N°34. L’Europe face à la crise en Libye (V6)

N°34. L’Europe face à la crise en Libye (V6)

 

Drapeau-LibyeCNT(B2) Après l'intervention franco-britannique en Libye, soutenue par l'OTAN, et la mort de Kadhafi, en 2011, la Libye entre dans une ère instable. Aucun gouvernement n'arrive à imposer son autorité, de façon légitime, sur l'ensemble du territoire. Les négociations, menées sous l'hospice des Nations unies et soutenues par l'Union européenne, s'avèrent lentes difficiles. Les Européens se préparent à affronter directement un double problème en Libye : le pays devient la voie de passage privilégiée de la migration vers l'Europe, les groupes terroristes djihadistes en font une base arrière, vers le Sahel... ou vers l'Europe.

Le bataille de Libye de 2011

En février 2011, Moustafa Abdel Jalil, 'ex-ministre de la Justice, est placé à la tête du Conseil national de transition (CNT), qui s'oppose à Kadhafi.

En juin 2011, la bataille prend un virage diplomatique. Le CNT est reconnu par 10 Etats de l’UE. La France avait été le premier, dès mars 2011.

Le 20 octobre 2011, Kadhafi est capturé par un groupe de rebelles, en tentant de fuir Syrte, sa ville natale, puis tué dans des circonstances troubles. L’UE salue la fin du despote, appelle à ne pas rater la réconciliation

Un nouveau régime ?

Le 23 octobre 2011 à Benghazi, le président du CNT Moustafa Abdel Jalil proclame la « libération » de la Libye, mettant officiellement fin à la guerre civile entamée en février.  Le lendemain, il annonce son souhait que la charia soit à la base de la future législation libyenne, ce qui provoque l'inquiétude de l'Union européenne et des États-Unis vis-à-vis du respect des droits de l'homme en Libye. Lire : Le Parlement européen inquiet de l’évolution libyenne.

Le 31 octobre 2011, Abdel Rahim al-Kib est élu président du Conseil exécutif par les membres du Conseil national de transition (CNT).

Le 5 mars 2012, Moustafa Abdel Jalil est reconduit dans ses fonctions de président du CNT. Il déclare alors souhaiter l'instauration d'« un État libre, démocratique, fondé sur des institutions gouvernementales sans caractère ni nature religieux ».

Le 7 mars 2012, la Cyrénaïque (à l'Est) proclame son autonomie vis-à-vis de Tripoli et place Ahmed al-Senussi, qui a reçu le prix Sakharov en 2011, à la tête du Conseil dirigeant la province, malgré les protestations du CNT. Une décision prise par les chefs de tribus et de milice de Benghazi. La situation fait alors craindre une partition du pays mais Al-Senussi parvient à maitriser la situation. 

La difficile mise en place d'institutions démocratiques

Le 7 juillet 2012, la première élection démocratique en Libye permet de désigner les 200 membres du Congrès général national (CGN) chargé de remplacer le Conseil national de transition (CNT). 80 membres sont issus des partis politiques naissants, les 120 autres sont des candidats « indépendants ». Son fonctionnement est mal défini, la nouvelle constitution restant encore à écrire au moment où il prend ses fonctions.

Le 8 août 2012, le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, remet le pouvoir au doyen du CGN dans la salle de conférence d'un hôtel de Tripoli. La nouvelle assemblée est présidée par Mohamed al-Megaryef. C'est dans cette salle, transformée en lieu des débats parlementaires, que commencent les premiers travaux du CGN quelques jours plus tard. Le CNT est dissout.

Le lendemain 9 août 2012, le nouveau Parlement élit son premier président, Mohammed Youssef el-Megaryef, un opposant de longue date à Mouammar Kadhafi considéré comme un islamiste modéré.

Le 11 septembre 2012, le consulat américain à Benghazi est attaqué. Quatre Américains tués, dont l'ambassadeur Chris Stevens.

Le 14 octobre 2012, Ali Zeidan, un ex-opposant au régime de Kadhafi, devient Premier ministre.

2013. La situation sécuritaire s'aggrave. Le Congrès général national tâtonne

Le 22 mai 2013, le Conseil des ministres de l'UE approuve le lancement d'une nouvelle mission de la PSDC, pour renforcer les capacités libyennes de surveillance des frontières. Mission limitée dans son mandat comme dans ses moyens (EUBAM Libya). Le Premier ministre Zeidan en visite à Bruxelles assure : La Libye contrôle ses frontières, la Libye sera un Etat fort *

Le 28 mai 2013. Mohamed Youssef el-Megaryef doit abandonner son poste moins d'un an après son élection. Une loi interdisant toute responsabilité politique aux personnes ayant exercé sous Kadhafi entraîne l'éviction d'une grande partie du personnel politique.

Jeudi 10 octobre 2013, le Premier ministre libyen Ali Zeidan est enlevé à l'hôtel Corinthia par un groupe d'anciens rebelles lui reprochant d'avoir autorisé la capture par l'armée américaine d'un responsable d'Al-Qaida sur le sol libyen, le premier ministre libyen, Il est libéré quelques après.

Lundi 21 octobre 2013, à Luxembourg, les "28" ministres des Affaires étrangères rappellent leur engagement à soutenir la stabilisation du pays comme l'urgence d'une réconciliation nationale. Les 28 sont inquiets sur la Libye *

En novembre 2013, de retour de Libye, l'eurodéputée portugaise Ana Gomes dresse un tableau sombre de la situation  libyenne. Se montrant sceptique face au "Dialogue National" lancé par le premier ministre Ali Zaiden. Sécuriser le capharnaum libyen : une urgence mais pas une sinécure * dit-elle.

Lundi 18 novembre 2013, les ministres des Affaires étrangères de l'UE affichent leur volonté de renforcer l’action européenne pour stabiliser la Libye *. Sécurisation des frontières,  contrôle des stocks d'armes et réinsertion des combattants figurent parmi les trois objectifs annoncés en matière de stabilisation et sécurisation du pays. Sur place, la violence augmente et l'État d’urgence à Tripoli est décrété.

Le 23 décembre 2013, le CGN prolonge son mandat jusqu'au 24 décembre 2014, provoquant la colère d'une grande partie de la population et de la classe politique.

2014. Deux gouvernements s'affrontent pour le contrôle du pays

Le 20 février 2014, la Commission constitutionnelle est élue. Ses 60 membres doivent préparer le projet de Constitution permanente pour remplacer la Déclaration constitutionnelle adoptée par l'ex-Conseil national de transition, en 2011.

Le 6 et 7 mars 2014, lors de leur réunion informelle (Gymnich), à Riga (Lettonie), les ministres des Affaires étrangères envisagent un soutien financier, politique, humanitaire et sécuritaire, en accord avec l'Onu et d’autres pays arabes, à tout accord politique. Lire : Libye. Des options PSDC sur la table. Les Européens pas très engagés *

En mars 2014, le premier ministre Ali Zeidan est destitué par un vote du Congrès et contraint de fuir le pays. Khalifa Haftar, un général dissident appuyé par des unités de l'armée, profite de l'absence d'autorité et lance, en mai, une opération contre les milices "terroristes" dans l'Est, où des attaques visent régulièrement forces de sécurité et intérêts occidentaux. Des affrontements quasi-quotidiens opposent ses forces aux groupes islamistes.

Le 25 juin 2014, des élections législatives sont organisées pour remplacer les membres du CGN, accusé d'avoir contribué à l'instabilité, à cause des luttes d'influence entre libéraux et islamistes, appuyés par des milices armées. recueillent. La participation n'atteint pas les 30 %. 

En juillet 2014, l'aéroport de Tripoli est de nouveau bombardé, au lendemain de combats ayant opposé des groupes rivaux pour le contrôle du secteur, poussant l'ONU à évacuer son personnel de Libye.

Plusieurs pays décident à la suite des Etats-Unis, d’évacuer leurs ambassades de Tripoli. L’Allemagne et la France comme le Royaume-Uni quittent la Libye se repliant à Tunis. Lire : Libye : on évacue (Maj) *

A l'été 2014, les groupes islamistes, battus aux élections, boycottent le Congrès général national. La coalition « Aube de la Libye » (Fajr Libya) prend le contrôle de Tripoli et reforme le Congrès général national. Ce qui provoque une scission. Le gouvernement et la Chambre des représentants, le parlement nouvellement élu — qui doit remplacer le Congrès général national - , déménagent à Tobrouk, à plus de 1 000 km de la capitale libyenne jugée trop dangereuse. Première réunion du nouveau Parlement libyen sur fond de violences *

Deux gouvernements concurrents se mettent en place. L'un, issu du Congrès général national (GNC), est basé à Tripoli, dans l'ouest du pays, et soutenu par le Qatar, le Soudan et la Turquie. L'autre, la Chambre des représentants (HoR), est basé à l'est du pays à Tobrouk, et soutenu par l'Egypte et les Emirats arabes unis. La Cour suprême libyenne considère inconstitutionnel le parlement issu des élections de juin dernier et établi de Tobrouk. C'est pourtant le seul reconnu par la communauté internationale (Union européenne, Etats-Unis, ONU).

En octobre 2014, l'ONU réussit à asseoir à la table des négociations les parties impliquées dans la crise libyenne dans le processus de paix dit de " Ghadamès II * "

Dès novembre 2014, Federica Mogherini annonce que la crise libyenne sera « le principal problème à traiter dans les prochains mois ». La Libye : un sujet majeur pour l’Europe *.

