N°34. L’Europe face à la crise en Libye (V5)

N°34. L’Europe face à la crise en Libye (V5)

Drapeau-LibyeCNT(B2) Après l'intervention franco-britannique en Libye, soutenue par l'OTAN, et la mort de Kadhafi, en 2011, la Libye entre dans une ère instable. Aucun gouvernement n'arrive à imposer son autorité, de façon légitime, sur l'ensemble du territoire. Les négociations, menées sous l'hospice des Nations unies et soutenues par l'Union européenne, s'avèrent lentes difficiles. Les Européens se préparent à affronter directement un double problème en Libye : le pays devient la voie de passage privilégiée de la migration vers l'Europe, les groupes terroristes djihadistes en font une base arrière, vers le Sahel... ou vers l'Europe.

Le bataille de Libye de 2011

En février 2011, Moustafa Abdel Jalil, 'ex-ministre de la Justice, est placé à la tête du Conseil national de transition (CNT), qui s'oppose à Kadhafi.

En juin 2011, la bataille prend un virage diplomatique. Le CNT est reconnu par 10 Etats de l’UE. La France avait été le premier, dès mars 2011.

Le 20 octobre 2011, Kadhafi est capturé par un groupe de rebelles, en tentant de fuir Syrte, sa ville natale, puis tué dans des circonstances troubles. L’UE salue la fin du despote, appelle à ne pas rater la réconciliation

Un nouveau régime ?

Le 23 octobre 2011 à Benghazi, le président du CNT Moustafa Abdel Jalil proclame la « libération » de la Libye, mettant officiellement fin à la guerre civile entamée en février.  Le lendemain, il annonce son souhait que la charia soit à la base de la future législation libyenne, ce qui provoque l'inquiétude de l'Union européenne et des États-Unis vis-à-vis du respect des droits de l'homme en Libye. Lire : Le Parlement européen inquiet de l’évolution libyenne.

Le 31 octobre 2011, Abdel Rahim al-Kib est élu président du Conseil exécutif par les membres du Conseil national de transition (CNT).

Le 5 mars 2012, Moustafa Abdel Jalil est reconduit dans ses fonctions de président du CNT. Il déclare alors souhaiter l'instauration d'« un État libre, démocratique, fondé sur des institutions gouvernementales sans caractère ni nature religieux ».

Le 7 mars 2012, la Cyrénaïque (à l'Est) proclame son autonomie vis-à-vis de Tripoli et place Ahmed al-Senussi, qui a reçu le prix Sakharov en 2011, à la tête du Conseil dirigeant la province, malgré les protestations du CNT. Une décision prise par les chefs de tribus et de milice de Benghazi. La situation fait alors craindre une partition du pays mais Al-Senussi parvient à maitriser la situation. 

La difficile mise en place d'institutions démocratiques

Le 7 juillet 2012, la première élection démocratique en Libye permet de désigner les 200 membres du Congrès général national (CGN) chargé de remplacer le Conseil national de transition (CNT). 80 membres sont issus des partis politiques naissants, les 120 autres sont des candidats « indépendants ». Son fonctionnement est mal défini, la nouvelle constitution restant encore à écrire au moment où il prend ses fonctions.

Le 8 août 2012, le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, remet le pouvoir au doyen du CGN dans la salle de conférence d'un hôtel de Tripoli. La nouvelle assemblée est présidée par Mohamed al-Megaryef. C'est dans cette salle, transformée en lieu des débats parlementaires, que commencent les premiers travaux du CGN quelques jours plus tard. Le CNT est dissout.

Le lendemain 9 août 2012, le nouveau Parlement élit son premier président, Mohammed Youssef el-Megaryef, un opposant de longue date à Mouammar Kadhafi considéré comme un islamiste modéré.

Le 11 septembre 2012, le consulat américain à Benghazi est attaqué. Quatre Américains tués, dont l'ambassadeur Chris Stevens.

Le 14 octobre 2012, Ali Zeidan, un ex-opposant au régime de Kadhafi, devient Premier ministre.

2013. La situation sécuritaire s'aggrave. Le Congrès général national tâtonne

Le 22 mai 2013, le Conseil des ministres de l'UE approuve le lancement d'une nouvelle mission de la PSDC, pour renforcer les capacités libyennes de surveillance des frontières. Mission limitée dans son mandat comme dans ses moyens (EUBAM Libya). Le Premier ministre Zeidan en visite à Bruxelles assure : La Libye contrôle ses frontières, la Libye sera un Etat fort *

Le 28 mai 2013. Mohamed Youssef el-Megaryef doit abandonner son poste moins d'un an après son élection. Une loi interdisant toute responsabilité politique aux personnes ayant exercé sous Kadhafi entraîne l'éviction d'une grande partie du personnel politique.

Jeudi 10 octobre 2013, le Premier ministre libyen Ali Zeidan est enlevé à l'hôtel Corinthia par un groupe d'anciens rebelles lui reprochant d'avoir autorisé la capture par l'armée américaine d'un responsable d'Al-Qaida sur le sol libyen, le premier ministre libyen, Il est libéré quelques après.

Lundi 21 octobre 2013, à Luxembourg, les "28" ministres des Affaires étrangères rappellent leur engagement à soutenir la stabilisation du pays comme l'urgence d'une réconciliation nationale. Les 28 sont inquiets sur la Libye *

En novembre 2013, de retour de Libye, l'eurodéputée portugaise Ana Gomes dresse un tableau sombre de la situation  libyenne. Se montrant sceptique face au "Dialogue National" lancé par le premier ministre Ali Zaiden. Sécuriser le capharnaum libyen : une urgence mais pas une sinécure * dit-elle.

