N°38. Brexit ou Remain. Quand le Britannique se tâte sur l’Europe (V7)

N°38. Brexit ou Remain. Quand le Britannique se tâte sur l’Europe (V7)

(B2) D'une simple promesse de campagne, le référendum sur le maintien (ou non) du Royaume-Uni dans l'Union européenne est devenu un véritable enjeu politique et un feuilleton qui a agité durant des mois l'Europe, l'obligeant à improviser une solution pour un problème qui n'avait pas été envisagé : le départ volontaire d'un de ses États membres.

Une lente promesse de campagne

Le 26 septembre 2007. Dans les colonnes du Sun, Cameron promet un référendum sur le traité de Lisbonne s'il arrive au pouvoir.

« Today, I will give this cast-iron guarantee: If I become PM a Conservative government will hold a referendum on any EU treaty that emerges from these negotiations.  No treaty should be ratified without consulting the British people in a referendum. »

Mardi 4 novembre 2009. Cameron renonce à sa promesse. Le traité de Lisbonne entre en vigueur avant que son parti gagne les législatives au printemps 2010.

Le 23 janvier 2013. David Cameron annonce, s'il est réélu en 2015, la tenue d'un référendum « Ce sera un référendum pour 'rester ou sortir' » de l'Union européenne, dans la première moitié de son mandat (2015-2017). « L'intérêt national britannique est mieux servi au sein d'une Union européenne flexible, adaptable et ouverte » plaide-t-il.

Jeudi 19 décembre 2013. A son arrivée au sommet européen, le Premier ministre britannique oppose un vibrant "No" à toute tentative de renforcer l'Europe de la Défense. Les Britanniques ont mis une série de clés s'opposant à toute conclusion trop ambitieuse. Une victoire considérée comme capitale à Londres pour illustrer la volonté britannique de stopper toute velléité de l'Europe de développer certaines de ses compétences. Lire : David Cameron sonne la charge (héroïque) …

Vendredi 28 novembre 2014. Dans un discours prononcé au siège de JCB à Rocester, David Cameron trace ses "lignes rouges" en matière de libre circulation des personnes. Il met en avant une revendication principale britannique : limiter les droits des migrants européens, durant 4 ans (lire le discours sur la BBC). Il en fait un test de son engagement dans la campagne pour le maintien dans l'UE. « Si j’y parviens, je ferai campagne pour maintenir ce pays au sein d’une UE réformée. Si nos inquiétudes ne trouvent aucun écho et que nous ne parvenons pas à modifier de manière plus avantageuse les termes de notre relation avec l’UE, alors bien sûr je n’exclurai rien ». Un propos qui suscite une certaine indignation dans les pays de l'Est qui ont apporté leur savoir-faire et leurs combattants en 1940-1945 à l'île britannique. Lire : Une ingratitude signée Cameron

Vendredi 8 mai 2015. Les conservateurs (tories) remportent haut la main les élections législatives au Royaume-Uni. La voie est ouverte aux négociations avec l'Union et à l'organisation du referendum d'ici la fin 2017. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, se montre conciliant. Lire : La Commission prête à négocier sur tout et sur beaucoup

Jeudi 15 octobre 2015. Au sommet européen, la question britannique est normalement à l'ordre du jour. Une réunion pour rien. Faute de proposition britannique, le point est reporté à plus tard. Les esprits sont concentrés sur la crise des migrants qui fait vibrer les frontières de la Grèce jusqu'à l'Allemagne en passant par les Balkans. Le Premier ministre britannique promet aux Européens d'envoyer, rapidement, ses revendications. Lire : Brexit. Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! *

Négocier un accord justifiant le maintien

Mardi 10 novembre 2015. David Cameron formalise, dans une lettre envoyée aux 28, ses revendications autour de quatre chapitres : 1) la gouvernance économique, zone Euro et Union bancaire ; 2) la compétitivité ; 3) la souveraineté, l'intégration politique et la subsidiarité ; 4) les avantages sociaux et la libre circulation. Télécharger la Lettre et le discours prononcé devant Chatham House. Le référendum est avancé à juin 2016.

Mercredi 2 décembre 2015. Le parlement britannique vote, à une nette majorité, des frappes en Syrie. Une victoire personnelle pour Cameron qui avait dû battre en retraite deux ans plus tôt (lire : Frappes en Syrie : not now ! répondent les Brit’. Un modèle à suivre ?). A l'occasion, la majorité s'est élargie à certains travaillistes. Un modèle que le Premier ministre compte reproduire dans la campagne européenne.