Le 15 décembre 2014, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne « réaffirme le soutien européen aux efforts de Bernardino Leon », l’envoyé spécial des Nations unies pour la Libye. Lire : L’Europe veut soutenir le travail de Bernardino León *

2015 les efforts pour arriver à un accord national s'accentuent

En janvier 2015, alors que les espoirs d’un début de négociation en Libye *  sont ravivés, les Européens étudient leurs options face à la Libye *. Depuis Tobrouk, la volonté de négociation est affichée publiquement. (Lire: Nous sommes au moment de vérité en Libye (Mohamed al-Dairi) *)  Déjà, Federica Mogherini rejette l'option militaire et encourage au dialogue politique.

Le 16 mars 2015. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE demandent à la Haute représentante de faire des propositions pour un soutien européen en cas d’accord - avec recours à des instruments PSDC (Lire : Les 28 valident une possible option PSDC en Libye *). Ils valident l'élargissement des  sanctions sur la Libye aux fauteurs de trouble *.

En 2015, les arrivées massives de migrants depuis la Libye surprend quelque peu les Européens. Face à cela, l’Italie appelle à un changement radical de la politique européenne de migration * dès mars.

Lundi 20 avril 2015, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont, une nouvelle fois, sur leur table la question de la situation en Libye. Aucune décision n'est prise. Lire : Que faire pour la Libye ? Les Européens se tâtent et débattent *

En mai 2015, Bernardino Leon annonce un accord prochain. Mais lui-même n'est pas optimiste. Les chances d'aboutir à un accord sont minces. Lire : Les clés internationales et européennes du projet d’accord en Libye *  Claudia Gazzini, spécialiste de la Libye au sein de l'ONG International Crisis Group, est très sceptique sur les chances de réussite du projet d'accord et en dresse les différentes causes. Lire : Un texte qui ne fait consensus ni à Tobrouk ni à Tripoli …* Leon alerte déjà sur les risques de l'implantation de Daech. Lire : Libye. Une dernière chance de négocier un accord, à saisir avant la faillite (Bernardino Leon) *

En parallèle, l'Union met en place une opération maritime de lutte contre les trafiquants * dont l'objectif est de perturber le « business model » des trafiquants *. Les Européens militent à l'Onu pour obtenir une résolution autorisant EUNAVFOR Med à pénétrer dans les eaux libyennes. Mais le gouvernement ne donne pas son autorisation à EUNAVFOR Med (al-Dairi) *

Le 10 juin 2015,  alors que le G5+5 est réuni à Berlin, l'Union européenne exprime un « soutien sans équivoque » au processus de dialogue politique libyen dirigé par l'envoyé spécial de l'ONU, Bernardino León et à ses propositions visant à parvenir à un compromis  A Berlin, le G5+5 appelle à la bonne foi des négociateurs libyens *. Quelques jours auparavant, l'Union a modifié Le dispositif des sanctions sur la Libye * pour augmenter la pression sur les personnes qui utilisent des fonds publics détournés pour déstabiliser le pays, notamment les fonds pétroliers, ou violent l'embargo sur les armes.

Samedi 11 juillet 2015, à Skhirat au Maroc, le médiateur de l'ONU Bernardino Leon décroche un premier accord entre Libyens * pour la création d'un gouvernement d'Union nationale. C'est le premier aboutissement d'une longue négociation semée d'embûches. Mais le travail n'est pas terminé... Cet accord est salué par le Conseil des Affaires étrangères le 20 juillet 2015 *

Le 8 octobre 2015, Bernardino Leon, le négociateur de l'ONU sur la Libye, annonce à Skhirat (Maroc) la constitution d'un gouvernement libyen d'unité nationale:  un accord sur un gouvernement d’unité nationale en Libye. Enfin ! * L'Union réagit en se préparant à un retour en Libye * lors du Conseil des Affaires étrangères du 22 octobre.

Dimanche 6 décembre 2015, certains responsables de Tobrouk et de Tripoli concluent un nouvel accord prévoyant la formation d'un gouvernement d'union nationale. Un accord conclu sans la présence du médiateur de l'ONU, Martin Kobler. Cet accord est perçu comme une remise en cause des accords passés. Lire aussi : L’accord de Tunis entre les parlements libyens reçu avec réticence à New-York et Bruxelles *

Dimanche 13 décembre 2015, une conférence internationale sur la Libye, réunit à Rome sous l'égide de l'Italie, les États-Unis, les Nations Unies, Libyens, Européens et autres représentants internationaux. Face à la menace croissante d'un terrorisme qui se répand en Libye, la conférence de Rome exprime un soutien « unanime à la formation d'un gouvernement d'union nationale et de réconciliation réunissant les principales composantes politiques du pays ».

Le 17 décembre 2015. Plusieurs députés des deux assemblées libyennes (Tobrouk et Tripoli) et des hommes politiques libyens signent au Maroc l'accord de Skhirat, conclu sous l'égide de l'ONU et permettant la mise en place d'un gouvernement d'union nationale. Lire : L’accord de Skhirat ratifié par des Libyens * et   La résolution de l’ONU détaillée *

Suite à l'annonce d'un accord politique, le gouvernement italien prépare un plan pour sécuriser Tripoli et les points clés de Libye *.

2016 : Formation du gouvernement d'unité nationale 

Janvier 2016. Soutenant les efforts de l'Onu, l'Union européenne ne reconnait qu’un seul gouvernement en Libye. Celui de al-Sarraj* (Tubrouk).

Le 19 janvier 2016, le Conseil présidentiel propose un premier gouvernement de d'unité nationale. La liste de 33 ministres est rejetée par le Parlement.

Une deuxième liste de gouvernement est proposée le 14 février 2016. Proposition soutenue par l'UE mais qui n'obtient pas plus un vote positif du Parlement. Lire : En attendant Godot. L’Europe veut un gouvernement d’unité nationale en Libye *

En parallèle, l'idée d'une intervention militaire filtre régulièrement dans la presse. La présence de Daesh en Libye est désormais reconnue de tous. Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves le Drian assure que Daech pénètre en Libye vers les puits de pétrole. Officiellement les Européens rejettent l'idée d'un plan B pour la Libye* et réveillent la mission EUBAM Libya *.

le 18 février 2016, les Américains effectuent un raid aérien en Libye près de la frontière tunisienne. De leur côté, les Italiens effectuent une intervention humanitaire italienne en Libye.

Le 18 mars 2016, les 28 réitèrent leur disponibilité à soutenir la Libye. Mais affirment-ils la décision d’une intervention internationale revient au gouvernement libyen *

L'arrivée à Tripoli

Jeudi 30 mars 2016, le Premier ministre reconnu légitime par l'ONU, et soutenu par l'Union européenne, Fayez-al Sarraj organise une opération de retour à Tripoli. Il installe son quartier général dans la base navale de Sittuh Abah, dans le port de Tripoli. Dès le lendemain, l'envoyé spécial des Nations Unies, Martin Kobler, se rend sur place. Le pari européen sur la Libye est-il en passe d’être gagné ? *

Vendredi 31 mars 2016, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte une résolution pour autoriser une levée partielle de l’embargo sur les armes en Libye * face à la lutte contre Daesh.

Samedi 1er avril 2016, les Européens passent de la menace aux sanctions contre la Libye. Concrètement trois hauts responsables libyens * voient leurs fonds gelés et sont interdits de séjour en Europe.

Le 12 avril 2016, réunie à Tunis, les pays voisins de la Libye et la communauté internationale décident de la création de la Facilité de stabilisation pour la Libye, un instrument du PNUD qui vise à appuyer le gouvernement d’union nationale libyen en mettant en place des projets « à gains rapides » pour la population au niveau local.

Entre le 12 et 18 avril 2016, les visites se succèdent à Tripoli : le ministre italien des Affaires étrangères Paolo Gentiloni, mardi 12 avril, les ambassadeurs de France, d'Espagne et du Royaume Uni, jeudi 14 avril, les ministres français allemand, Jean-Marc Ayrault et Frank-Walter Steinmeier, ensemble, samedi 16 avril, et enfin le Britannique Phil Hammond lundi 18 avril.

Le 18 avril 2016, une réunion par video-conférence entre entre Fayez al-Sarraj et les 28. « Le travail peut maintenant commencer » disent les 28. Paquet financier, soutien politique et pour stabiliser la Libye sont réitérés. De façon concrète, les ministres des Affaires étrangères donnent le feu vert à la planification d'une nouvelle mission de la PSDC en soutien à la police et la justice libyenne *. Ils lancent aussi la révision du mandat d'EUNAVFOR Sophia (lire le dossier N°27), avec un accord pour élargir a minima le mandat

Le 18 avril 2016, les 28 se réunissent, pour la première fois avec Fayez al-Sarraj, par video-conférence. « Le travail peut maintenant commencer » disent les 28. Paquet financier, soutien politique et pour stabiliser la Libye sont réitérés. De façon concrète, les ministres des Affaires étrangères donnent le feu vert à la planification d'une nouvelle mission de la PSDC en soutien à la police et la justice libyenne *. Ils lancent aussi la révision du mandat d'EUNAVFOR Sophia (lire le dossier N°27), avec un accord pour élargir a minima le mandat.

Le 20 mai 2016, le Premier ministre libyen demande l’aide de l’UE*. Fayez el-Sarraj a formellement adressé une lettre à la Haute représentante de l'UE pour demander un « soutien rapide de l'UE » d'une part à la « formation de la marine et à la garde-côtière libyenne », d'autre part aux « services de sécurité ». Les 28, à peu près, satisfaits

Le groupe des pays "amis" de la Libye (*), réuni à Vienne lundi 16 mai, fait un pas en avant pour apporter un soutien militaire au nouveau gouvernement libyen en se prononçant en faveur d'une levée partielle de l'embargo sur les armes qui touche la Libye depuis 2011. La communauté internationale prête à armer la Libye contre Daesh. Des nuances *

Le 12 mai 2016, l'armée libyenne (contrôlée par Fayez al-Sarraj et principalement composée de milices venues de Misrata) lance une offensive contre l'organisation État islamique basée dans la région de Syrte, au centre de la côte libyenne. Syrte est considérée le "dernier bastion" de Daesh en Libye.

