N°23. EUBAM Rafah. Une mission en attente d’un processus de paix

N°23. EUBAM Rafah. Une mission en attente d’un processus de paix

ObservateurEubamRafah2(B2) Mise en place à la suite des accords entre Israël et l’Autorité palestinienne, en novembre 2005, cette mission de surveillance du point de passage de Rafah a subi très vite le changement politique après la victoire du Hamas aux élections en janvier 2006 et le boycott de Gaza par Israël.

Entre juin 2006 et juin 2007, le point de passage – fermé en temps normal – a pu être ouvert à plusieurs reprises de façon exceptionnelle. Ce qui avait permis, en tout, à 443 000 personnes de transiter (en provenance de Gaza ou d’Egypte). Depuis la mission est en sommeil, en attente d'un redéploiement. La décision a été étudiée côté européen, à plusieurs reprises. Mais sans passer à la phase opérationnelle. Car un triple accord est nécessaire : des Israéliens, des Egyptiens et des Palestiniens. Point qui n'est pas le moindre du fait des divisions, féroces, entre le Fatah et le Hamas.

Fin 2008 (c'est la fin de la présidence française de l'UE), début 2009, on se prépare à un redéploiement. Finalement il n'en sera rien

Fin 2011, début 2012, on croit à un possible redémarrage

Après l'offensive israélienne de l'été 2014, l'accord signé entre les deux frères ennemis - Hamas et Fatah - laisse augurer à nouveau un déploiement

En 2015, l'option d'un redéploiement est toujours présente, à Rafah ou sur d'autres points du territoire, autour de la Bande de Gaza. Son chef par intérim détaille alors pour B2 les caractéristiques d'un plan de redéploiement. La situation a bien changé en dix ans, en matière de normes comme de contexte géopolitique. Mais côté palestinien, ainsi que le remarque Nhazni Mannah, chef du GABC, service palestinien des gardes-frontières, l'attente est toujours forte.

Le mandat d' EUBAM Rafah a été finalement prolongé, de façon rétroactive au 1er juillet 2016, d'un an supplémentaire jusqu'au 30 juin 2017. Une décision retardée pour des raisons qui ne semblent pas internes à l'Union européenne mais externes. Il manquait, en effet, une formalité essentielle, selon nos informations : la lettre d'invitation du gouvernement israélien. Formalité qui a mis les nerfs des Européens à rude épreuve, cette lettre, datée du 30 juin, n'est ainsi arrivée que très récemment.

Télécharger la Fiche du SEAE (juillet 2014)