Jeudi 17 décembre 2015. Le sujet "Royaume-Uni" est mis au menu des Chefs d'Etat et de gouvernement, qui se retrouvent pour une discussion « sans tabous », en format "Chefs seuls" sans assistant. Mais l'heure n'est pas, encore, à un accord. Lire : Au Conseil européen des 17 et 18 déc. *

Mardi 2 février 2016, avant le sommet, le président du Conseil européen, Donald Tusk, présente un paquet détaillé de propositions *, permettant de résoudre les quatre grandes préoccupations soulevées par le Premier ministre britannique. Ce projet de décision répond à une alchimie très délicate, ainsi que le détaille une note confidentielle du service juridique. Lire : Le montage juridique très fin pour éviter le Brexit. Explication *

Lundi 8 février 2016. Une nouvelle version du projet de décision sur le Royaume-Uni a été rédigé en début de semaine (Carnet 12.02.2016).

Mercredi 17 février 2016. Un nouveau projet de décision donnant à la Grande-Bretagne un opt-out politique et social, pour faire face au référendum sur le Brexit a été préparé par les 28 sherpas des dirigeants européens avant le sommet qui apporte une série de modifications. Lire : Trouver un accord pour éviter le Brexit : difficileS, au pluriel *

Vendredi 19 février 2016. La discussion entre les 28 leaders européens est difficile. Il faut du mélodrame. Le british breakfast se transforme ainsi en un lunch puis un dîner avant d'aboutir à un accord. En fin de soirée, David Cameron peut apparaître devant les caméras britanniques, clamant fièrement : « I have a deal ». Un « statut spécial » pour le Royaume-Uni est négocié. Accord qui n'entrera en application que si le "Oui au maintien dans l'Union" l'emporte au référendum. Lire : Brexit : Un accord au finish

Vendredi 15 avril 2016, démarre la campagne officielle entre le « Vote Leave » en faveur du « Brexit » et « The In Campaign » pour le maintien dans l'UE. Les sondages font du yoyo laissant entrevoir une marge très faible entre les deux votes.

SondageBrexit@YouGov1606Dimanche 15 mai 2016. Les insultes volent bas. Boris Johnson compare dans le Sunday Telegraph, l'Union européenne à Hitler. « Napoléon, Hitler, plusieurs personnes ont essayé de le faire, et cela s’est terminé de manière tragique. L’Union européenne est une autre tentative avec des méthodes différentes. »

Jeudi 16 juin 2016. Une députée travailliste, qui fait campagne pour l'UE, Joe Fox est agressée mortellement dans les rues de Birstall (Yorkshire), par un homme isolé. Atteinte de plusieurs balles et coups de couteaux, elle décède de ses blessures à l'hôpital. Un homme est arrêté. La campagne fait une pause. Le "Brexit" qui semblait l'emporter dans les sondages régresse laissant la place au "Remain".

Jeudi 23 juin 2016. Les Britanniques passent aux urnes. Les bureaux de vote sont ouverts de 7h à 22h locales (23h continent). L'Europe retient son souffle dans l'attente du résultat qui n'est connu que dans la nuit. La participation est importante (72%). Les premiers sondages qui tombent annoncent un Remain gagnant à 52% (YouGov) voire 54% (IpsosMori)...

Vendredi 24 juin 2016. La réalité s'impose au petit matin : c'est l'inverse. BREXIT ! à presque 52%. L'Angleterre (qui reste la plus peuplée) a voté largement en faveur d'une sortie de l'Union européenne. Lire : God save … l’Angleterre et l’Europe ! Ce vote suppose une vraie inconnue en Irlande du Nord et pour le processus de paix. Lire : La question irlandaise ressurgit

RésultatsVoteBrexitRemain99,7%@DailyTelegraph

A Londres, David Cameron annonce sa démission d'ici octobre. Les réactions fusent.

Un nouveau chapitre de l'histoire européenne s'ouvre. Une conférence extraordinaire des présidents du Parlement européen est convoquée. Et une rencontre exceptionnelle se déroule au matin entre les '4 présidents de l'Europe' : Jean-Claude Juncker (Commission européenne), Martin Schulz (Parlement européen, Donald Tusk (Conseil européen), Mark Rutte (présidence néerlandaise de l'UE).

Samedi 25 juin 2016. Réunion des chefs de la diplomatie des six pays fondateurs de l'UE à Berlin : Frank-Walter Steinmeier (Allemagne), Jean-Marc Ayrault (France), Paolo Gentiloni (Italie), Bert Koenders (Pays-Bas), Didier Reynders (Belgique) et Jean Asselborn (Luxembourg). Les six réaffirment leur « confiance dans notre avenir européen commun ».

Lundi 27 juin 2016. Réunion à Berlin du G3 Angela Merkel (Allemagne), François Hollande (France), Matteo Renzi (Italie). Avant même le sommet formel à 27, ils donnent en fait la feuille de route des prochains mois fixant même un nouveau rendez-vous en septembre à 27.

Mardi 28 juin 2016. Le Parlement européen s'est joint, dans une session extraordinaire, aux autres institutions européennes pour demander l'activation « immédiate » de la clause de retrait de l'UE.