En mai 2016, une certaine division fait jour au sein du Conseil présidentiel libyen, sur les questions de sécurité (armée, police, comme garde-côtes). B2 en a eu confirmation directement auprès d’un des deux membres du Conseil présidentiel libyen, opposants à la politique de Fayez El-Sarraj, sur ce point. Omar al-Aswad, qui représente Zintan au sein du Conseil présidentiel. Lire: Armée, police, garde-côtes… pourquoi je refuse la politique de El-Sarraj (Omar al-Aswad )*

Le 1er juin 2016 'Union européenne modifie le dispositif des sanctions sur la Libye, suivant les décisions du comité des sanctions de l'ONU. Un navire a été ajoutée à la liste "noire". Et quelques informations d'identification ont été modifiées pour trois personnes. Le tanker, le Distya Ameya ou Kassos(OMI: 9077343) un navire battant pavillon indien, a ainsi « interdiction de charger, de transporter ou de décharger, et d'entrer dans les ports » européens. Télécharger la Décision et le Règlement

Le 14 juin 2016, le Conseil de sécurité de l’ONU donne le feu vert au contrôle de l’embargo sur les armes par EUNAVFOR *, permettant un contrôle renforcé de l'embargo sur les armes au large de la Libye.

Lundi 20 juin 2016, lors du conseil des Affaires étrangères, le ministre français des Affaires étrangères, Jean Marc Ayrault insiste sur l'importance que le chef du gouvernement libyen, Fayez al-Sarraj, forme « réellement un gouvernement d’union », rassemblant toutes les forces, notamment celles « venant de Misrata, qui se battent contre Daesh à Syrte ». Il n'a pas cité les forces de Haftar. Mais le propos est sous-entendu notamment par le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders. « Nous devons essayer d'élargir la base du gouvernement libyen. Il faut obtenir le soutien du Parlement de Tobrouk. »

Début juillet 2016, Benghazi, capitale de l’Est libyen, connait un regain de violences de la part des jihadistes. Les forces de l'Armée nationale libyenne (ANL), commandées par le général Haftar, l'homme du Parlement de Tubrouk, qui encerclent la ville depuis deux mois, essuient un dur revers.

Le 17 juillet 2016, le Premier ministre Fayez al-Sarraj appelle, de nouveau, tous les Libyens à se rallier à son cabinet. Les membres du dialogue politique libyen, réunis à Tunis, travaillent à la formation d'une armée "unifiée".

Le 22 juillet 2016, la France reconnait que trois militaires français sont décédés en Libye. Ces trois militaires, des forces spéciales, ont été tué, à l’est de Benghazi, quand leur hélicoptère (qui appartient aux forces de Haftar) a été atteint par un tir d’un missile Sa 7 et de fusils automatiques. La France se voit ainsi contrainte à reconnaitre la présence de soldats sur le sol libyen. « En ce moment, nous sommes en train de mener des opérations de renseignement dangereuses [en Libye] », a indiqué le président français François Hollande.

Le 20 juillet 2016, le gouvernement libyen d'union nationale (GNA) dénonce la présence de militaires étrangers sur son sol, considérée comme  « une violation du territoire libyen ». Rien ne « justifie une intervention » étrangère sans qu'il en soit informé.

Le 20 juillet 2016, les ambassadeurs du Coreper adoptent le projet de texte avalisant la prolongation de la mission de soutien à la Libye (EUBAM Libya) pour douze mois supplémentaires jusqu'au 17 août 2017. Lire : La mission EUBAM Libya prolongée *

Jeudi 4 août 2016, le Conseil de l'Union européenne approuve par procédure écrite la prolongation de la mission de soutien aux frontières de la Libye (EUBAM Libya). Lire : La mission EUBAM Libya prolongée.

Le 17 août 2016, le groupe des amis de la Libye (Allemagne, Espagne, États-Unis, France, Italie et Royaume-Uni) se félicite de l'annonce de la nomination, par le Conseil présidentiel du gouvernement d'entente nationale (GNA), d'un comité directeur par intérim à la tête de l'Autorité d'investissement de la Libye (AIL). « L'AIL est vitale pour la sauvegarde des actifs de la Libye au profit du peuple libyen à long terme » annonce le communiqué conjoint

Début septembre 2016, l'élimination des dernières armes chimiques encore présentes en Libye est menée à bien, notamment par les Pays-Bas. C'est « un développement positif et important pour la stabilité » pour la Haute représentante de l'UE. « Cela supprime le risque de telles armes tombent entre les mauvaises mains. » (communiqué)

Les 10 et 11 septembre 2016, des attaques sont commises contre plusieurs terminaux pétroliers en Libye. Elles « mettent en danger l'infrastructure énergétique » du pays, « à un moment où la Libye et son gouvernement légitime ont besoin plus que jamais d'être en mesure d'exploiter pleinement les champs de pétrole de la Libye » souligne dans un communiqué la Haute représentante de l'Union. L'UE appelle les parties à « cesser immédiatement les hostilités » et « à éviter toute action qui pourrait endommager davantage les infrastructures énergétiques de la Libye, qui doit rester sous le contrôle exclusif du gouvernement de l'entente nationale ».

Le 22 septembre 2016, 22 pays ainsi que l'UE, l'ONU, la Ligue arabe et l'Union africaine adoptent un communiqué conjoint appelant à « une transition pacifique vers un gouvernement libyen élu démocratiquement ». Le Conseil présidentiel est notamment invité à « présenter un nouveau cabinet ». Condamnant les récentes tensions dans les « diverses régions du pays », ils appellent à une « désescalade complète » des violences, afin d'entamer un « dialogue politique et de réconciliation nationale ». Il fait suite à une réunion avec le Premier ministre désigné, Fayez al-Sarraj, en déplacement à New York.

Le 30 septembre 2016, l'Union européenne met à jour les textes (la décision et le règlement) justifiant l'inscription de trois personnalités libyennes sur sa liste noire et dont les avoirs sont gelés.

Les 14 et 15 octobre 2016, l’ancien chef de gouvernement de Tripoli, Khalifa Ghweil, tente de reprendre le pouvoir par la force. Ce que l'Union européenne condamne, par la voix de la porte-parole de Federica Mogherini. « L'utilisation de la force pour prendre le pouvoir ne peut conduire qu'à de nouveaux désordres et une spirale de violence ». Les Européens demandent au Conseil de la présidence (libyen) de « rapidement trouver un compromis avec une nouvelle proposition inclusive pour la formation du gouvernement d'entente nationale ». Télécharger le communiqué

Lundi 31 octobre 2016, sous l'impulsion du Royaume-Uni et des États-Unis, une importante réunion économique regroupe le gouvernement d'union nationale (GNA) et ses partenaires occidentaux pour établir une sortie de crise. La Banque centrale libyenne a accepté d'ouvrir le financement du gouvernement d'union nationale, dirigé par Fayez al-Sarraj, à hauteur de sept milliards d'euros, afin de permettre à celui-ci d'assurer des services à la population (eau, électricité...).

Le 15 novembre 2016, Federica Mogherini demande à « tous les acteurs, y compris les autorités libyennes et les organismes des Nations Unies, de faire davantage pour assurer la protection et l'assistance des migrants vulnérables à l'intérieur de la Libye, » notamment en améliorant les conditions de vie dans les centres de détentions. Télécharger le communiqué

La bataille de Syrte et le recul de Daesh

Vendredi 25 novembre 2016, le Conseil suprême de Défense italien considère que la situation en Libye s'améliore. « Le recul de Daesh et la mise en sécurité de zones critiques du pays semblent ouvrir de nouvelles possibilités de renforcement pour l'exécutif. Ce dernier pourrait rapidement être en mesure de contrôler de façon plus efficace le territoire et de diriger le processus de paix. » Télécharger le communiqué

Le 1er décembre 2016, dans un rapport de la mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), le Secrétaire général de l'ONU met en exergue la présence « de groupes et cellules plus petits, encore actifs dans tout le pays ».« Syrte était la dernière agglomération importante sous le contrôle de Daesh en Libye et la présence du groupe se limite désormais à de petites poches à Syrte et à Benghazi.  »

Le 19 décembre 2016, l'Union européenne se félicite de la libération de Syrte de Daesh, qui « représente un grand pas en avant pour la Libye. » Elle demande à tous les acteurs de « se rassembler dans un esprit de compromis afin que l'accord politique libyen puisse réussir » et de « s'abstenir de la violence et de l'utilisation des moyens militaires, condamnant les vagues récentes de violence, comme celle de Tripoli, ainsi que des déclarations irresponsables appelant à une confrontation armée ». (communiqué)

Le 23 décembre 2016, un an après la signature de l'Accord politique libyen de Skhirat (Maroc), les gouvernements de la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, le Royaume-Uni et des USA, dans un communiqué conjoint, félicitent le gouvernement d'union nationale pour ses efforts visant « à restaurer la gouvernance unifiée, la prospérité et la sécurité en Libye ».

