N°26. Le sommet défense 2015, une simple réunion d’étape ?

N°26. Le sommet défense 2015, une simple réunion d’étape ?

(crédit : Conseil de l'UE)

(crédit : Conseil de l'UE)

(B2) Les "28" Chefs d'Etat et de gouvernement sont réunis, à nouveau, les 25 et 26 juin 2015, avec sur leur table, les questions de défense. En 18 mois, depuis le dernier sommet de décembre 2013, les progrès ont été assez limités...

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Les progrès depuis le dernier sommet

Le bilan du dernier sommet n'est pas vraiment "fameux", selon l'analyse réalisée, point par point, par B2, avant le Sommet

La Commission européenne et le Haut représentant de l'UE ont publié des rapports de progrès sur la situation qui confortent, entre les lignes, notre propre analyse

Pour le secrétaire général du Service diplomatique européen (SEAE), des progrès cependant ont été réalisés. Alain Le Roy trace ainsi les points clés qui seront présentés au Conseil européen.

Les quatre projets capacitaires, définis comme majeurs lors du sommet de décembre 2013 (drones, ravitailleurs aériens, satellites de communication, cyberdéfense), progressent de façon très différenciée.

Pour un chercheur comme Christian Mölling (SWP), il manque surtout à l'Union européenne un "grand projet" permettant de fédérer les énergies des Etats membres qui répugnent à lâcher de la souveraineté.

L'ambition pour le sommet

Les ministres de la Défense ont défini, le 18 mai 2015, une feuille de route pour la PSDC dans les prochains mois, asse précise. C'est cette feuille de route qui servira essentiellement de base pour la suite entre 2015 et 2016.

Un des résultats les plus notables du Sommet va être de définir l'ambition des "28" en matière de recherche de défense.

L'ambition des Européens d'avoir des incitations fiscales s'est pour l'instant limitée à faire bénéficier l'Agence européenne d'exemptions de fiscalité pour les projets qu'elle mène.

Pour le chef de l'Agence européenne de Défense, face aux contraintes budgétaires, la coopération n'est plus une option facultative. Jorge Domecq est le seul qui voit dans la tenue de ce sommet un élément positif :

Que fera voulait faire Jean-Claude Juncker ?

Le président de la Commission européenne s'est prononcé à plusieurs reprises pour une armée européenne. Ce qui ne tient pas du hasard ou d’une lubie passagère. L’ancien Premier ministre luxembourgeois, partisan de l’intégration européenne, semble bien, dans son for intérieur, persuadé que l’Europe en matière de défense doit franchir un pas supplémentaire en matière d’intégration.

Ce qu'a expliqué très nettement le numéro 2 de la Commission européenne, Frans Timmermans, en détaillant ce que Jean-Claude Juncker entendait dire par "armée européenne" :

Son conseiller spécial, Michel Barnier, a préparé au sein du think-tank de la Commission un rapport pour le moins ambitieux.

Mais, finalement, vu l'agenda chargé et sensible - la négociation au finish de la dette grecque et le débat très difficile autour de la crise migratoire (lire sur le blog : Solidarnosc ? Nie !) -, le président de la Commission européenne a renoncé à faire une contribution écrite ou même à provoquer un débat devant le Conseil européen.

Le Parlement réclame, pourtant, à corps et à cris une politique de défense plus dynamique

Une politique de sécurité et de défense commune (PSDC) « plus efficace » et « mieux utilisée », c’est le message principal contenu dans les trois rapports d’initiative approuvés par le Parlement européen, jeudi 21 mai : rapports sur la PSDC (Danjean), sur le financement de la PSDC (Kukan/Tarand), sur les marchés de défense (Gomes).

C'est aussi l'esprit des Libéraux & Démocrates du Parlement européen, emmenés par Guy Verhofstadt qui proposent une toute autre ambition pour la politique de défense européenne - une vision assez proche d'ailleurs de celle proposée par Jean-Claude Juncker. Ce n'est pas un hasard...

Un sommet pour rien ?

Le calendrier chargé (crise grecque, référendum britannique annoncé, ...) comme l'ambition assez réduite de la plupart des Etats membres et la faiblesse du président du Conseil européen ont réduit l'espace de temps consacré à la défense ...

... et finalement abouti à faire de ce sommet un "momentum" raté !

Les conclusions préparées entre sherpas étaient d'ailleurs assez faibles, se contentant d'endosser les conclusions en matière de sécurité intérieure (lutte anti-terroriste) comme de sécurité extérieure (PSDC et industries de la défense) préparées auparavant par les Conseils des ministres. Les seuls résultats concrets étaient de donner un mandat à la Haute représentante Federica Mogherini d'entamer le travail de révision stratégique et de fixer une certaine ambition pour la politique de recherche en matière de défense. Ce qui parait assez faible au regard des enjeux sécuritaires.

Les réactions qui ont suivi le Conseil laissaient transparaître à la fois le manque d'ambition et de résultat

  • Article à suivre

La stratégie européenne de sécurité

La révision de la stratégie européenne de sécurité constitue ainsi un des seuls et principaux résultats du sommet européen permettant de donner mandat à la Haute représentante de l'UE d'entamer une revue stratégique et la mise en place d'une nouvelle stratégie, face au nouveau contexte à la fois économique et géopolitique. Pour autant on ne saurait se réjouir car ce travail reste avant tout très théorique

Un résultat qui ne nait pas du hasard ou du dernier moment. A Riga, en février 2015, les ministres de la Défense reconnaissent officiellement, lors des conclusions tirées par la présidence lettone de l’Union européenne, que le travail de réécriture de la stratégie est engagé.

Devant les parlementaires européens, en janvier 2015, la Haute représentante de l'UE expose ses idées sur la révisions de la stratégie européenne de sécurité.

A Milan, en septembre 2014, les ministres de la Défense estiment que la révision de la stratégie européenne de sécurité est aujourd'hui nécessaire

La leçon à en tirer

Pour B2, la seule façon d'avancer désormais sera de le faire non pas à 28 mais en mettant en oeuvre une coopération structurée permanente. Un point de vue qui est conforté tant par l'analyse au sein de la Commission européenne que du Parlement européen. Mais le problème est de savoir quels Etats feront partie de ce "noyau dur", qui en sera exclu et qui osera avancer. B2 avance des pistes ...

Car la réflexion sur la stratégie européenne de sécurité reste un travail avant tout théorique

 

  • (blog) une stratégie de sécurité ne fait pas le printemps (à paraitre)

 

(NGV)