Mardi 28 juin 2016. Sommet européen. Un dîner d'explication a lieu le soir avec David Cameron.

Mercredi 29 juin 2016. Première réunion des dirigeants à '27' (hors Royaume uni) à Bruxelles.

Vendredi 1er juillet 2016. Début de la présidence slovaque de l'UE

Les vendredi/samedi 8 et 9 juillet 2016. Au sommet de Varsovie, le Brexit est en arrière cour de toutes les discussions. Une déclaration du Hilton.

Vendredi 8 juillet 2016. Le gouvernement britannique de David Cameron démissionne, sa ministre de l'Intérieur Theresa May devient Premier ministre. Lire : UK : Boris au Foreign Office, Michael reste à la Défense, Amber à l’Intérieur*

Le 16 septembre 2016. Sommet informel à '27' à Bratislava pour organiser le futur de l'Union européenne.

Mi-octobre 2016. Les premiers pas de ce que veulent (vraiment) les Britanniques sur la PSDC

Mercredi 17 janvier 2017. Dans un discours, Theresa May campe une position dure sur le Brexit. Donnez-nous un accord équitable ou vous le paierez cher (Give us fair deal or you'll be crushed) titre The Times. Dans son discours, elle confirme également que le Royaume-Uni veut rester arrimé à la politique extérieure européenne.

Mardi 24 janvier 2017. La Cour suprême du Royaume-Uni estime que le gouvernement doit soumettre au Parlement un projet de loi déclenchant le Brexit. Jugement approuvé par huit voix contre trois.

Mercredi 8 février 2017. Les députés de la chambre des Communes approuvent le projet de loi du gouvernement conservateur donnant à la Première ministre, Theresa May, le pouvoir de déclencher le processus de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (par 494 voix contre 122). Début mars, la chambre des Lords accepte le projet de loi avec un amendement fondamental : la possibilité en fin de négociation de se prononcer dans le cadre d'un vote sanction (accepter ou non l'accord), il poste aussi comme condition des garanties pour les Européens expatriés au Royaume-Uni.

Lundi 6 mars 2017. Réunis à Versailles, les quatre principaux pays européens dressent leurs priorités dans l'Union européenne du futur, sans le Royaume-Uni. Lire : Le sommet de Versailles donne le cap vers une Europe à plusieurs vitesses

Mercredi 29 mars 2017. Près de neuf mois après le référendum, Theresa May adresse à l'Union européenne sa lettre officielle demandant le divorce (signée la veille). C'est le déclenchement officiel de la période de deux ans (maximum, théoriquement), prévue à l'article 50 du Traité.

Mardi 18 avril 2017. Theresa May provoque la surprise en convoquant des élections législatives anticipées. Décision approuvée par la Chambre des Communes par 522 voix contre 13 le lendemain.

Samedi 29 avril 2017. Réunis en sommet à Bruxelles, les 27 définissent leurs lignes d'orientation pour la négociation. Lire : Front commun des 27 pour définir les lignes de négociations pour le Brexit

Mercredi 3 mai 2017. Le dîner prévu à Londres entre le président de la Commission Jean-Claude Juncker et la Première ministre Theresa May tourne à l'aigre. Le récit d’un dîner catastrophe (Courrier international).

Jeudi 8 juin 2017. Elections législatives au Royaume-Uni. Elles ont été maintenues malgré deux attentats à Manchester et à Londres. Affaiblie, Theresa May perd sa majorité absolue, avec 318 députés (-12), le Labour en compte 262 (+30). Elle espère compter sur le soutien du Parti démocratique unioniste (DUP), nord-irlandais.

Lundi 19 juin 2017, un an après le vote sur le Brexit, les négociations démarrent enfin. Le calendrier des négociations du Brexit défini.

Mercredi 12 juillet 2017, après avoir fait le point sur les négociations devant la Commission européenne, Michel Barnier presse les Britanniques d’accepter de négocier la facture du divorce, contestant ainsi l'analyse du ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, estimant les prétentions européennes exorbitantes. (déclaration) La Commission européenne fixe, dans une série de papiers, ses positions de négociation sur la coopération policière et judiciaire, sur les procédures judiciaires et sur le traité Euratom (sécurité nucléaire, équipements et matériaux nucléaires).

Mercredi 19 juillet 2017, les membres de la Chambre des communes dressent les enjeux pour le Royaume-Uni sur la politique de sanctions internationales après le Brexit (dossier d'audition)

Jeudi 20 juillet 2017, le second round de négociations de quatre jours prend fin. L’UE et Londres campent sur leurs positions. Les points de désaccord sont identifiés : les obligations budgétaires de Londres et le rôle de la Cour de justice de l’UE (CJUE) dans la protection des droits des citoyens, après le Brexit. « Le troisième cycle doit servir à clarifier les choses », souligne le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier. Les prochaines négociations auront lieu le mois prochain. (déclaration)

Jeudi 31 août 2017, Michel Barnier annonce, suite au 3e round de négociations, des « clarifications utiles sur beaucoup de points » mais « aucun progrès décisif sur les sujets principaux même si la discussion sur l'Irlande a été fructueuse ».