Le 4 janvier 2017, le chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye, Martin Kobler, exprime sa préoccupation concernant les risques d'escalades et d'un nouveau conflit suite aux derniers développements dans le centre du pays. (communiqué)

Mardi 10 janvier 2017, l'Italie rouvre son ambassade à Tripoli (fermée depuis février 2015), afin d'aider à « accélérer le processus de stabilisation dans le pays » et désigne Giuseppe Perrone comme ambassadeur. Le ministre italien de l’Intérieur, Marco Minniti, annonce une « nouvelle phase de coopération » avec la Libye après une réunion avec le ministre libyen des Affaires étrangères (GNA), Mohamad Taher Siala. (communiqué)

Lundi 16 janvier 2017, le ministre des Affaires étrangères de Malte, George Vella, se dit inquiet de l'avancée du général Haftar sur Tripoli, le siège du gouvernement reconnu par l'ONU et l'UE. Ce chef de guerre libyen, soutenu par la Russie pourrait « commencer une guerre civile en Libye, augmentant les flux de réfugiés vers l'UE » a-t-il dit devant la presse, selon Malta Today. « Je ne suis pas à l'aise. Nous savons tous que les Russes ont toujours rêvé d'avoir des bases militaires en Méditerranée. » Et la Russie « qui a financé Haftar, a respecté l'embargo sur les armes » jusqu'à présent. « Mais il est difficile de prévoir ce qui va se passer », d'autant que « les choses ne sont pas heureuses à Tripoli. La Libye est sur le point de devenir un État failli ».

Mardi 17 janvier 2017 la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, s'entretient par téléphone avec le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj pour lui réaffirmer « le soutien absolu de l'UE ». Elle invite le Libyen à se rendre à Bruxelles « dans les prochaines semaines » pour continuer leur travail. (communiqué)

  • Dans la nuit du samedi 21 janvier 2017, un véhicule explose dans une rue située juste derrière l'ambassade italienne (et l'ambassade d’Égypte). Ses deux occupants sont tués.

Mardi 24 janvier 2017, l'envoyé spécial des Nations unies pour la Libye, Martin Kobler, fait le point sur la situation avec les ambassadeurs du COPS, lors d'un déjeuner.

Mercredi 25 janvier 2017, la Haute représentante de l'UE, Federica Mogherini, et la Commission européenne présentent une série de mesures pour renforcer la lutte contre les migrations en Méditerranée centrale et aider la Libye. Ce paquet est présenté aux Chefs d'État et de gouvernement, lors de leur réunion informelle, à 27, à La Valette (Malte), le 3 février. Lire : L’UE veut renforcer des garde-côtes libyens

Mercredi 1er février 2017, l'OTAN s'engage à soutenir la réforme de la sécurité en Libye. Lire : L’OTAN prête à aider en Libye. Ce n’est pas la première fois !

Jeudi 2 février 2017, le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj rencontre, à Bruxelles, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. Il pose ses conditions à une action plus décisive contre les migrants. La Libye prête à stopper les migrants… en échange d’aide financière et matérielle (Fayez al-Sarraj)

Vendredi 3 février 2017,  les Européens s’engagent à aider la Libye contre la migration ‘illégale’. La "déclaration de Malte" énumère neuf mesures destinées à « briser le modèle économique » des passeurs, à sécuriser les frontières du pays ou encore à assurer des conditions décentes aux migrants bloqués dans la région. Sur les positions des pays, lire : L’objectif du sommet de Malte (3 février 2017) : juguler la migration provenant de Libye

Dimanche 5 février 2017, l’envoyé spécial de l’ONU en Libye, Martin Kobler, annonce, dans une interview à l'agence espagnole EFE, que les Nations unies retourneraient très bientôt à Tripoli. Il demande aux pays européens de faire le nécessaire et de rouvrir les ambassades dans la capitale. « L’Union européenne a des projets importants qu’elle veut mettre en marche, comme la stabilisation et la reconstruction de Benghazi, mais cela exige que les expatriés soient dans le pays pour le mettre en œuvre. »

Lundi 6 février 2017, les ministres des Affaires étrangères de l'UE chargent la Haute représentante de plancher sur un retour d'EUBAM en Libye. L'objectif est de former la garde présidentielle libyenne. Lire : L’Europe prête à former la garde présidentielle libyenne ? Sur le plan politique, les ministres adoptent un tournant de la politique européenne en annonçant une modification de sa politique de sanctions visant des personnalités libyennes, dans l'esprit de favoriser la réconciliation libyenne, entre Tripoli et Tobrouk, qui pourrait s'engager entre al-Sarraj et Haftar. Lire : L’UE évolue. Haftar au gouvernement libyen ? Et une possible levée des sanctions sur quelques Libyens

Un rapport de EUBAM Libya dresse le bilan des services de sécurité libyens. Un grand bazar selon la carte dressée par EUBAM Libya. Lire aussi : Les garde-côtes et garde-frontières libyens ? Pour y voir un peu clair, le point…

Vendredi 17 mars 2017, l'Union européenne modifie son dispositif de sanctions sur la Libye. Elle rétablit une compétence d'exécution, par simple règlement délégué, pour transposer les décisions du Conseil de sécurité des Nations Unies. NB : Cette disposition figurait, en fait, dans le règlement de 2011. Mais elle avait été "oubliée", lors de la refonte du texte en 2016 (règlement 2016/44 du 18 janvier 2016). Erreur désormais réparée. Dans la foulée, l'UE transpose dans le droit communautaire les dispositions du Conseil de sécurité des Nations unies, prises le 11 novembre 2016 et le 6 janvier 2017, mettant à jour les informations relatives à quinze personnes et deux entités (décision et règlement 1 et règlement 2).

Samedi 18 mars 2017, la troïka pour la Libye (Union africaine, Ligue Arabe et ONU) se réunit pour la première fois en format Quartet, avec l'UE, au Caire. Elle renouvelle son soutien à l'accord de Skhirat et au gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj et souligne « l'urgence » d'une solution pacifique. Elle appelle à la « cessation immédiate des opérations militaires », notamment à Tripoli, et à préserver les infrastructures économiques et pétrolières de la Libye. (communiqué conjoint)

Mardi 28 mars 2017, le Tribunal de l'UE annule les mesures de gel des avoirs et d'interdiction de visas prononcées contre la fille de l'ancien leader libyen, Aïcha Mouammar Kadhafi pour ce qui concerne les mesures prises en 2014. Une mesure essentiellement symbolique car le tribunal ne s'est pas prononcé sur la reconduction de ces mesures en 2015, 2016 et, récemment, en 2017. Les sanctions à l'égard de la fille Kadhafi restent donc en vigueur. Lire : Aicha Kadhafi, la fille du leader libyen, obtient une condamnation symbolique de l’UE

Vendredi 31 mars 2017, le Conseil de l'UE prolonge les sanctions contre trois Libyens considérés comme des 'fauteurs de trouble' et entravant le processus de réconciliation nationale : Agila Saleh, président du Conseil libyen des députés à la Chambre des représentants, Khalifa Ghweil, Premier ministre et ministre de la Défense du Parlement non reconnu de Tobrouk et Nuri Abu Sahmain, président du Parlement de Tobrouk. (communiqué)

Mercredi 12 avril 2017, la Commission européenne adopte un programme de 90 millions d'euros, au titre du Fonds fiduciaire pour l'Afrique, pour la protection des migrants et l'amélioration de la gestion des migrations en Libye. (communiqué)

Lundi 17 avril 2017, l'Union européenne condamne les affrontements et l'escalade de la violence dans le sud de la Libye entre les différentes factions (brigade de Misrata et armée nationale de Haftar notamment, (lire ici). (communiqué)

Lundi 24 avril 2017, la Cour pénale internationale (CPI) basée à La Haye rend public un mandat d'arrêt contre un responsable de la sécurité intérieure de l'ancien régime libyen. Il s'agit d'Al Touhami Khaled accusé de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre qui auraient été commis entre février et août 2011.

Jeudi 27 avril 2017, Federica Mogherini annonce, à l'issue de la réunion informelle des ministres de la Défense de l'UE à La Valette, que l'UE étudie la demande libyenne d'équipements pour les garde-côtes libyens. Lire : Les Européens étudient la demande d’équipements des garde-côtes libyens… attentivement

Le 2 mai 2017. Les représentants des deux gouvernements libyens de Tobrouk et de Tripoli trouvent un accord à Abu Dhabi pour le contrôle des forces armées. Le commandement des forces armées serait partagé avec la formation d’un organisme pouvant épauler l’actuel Conseil présidentiel de Tripoli et élections d'ici mars 2018. L'objectif de cet accord entre Al-Sarraj (soutenu par l'Italie, l'ONU et l'Union européenne) et Haftar serait, à terme, la constitution d’une armée unitaire et la dissolution des milices locales. NB : cela permettrait à Haftar (soutenu par les gouvernements égyptien et émirati, comme, en sous-main, par les USA, la France et le Royaume-Uni) d'obtenir la légitimité internationale qui lui manquait.