Lundi 18 novembre 2013, les ministres des Affaires étrangères de l'UE affichent leur volonté de renforcer l’action européenne pour stabiliser la Libye *. Sécurisation des frontières,  contrôle des stocks d'armes et réinsertion des combattants figurent parmi les trois objectifs annoncés en matière de stabilisation et sécurisation du pays. Sur place, la violence augmente et l'État d’urgence à Tripoli est décrété.

Le 23 décembre 2013, le CGN prolonge son mandat jusqu'au 24 décembre 2014, provoquant la colère d'une grande partie de la population et de la classe politique.

2014. Deux gouvernements s'affrontent pour le contrôle du pays

Le 20 février 2014, la Commission constitutionnelle est élue. Ses 60 membres doivent préparer le projet de Constitution permanente pour remplacer la Déclaration constitutionnelle adoptée par l'ex-Conseil national de transition, en 2011.

Le 6 et 7 mars 2014, lors de leur réunion informelle (Gymnich), à Riga (Lettonie), les ministres des Affaires étrangères envisagent un soutien financier, politique, humanitaire et sécuritaire, en accord avec l'Onu et d’autres pays arabes, à tout accord politique. Lire : Libye. Des options PSDC sur la table. Les Européens pas très engagés *

En mars 2014, le premier ministre Ali Zeidan est destitué par un vote du Congrès et contraint de fuir le pays. Khalifa Haftar, un général dissident appuyé par des unités de l'armée, profite de l'absence d'autorité et lance, en mai, une opération contre les milices "terroristes" dans l'Est, où des attaques visent régulièrement forces de sécurité et intérêts occidentaux. Des affrontements quasi-quotidiens opposent ses forces aux groupes islamistes.

Le 25 juin 2014, des élections législatives sont organisées pour remplacer les membres du CGN, accusé d'avoir contribué à l'instabilité, à cause des luttes d'influence entre libéraux et islamistes, appuyés par des milices armées. recueillent. La participation n'atteint pas les 30 %. 

En juillet 2014, l'aéroport de Tripoli est de nouveau bombardé, au lendemain de combats ayant opposé des groupes rivaux pour le contrôle du secteur, poussant l'ONU à évacuer son personnel de Libye.

Plusieurs pays décident à la suite des Etats-Unis, d’évacuer leurs ambassades de Tripoli. L’Allemagne et la France comme le Royaume-Uni quittent la Libye se repliant à Tunis. Lire : Libye : on évacue (Maj) *

A l'été 2014, les groupes islamistes, battus aux élections, boycottent le Congrès général national. La coalition « Aube de la Libye » (Fajr Libya) prend le contrôle de Tripoli et reforme le Congrès général national. Ce qui provoque une scission. Le gouvernement et la Chambre des représentants, le parlement nouvellement élu — qui doit remplacer le Congrès général national - , déménagent à Tobrouk, à plus de 1 000 km de la capitale libyenne jugée trop dangereuse. Première réunion du nouveau Parlement libyen sur fond de violences *

Deux gouvernements concurrents se mettent en place. L'un, issu du Congrès général national (GNC), est basé à Tripoli, dans l'ouest du pays, et soutenu par le Qatar, le Soudan et la Turquie. L'autre, la Chambre des représentants (HoR), est basé à l'est du pays à Tobrouk, et soutenu par l'Egypte et les Emirats arabes unis. La Cour suprême libyenne considère inconstitutionnel le parlement issu des élections de juin dernier et établi de Tobrouk. C'est pourtant le seul reconnu par la communauté internationale (Union européenne, Etats-Unis, ONU).

En octobre 2014, l'ONU réussit à asseoir à la table des négociations les parties impliquées dans la crise libyenne dans le processus de paix dit de " Ghadamès II * "

Dès novembre 2014, Federica Mogherini annonce que la crise libyenne sera « le principal problème à traiter dans les prochains mois ». La Libye : un sujet majeur pour l’Europe *.

Le 15 décembre 2014, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne « réaffirme le soutien européen aux efforts de Bernardino Leon », l’envoyé spécial des Nations unies pour la Libye. Lire : L’Europe veut soutenir le travail de Bernardino León *

2015 les efforts pour arriver à un accord national s'accentuent

En janvier 2015, alors que les espoirs d’un début de négociation en Libye *  sont ravivés, les Européens étudient leurs options face à la Libye *. Depuis Tobrouk, la volonté de négociation est affichée publiquement. (Lire: Nous sommes au moment de vérité en Libye (Mohamed al-Dairi) *)  Déjà, Federica Mogherini rejette l'option militaire et encourage au dialogue politique.

Le 16 mars 2015. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE demandent à la Haute représentante de faire des propositions pour un soutien européen en cas d’accord - avec recours à des instruments PSDC (Lire : Les 28 valident une possible option PSDC en Libye *). Ils valident l'élargissement des  sanctions sur la Libye aux fauteurs de trouble *.

En 2015, les arrivées massives de migrants depuis la Libye surprend quelque peu les Européens. Face à cela, l’Italie appelle à un changement radical de la politique européenne de migration * dès mars.