Jeudi 7 septembre 2017, la Commission européenne et le Royaume-Uni présentent leur position sur la question des deux Irlandes. (proposition Commission / position UK)

Jeudi 28 septembre 2017, à l'issue du 4e round de négociations, le négociateur pour l'Union européenne affirme que « les progrès ne sont pas suffisants ».  Deux accords sont trouvés sur l'applicabilité directe de l'accord de retrait dans le droit britannique et sur la garantie de l'accord du Vendredi Saint et le maintien de la zone commune de voyage.

Jeudi 12 octobre 2017, le 5e round de négociations s'achève sur une déclaration de Michel Barnier rappelant l'importance du « respect de tous les engagements pris à 28 ».

Vendredi 10 novembre 2017, le négociateur européen pour le Brexit pose un ultimatum de deux semaines aux Britanniques pour leur permettre de répondre aux trois points de blocage (le règlement financier, le droit des non britanniques résident en Grande-Bretagne, la frontière entre l'Irlande du Nord et Sud), lors d'une conférence de presse en présence du ministre britannique David Davis.

Mercredi 29 novembre 2017, lors de la conférence sécurité et défense de Berlin, Michel Barnier, évoque la place du Royaume-Uni dans la défense européenne. Lire : Michel Barnier trace les traits d’un partenariat défense avec le Royaume-Uni et fixe des lignes rouges

Vendredi 8 décembre 2017, la Commission clôt la première phase de négociation du Brexit (lire : Fumée blanche sur le Berlaymont. Premier accord sur le Brexit) et met l'accent sur l'importance de respecter la stabilité de l'Irlande du Nord dans la suite des discussions (lire : Brexit. Les 28 choisissent les principes de la stabilité pour l’Irlande du Nord).

Vendredi 15 décembre 2017, les 27 Chefs d’État et de gouvernement (sans le Royaume-Uni) lancent la seconde phase des négociations du Brexit, lors du Sommet européen. Lire : Brexit. La seconde phase est lancée

Jeudi 18 janvier 2018, la France et le Royaume-Uni se réunissent à l'occasion d'un Sommet à Sandhurst. Lire : Paris s’engage. Après le Brexit, les Britanniques devront avoir un accès au fonds européen de défense

Mercredi 24 janvier 2018, le groupe de travail de Michel Barnier publie un document encourageant à une coopération étroite entre l'UE et le Royaume-Uni, en matière de politique étrangère, sécurité et défense. Lire : Défense et sécurité : les 27 veulent une coopération « ambitieuse » avec le Royaume-Uni

Mercredi 28 février 2018, la Commission européenne présente un projet de Traité organisant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne et la période de transition jusque mars 2020. (communiqué et projet de traité)

Dimanche 18 mars 2018, le comité parlementaire britannique qui supervise les négociations du Brexit publie un rapport et annonce un potentiel retard dans le retrait du Royaume-Uni, étant donné les faibles progrès sur certaines questions (frontière irlandaise et droits des citoyens européens notamment).

Mars 2018. Les Britanniques sortent des battlegroups. L’UE quasiment sans force de réaction rapide au 2e semestre 2019

Vendredi 23 mars 2018, lors du Conseil européen, les 27 Chefs d’État et de gouvernement ont adopté les principes directeurs ouvrant la voie aux négociations. Lire : Feu vert pour les négociations sur les futures relations post 2020 avec le Royaume-Uni. En plus, entre Londres et Bruxelles, il semble y avoir une entente cordiale sur la défense.

Jeudi 12 avril 2018. C'est confirmé officiellement, Madrid et Paris font front commun pour reprendre le QG de l’opération Atalanta.

Jeudi 24 mai 2018. Nouveau round de négociations du Brexit. Face aux propositions britanniques en matière de sécurité, jugées excessives, la réponse européenne a été exceptionnellement dure. Mais malgré plusieurs points de divergences affichés publiquement, s'esquissent de nombreux points de rapprochement. Lire : Brexit is Brexit. Un État tiers ne peut prétendre participer aux décisions. Accords et désaccords

- Une note est diffusée. L'intention est de mettre en place une coopération renforcée post-Brexit sur la sécurité entre Européens et Britanniques. En somme, Londres prône un vaste accord de sécurité : le beurre, l’argent du beurre et le parapluie de la comtesse

- Londres veut continuer de participer au programme européen de navigation par satellite Galileo. Face aux objections de la Commission européenne, Londres utilise la menace et la bataille de Galileo tourne au vinaigre.