Le 5 mai 2017, Federica Mogherini exprime au Premier ministre Fayez el-Sarraj (par téléphone) son « soutien » aux réunions avec le général Khalifa Haftar organisées par les Émirats arabes unis. « L'Union européenne continuera d'encourager et d'accompagner le processus politique en Libye » qui « ne peut être réalisé que par l'engagement et la contribution positifs de toutes les parties ». (communiqué)

Jeudi 11 mai 2017, les ministres de l'Intérieur allemand et italien, Thomas de Maizière et Marco Minniti, envoient une lettre à la Haute représentante de l'Union (Fed. Mogherini), et à la Commission européenne (JC. Juncker et D. Avramopoulos), leur demandant de faire davantage et de déployer une mission de l'UE à la frontière sud de la Libye. Lire : Italiens et Allemands demandent une mission sur la ligne frontalière Niger – Libye

Jeudi 18 mai 2017, une brigade de Misrata attaque la base aérienne de Brak al-Shati, contrôlée par les troupes du général Haftar. Le bilan de 141 morts, militaires et civils, choque la communauté internationale. Les exécutions contre militaires et civiles mettent « en danger le travail en cours pour trouver une solution pacifique et négociée à la crise politique et de sécurité » avertissent les Européens. (communiqué)

Mardi 23 mai 2017, le Quartet pour la Libye (Union européenne, ONU, Union Africaine et Ligue Arabe) encourage « toutes les parties libyennes à s'engager davantage dans des discussions constructives et inclusives pour mettre pleinement en œuvre l'Accord politique libyen ». (déclaration conjointe)

Dimanche 27 mai 2017, l'Union européenne appelle au rétablissement du cessez-le-feu de mars, brisé par « les combats à Tripoli ». (communiqué)

Fin mai 2017, une dizaine de pays tiers, des Balkans (Macédoine, Monténégro, Serbie, Albanie et Bosnie-Herzégovine), de l'EEE (Islande et Liechtenstein) et du voisinage (Moldavie, Ukraine et Géorgie) adoptent une décision parallèle à l'Union européenne sur les mesures restrictives visant trois Libyens. (communiqué

Mardi 20 juin 2017, pour sa dernière visite à Bruxelles en tant que représentant spécial de l'ONU pour la Libye, Martin Kobler dresse un tableau relativement sombre de la situation libyenne. Il s'en prend, particulièrement, aux Européens, les incitant à revoir toute leur politique pour contrôler les flux migratoires et à s'impliquer davantage. Point-clé de sa réprimande : la formation des garde-côtes libyens. Lire : L’UE doit arrêter de former les garde-côtes libyens ! (Martin Kobler)

Mardi 20 juin 2017, l'ONU nomme Ghassan Salamé, nouveau représentant pour la Libye. Une nomination saluée par l'UE. (communiqué

Le 29 juin 2017,  l'Italie ouvre, à Toubrouk, un bureau d'aide pour les demandes de visas pour les libyens vivant dans l'Est du pays. (communiqué)

Jeudi 13 juillet 2017, Paris affirme, par la voix du président français Emmanuel Macron, lors du conseil franco-allemand, son soutien à l'initiative germano-italienne pour bloquer les frontières du sud de la Libye mais sans détailler en pratique. La France soutient une mission européenne au sud de la Libye ?

Lundi 17 juillet 2017, les ministres des Affaires étrangères de l'UE approuvent la mise en place d'un régime commun d'autorisation sur l'exportation des bateaux pneumatiques et des moteurs hors bord vers la Libye, dans l'UE. L'objectif est de contrarier le 'business model' des passeurs et trafiquants d'êtres humains. Lire : L’UE soumet l’exportation des dhingis vers la Libye à autorisation. Ils appellent également à la relance du processus politique en Libye.

Lundi 17 juillet 2017, le chef de la mission EUBAM Libya, l'Italien Vincenzo Tagliaferri, est reconduit dans ses fonctions, pour un an supplémentaire, jusqu'au 21 août 2018. Les ambassadeurs des 28 du Coreper devraient adopter le texte le 19 juillet prochain qui sera ensuite avalisé dans un prochain Conseil de l'UE.

Mardi 25 juillet 2017, le président français Emmanuel Macron réunit à la Celle Saint-Cloud (près de Paris), les frères ennemis libyens, le Président du Conseil présidentiel libyen, Fayez al-Sarraj, et le commandant de l’armée nationale libyenne, le général Khalifa Haftar. Un accord est trouvé, instaurant un cessez-le-feu. Lire :  Les frères ennemis libyens s’entendent sur une voie plus pacifique (La Celle St Cloud)

Vendredi 28 juillet 2017, l'Union européenne met la main à la poche pour « renforcer les capacités opérationnelles » des garde-côtes libyens. Une enveloppe de 46 millions d'euros est débloquée au titre du Fonds fiduciaire pour l'Afrique. Objectif :  mettre en œuvre des « mesures rapides et concrètes pour réduire la pression migratoire le long de la route de la Méditerranée centrale ». Lire : L’UE se décide à financer l’équipement des garde-côtes libyens

Mercredi 2 août 2017, le Parlement italien approuve l'extension géographique de l'opération "Mare Sicuro", permettant à la mission navale militaire d'entrer dans les eaux territoriales libyennes (*). L'objectif annoncé est d'apporter un « soutien technique aux gardes-côtes libyens dans la lutte contre les trafiquants d'êtres humains » en permettant aux navires italiens d'entrer à l’intérieur des eaux territoriales libyennes, soit dans la zone des 12 miles depuis les côtes. Lire : L’Italie lance une mission militaire dans les eaux libyennes.

Le 10 août 2017, suivant une décision du Comité du Conseil de sécurité des Nations unies du 2 août 2017, l'Union européenne approuve l'ajout d'un navire (le Lynn S) à la liste noire des navires faisant l'objet de mesures restrictives (décision / règlement).

*Jeudi 21 septembre 2017, l’UE évoque, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, avec l’ONU, la Libye, l’Union africaine et la Ligue arabe, le changement du cadre politique avec la réforme de l'accord de l'accord politique, la mise en place d'une nouvelle constitution et la tenue d'élections, la rétablissement d'une économie, l'aide humanitaire (Déclaration de Federica Mogherini).

*Jeudi 28 septembre 2017, l’Union européenne approuve la reconduction des sanctions sur la Libye, notamment le gel des avoirs de trois personnes considérées comme pouvant troubler le processus de pacification. Lire : Les sanctions contre la Libye mises en place. 3 hauts responsables libyens à l’index.

*Mardi 3 octobre 2017, Fayez Al Sarraj, président du Conseil présidentiel du gouvernement libyen d’union nationale, appelle les Européens à lever l’embargo sur les armes en Libye, lors de son entretien avec l'ambassadeur de l'UE en Libye, Bettina Muscheidt et le commandant de l'opération Sophia, le vice-amiral Enrico Credendino.

*Le 30 octobre 2017, l'Union européenne modifie, sur la forme, le dispositif "sanctions" sur la Libye, en mettant à jour la motivation de l'interdiction d'entrée dans les ports européens du navire Capricorn (décision / règlement). Le 8 novembre, elle modifie le positionnement du navire Lynn inscrit sur la liste noire de l’UE (règlement et décision d'exécution).

*Lundi 20 novembre 2017, le Conseil de l’UE approuve l’augmentation du budget à 31,2 millions d'euros (1er décembre 2017 / 31 décembre 2018) pour la mission de l'UE d'assistance aux frontières en Libye, EUBAM Libya (décision). La Haute représentante de l’UE et le président de l’Union africaine – l'Ivoirien Alpha Condé – condamnent dans un communiqué conjoint le traitement inhumain infligé aux migrants en Libye, notamment à travers l’esclavage. « [Ils] sont résolus à demander la fin immédiate de ces pratiques criminelles ainsi que la traite des êtres humains [et] soutiennent les demandes faites aux autorités libyennes pour qu'elles agissent rapidement, qu'elles combattent les auteurs de tels crimes et qu'elles les traduisent en justice ». Suite aux révélations de ces pratiques, L’Europe peut-elle continuer à financer les garde-côtes libyens? s’interrogent les députés PS.

*Lundi 27 novembre 2017, une réunion extraordinaire du Comité politique et de sécurité (COPS) est convoquée pour étudier la réponse éventuelle de l’UE à la question de l’esclavage en Libye, notamment une mise à jour des initiatives en cours, dans le contexte des discussions au sommet avec l'Union africaine et de la discussion au Conseil de sécurité de l'ONU sur initiative française.

*Le 28 novembre 2017, deux hauts fonctionnaires — Jean-Christophe Filori (chef de l’unité Maghreb à la DG Near de la Commission européenne) et Vincent Piket (chef de division chargé des pays du Maghreb au SEAE) — expliquent aux eurodéputés de la commission des libertés publiques le rôle de l’Union européenne dans la crise migratoire notamment en Libye. Lire : Migrants en Libye : l’UE n’a pas à rougir de son rôle. Un problème avec les garde-côtes libyens ?

*Mercredi 29 novembre 2017, Europe, Afrique et ONU créent une task-force Libye pour accélérer le rapatriement des migrants.

*Début décembre 2017, le chargé d’affaires de la mission libyenne auprès de l’UE, Mohamed Farhat, répond aux questions des parlementaires européens membres de la commission LIBE, notamment sur la formation des garde-côtes, les conditions de détention des migrants ou le manque de solidarité de la Libye envers les migrants. Lire : Pour la Libye, « la migration n’est qu’un défi parmi d’autres » (Mohamed Farhat).

*Lundi 4 décembre 2017, le groupe de travail conjoint UE-UA-ONU tient sa première réunion à Addis Abeba, avec comme priorité le « rapatriement (volontaire), dans les six prochaines semaines, de 20.000 migrants se trouvant en Libye » indique un communiqué du SEAE. La prochaine réunion de la task force est prévue au niveau ministériel à Bruxelles jeudi 14 décembre (communiqué).

*Jeudi 7 décembre 2017, l’Union européenne modifie formellement le dispositif de sanctions sur la Libye pour apporter des précisions au navire Capricorn figurant sur la liste noire de l’UE et de l’ONU. La décision et le règlement ainsi approuvés transposent une décision similaire du comité « sanctions » du Conseil de sécurité des Nations unies prise le 27 novembre 2017.

*Lundi 11 décembre 2017, les ministres des Affaires étrangères de l’UE décident d’apporter à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) un soutien financier de 3,035 millions d’euros (sur 20 mois) pour aider au nettoyage des installations de destruction et de stockage d’armes chimiques de la Libye (décision).

*Lors de la réunion du 14 décembre 2017, les représentants de l’Union européenne, de l’Union africaine et de l’ONU affichent les premiers résultats de la task force pour la Libye et affirment l’objectif de rapatrier 15.000 migrants d’ici février.

*Le 15 janvier 2018, le porte-parole des Affaires étrangères souligne que l’élimination des matières chimiques de catégorie 2, transportées en Allemagne pour destruction, par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) est « un pas positif vers l'éradication complète et permanente de toutes les armes chimiques dans le pays » (déclaration).