Lundi 20 avril 2015, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont, une nouvelle fois, sur leur table la question de la situation en Libye. Aucune décision n'est prise. Lire : Que faire pour la Libye ? Les Européens se tâtent et débattent *

En mai 2015, Bernardino Leon annonce un accord prochain. Mais lui-même n'est pas optimiste. Les chances d'aboutir à un accord sont minces. Lire : Les clés internationales et européennes du projet d’accord en Libye *  Claudia Gazzini, spécialiste de la Libye au sein de l'ONG International Crisis Group, est très sceptique sur les chances de réussite du projet d'accord et en dresse les différentes causes. Lire : Un texte qui ne fait consensus ni à Tobrouk ni à Tripoli …* Leon alerte déjà sur les risques de l'implantation de Daech. Lire : Libye. Une dernière chance de négocier un accord, à saisir avant la faillite (Bernardino Leon) *

En parallèle, l'Union met en place une opération maritime de lutte contre les trafiquants * dont l'objectif est de perturber le « business model » des trafiquants *. Les Européens militent à l'Onu pour obtenir une résolution autorisant EUNAVFOR Med à pénétrer dans les eaux libyennes. Mais le gouvernement ne donne pas son autorisation à EUNAVFOR Med (al-Dairi) *

Le 10 juin 2015,  alors que le G5+5 est réuni à Berlin, l'Union européenne exprime un « soutien sans équivoque » au processus de dialogue politique libyen dirigé par l'envoyé spécial de l'ONU, Bernardino León et à ses propositions visant à parvenir à un compromis  A Berlin, le G5+5 appelle à la bonne foi des négociateurs libyens *. Quelques jours auparavant, l'Union a modifié Le dispositif des sanctions sur la Libye * pour augmenter la pression sur les personnes qui utilisent des fonds publics détournés pour déstabiliser le pays, notamment les fonds pétroliers, ou violent l'embargo sur les armes.

Samedi 11 juillet 2015, à Skhirat au Maroc, le médiateur de l'ONU Bernardino Leon décroche un premier accord entre Libyens * pour la création d'un gouvernement d'Union nationale. C'est le premier aboutissement d'une longue négociation semée d'embûches. Mais le travail n'est pas terminé... Cet accord est salué par le Conseil des Affaires étrangères le 20 juillet 2015 *

Le 8 octobre 2015, Bernardino Leon, le négociateur de l'ONU sur la Libye, annonce à Skhirat (Maroc) la constitution d'un gouvernement libyen d'unité nationale:  un accord sur un gouvernement d’unité nationale en Libye. Enfin ! * L'Union réagit en se préparant à un retour en Libye * lors du Conseil des Affaires étrangères du 22 octobre.

Dimanche 6 décembre 2015, certains responsables de Tobrouk et de Tripoli concluent un nouvel accord prévoyant la formation d'un gouvernement d'union nationale. Un accord conclu sans la présence du médiateur de l'ONU, Martin Kobler. Cet accord est perçu comme une remise en cause des accords passés. Lire aussi : L’accord de Tunis entre les parlements libyens reçu avec réticence à New-York et Bruxelles *

Dimanche 13 décembre 2015, une conférence internationale sur la Libye, réunit à Rome sous l'égide de l'Italie, les États-Unis, les Nations Unies, Libyens, Européens et autres représentants internationaux. Face à la menace croissante d'un terrorisme qui se répand en Libye, la conférence de Rome exprime un soutien « unanime à la formation d'un gouvernement d'union nationale et de réconciliation réunissant les principales composantes politiques du pays ».

Le 17 décembre 2015. Plusieurs députés des deux assemblées libyennes (Tobrouk et Tripoli) et des hommes politiques libyens signent au Maroc l'accord de Skhirat, conclu sous l'égide de l'ONU et permettant la mise en place d'un gouvernement d'union nationale. Lire : L’accord de Skhirat ratifié par des Libyens * et   La résolution de l’ONU détaillée *

Suite à l'annonce d'un accord politique, le gouvernement italien prépare un plan pour sécuriser Tripoli et les points clés de Libye *.

2016 : Formation du gouvernement d'unité nationale 

Janvier 2016. Soutenant les efforts de l'Onu, l'Union européenne ne reconnait qu’un seul gouvernement en Libye. Celui de al-Sarraj* (Tubrouk).

Le 19 janvier 2016, le Conseil présidentiel propose un premier gouvernement de d'unité nationale. La liste de 33 ministres est rejetée par le Parlement.

Une deuxième liste de gouvernement est proposée le 14 février 2016. Proposition soutenue par l'UE mais qui n'obtient pas plus un vote positif du Parlement. Lire : En attendant Godot. L’Europe veut un gouvernement d’unité nationale en Libye *

En parallèle, l'idée d'une intervention militaire filtre régulièrement dans la presse. La présence de Daesh en Libye est désormais reconnue de tous. Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves le Drian assure que Daech pénètre en Libye vers les puits de pétrole. Officiellement les Européens rejettent l'idée d'un plan B pour la Libye* et réveillent la mission EUBAM Libya *.

le 18 février 2016, les Américains effectuent un raid aérien en Libye près de la frontière tunisienne. De leur côté, les Italiens effectuent une intervention humanitaire italienne en Libye.

Le 18 mars 2016, les 28 réitèrent leur disponibilité à soutenir la Libye. Mais affirment-ils la décision d’une intervention internationale revient au gouvernement libyen *

L'arrivée à Tripoli

Jeudi 30 mars 2016, le Premier ministre reconnu légitime par l'ONU, et soutenu par l'Union européenne, Fayez-al Sarraj organise une opération de retour à Tripoli. Il installe son quartier général dans la base navale de Sittuh Abah, dans le port de Tripoli. Dès le lendemain, l'envoyé spécial des Nations Unies, Martin Kobler, se rend sur place. Le pari européen sur la Libye est-il en passe d’être gagné ? *

Vendredi 31 mars 2016, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte une résolution pour autoriser une levée partielle de l’embargo sur les armes en Libye * face à la lutte contre Daesh.