Jeudi 7 juin 2018. Theresa May soumet un plan en vue de faire avancer les négociations. Le document propose d'accorder un statut britannique et européen à l’Irlande du Nord afin qu’elle puisse commercer avec l’Union et à instaurer une zone tampon qui permettrait d’éviter le rétablissement d’une frontière physique avec la République d’Irlande. L’UE n'est pas convaincue par la proposition britannique.

Mercredi 13 juin 2018. Les eurodéputés se prononcent en commission constitutionnelle lundi (11 juin) et lors de la session plénière à Strasbourg mercredi, sur la nouvelle redistribution des sièges après Brexit.

Lundi 25 juin 2018. Le conseil des ministres de la Défense doit approuver de confier les rênes de l'opération anti-piraterie de l'UE à deux structures nationales : l'une à Rota (Espagne) purement militaire (chargée d'assurer le quartier général de commandement et conduite des opérations OHQ), l'autre située à Brest (France) chargée de faire la liaison avec le monde maritime civil (MSCHOA), ils prennent le relais de Northwood (Royaume-Uni), Brexit oblige.

Vendredi 29 juin 2018. Au Conseil européen, les dirigeants européens adoptent des conclusions sur le Brexit. « Aucun progrès substantiel » n'a été fait sur certaines questions aussi essentielles comme celle de la frontière irlandaise. Alors, l’UE se prépare au scénario du pire.

Dimanche 8 juillet 2018. Le ministre chargé du Brexit David Davis annonce sa démission. « The general direction of policy will leave us in at best a weak negotiating position, and possibly an inescapable one », écrit le ministre dans sa lettre comme le rapporte la BBC. Il est remplacé par Dominic Raab, jusque là Secrétaire d'État au Logement. Le ministre délégué au Brexit, Steven Baker, a également annoncé sa démission.

Lundi 9 juillet 2018. Le ministre aux Affaires étrangères Boris Johnson démissionne, Jeremy Hunt, ministre à la Santé et la protection sociale le remplace alors. Johnson écrit que « le rêve du Brexit est en train de mourir ».

Jeudi 19 juillet 2018. La Commission européenne a présenté une communication sur le futur accord de retrait avec le Royaume -Uni. Elle veut « être préparée pour les deux possibilités », qu'un accord soit trouvé ou non.

19 et 20 septembre 2018. A l'occasion du Sommet informel de Salzbourg, Theresa May a présenté aux chefs d'Etat et de gouvernement les propositions pour la future relation UE-Royaume-Uni, listées dans le plan de Chequers. Celles-ci ont été rejetées en bloc par les 27.

Mercredi 17 octobre 2018. Echec des négociations sur le Brexit au Sommet européen à Bruxelles.

Mardi 13 novembre 2018. Un accord de sortie du Royaume-Uni est trouvé.

Mercredi 14 novembre 2018. Le cabinet de Theresa May valide l'accord de sortie, évitant une frontière dure entre les deux Irlande.

Jeudi 15 novembre 2018. Quatre ministres et secrétaires d'Etat annoncent leur démission à la suite de l'accord de sortie, notamment Dominic Raab, jusqu'alors en charge des négociations du Brexit. Ils marquent ainsi leur profonde opposition avec l'accord de sortie adopté.

Jeudi 22 novembre 2018. Le projet de déclaration politique sur les relations futures entre l'Union européenne et le Royaume-Uni a été finalisé, et envoyé aux Etats membres. Le président de la Commission européenne a envoyé une lettre au président du Conseil européen Donald Tusk à ce sujet.

Dimanche 25 novembre 2018. Les Chefs d'Etat et de gouvernement des 27 ainsi que Theresa May ont donné leur feu vert à l'accord de retrait du Royaume-Uni. Cet accord est attaché à une déclaration politique définissant les grandes orientations de la future relation. L'accord sur le Brexit est scellé, les européens un peu tristes, mais unis et soulagés.

Lundi 10 décembre 2018. La Cour de Justice de l'Union européenne a confirmé l'avis de son avocat général sur l'interprétation de l'article 50. Un Etat peut donc révoquer unilatéralement sa volonté de sortir de l'Union européenne.

Jeudi 13 et vendredi 14 décembre 2018: L'agenda du Sommet européen a été modifié pour que la question Brexit soit discutée au dîner, dans un format à 28. A suivi une réunion avec Michel Barnier pour décider de la réponse à donner aux Britanniques, et pour la préparation d'un éventuel no-deal. Le message transmis par les 27: le traité de retrait du Royaume-Uni n'est « pas ouvert à une renégociation ».