*Mi-janvier, le parlement italien approuve les missions extérieures de l’armée italienne. Ainsi, l’Italie s’investit en Libye, au Niger et en Tunisie en 2018.

*Le 24 janvier 2018, l’Union européenne réagit aux attentats à la voiture piégée de Benghazi (déclaration), et le lendemain aux exécutions, également à Benghazi (déclaration). Elle modifie également son dispositif de sanctions sur la Libye, formellement, pour actualiser les données sur le navire Capricorn, interdit de séjour dans les ports européens (décision / règlement).

*Vendredi 2 février 2018, l’Union européenne modifie la référence sur le navire Lynn S, interdit de séjour dans les ports européens, suite à une décision du comité des sanctions des Nations unies le 26 janvier 2018 (décision / règlement).

*Lundi 5 février 2018, en visite en Libye, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, annonce à nouveau aux autorités libyennes les trois impératifs souhaités par les Européens : « doter le pays d’une constitution, de tenir des élections législatives et présidentielles crédibles et d’œuvrer à la réconciliation nationale ». Il constate également les conditions de vie des migrants dans les centres de détention, qui sont « loin d’être satisfaisantes », selon le communiqué du ministère luxembourgeois.

*Vendredi 9 février 2018, l’UE met à jour son dispositif de sanctions, actualisant les données des navires Capricorn et Nadine, interdits de séjour dans les ports européens, suivant en cela la décision du comité des sanctions de l'ONU du 2 février 2018 (décision / règlement).

*Mercredi 14 février 2018, le chef de la mission civile d’assistance aux frontières (EUBAM Libye), Vincenzo Tagliaferri, signe un arrangement administratif (MoU) à Tripoli avec le ministre de la Justice libyen, Mohamed Abdelwahed Abdelhameed afin de formaliser leur coopération « à court et à long terme ». La première étape est la mise en place d'un groupe de travail « pour l'amélioration de la justice pénale libyenne » (Criminal Justice Improvement Working Group) qui comprendra « des représentants de toute la chaîne de justice pénale et sera un forum pour identifier les domaines d'amélioration, de résoudre les besoins du ministère et de fournir une assistance juridique pour les réformes », ainsi que d'aider à appliquer « les accords internationaux signés par la Libye ». (communiqué)

*Le 2 mars 2018, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) de l’UE annonce que l'Office international des migrations (OIM) a évacué 15.000 personnes de la Libye dans le cadre des retours volontaires, avec l'appui de l'UE et de l'Union africaine suite à l'accord du sommet d'Abidjan (en novembre 2017). Le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de son côté a évacué 1600 réfugiés. (communiqué)

*Lundi 5 mars 2018, Federica Mogherini, la Haute représentante de l'UE, et Filippo Grandi, président du Haut commissariat aux réfugiés (UNHCR) insistent « sur la nécessité d'accélérer les réinstallations hors du Niger » (NB : le Niger étant le seul pays, avec l'Italie, à accueillir des migrants évacués de Libye depuis novembre). (communiqué) Devant les commissions LIBE (libertés publiques), AFET (affaires étrangères) du Parlement européen, et la délégation pour le Maghreb, le HCR pousse un cri d’alarme au sujet de l’évacuation des migrants détenus dans les camps en Libye. Lire : La réinstallation des migrants venant des camps en Libye bloquée… faute de places d’accueil (HCR)

*Le 12 mars 2018, l’UE annonce élargir son soutien aux municipalités libyennes « pour améliorer l'accès aux services sociaux et de base pour les migrants et les Libyens » (communiqué). 50 millions d’euros sont mobilisés dans le cadre du Fonds d'urgence (trust fund) pour l’Afrique de l’UE. 24 municipalités à travers le pays sont concernées, en particulier le long des routes migratoires. Un programme qui « vise à promouvoir l'accès aux services de base de la population, en particulier des groupes les plus vulnérables, y compris les migrants » complète, dans un communiqué, le ministère italien des Affaires étrangères et de la coopération. « La coopération italienne va prendre en charge l'assistance technique et le développement socio-économique de l'initiative, par l'implication des organisations de la société civile. La mise en œuvre du programme se fera en étroite coordination avec le Conseil présidentiel et le gouvernement de l'Accord national libyen ».

*Mercredi 21 mars 2018, l’Union européenne prolonge le dispositif de sanctions contre trois hommes politiques libyens susceptibles d’entraver et saper le processus politique — Agila Saleh, Khalifa Ghwell et Nuri Abu Sahmain (mesures mises en place en mars 2016 : Les sanctions contre la Libye mises en place. 3 hauts responsables libyens à l’index). Le gel des avoirs et l’interdiction de visas sont prolongés pour une durée de six mois (décision).

*Mardi 24 avril 2018, la commission des Affaires étrangères du Parlement adopte une résolution sur la Libye et recommande des élections dès 2018.

*Jeudi 26 avril 2018, les ambassadeurs du Comité politique et de sécurité (COPS) rencontrent, lors d’une réunion informelle, avec le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé. Ce dernier échange également avec la Haute représentante de l’UE sur la mise en œuvre du plan d’action en quatre points de l’ONU pour la Libye (remarques).

*Le 30 avril 2018, la chef de la diplomatie européenne assiste à la quatrième rencontre du Quartet pour la Libye (Union africaine, Ligue des États arabes, ONU et Union européenne), pour évaluer les progrès de la médiation des Nations unies et les moyens par lesquels chacun peut soutenir ce travail. (communiqué) A l’issue de la réunion, elle déclare : « Nous voyons des mesures positives depuis la dernière réunion que nous avons eue : sur la sécurité, l'économie, la gestion des migrations, le terrorisme qui est contenu ».

*Mercredi 2 mai 2018, l’Union européenne demande « une enquête rapide » suite à l'attentat qui a visé la Haute Commission électorale nationale libyenne, le même jour, à Tripoli. L'institution « joue un rôle important dans le développement d'institutions légitimes en Libye » rappelle le porte-parole de la Haute représentante aux affaires étrangères. (communiqué)

*Le 7 mai 2018, le secrétaire général de l’ONU s’alarme de la situation de sécurité en Libye. Si « le nombre de victimes civiles a considérablement diminué depuis le début de l’année », l’insécurité continue de régner « dans certaines zones du pays ». La justice est particulièrement visée. L'enlèvement le 15 mars dernier du procureur général a été un signal inquiétant. « Procureurs, juges et autres membres du personnel judiciaire continuent de travailler dans l’insécurité » indique-t-il. (rapport)

*Lundi 14 mai 2018, l’Union européenne retire deux navires, le 'NADINE' et le 'Lynn S', de sa liste noire 'Libye'. Ils ne sont plus interdits d'entrée, de charger et décharger dans les ports européens à partir du 15 mai. Elle suit deux décisions successives du comité 'sanctions' du Conseil de sécurité des Nations unies, prises les 18 et 29 avril. (décision / règlement)

*Mi-mai, une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU débarque à Bruxelles pour enquêter sur les fonds libyens gelés chez Euroclear Bank révèle le quotidien belge Le Vif. Une instruction judiciaire pour blanchiment est ouverte au parquet de Bruxelles. En mars, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, avait démenti les informations du Vif l'Express. Lire : Des fonds libyens gelés… se sont envolés. Non répond Reynders

*Du 20 au 23 mai 2018, et pour la première fois depuis 2012, trois députés européens, Inés Ayala-Sender (S&D/PSOE), président de la Délégation pour les relations avec les pays du Maghreb, Claude Moraes (S&D/Labour), président de la commission Libertés (LIBE), et Fabio Massimo Castaldo (EFDD/M5S), vice-président du Parlement européen, se rendent en Libye dans le cadre d'une mission officielle. (communiqué de la commission et de la députée). Ils rencontrent notamment le chef du conseil local de Tawarga, M. Abdul Rahman Al Shakshak, avec lequel ils évoquent le projet que « le processus de réconciliation entre les citoyens de Misrata et de Tawarga » puisse « servir d'exemple pour le reste de la Libye » et suggèrent « qu'une délégation de Misrata et Tawarga puisse venir participer au Parlement européen et partager leur expérience ». Cette mission doit enrichir le débat suivant, au Parlement, à Strasbourg, autour du rapport signé par l'eurodéputé italien Pier Antonio Panzeri, pour la commission des Affaires étrangères (AFET). A son retour, Inés Ayala-Sender s'exprime et soutient qu'il faut en finir avec la transition actuelle, passer aux élections, tourner la page.

*Mardi 29 mai 2018, une conférence internationale se tient à Paris, sous l'égide des Nations unies, avec « les représentants du gouvernement libyen et une délégation d'acteurs politiques représentant les principales institutions de la Libye ». La Haute représentante de l’UE est également présente. A l’issue, des élections sont prévues le 10 décembre en Libye. Un accord historique  est obtenu à Paris.

*Le 30 mai 2018, le Parlement européen adopte le rapport Panzéri sur la situation en Libye. 486 voix pour, 150 contre, 44 abstentions. Le rapport appuie l'organisation d'élections en 2018. Il recommande, notamment, au Conseil, à la Commission et à la Haute représentante de soutenir le plan d'action des Nations unies pour la Libye et de concentrer les efforts de l'UE sur la protection des migrants.

*Jeudi 14 juin 2018, six trafiquants d’êtres humains, libyens et érythréens sont mis sur liste noire de l’UE.