Samedi 1er avril 2016, les Européens passent de la menace aux sanctions contre la Libye. Concrètement trois hauts responsables libyens * voient leurs fonds gelés et sont interdits de séjour en Europe.

Le 12 avril 2016, réunie à Tunis, les pays voisins de la Libye et la communauté internationale décident de la création de la Facilité de stabilisation pour la Libye, un instrument du PNUD qui vise à appuyer le gouvernement d’union nationale libyen en mettant en place des projets « à gains rapides » pour la population au niveau local.

Entre le 12 et 18 avril 2016, les visites se succèdent à Tripoli : le ministre italien des Affaires étrangères Paolo Gentiloni, mardi 12 avril, les ambassadeurs de France, d'Espagne et du Royaume Uni, jeudi 14 avril, les ministres français allemand, Jean-Marc Ayrault et Frank-Walter Steinmeier, ensemble, samedi 16 avril, et enfin le Britannique Phil Hammond lundi 18 avril.

Le 18 avril 2016, une réunion par video-conférence entre entre Fayez al-Sarraj et les 28. « Le travail peut maintenant commencer » disent les 28. Paquet financier, soutien politique et pour stabiliser la Libye sont réitérés. De façon concrète, les ministres des Affaires étrangères donnent le feu vert à la planification d'une nouvelle mission de la PSDC en soutien à la police et la justice libyenne *. Ils lancent aussi la révision du mandat d'EUNAVFOR Sophia (lire le dossier N°27), avec un accord pour élargir a minima le mandat

Le 18 avril 2016, les 28 se réunissent, pour la première fois avec Fayez al-Sarraj, par video-conférence. « Le travail peut maintenant commencer » disent les 28. Paquet financier, soutien politique et pour stabiliser la Libye sont réitérés. De façon concrète, les ministres des Affaires étrangères donnent le feu vert à la planification d'une nouvelle mission de la PSDC en soutien à la police et la justice libyenne *. Ils lancent aussi la révision du mandat d'EUNAVFOR Sophia (lire le dossier N°27), avec un accord pour élargir a minima le mandat.

Le 20 mai 2016, le Premier ministre libyen demande l’aide de l’UE*. Fayez el-Sarraj a formellement adressé une lettre à la Haute représentante de l'UE pour demander un « soutien rapide de l'UE » d'une part à la « formation de la marine et à la garde-côtière libyenne », d'autre part aux « services de sécurité ». Les 28, à peu près, satisfaits

Le groupe des pays "amis" de la Libye (*), réuni à Vienne lundi 16 mai, fait un pas en avant pour apporter un soutien militaire au nouveau gouvernement libyen en se prononçant en faveur d'une levée partielle de l'embargo sur les armes qui touche la Libye depuis 2011. La communauté internationale prête à armer la Libye contre Daesh. Des nuances *

Le 12 mai 2016, l'armée libyenne (contrôlée par Fayez al-Sarraj et principalement composée de milices venues de Misrata) lance une offensive contre l'organisation État islamique basée dans la région de Syrte, au centre de la côte libyenne. Syrte est considérée le "dernier bastion" de Daesh en Libye.

En mai 2016, une certaine division fait jour au sein du Conseil présidentiel libyen, sur les questions de sécurité (armée, police, comme garde-côtes). B2 en a eu confirmation directement auprès d’un des deux membres du Conseil présidentiel libyen, opposants à la politique de Fayez El-Sarraj, sur ce point. Omar al-Aswad, qui représente Zintan au sein du Conseil présidentiel. Lire: Armée, police, garde-côtes… pourquoi je refuse la politique de El-Sarraj (Omar al-Aswad )*

Le 1er juin 2016 'Union européenne modifie le dispositif des sanctions sur la Libye, suivant les décisions du comité des sanctions de l'ONU. Un navire a été ajoutée à la liste "noire". Et quelques informations d'identification ont été modifiées pour trois personnes. Le tanker, le Distya Ameya ou Kassos(OMI: 9077343) un navire battant pavillon indien, a ainsi « interdiction de charger, de transporter ou de décharger, et d'entrer dans les ports » européens. Télécharger la Décision et le Règlement

Le 14 juin 2016, le Conseil de sécurité de l’ONU donne le feu vert au contrôle de l’embargo sur les armes par EUNAVFOR *, permettant un contrôle renforcé de l'embargo sur les armes au large de la Libye.

Lundi 20 juin 2016, lors du conseil des Affaires étrangères, le ministre français des Affaires étrangères, Jean Marc Ayrault insiste sur l'importance que le chef du gouvernement libyen, Fayez al-Sarraj, forme « réellement un gouvernement d’union », rassemblant toutes les forces, notamment celles « venant de Misrata, qui se battent contre Daesh à Syrte ». Il n'a pas cité les forces de Haftar. Mais le propos est sous-entendu notamment par le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders. « Nous devons essayer d'élargir la base du gouvernement libyen. Il faut obtenir le soutien du Parlement de Tobrouk. »

Début juillet 2016, Benghazi, capitale de l’Est libyen, connait un regain de violences de la part des jihadistes. Les forces de l'Armée nationale libyenne (ANL), commandées par le général Haftar, l'homme du Parlement de Tubrouk, qui encerclent la ville depuis deux mois, essuient un dur revers.