Mercredi 19 décembre 2018: La Commission européenne a proposé de modifier le règlement n°428/2009 du Conseil sur l'exportation de certains biens à double usage pour inclure le Royaume-Uni dans la liste des pays « à faible risque », bénéficiant d'une autorisation générale d'exportation de l'Union ("EU001"), au même titre que l'Australie, le Canada, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Suisse et les États-Unis. (proposition)

Mardi 15 janvier 2019: Rejet de l'accord par la Chambre des Communes par 432 voix contre 202, les députés britanniques votent contre le plan défendu par Theresa May. Elle doit maintenant faire face à une motion de censure déposée par le Labour.

Mercredi 16 janvier 2019: Les députés ont rejeté la motion de censure par 325 voix contre 306, soit une marge de seulement 19 voix.

Jeudi 7 février 2019: Une rencontre « robuste mais constructive » entre Theresa May et Jean-Claude Juncker à Bruxelles. (communiqué)

Mardi 5 mars 2019: Visite de la Haute représentante Federica Mogherini à Chypre, pour tenter de régler les problèmes dans l'hypothèse d'un no deal. La difficulté provient des deux bases de souveraineté britannique sur l'île, qui ont une quasi-totale libre circulation des personnes et des biens, ainsi que l'usage de l'Euro.

Jeudi 21 février 2019: Rencontre supplémentaire entre la Première ministre Theresa May et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Ils ont prévu de se reparler avant la fin du mois.

Mardi 12 mars 2019: La Chambre des Communes se prononce sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union dans le cadre d’un accord négocié avec l’UE. En cas de refus, un second vote sera organisé le 13 mars sur l’hypothèse d’un Brexit sans accord (No deal) ou d’une « extension pour une durée limitée » de la négociation sous l’article 50 a indiqué la Première ministre Theresa May lors d’un discours à la Chambre des communes mardi (26 février).

Mercredi 13 mars 2019: Réaction de Michel Barnier face à un nouveau rejet, à une large majorité (391 voix contre 242) par la Chambre des Communes de l'accord avec l'Union européenne. Il n'a pas caché son pessimisme dans un tweet. « L'Union européenne a fait tout ce qui était en son pouvoir pour aider à faire passer l'accord de retrait sur la ligne. L'impasse ne peut être résolue que dans le Royaume-Uni. Nos préparatifs « sans accord » sont maintenant plus importants que jamais. »

Jeudi 14 mars: Le Parlement britannique a voté jeudi (14 mars) à une large majorité (412 pour, 202 contre) pour le report du Brexit au 30 juin, comme l'avait demandé la première ministre britannique, Theresa May. La veille (13 mars), il avait voté une résolution s'opposant à une sortie de l’Union Européenne sans accord à une très courte majorité (312 pour, 308 contre). Le 'no-deal' ne peut être une option, en aucune circonstance, indiquent les députés.

Jeudi 21 mars 2019: Après une lettre adressée à Donal Tusk par Theresa May, dans laquelle elle demande le report du Brexit au 30 juin, les 27 ont exprimé leur exaspération lors du sommet. Ils ont convenu que le Brexit serait repoussé au 22 mai (avant les élections européennes), à la condition que la Chambre des Communes l'accepte. Toutes les options restent ouvertes jusqu'au 12 avril.

Le 25 mars 2019, la Commission européenne affirme avoir achevé ses préparatifs en vue d'une Brexit sans accord. « Il devient de plus en plus probable que le Royaume-Uni quitte l'Union européenne sans accord le 12 avril » indique la Commission européenne. (communiqué, site sur la préparation du Brexit, site d'information des États membres)

Mercredi 27 mars 2019, la Chambre des Communes (britannique) a rejeté, mercredi (27 mars), les huit options alternatives envisagées sur le Brexit. Parmi ces options, figuraient la sortie sans accord (no deal), une union douanière avec l'Union européenne ou encore une révocation du Brexit (liste des motions soumises). Ces votes n'étaient qu'indicatifs et non obligatoires. Le seul vote 'réel' et positif a été celui de repousser la date du Brexit (en cas de non accord) au 12 avril, comme l'avait décidé le Conseil européen, sur demande de Theresa May. Vote acquis par 441 voix pour et 105 contre.

Vendredi 29 mars 2019, les députés de la Chambre des communes rejettent, pour la troisième fois, l'accord de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne par 344 voix contre 286, le jour même de la date initialement prévue pour le Brexit. Lire : Un Brexit repoussé de quelques semaines … (V2)

Le président du Conseil européen Donald Tusk annonce la tenue d'un sommet européen extraordinaire le 10 avril.

