli: « Tout tenter avant l’option dure ».

Le mardi 8 mars 2011. La Commission européenne communique sur le nouveau partenariat « pour la démocratie et une prospérité partagée avec le Sud de la Méditerranée ». Il y a un tournant arabe de la politique européenne, timide, très timide

Le mercredi 9 mars 2011. La Haute représentante de l’UE refuse de reconnaitre la légitimité de l’opposition libyenne, explications…  Mais elle envisage un engagement de la PeSDC : Cathy Ashton pense à étudier une opération PeSDC de soutien humanitaire en Libye…

Le jeudi 10 mars 2011. Les ministres des Affaires étrangères se réunissent en conseil exceptionnel consacré à la crise libyenne. Lire : Affaires étrangères. La présidence hongroise remplace Cathy Ashton, défaillante. La Haute représentant de l'UE, Cathy Ashton, était à la réunion de l’OTAN. Et… rien ! Nicolas Sarkozy et David Cameron appellent Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen et les chefs d’État et de gouvernement à soutenir la révolution en cours en Libye. Ils écrivent aux 27 : Viva la revolución !

Le vendredi 11 mars 2011. Les Chefs d’État et de gouvernement se réunissent pour un sommet exceptionnel consacré à la crise libyenne et reconnaissent l'opposition libyenne. Sommet « Libye ». Une double action humanitaire et sécuritaire. Options militaires « à l’étude » et l’UE reconnait, de facto, le Conseil national intérimaire libyen.

Le même jour, les leaders français et britannique, Sarkozy et Cameron, reprochent à la Haute représentante de rester passive. Lire : Scène de colère au Justus Lipsius: « Retenez vos chevaux, monsieur ! » A l'instar du président de la sous-commission « Défense » du Parlement européen : A. Danjean dénonce l’inaction de Me Ashton face à la crise libyenne

Toujours le 11 mars. Deux émissaires du Conseil intérimaire libyen sont reçus par le sherpa du président du Conseil européen, Zoltan Martinusz. Lire : Les opposants libyens reçus en catimini au Conseil européen vendredi ?

Le mardi 15 mars 2011. La sous-commission Défense du Parlement européen débat de la réponse européenne face au conflit en Libye avec le secrétaire général adjoint du service diplomatique. Lire : Eurodéputés « frustrés » demandent désespérément Haute représentante (ré)active

Le vendredi 8 avril 2011. Bien qu'il soit encore trop tôt pour prendre des décisions, l'Union européenne réfléchit à préparer l’après-Gbagbo ou l’après-Kadhafi.

Sanctions contre la Libye (gel des avoirs, sanctions financières)

Le mercredi 23 février 2011. Les ambassadeurs du COPS étudient la question des sanctions contre la Libye : les 27 peinent à trouver un accord, aucun accord n'a finalement pu être dégagé. Attendons encore un peu, disent les 27.

Le lundi 28 février 2011. Le Conseil des ministres de l'UE adopte les sanctions contre la Libye, plus larges que celles de l’ONU, à l'égard de 26 personnes et des mesures supplémentaires concernant l'embargo sur les armes.

Le mardi 8 mars 2011Malte retarde le processus de sanctions supplémentaires contre la Libye, craignant les conséquences d'un gel des avoirs sur le fonctionnement des sociétés nationales.

Le jeudi 10 mars 2011. Une nouvelle décision vise à geler les avoirs de cinq entités libyennes qui sont placées au cœur de l’État, assurant son financement ou le financement d’activités extérieures : L’Europe frappe la Libye au coeur de son système politico-financier.

Le 24 mars 2011. L'UE gèle les avoirs d'une série de compagnies, notamment pétrolières, de Libye. L’UE resserre l’étau financier sur le régime Kadhafi

Le mardi 7 juin 2011. Les ports de Tripoli, Al Khoms, Brega, Ras Lanuf, Zawia, Zuwara voient leurs avoirs gelés par l’Union européenne : six ports libyens sur liste noire

Embargo sur les armes

En février 2011. Les mercenaires de Kadhafi… recrutés tout azimut ?

Le lundi 21 février 2011. Deux officiers pilotant des Mirages libyens demandent l'asile politique à Malte.

Le 23 février 2011. L'Union européenne publie un rapport : 14 États membres ont livré des armes à la Libye. Lire : Livraison d’armes à la Libye : Qui a livré quoi ?

Les conséquences humanitaires / migratoires

Le dimanche 13 février 2011. Frontex déclenche l’opération « Hermes » sur Lampedusa.

Le mardi 22 février 2011. Le porte-parole de la commissaire aux Affaires intérieures déclare que les évènements ne justifient pas le déclenchement de la clause de protection temporaire. De plus, accueillir des réfugiés libyens en Europe c'est « purement hypothétique » !

Le mercredi 2 mars 2011. Les États européens répondent à la demande de l'UNHCR et de l'OIM pour procéder à l’évacuation des ressortissants étrangers se trouvant en Tunisie. Un pont aérien et maritime pour évacuer les réfugiés de Tunisie

Le jeudi 3 mars 2011. La commissaire chargée de l'Aide humanitaire demande aux autorités libyennes de permettre l'accès aux travailleurs humanitaires. Lire :

Le vendredi 4 mars 2011. Les ambassadeurs du COPS se réunissent pour discuter de la question de l’évacuation des étrangers en Tunisie. Lire : Réfugiés à la frontière lybienne. L’opération Pegasus II déclenchée

A lire également :

L’évacuation des Européens

Le lundi 21 février 2011. Les États européens entament l'évacuation de leurs nationaux, opération qui s'accélère rapidement. L’armée roumaine, aussi, est mobilisée pour l’évacuation de Libye. Lire : L’Europe mobilise ses forces militaires (synthèse) ?

Le mercredi 23 février 2011. Les navires de guerre des membres de l'OTAN assurent les évacuations  : au large de la Libye, les navires de guerre convergent. Dans le même temps, les Européens se coordonnent pour faciliter les évacuations. Lire : La cellule de crises « Evacuations » de l’UE, sur le pont

Le vendredi 25 février 2011. Ce sont Plus de 4000 Européens rapatriés de Libye. 2000 encore sur place. Deux jours après, moins de 800 citoyens européens se trouvent encore sur le territoire libyen. Lire : Les dernières évacuations d’Européens en cours en Libye

Fin février 2011. Les Européens s'activent pour récupérer leurs ressortissants, rapatriement combiné, britannique et allemand, dans le désert libyen, et ferment leurs ambassades en Libye une après l'autre.

Le 18 mars 2011. D’autres ambassades européennes ferment à Tripoli.

Militaires néerlandais et SAS en Libye

Le mercredi 2 mars 2011. L’exfiltration tourne mal. 3 militaires néerlandais otages du régime de Kadhafi en Libye. Premières images

Le jeudi 3 mars 2011. 7 Britanniques du SAS sont appréhendés par les Libyens. L’odyssée des SAS à Benghazi fait flop !

Le jeudi 10 mars 2011. Les militaires néerlandais libérés ? C’est confirmé !. Les 3 militaires néerlandais bientôt à la maison.

Le 11 mars 2011, les militaires libérés arrivent en Grèce. Lire : Optimisme raisonnable sur le sort des militaires néerlandais otages en Libye

Réflexions : crimes contre l’humanité, Ashton, Sarkozy, Merkel, Europe de la Défense

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