Le 17 juillet 2016, le Premier ministre Fayez al-Sarraj appelle, de nouveau, tous les Libyens à se rallier à son cabinet. Les membres du dialogue politique libyen, réunis à Tunis, travaillent à la formation d'une armée "unifiée".

Le 22 juillet 2016, la France reconnait que trois militaires français sont décédés en Libye. Ces trois militaires, des forces spéciales, ont été tué, à l’est de Benghazi, quand leur hélicoptère (qui appartient aux forces de Haftar) a été atteint par un tir d’un missile Sa 7 et de fusils automatiques. La France se voit ainsi contrainte à reconnaitre la présence de soldats sur le sol libyen. « En ce moment, nous sommes en train de mener des opérations de renseignement dangereuses [en Libye] », a indiqué le président français François Hollande.

Le 20 juillet 2016, le gouvernement libyen d'union nationale (GNA) dénonce la présence de militaires étrangers sur son sol, considérée comme  « une violation du territoire libyen ». Rien ne « justifie une intervention » étrangère sans qu'il en soit informé.

Le 20 juillet 2016, les ambassadeurs du Coreper adoptent le projet de texte avalisant la prolongation de la mission de soutien à la Libye (EUBAM Libya) pour douze mois supplémentaires jusqu'au 17 août 2017. Lire : La mission EUBAM Libya prolongée *

Jeudi 4 août 2016, le Conseil de l'Union européenne approuve par procédure écrite la prolongation de la mission de soutien aux frontières de la Libye (EUBAM Libya). Lire : La mission EUBAM Libya prolongée.

Le 17 août 2016, le groupe des amis de la Libye (Allemagne, Espagne, États-Unis, France, Italie et Royaume-Uni) se félicite de l'annonce de la nomination, par le Conseil présidentiel du gouvernement d'entente nationale (GNA), d'un comité directeur par intérim à la tête de l'Autorité d'investissement de la Libye (AIL). « L'AIL est vitale pour la sauvegarde des actifs de la Libye au profit du peuple libyen à long terme » annonce le communiqué conjoint

Début septembre 2016, l'élimination des dernières armes chimiques encore présentes en Libye est menée à bien, notamment par les Pays-Bas. C'est « un développement positif et important pour la stabilité » pour la Haute représentante de l'UE. « Cela supprime le risque de telles armes tombent entre les mauvaises mains. » (communiqué)

Les 10 et 11 septembre 2016, des attaques sont commises contre plusieurs terminaux pétroliers en Libye. Elles « mettent en danger l'infrastructure énergétique » du pays, « à un moment où la Libye et son gouvernement légitime ont besoin plus que jamais d'être en mesure d'exploiter pleinement les champs de pétrole de la Libye » souligne dans un communiqué la Haute représentante de l'Union. L'UE appelle les parties à « cesser immédiatement les hostilités » et « à éviter toute action qui pourrait endommager davantage les infrastructures énergétiques de la Libye, qui doit rester sous le contrôle exclusif du gouvernement de l'entente nationale ».

Le 22 septembre 2016, 22 pays ainsi que l'UE, l'ONU, la Ligue arabe et l'Union africaine adoptent un communiqué conjoint appelant à « une transition pacifique vers un gouvernement libyen élu démocratiquement ». Le Conseil présidentiel est notamment invité à « présenter un nouveau cabinet ». Condamnant les récentes tensions dans les « diverses régions du pays », ils appellent à une « désescalade complète » des violences, afin d'entamer un « dialogue politique et de réconciliation nationale ». Il fait suite à une réunion avec le Premier ministre désigné, Fayez al-Sarraj, en déplacement à New York.

Le 30 septembre 2016, l'Union européenne met à jour les textes (la décision et le règlement) justifiant l'inscription de trois personnalités libyennes sur sa liste noire et dont les avoirs sont gelés.

Les 14 et 15 octobre 2016, l’ancien chef de gouvernement de Tripoli, Khalifa Ghweil, tente de reprendre le pouvoir par la force. Ce que l'Union européenne condamne, par la voix de la porte-parole de Federica Mogherini. « L'utilisation de la force pour prendre le pouvoir ne peut conduire qu'à de nouveaux désordres et une spirale de violence ». Les Européens demandent au Conseil de la présidence (libyen) de « rapidement trouver un compromis avec une nouvelle proposition inclusive pour la formation du gouvernement d'entente nationale ». Télécharger le communiqué

Lundi 31 octobre 2016, sous l'impulsion du Royaume-Uni et des États-Unis, une importante réunion économique regroupe le gouvernement d'union nationale (GNA) et ses partenaires occidentaux pour établir une sortie de crise. La Banque centrale libyenne a accepté d'ouvrir le financement du gouvernement d'union nationale, dirigé par Fayez al-Sarraj, à hauteur de sept milliards d'euros, afin de permettre à celui-ci d'assurer des services à la population (eau, électricité...).