Mardi 2 avril 2019, après une réunion longue du cabinet (gouvernement) britannique, Theresa May offre « pour lever le blocage, de rencontrer le chef de l’opposition ». Objectif : « convenir d'un calendrier pour que ce projet de loi garantisse son adoption avant le 22 mai, afin que le Royaume-Uni n'ait pas à prendre part aux élections au Parlement européen ». Dans la foulée, elle annonce vouloir demander aux Européens une « nouvelle extension de l'article 50 - une version aussi courte que possible et qui prend fin lorsque nous passons un accord ». (déclaration)

Mercredi 10 avril 2019, après de longues discussions, les 27 chefs d'État et de gouvernement se mettent d'accord pour donner un délai supplémentaire de six mois au Royaume-Uni pour trouver un accord sur le Brexit. Le délai est alors reporté au 31 octobre 2019. Lire : Le Brexit reporté au 31 octobre au plus tard… (V2)

Vendredi 24 mai 2019, la Première ministre britannique, Theresa May, annonce qu’elle démissionnera comme chef du parti conservateur le 7 juin. Elle précise que « le processus d’élections d’un nouveau dirigeant commencera la semaine suivante » et « regrette profondément de ne pas avoir été capable de mettre en œuvre le Brexit ». (déclaration)

Dimanche 26 mai 2019, aux élections européennes, le parti de Nigel Farage, le 'Brexit Party' est le plus voté au Royaume Uni (29 sièges), suivi de loin des LibDem (16 sièges) et Labour (10 sièges). Les conservateurs sont les grands perdants avec seulement 4 sièges. Le parti vert et les nationalistes écossais augmente les leurs (7 et 3 respectivement) tandis que quelques sièges sont glanés au passage par d'autres groupes régionalistes. Les mandats de ces eurodéputés s'arrêteront automatiquement au moment où le Royaume-Uni quittera officiellement l'UE. Lire : Le retour des Britanniques au Parlement européen… avant leur départ. Le casse-tête expliqué (V2)

Jeudi 13 juin 2019, le ministère de la Défense britannique publie un memorandum préparant la sortie de l'Union européenne. Cet outil juridique prévoit diverses mesures pour faire face au Brexit, notamment en provisionnant des fonds pour les entreprises du secteur de la Défense engagées dans le programme européen de recherche de défense et qui souffriraient de ruptures d'activités en lien avec l'UE. (texte et mémorandum)

Mardi 16 juillet 2019, en plénière du Parlement européen, la candidate à la présidence de la Commission, Ursula von der Leyen, déclare qu'elle est « prête pour une nouvelle prolongation de la date de retrait si plus de temps est nécessaire pour une bonne raison » à propos du Brexit.

Mardi 23 juillet 2019, Boris Johnson est élu chef des Tories par les membres du parti conservateur (66% des voix), en battant son opposant du dernier tour, Jeremy Hunt. Il prend ses fonctions de premier ministre le lendemain, remplaçant ainsi Theresa May. Lire : Boris Johnson devient le nouveau Premier ministre du Royaume-Uni

Dimanche 18 août 2019, le gouvernement de Boris Johnson révoque l'acte d'adhésion du Royaume-Uni à l'UE de 1972. « Nous quittons l'UE le 31 octobre. La signature de ce document signifie que nous reprendrons le contrôle de nos lois le jour du Brexit » déclare Steve Barclay, le secrétaire d'État chargé du Brexit. (communiqué)

Mardi 20 août 2019, le gouvernement britannique fait savoir qu'il ne participera plus à toutes les réunions au niveau européen. Le Royaume-Uni continuera d'assister aux réunions « quand cela est dans son intérêt ». Cinq domaines sont définis dans le communiqué comme prioritaires où la participation britannique sera requise : « les réunions sur la sortie du Royaume-Uni, la souveraineté, les relations internationales, la sécurité et les questions financières ». Lire : Le Royaume-Uni aux abonnés absents dès le 1er septembre

Mercredi 28 août 2019, le gouvernement de sa majesté annonce qu'il suspendra le Parlement britannique à partir du 9-12 septembre jusqu'au 14 octobre 2019, une annonce approuvée par la reine.

Vendredi 30 août 2019, la Commission européenne confirme que le négociateur britannique pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE, David Frost, a demandé l'organisation de réunions deux fois par semaine à partir de septembre.

Mardi 3 septembre 2019, après qu'une vague de députés conservateurs opposés à la suspension du parlement aient quitté le parti dans les derniers jours, le député Phillip Lee se 'rebelle' à son tour et rejoint les LibDem. Il retire ainsi au Tories leur majorité au parlement britannique. Les députés britanniques votent et prennent le contrôle de l'agenda de la Chambre des communes. Le premier ministre, Boris Johnson, menace d'élections anticipées.

Mercredi 4 septembre 2019, le Parlement britannique rejette la demande d'élections du gouvernement de Boris Johnson. Le chef de l'opposition, le dirigeant du Labour, Jeremy Corbyn, avait déclaré n'accepter des élections que si la législation qui permettrait d'empêcher un 'no-deal' était passée par le Parlement.