*Fin juin 2018, la Libye fait enregistrer son dossier auprès de l’Organisation maritime internationale (OMI) pour avoir son centre de coordination pour le sauvetage en mer. Lire : Allo Tripoli ! La Libye a sa zone de sauvetage et son MRCC. C’est officiel, avec l’aide européenne

*Le 27 juin 2018, la France, l’Italie, le Royaume-Uni et les États-Unis condamnent l'offensive du leader de la tribu des Al-Magharba, Ibrahim Jadhran, contre les ports pétroliers de Ras Lanouf et al-Sedra, comme la tentative du général Haftar de prendre le contrôle des revenus du pétrole. « Toute tentative visant à contourner le régime de sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies contre la Libye portera un grave préjudice à l'économie libyenne, exacerbera sa crise humanitaire et sapera sa stabilité plus large » (communiqué). La porte-parole de la Haute représentante de l'UE condamne également la tentative du général Haftar de demander que « les exportations de pétrole des terminaux pétroliers de l'Est soient approuvées par des entités autres que le CNO (Libyan National Oil Corporation) ». L'UE « continuera, avec ses États membres, à contrer toute tentative de commerce du pétrole libyen en dehors des circuits officiels internationalement reconnus ». Une cession des gisements et des installations pétrolières de Ras Lanuf et de Sidra est « inacceptable et contrevient aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies ». « L'infrastructure pétrolière, la production et l'exportation doivent rester sous le contrôle exclusif du NOC, toutes les recettes pétrolières étant transférées à la Banque centrale de Libye (CBL) », précise le communiqué européen.

*Samedi 14 juillet 2018, la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, effectue sa première visite en Libye. Federica Mogherini en visite à Tripoli. Une coopération ++ avec la Libye

*Lundi 16 juillet 2018, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères, la Haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, propose aux ministres de mettre à disposition des ressources pour que l’opération Sophia puisse être à Tripoli. Lire : Le suivi des garde-côtes libyens soumis à une hypothèque financière. Le mandat de Sophia élargi. Les 28 font le point sur la situation en Libye et décident d'augmenter le soutien de l'UE à la Libye.

*Le 30 juillet 2018, le nom de Omar ASHKAL est retiré de la liste noire de l'Union européenne. Ce cousin de l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a été tué dans une frappe aérienne en février 2017 à Benghazi. (décision / règlement)

*Jeudi 3 août 2018, les ambassadeurs du comité politique et de sécurité (COPS) de l’UE tiennent une réunion exceptionnelle pour procéder à la révision stratégique des missions/opérations en Libye et Méditerranée (EUBAM Libya, EUNAVFOR MED Op Sophia, et cellule de liaison et de planification de l'UE). Enjeux principaux : tenir compte de la nouvelle position italienne sur le refus de port de débarquement automatique pour les migrants et réfugiés recueillis en mer, intensifier la présence en Libye même.

*Mardi 4 septembre 2018, un cessez-le-feu est conclu entre les représentants du gouvernement de l’Accord national (GNA), des commandants militaires, des structures de sécurité et des groupes armés présents dans et autour de Tripoli. Les Européens se réjouissent du cessez-le-feu en Libye avec prudence. Rome met en cause Paris

*Le 5 septembre 2018, on peut lire dans le rapport final du groupe d'experts sur la Libye, rendu public par l'ONU, que « le recours à la violence pour contrôler les institutions de l’État libyen a été particulièrement frappant à Tripoli et pourrait entraîner une reprise des affrontements armés. (...) La plupart des groupes armés impliqués sont affiliés au Gouvernement d’entente nationale ou à l’Armée nationale libyenne ». Au sujet des sanctions libyennes, les banquiers d’Euroclear sont pris la main dans le sac de violation de la résolution de l’ONU.

*Lundi 10 septembre 2018, le ministre des Affaires étrangères italien, Enzo Moavero Milanesi, se rend à Benghazi pour rencontrer le maréchal Haftar avant de s'entretenir par téléphone avec les autres acteurs libyens — le Président du Conseil présidentiel libyen, Faez Al Sarraj, le vice-président du Conseil présidentiel Ahmed Maitig et le ministre des Affaires étrangères du gouvernement d'Union nationale, Mohamed Taher Syala — ainsi que le représentant du secrétaire général des Nations Unies en Libye Ghassan Salamé. (communiqué). Il entend « relancer le dialogue politique » en direction de toutes les parties libyennes.

*Mi-septembre, la situation semble empirer. Le cessez-le-feu négocié par l’ONU est fragile et Tripoli est le nouveau terrain de conflit des milices. Lire : Situation toujours aussi critique en Libye. La division entre Italie et France jette de l’huile sur le feu

*Le 18 septembre 2018, l’Union européenne insère sur la liste noire de l’UE Ibrahim Jadhran, transposant ainsi une décision du comité des sanctions des Nations unies. Les forces de ce chef de la milice libyenne avaient attaqué et pris le contrôle des ports pétroliers libyens de Ras Lanuf et d'Al Sidra en juin. Ce qui a entraîné une crise économique et politique. Il fait désormais l’objet d’un gel des avoirs et d’une interdiction de visas. (décision et règlement)

*Le 24 septembre 2018, le dispositif de sanctions contre des chefs de guerre en Libye est modifié à la marge pour apporter des précisions sur les inscriptions de six personnes, chefs de milice et trafiquants d'êtres humains, notamment sur leur identité : Ermias Alem, Fitiwi Abdelrazak, Ahmad Imhamad, Mus'ab Mustafa, Mohammed al-Hadi et Abd Al Rahman al-Mila. Un texte qui vient transposer une décision du comité 'sanctions' du Conseil de sécurité des Nations unies du 17 septembre. (décision)

*Vendredi 28 septembre 2018, le Conseil de l’UE prolonge pour une période de six mois, jusqu'au 2 avril 2019, le dispositif de sanctions (gel des avoirs et interdiction de visas) visant trois responsables libyens, considérés comme entravant la mise en œuvre de l'accord politique libyen du 17 décembre 2015 et la formation d'un gouvernement d'accord national. Il s'agit de Agila Saleh, président du Conseil des députés libyen à la Chambre des représentants, Khalifa Ghweil, Premier ministre et ministre de la Défense du Congrès national général (non reconnu internationalement) et Nuri Abu Sahmain, président du Congrès national général. (décision)

*Début octobre 2018, les Européens se questionnent sur le mandat de la mission européenne de soutien aux forces libyennes chargées du contrôle aux frontières (EUBAM Libya). Lire : Renforcer l’état libyen : une tâche pas facile pour EUBAM Libya. Bilan d’un an d’avancées… et de blocages. Le Service européen d’action extérieure (SEAE) recommande d’étendre les tâches de l’opération militaire européenne en Méditerranée (EUNAVFOR Med / Sophia) à la lutte contre les trafics pétroliers. Lire : La lutte contre le trafic de pétrole libyen, nouvelle tâche de l’opération Sophia ?

*Début octobre 2018, Marc Monballiu, ancien patron du Trésor belge, explique, dans une lettre adressée à certains députés belges, que le dégel des intérêts des fonds libyens : c’est une position européenne.

*Le 11 octobre 2018, Federica Mogherini, la Haute représentante de l’UE, rencontre le représentant spécial de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé et évoque « la manière de transformer le cessez-le-feu conclu à Tripoli sous la médiation de l'ONU en un dispositif de sécurité plus stable et d'aider le gouvernement libyen à poursuivre ses réformes économiques du peuple libyen ». (communiqué)

*Mi-octobre, en Libye, les contacts des Européens sont limités par l’insécurité, depuis plusieurs semaines.

*Lundi 15 octobre 2018, les ministres des Affaires européennes, relayés par la Haute représentante de l’UE, veulent intensifier les efforts pour la stabilisation de la Libye. Selon eux, il faut traquer l’argent des trafics illégaux en Libye. Lire aussi : La très discrète défaite française sur la Libye.

*Vendredi 2 novembre 2018, le Conseil de sécurité de l’ONU prolonge les mesures de contrôle du trafic de pétrole, pris par la résolution 2146 de 2014, jusqu'au 15 février 2020, et de contrôle sur les armes. Le régime international de sanctions sur la Libye étendu aux violences sexuelles (Résolution 2441).

*Vendredi 16 novembre 2018, le comité 'sanctions' du Conseil de sécurité des Nations unies décide le gel des avoirs et l'interdiction de voyager pour Salah Badi, commandant du Front el-Soumoud, groupe armé hostile au Gouvernement d’entente nationale libyen, également connu sous le nom de Fakhr ou « Fierté de la Libye » et de la brigade Bouclier central Al Marsa de Misrata.

*Le 23 novembre 2018, le Haut commissariat aux réfugiés rappelle qu'il « ne considère pas (la Libye) comme un lieu de débarquement sûr ». Il « (déconseille) également le retour vers la Libye des personnes secourues lors de recherches ou de sauvetages en mer ». (communiqué)

*Le 28 novembre 2018, l’Union européenne met sur liste noire Salah Badi, le chef de la brigade Bouclier central Al Marsa de Misrata ou 'Fierté de la Libye', groupe armé hostile au Gouvernement d'entente nationale, avec gel des avoirs et interdiction d'entrée dans l'UE. L'application d'une décision du comité 'Libye' des Nations unies. (décision / règlement)

*Jeudi 29 novembre 2018, la Commission européenne refuse de prendre parti sur le renvoi en Libye de 12 migrants arrivés en Espagne. Il s'agit d'une « question de droit international. Ce n’est pas à la Commission européenne de prendre une décision » affirme la porte-parole de la Commission, Natasha Bertaud.

*Le même jour, les quatre pays de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie, Tchéquie) conviennent d'un projet conjoint dans le cadre du trust fund de l'UE pour la Libye, afin de fournir quatre bateaux pour la Garde-côtière libyenne. Un projet « non seulement hautement symbolique (quatre bateaux pour chacun des pays V4) mais aussi relativement facile à contrôler en ce qui concerne l'efficacité de l'utilisation de la contribution » affirme le ministre tchèque des Affaires étrangères Tomáš Petříček.