Le 15 novembre 2016, Federica Mogherini demande à « tous les acteurs, y compris les autorités libyennes et les organismes des Nations Unies, de faire davantage pour assurer la protection et l'assistance des migrants vulnérables à l'intérieur de la Libye, » notamment en améliorant les conditions de vie dans les centres de détentions. Télécharger le communiqué

La bataille de Syrte et le recul de Daesh

Vendredi 25 novembre 2016, le Conseil suprême de Défense italien considère que la situation en Libye s'améliore. « Le recul de Daesh et la mise en sécurité de zones critiques du pays semblent ouvrir de nouvelles possibilités de renforcement pour l'exécutif. Ce dernier pourrait rapidement être en mesure de contrôler de façon plus efficace le territoire et de diriger le processus de paix. » Télécharger le communiqué

Le 1er décembre 2016, dans un rapport de la mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), le Secrétaire général de l'ONU met en exergue la présence « de groupes et cellules plus petits, encore actifs dans tout le pays ».« Syrte était la dernière agglomération importante sous le contrôle de Daesh en Libye et la présence du groupe se limite désormais à de petites poches à Syrte et à Benghazi.  »

Le 19 décembre 2016, l'Union européenne se félicite de la libération de Syrte de Daesh, qui « représente un grand pas en avant pour la Libye. » Elle demande à tous les acteurs de « se rassembler dans un esprit de compromis afin que l'accord politique libyen puisse réussir » et de « s'abstenir de la violence et de l'utilisation des moyens militaires, condamnant les vagues récentes de violence, comme celle de Tripoli, ainsi que des déclarations irresponsables appelant à une confrontation armée ». (communiqué)

Le 23 décembre 2016, un an après la signature de l'Accord politique libyen de Skhirat (Maroc), les gouvernements de la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, le Royaume-Uni et des USA, dans un communiqué conjoint, félicitent le gouvernement d'union nationale pour ses efforts visant « à restaurer la gouvernance unifiée, la prospérité et la sécurité en Libye ».

Le 4 janvier 2017, le chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye, Martin Kobler, exprime sa préoccupation concernant les risques d'escalades et d'un nouveau conflit suite aux derniers développements dans le centre du pays. (communiqué)

Mardi 10 janvier 2017, l'Italie rouvre son ambassade à Tripoli (fermée depuis février 2015), afin d'aider à « accélérer le processus de stabilisation dans le pays » et désigne Giuseppe Perrone comme ambassadeur. Le ministre italien de l’Intérieur, Marco Minniti, annonce une « nouvelle phase de coopération » avec la Libye après une réunion avec le ministre libyen des Affaires étrangères (GNA), Mohamad Taher Siala. (communiqué)

Lundi 16 janvier 2017, le ministre maltais des Affaires étrangères de Malte, George Vella, se dit inquiet de l'avancée du général Haftar sur Tripoli, le siège du gouvernement reconnu par l'ONU et l'UE. Ce chef de guerre libyen, soutenu par la Russie pourrait « commencer une guerre civile en Libye, augmentant les flux de réfugiés vers l'UE » a-t-il dit devant la presse, selon Malta Today. « Je ne suis pas à l'aise. Nous savons tous que les Russes ont toujours rêvé d'avoir des bases militaires en Méditerranée. » Et la Russie « qui a financé Haftar, a respecter l'embargo sur les armes » jusqu'à présent. « Mais il est difficile de prévoir ce qui va se passer », d'autant que « les choses ne sont pas heureuses à Tripoli. La Libye est sur le point de devenir un État failli ».

Mardi 17 janvier 2017 la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, s'entretient par téléphone avec le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj pour lui réaffirmer « le soutien absolu de l'UE ». Elle invite le Libyen à se rendre à Bruxelles « dans les prochaines semaines » pour continuer leur travail. (communiqué)

  • Dans la nuit du samedi 21 janvier 2017, un véhicule explose dans une rue située juste derrière l'ambassade italienne (et l'ambassade d'Egypte). Ses deux occupants sont tués.

Mardi 24 janvier 2017, l'envoyé spécial des Nations unies pour la Libye, Martin Kobler, fait le point sur la situation avec les ambassadeurs du COPS, lors d'un déjeuner.

Mercredi 25 janvier 2017, la Haute représentante de l'UE, Federica Mogherini, et la Commission européenne présentent une série de mesures pour renforcer la lutte contre les migrations en Méditerranée centrale et aider la Libye. Ce paquet est présenté aux Chefs d'État et de gouvernement, lors de leur réunion informelle, à 27, à La Valette (Malte), le 3 février. Lire : L’UE veut renforcer des garde-côtes libyens

Mercredi 1er février 2017, l'OTAN s'engage à soutenir la réforme de la sécurité en Libye. Lire : L’OTAN prête à aider en Libye. Ce n’est pas la première fois !

Jeudi 2 février 2017, le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj rencontre, à Bruxelles, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. Il pose ses conditions à une action plus décisive contre les migrants. La Libye prête à stopper les migrants… en échange d’aide financière et matérielle (Fayez al-Sarraj)

Vendredi 3 février 2017,  les Européens s’engagent à aider la Libye contre la migration ‘illégale’. La "déclaration de Malte" énumère neuf mesures destinées à « briser le modèle économique » des passeurs, à sécuriser les frontières du pays ou encore à assurer des conditions décentes aux migrants bloqués dans la région. Sur les positions des pays, lire : L’objectif du sommet de Malte (3 février 2017) : juguler la migration provenant de Libye

Dimanche 5 février 2017, l’envoyé spécial de l’ONU en Libye, Martin Kobler, annonce, dans une interview à l'agence espagnole EFE, que les Nations unies retourneraient très bientôt à Tripoli. Il demande aux pays européens de faire le nécessaire et de rouvrir les ambassades dans la capitale. « L’Union européenne a des projets importants qu’elle veut mettre en marche, comme la stabilisation et la reconstruction de Benghazi, mais cela exige que les expatriés soient dans le pays pour le mettre en œuvre. »