Le 6 septembre 2019, la Chambre des lords passe la législation qui oblige le gouvernement britannique a demander une extension à l'UE s'il n'arrive pas à avoir un nouvel accord de départ et si, en l'absence de ce dernier, le Parlement refuse d'accepter un 'no-deal'.

Lundi 9 septembre 2019 dans la Chambre des communes britannique, John Bercow, le président de la Chambre (Speaker), annonce qu'il quittera son poste aux prochaines élections ou le 31 octobre 2019, dépendant duquel arrive en premier.

Mardi 10 septembre 2019, dans les petites heures du matin, Boris Johnson annonce la suspension du parlement britannique.

Mercredi 11 septembre 2019, la plus haute instance judiciaire civile écossaise déclare la suspension du Parlement du Royaume-Uni illégale.

Lundi 16 septembre 2019, le premier ministre Boris Johnson rencontre Jean-Claude Juncker au Luxembourg alors que ce dernier est en chemin pour Strasbourg afin d'addresser le Parlement européen sur la question du Brexit. B. Jonson en profite pour rencontrer également Xavier Bettel, son homologue luxembourgeois, mais l'abandonne au moment de la conférence de presse.

*Mardi 24 septembre 2019, la cour suprême du Royaume-Uni déclare la suspension du Parlement illégale.

*Le 2 octobre 2019, le gouvernement britannique publie des documents (voir la note) sur le Brexit, premiers documents concrets depuis des semaines. Cependant, pour le Parlement européen, « les dernières propositions du Royaume-Uni n’offrent pas les garanties nécessaires à l’UE et à l’Irlande ». Communiqué

*Dans un tweet mardi 8 octobre 2019, Donald Tusk résume le sentiment prévalent à Bruxelles de ces dernières semaines par rapport au Brexit. « Vous ne voulez pas d’accord, vous ne voulez pas de prolongation, vous ne voulez pas révoquer, quo vadis ? » 

*Après la rencontre le 10 octobre 2019 entre Boris Johnson et le premier ministre irlandais, Leo Varadkar, les discussions ont l'air de s'intensifier, avec un sentiment d'urgence qui plane.

*Cependant, au Conseil des Affaires Générales le 15 octobre 2019, il n'y a toujours pas de texte sur la table.


Quelques questions, quelques réponses, nos analyses

Que prévoit l'article 50 du Traité ? Depuis le traité de Lisbonne, cette possibilité de départ d'un Etat membre a été inscrite noir sur blanc. Il fixe certains principes mais pas tous. Brexit ! Quelle procédure pour le retrait ? Quand est-ce applicable ?

La fin du bénéfice du marché unique, une réalité ? Les Britanniques peuvent-ils espérer négocier autre chose. Après le Brexit : fini le marché unique et tout le reste ? Raison gardons ! Scénarios…

L'Europe de la Défense est menacée ? C'est un axiome souvent répété : le départ du Royaume-Uni signifierait une perte de puissance pour l'Europe de la Défense. Notre analyse est légèrement différente et beaucoup plus nuancée. Lire :Brexit. Le Britannique est-il nécessaire à l’Europe de la défense ?

Quelles seraient les conséquences sur la PSDC ? Certaines répercussions peuvent se produire au plan opérationnel. Mais elles peuvent être résolues. Quelles conséquences du Brexit sur la PSDC ? Une quasi bonne nouvelle ? En revanche, pour les accords de Berlin Plus, c'est plus délicat. Soutenus à bout de bras par le Royaume-Uni, ils méritent au minimum un relifting. L’accord de Berlin Plus touché en plein coeur par le Brexit

Comment peut s'organiser, demain les relations UE-UK ? Si la relation avec l'Union européenne n'a pas un modèle mais plusieurs pour tisser ses relations extérieures avec un pays non membre. Lire : Les Dix modèles européens pour associer un pays tiers… et le Brexit

Quelles seraient les conséquences d'un départ au Parlement ? Certains groupes au Parlement pourraient souffrir plus que d'autres. Brexit. Un petit séisme au Parlement européen

Le Royaume-Uni : en perte d'influence ? La volonté du Royaume-Uni de vouloir plier l’Europe à l’aune de ses seuls intérêts cache mal un certain effacement du Royaume sur la scène européenne. Le Royaume-Uni se désintéresse de l’Europe… et les Européens font de moins en moins d’effort pour l’en dissuader. Brexit ou pas. La perte d’influence de Cameron (et de Londres) en Europe

Et si les Britanniques avaient décidé de rester ? S'appliquait alors l'accord signé au sommet du 19 février qui est aujourd'hui caduque. Lire : L’accord anti-Brexit du Conseil européen. Premières questions, premières réponses


À lire

Déclarations officielles

Rapports

Positions de négociation (UE)

Dernière mise à jour effectuée le 15 octobre 2019.