*Le 29 novembre toujours, les Américains mènent une attaque aérienne, avec frappe de précision, dans le sud libyen. Raid américain dans le sud libyen

*Mardi 4 décembre 2018, la chef de la diplomatie européenne rencontre le président du conseil présidentiel libyen, Fayez Mustafa al-Sarraj, en déplacement à Bruxelles. Ils échangent sur «les prochaines étapes à franchir pour faire avancer la voie politique et permettre la conclusion du processus électoral d’ici au printemps 2019 » (communiqué).

*Jeudi 6 décembre 2018, le Haut commissariat aux réfugiés annonce qu’un premier groupe de 133 réfugiés a été évacué vers le Niger à partir du nouveau centre 'de rassemblement et de départ', ouvert à Tripoli, en Libye.

*Lundi 10 décembre 2018, les ministres des ’28’ appellent à la réunification et tancent Sarraj pour son manque de réformes en Libye. 

*Lundi 17 décembre 2018, le Conseil des ministres de l’UE (en format agriculture) approuve la prolongation du mandat de la mission d'assistance aux frontières EUBAM Libya en modifiant légèrement son mandat (communiqué). Lire : La mission EUBAM Libya va être prolongée de 18 mois (V2). Est également approuvée la modification du régime des sanctions qui entre en vigueur le 19 décembre. Lire : Les auteurs de violences sexuelles en Libye pourront voir leurs avoirs gelés. Le pétrole raffiné ajouté à la liste

*Mardi 18 décembre 2018, le rapport de la mission politique des Nations Unies en Libye (MANUL) et du Bureau des droits de l'homme des Nations Unies (HCDH) alerte sur la situation des migrants et réfugiés en Libye. Ils sont soumis à des « horreurs inimaginables » dès leur arrivée en Libye, tout au long de leur séjour dans le pays et - s'ils parviennent à ce résultat - lors de leurs tentatives de traverser la Méditerranée (communiqué et rapport).

*Le 25 décembre 2018, l’Union européenne réagit à l'attaque du ministère des Affaires étrangères en Libye, qui « menace un peu plus la situation fragile à Tripoli » (communiqué).

*Le 17 janvier 2019, l’Union européenne réagit à la reprise des combats à Tripoli en Libye, en violation du cessez-le-feu négocié à l'ONU (communiqué).

*Le 3 février 2019, l’aviation française disperse un groupe de rebelles tchadiens en provenance de Libye qui tentait de pénétrer en force au Tchad. L’interventionnisme de Paris suscite des questions. Lire : Intervention française au Tchad : pour consolider Déby… ou stabiliser le sud libyen ?

*Mardi 12 février 2019, le nouvel ambassadeur libyen auprès de l’UE, Abdulhafed Gaddur, présente ses lettres de créance auprès de l'Union européenne le 12 février. Né à Zanzur le 14 février 1959, il a été ambassadeur auprès du Saint-Siège (2003-2006) et de l’Italie (2006-2011). Le 27 février 2011, il démissionne de son poste pour protester contre la politique de Kadhafi. Il devient alors l'envoyé du Conseil national de transition à Rome.

*Vendredi 15 février 2019, la Haute représentante de l’UE échange sur les moyens « de faire progresser le processus politique en Libye », par le biais de la conférence nationale organisée par l'ONU puis des élections, avec le ministre libyen Fayez al-Sarraj, puis le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU, Ghassan Salamé (communiqué).

*Le 21 février 2019, la ministre des Armées française, Florence Parly, confirme la livraison de six embarcations rapides à la Libye, à partir du printemps, pour permettre aux garde-côtes libyens de lutter contre les trafiquants de migrants.

*Mercredi 27 février 2019, le président de Conseil de la présidence, Fayez al-Sarraj, et le commandant de l’armée nationale libyenne, Khalifa Haftar, se mettent d’accord sur « la nécessité de mettre fin aux étapes de transition en Libye en organisant des élections générales » et « sur les moyens de maintenir la stabilité dans le pays et d'unifier ses institutions » (communiqué de l'envoyé spécial de l'ONU sur la Libye). Ces annonces sont saluées, vendredi 1er mars, par la France, l'Italie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis dans une déclaration conjointe. Les Quatre invitent les Libyens « à saisir cette occasion vitale pour mettre en place un gouvernement stable et unifié pouvant assurer la sécurité et la prospérité de tous les Libyens ». Ils « se félicitent également de l’annonce faite par le Gouvernement d’entente nationale selon laquelle les parties se sont mises d’accord pour reprendre la production de pétrole dans le champ pétrolier d’al-Sharar ». (déclaration)

*Samedi 30 mars 2019, en marge du sommet de la Ligue arabe à Tunis, le Quartet pour la Libye confirme le calendrier pour une solution politique au conflit. Les différentes parties libyennes sont conviées à une nouvelle conférence de réconciliation à Addis-Abeba, en juillet, précédée par une conférence nationale préparatoire les 14 et 16 avril à Ghadamès (Sud libyen) qui devrait conduire à un accord sur la mise en place d’une Constitution et fixer le calendrier des élections législatives et présidentielles. La Haute représentante assure (presse) que l'Union continue « à faire sa part ».

*Lundi 1er avril 2019, le Conseil de l’UE décide de prolonger de six mois, jusqu'au 2 octobre 2019, le gel des avoirs de trois personnalités libyennes considérées comme entravant le processus de paix (Agila Saleh, Misratah Khalifa Ghwell, Nuri Abu Sahmain), considérées comme des troubles à la paix. Une mesure prise « eu égard à l'instabilité persistante et à la gravité de la situation en Libye ».  (décision)

*Le 3 avril 2019, la Commission européenne décide d’octroyer 6 millions d’euros d’aide humanitaire supplémentaire pour la Libye dans les secteurs des médicaments, de l’aide psychologique, etc. Cela porte à 15 millions d'euros l'aide accordée en 2018 et 2019. (communiqué)

*Jeudi 4 avril 2019, Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies, se dit « bouleversé et choqué » après avoir visité un centre de détention pour réfugiés et migrants à Tripoli. Il indique que pour les migrants et les réfugiés qui cherchent à atteindre l'Europe, il serait « très difficile d'affirmer que le [retour] en Libye est un débarquement dans une situation de sécurité. [...] Il s’agit bien entendu non seulement d’une responsabilité pour la Libye, mais également d’une responsabilité pour l’ensemble de la communauté internationale ». (communiqué) En réaction, la porte-parole de la Commission européenne pour les affaires étrangères indique le lendemain « que les centres de détention doivent être fermés et que les centres d'accueil sont des lieux appropriés pour ceux qui en ont besoin lorsqu'ils se conforment aux normes internationales. Nous devons continuer le travail conjoint avec le HCR (Haut commissariat aux réfugiés) et l'OIM (Organisation internationale pour les migrations) pour s'occuper de la situation des réfugiés en Libye ».

*Jeudi 4 avril 2019, le maréchal Khalifa Haftar ordonne à ses forces d’avancer en direction de la capitale, Tripoli, siège du gouvernement d’union nationale. Les Européens réagissent en exprimant leur préoccupation : L’offensive de Haftar sur Tripoli préoccupe les Européens.

*Vendredi 5 avril 2019, les ministres des Affaires étrangères du G7 expriment à St Malo leur « vive préoccupation face aux opérations militaires qui ont lieu à proximité de Tripoli (Libye). Nous exhortons toutes les parties impliquées à faire cesser immédiatement toutes les activités et tous les mouvements militaires vers Tripoli. » (communiqué)

*Lundi 8 avril 2019, les ministres des Affaires étrangères de l’Union condamnent l’offensive du général Haftar. Les Européens sont unis dans leur appel au calme en Libye. La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, revient également sur les opérations de sauvetage des migrants. La Libye n’est pas un pays sûr. L’opération Sophia sans navires pas efficace. Fed. Mogherini joue la franchise.

*Dans la foulée, les équipes d’EUBAM Libya quittent la Libye.

*Mardi 9 avril 2019, après l’annonce du report de la conférence nationale par le représentant spécial de l’ONU, Ghassan Salamé, l’UE reste « pleinement déterminé(e) à soutenir le travail de l’ONU en Libye » notamment l’organisation de la Conférence nationale « dès que les conditions le permettront » (communiqué). Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian indique devant l'Assemblée nationale (française) son désir de voir « des élections nationales avant la fin de l'année » (video)

*Jeudi 11 avril 2019, la Haute représentante lance, au nom de l’UE, un appel à la cessation des combats et à la reprise du dialogue. Libye. Les 28 lancent un appel à la fin des opérations militaires et à l’arrêt des ingérences étrangères. L’OMS annonce que les bombardements et tirs à Tripoli ont fait 266 blessés et 56 morts, « dont un chauffeur d’ambulance et deux médecins » (communiqué).

*Mardi 16 avril 2019, au Parlement européen, la Haute représentante de l’UE, Federica Mogherini annonce avoir parlé avec l’envoyé spécial de l’ONU, Ghassan Salamé. Leurs objectifs restent communs autour de trois axes qui concernent « l'ouverture de couloirs humanitaires », « l'établissement d'un cessez le feu immédiat », et « le retour sur la piste politique avec l'organisation d'une conférence nationale le plus rapidement possible pour redonner au peuple la chance de décider de son futur commun ». (discours)

*Dans la nuit du 16 au 17 avril 2019, des bombardements ont lieu sur le district d’Abou Salim (communiqué des Nations Unies). Ghassan Salamé, le représentant spécial de l’ONU, rappelle que « l'utilisation aveugle d'armes explosives dans les zones civiles constitue un crime de guerre ».

(A suivre)

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