Lundi 6 février 2017, les ministres des Affaires étrangères de l'UE chargent la Haute représentante de plancher sur un retour d'EUBAM en Libye. L'objectif est de former la garde présidentielle libyenne. Lire : L’Europe prête à former la garde présidentielle libyenne ? Sur le plan politique, les ministres adoptent un tournant de la politique européenne en annonçant une modification de sa politique de sanctions visant des personnalités libyennes, dans l'esprit de favoriser la réconciliation libyenne, entre Tripoli et Tobrouk, qui pourrait s'engager entre al-Sarraj et Haftar. Lire : L’UE évolue. Haftar au gouvernement libyen ? Et une possible levée des sanctions sur quelques Libyens

Un rapport de EUBAM Libya dresse le bilan des services de sécurité libyens. Un grand bazar selon la carte dressée par EUBAM Libya. Lire aussi : Les garde-côtes et garde-frontières libyens ? Pour y voir un peu clair, le point…

Vendredi 17 mars 2017, l'Union européenne modifie son dispositif de sanctions sur la Libye. Elle rétablit une compétence d'exécution, par simple règlement délégué, pour transposer les décisions du Conseil de sécurité des Nations Unies. NB : Cette disposition figurait, en fait, dans le règlement de 2011. Mais elle avait été "oubliée", lors de la refonte du texte en 2016 (règlement 2016/44 du 18 janvier 2016). Erreur désormais réparée. Dans la foulée, l'UE transpose dans le droit communautaire les dispositions du Conseil de sécurité des Nations unies, prises le 11 novembre 2016 et le 6 janvier 2017, mettant à jour les informations relatives à quinze personnes et deux entités (décision et règlement 1 et règlement 2).

Samedi 18 mars 2017, la troïka pour la Libye (Union africaine, Ligue Arabe et ONU) se réunit pour la première fois en format Quartet, avec l'UE, au Caire. Elle renouvelle son soutien à l'accord de Skhirat et au gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj et souligne « l'urgence » d'une solution pacifique. Elle appelle à la « cessation immédiate des opérations militaires », notamment à Tripoli, et à préserver les infrastructures économiques et pétrolières de la Libye. (communiqué conjoint)

Mardi 28 mars 2017, le Tribunal de l'UE annule les mesures de gel des avoirs et d'interdiction de visas prononcées contre la fille de l'ancien leader libyen, Aïcha Mouammar Kadhafi pour ce qui concerne les mesures prises en 2014. Une mesure essentiellement symbolique car le tribunal ne s'est pas prononcé sur la reconduction de ces mesures en 2015, 2016 et, récemment, en 2017. Les sanctions à l'égard de la fille Kadhafi restent donc en vigueur. Lire : Aicha Kadhafi, la fille du leader libyen, obtient une condamnation symbolique de l’UE

Vendredi 31 mars 2017, le Conseil de l'UE prolonge les sanctions contre trois Libyens considérés comme des 'fauteurs de trouble' et entravant le processus de réconciliation nationale : Agila Saleh, président du Conseil libyen des députés à la Chambre des représentants, Khalifa Ghweil, Premier ministre et ministre de la Défense du Parlement non reconnu de Tobrouk et Nuri Abu Sahmain, président du Parlement de Tobrouk. (communiqué)

Mercredi 12 avril 2017, la Commission européenne adopte un programme de 90 millions €, au titre du Fonds fiduciaire pour l'Afrique, pour la protection des migrants et l'amélioration de la gestion des migrations en Libye. (communiqué)

Lundi 17 avril 2017, l'Union européenne condamne les affrontements et l'escalade de la violence dans le sud de la Libye entre les différentes factions (brigade de Misrata et armée nationale de Haftar notamment, (lire ici). (communiqué)

Lundi 24 avril 2017, la Cour pénale internationale (CPI) basée à La Haye rend public un mandat d'arrêt contre un responsable de la sécurité intérieure de l'ancien régime libyen. Il s'agit d'Al Touhami Khaled accusé de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre qui auraient été commis entre février et août 2011.

Jeudi 27 avril 2017, Federica Mogherini annonce, à l'issue de la réunion informelle des ministres de la Défense de l'UE à La Valette, que l'UE étudie la demande libyenne d'équipements pour les garde-côtes libyens. Lire : Les Européens étudient la demande d’équipements des garde-côtes libyens… attentivement

Le 2 mai 2017. Les représentants des deux gouvernements libyens de Tobrouk et de Tripoli trouvent un accord à Abu Dhabi pour le contrôle des forces armées. Le commandement des forces armées serait partagé avec la formation d’un organisme pouvant épauler l’actuel Conseil présidentiel de Tripoli et élections d'ici mars 2018. L'objectif de cet accord entre Al-Sarraj (soutenu par l'Italie, l'ONU et l'Union européenne) et Haftar serait, à terme, la constitution d’une armée unitaire et la dissolution des milices locales. NB : cela permettrait à Haftar (soutenu par les gouvernements égyptien et émirati, comme, en sous-main, par les USA, la France et le Royaume-Uni) d'obtenir la légitimité internationale qui lui manquait.

Le 5 mai 2017, Federica Mogherini exprime au Premier ministre Fayez el-Sarraj (par téléphone) son « soutien » aux réunions avec le général Khalifa Haftar organisées par les Émirats arabes unis. « L'Union européenne continuera d'encourager et d'accompagner le processus politique en Libye » qui « ne peut être réalisé que par l'engagement et la contribution positifs de toutes les parties ». (communiqué)

Jeudi 11 mai 2017, les ministres de l'Intérieur allemand et italien, Thomas de Maizière et Marco Minniti, envoient une lettre à la Haute représentante de l'Union (Fed. Mogherini), et à la Commission européenne (JC. Juncker et D. Avramopoulos), leur demandant de faire davantage et de déployer une mission de l'UE à la frontière sud de la Libye. Lire : Italiens et Allemands demandent une mission sur la ligne frontalière Niger – Libye (V3)

Jeudi 18 mai 2017, une brigade de Misrata attaque la base aérienne de Brak al-Shati, contrôlée par les troupes du général Haftar. Le bilan de 141 morts, militaires et civils, choque la communauté internationale. Les exécutions contre militaires et civiles mettent « en danger le travail en cours pour trouver une solution pacifique et négociée à la crise politique et de sécurité » avertissent les Européens (communiqué)

Mardi 23 mai 2017, le Quartet pour la Libye (Union européenne, ONU, Union Africaine et Ligue Arabe) encourage « toutes les partis libyennes à s'engager davantage dans des discussions constructives et inclusives pour mettre pleinement en œuvre l'Accord politique libyen ».  (déclaration conjointe)

Dimanche 27 mai 2017, l'Union européenne appelle au rétablissement du cessez-le-feu de mars, brisé par « les combats à Tripoli ». (communiqué)

Fin mai 2017, une dizaine de pays tiers, des Balkans (Macédoine, Monténégro, Serbie, Albanie et Bosnie-Herzégovine), de l'EEE (Islande et Liechtenstein) et du voisinage (Moldavie, Ukraine et Géorgie) adoptent une décision parallèle à l'Union européenne sur les mesures restrictives visant trois Libyens. (communiqué

Mardi 20 juin 2017, pour sa dernière visite à Bruxelles en tant que représentant spécial de l'ONU pour la Libye, Martin Kobler dresse un tableau relativement sombre de la situation libyenne. Il s'en prend, particulièrement, aux Européens, les incitant à revoir toute leur politique pour contrôler les flux migratoires et à s'impliquer davantage. Point-clé de sa réprimande : la formation des garde-côtes libyens. Lire : L’UE doit arrêter de former les garde-côtes libyens ! (Martin Kobler).

Mardi 20 juin 2017, l'ONU nomme Ghassan Salamé, nouveau représentant pour la Libye. Une nomination saluée par l'UE (communiqué

Le 29 juin 2017,  l'Italie ouvre, à Toubrouk, un bureau d'aide pour les demandes de visas pour les libyens vivant dans l'Est du pays. (communiqué)

Jeudi 13 juillet 2017, Paris affirme, par la voix du président français Emmanuel Macron, lors du conseil franco-allemand, son soutien à l'initiative germano-italienne pour bloquer les frontières du sud de la Libye mais sans détailler en pratique La France soutient une mission européenne au sud de la Libye ?

Lundi 17 juillet 2017, les ministres des Affaires étrangères de l'UE approuvent la mise en place d'un régime commun d'autorisation sur l'exportation des bateaux pneumatiques et des moteurs hors bord vers la Libye, dans l'UE. L'objectif est de contrarier le 'business model' des passeurs et trafiquants d'êtres humains. Lire : L’UE soumet l’exportation des dhingis vers la Libye à autorisation (V2) Ils appellent également à  la relance du processus politique en Libye

Lundi 17 juillet 2017, le chef de la mission EUBAM Libya, l'Italien Vincenzo Tagliaferri, est reconduit dans ses fonctions, pour un an supplémentaire, jusqu'au 21 août 2018. Les ambassadeurs des 28 du Coreper devraient adopter le texte le 19 juillet prochain qui sera ensuite avalisé dans un prochain Conseil de l'UE.

Mardi 25 juillet 2017, le président français Emmanuel Macron réunit à la Celle Saint-Cloud (près de Paris), les frères ennemis libyens, le Président du Conseil présidentiel libyen, Fayez al-Sarraj, et le commandant de l’armée nationale libyenne, le général Khalifa Haftar. Un accord est trouvé, instaurant un cessez-le-feu. Lire :  Les frères ennemis libyens s’entendent sur une voie plus pacifique (La Celle St Cloud)

Vendredi 28 juillet 2017, l'Union européenne met la main à la poche pour « renforcer les capacités opérationnelles » des garde-côtes libyens. Une enveloppe de 46 millions d'euros est débloquée au titre du Fonds fiduciaire pour l'Afrique. Objectif :  mettre en œuvre des « mesures rapides et concrètes pour réduire la pression migratoire le long de la route de la Méditerranée centrale ». Lire : L’UE se décide à financer l’équipement des garde-côtes libyens

Mercredi 2 août 2017, le Parlement italien approuve l'extension géographique de l'opération "Mare Sicuro", permettant à la mission navale militaire d'entrer dans les eaux territoriales libyennes (*). L'objectif annoncé est d'apporter un « soutien technique aux gardes-côtes libyens dans la lutte contre les trafiquants d'êtres humains » en permettant aux navires italiens d'entrer à l’intérieur des eaux territoriales libyennes, soit dans la zone des 12 miles depuis les côtes.

Le 10 août 2017, suivant une décision du Comité du Conseil de sécurité des Nations unies du 2 août 2017, l'Union européenne approuve l'ajout d'un navire (le Lynn S) à la liste noire des navires faisant l'objet de mesures restrictives (décision / règlement).

(A suivre)

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