N°42. La mission ‘resolute support’ de l’Alliance en Afghanistan. Poursuivre une présence

N°42. La mission ‘resolute support’ de l’Alliance en Afghanistan. Poursuivre une présence

OperationResoluteSupport@OTAN150127(B2) La force militaire internationale de stabilisation en Afghanistan (Force internationale d'assistance à la sécurité FIAS/ IFAS) prend fin en décembre 2014. La présence internationale ne cesse pas. Après avoir hésité sur leur présence dans le pays, les Américains (et l'OTAN) décident de rester avec une force, plus limitée, et aux fonctions moins ambitieuses. La mission baptisée « Resolute Support » apparait de moindre envergure par rapport à la précédente opération tant dans son volume (quelques milliers d'hommes) que dans son objectif — une mission de formation, de conseil et d’assistance au profit des forces afghanes — sans avoir de volet exécutif. L'approbation de l'accord bilatéral de sécurité avec les Américains, condition pour avoir un accord sur le statut des forces (SOFA), par les autorités afghanes ne s'est pas faite sans difficultés et a retardé la planification de la mission. De la même façon, l'ambition des Américains d'obtenir de leurs alliés une contribution notable a été difficile à atteindre (l'objectif d'une contribution équivalente n'a pas été atteinte).

2013

Le 7 octobre 2013, le président Karzai considère, sur la BBC, que la présence des troupes internationales a causé plus de souffrance et obtenu peu de résultats.

Mardi/Mercredi 22 et 23 octobre 2013, les ministres de la Défense de l'OTAN débattent de la future mission, à commencer par le principal qui est le volume de la mission (entre 8 à 12.000 soldats indiquent les prévisions). Ils ne peuvent adopter le plan d'opération, conditionné par la signature d'un accord de sécurité avec l'Afghanistan. Lire : L’OTAN au milieu du gué. La petite musique française *

2014

Jeudi 27 février 2014, lors de la réunion des ministres de la Défense, le secrétaire général Anders Fogh Rasmussen avertit : « Sans accord de sécurité, il n'y aura pas de mission de formation. C'est cela la réalité. » Si un accord n'est pas signé entre l'Afghanistan et les Etats-Unis (Bilateral Security Agreement, « nous ne pouvons pas conclure notre propre accord sur le statut de forces ». Ce qui veut simplement dire qu’il n’y aura pas de déploiement après 2014. Lire : L’option 0 sur les opérations de l’OTAN et de l’UE en Afghanistan après 2014 ? *

Jeudi 27 mars 2014, une nouvelle réunion à l’OTAN, entre les partenaires de l’ISAF et de l’Afghanistan, a pour objectif de planifier la nouvelle mission. Mais l’accord de sécurité entre l’Afghanistan et les Etats-Unis n’est toujours pas signé. « Le facteur temps joue ici » avertit, à nouveau, le secrétaire général de l'OTANLe président Karzaï ne semble pas prêt à signer l’accord, la question se posera ainsi au « nouveau président » après les élections générales d'avril. Lire : Carnet 27.03.2014.

Dimanche 5 avril 2014, élections présidentielles en Afghanistan. Le président en exercice Hamid Karzai n'est pas éligible du fait de la limitation du nombre des mandats. Se détachent deux candidats : Abdullah Abdullah (45 %) de la Coalition nationale afghane et Ashraf Ghani 31,56 %

Mercredi 27 mai 2014, Barack Obama annonce au retour d'une visite à Bagram (Irak) sa décision de maintenir en 2015 les 9800 soldats américains actuellement déployés en Afghanistan, « sous réserve de la signature du Traité bilatéral de sécurité » (BSA), répondant ainsi favorablement à la demande du président afghan Ashraf Ghani. L'objectif, toujours affirmé, est d'assurer le retrait de toutes les troupes pour 2016, Washington affirmant vouloir mettre fin à plus de 10 ans de présence en Afghanistan. La présence militaire américaine serait alors réduite au strict nécessaire pour la protection de l'ambassade et des intérêts américains.

Les 3 et 4 juin 2014, se tient une nouvelle réunion des ministres de la Défense de l'OTAN avec les pays contributeurs de la Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan (IFAS / FIAS). Au menu : l'analyse de la situation sécuritaire sur place, les progrès de la transition vers la prise en charge de la sécurité par les forces de sécurité afghanes (avec le ministre afghan de la Défense), la planification de la nouvelle mission non combattante. L'Italie et l'Allemagne (aux côtés de la Turquie et des Américains) s'engagent à assurer le rôle de "nation-cadre". L'objectif affiché par les Américains est d'atteindre un engagement de leurs alliés équivalent à leur propre effort. Lire : Le retour à la défense territoriale au coeur de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN *

Dimanche 14 juin 2014, deuxième tour des élections en Afghanistan. Les deux candidats ont promis la signature de l'accord de sécurité.

Mardi 23 juin 2014, les Pays-Bas officialisent leur participation avec une centaine de militaires. La demande est transmise au Parlement pour approbation. Lire : Carnet 24.06.2014

Les 24 et 25 juin 2014, lors du Conseil de l'Atlantique nord à Bruxelles, les ministres des affaires étrangères des Etats membres approuvent le plan de l'opération de la mission Resolute Support.

Mardi 7 juillet 2014, les résultats officiels des élections sont annoncés par la Commission électorale indépendante. Ashraf Ghani l'emporte avec 56,44 % contre Abdullah Abdullah  qui n'obtient que 43,56 %. Celui-ci conteste les résultats. Une médiation s'engage sous l'autorité du secrétaire d'État américain, John Kerry.

Les 4 et 5 septembre 2014, au sommet du Pays de Galles (Newport), les membres de l'alliance donne un nouveau 'la' aux opérations de l'OTAN. Sorte de descrescendo et de transformation plus soft des missions en cours. La volonté d'assurer la formation des forces de sécurité afghanes est affirmée. «Un nouveau chapitre de la coopération avec l'Afghanistan est ouvert » indique A.F. Rasmussen. La discussion reste largement obérée par l'absence de signature de l'accord de sécurité. Lire : Des discussions très stratégiques à l’agenda du sommet de l’OTAN * et Les principales opérations extérieures de l’Alliance aujourd’hui. Le point *

Dimanche 20 septembre 2014, les deux candidats à la présidentielle afghane tombent d'accord. Ashraf Ghani prend la tête de l'Etat. Un poste de chef de l'exécutif (équivalent à un poste de Premier ministre) est dédié à Abdullah Abdullah.

Mercredi 30 septembre 2014, le cadre juridique de la mission est (enfin) fixé par un accord sur le statut des forces (SOFA) est enfin signé à Kaboul par le président afghan et par le haut représentant civil de l’OTAN en Afghanistan. Elle est ratifiée par le parlement afghan le 27 novembre 2014. La SOFA définit les conditions dans lesquelles les forces de l'OTAN sont déployées en Afghanistan pour la mission Resolute Support, ainsi que les activités qu'elles devront y mener à ce titre. Lire : Carnet (01.10.2014).*

Samedi 12 décembre 2014, le Conseil de sécurité de l’ONU approuve, à l’unanimité, dans la résolution 2189, la mission. Il souligne qu’il importe de continuer à apporter un soutien international à la stabilisation de la situation en Afghanistan.

Lundi 28 décembre 2014, une cérémonie de clôture de l'opération de l'ISAF se tient au QG de la mission.

2015

Le 1er janvier 2015, la mission « Resolute Support » est lancée.

Le 24 mars 2015, le retrait américain d'Afghanistan est revu et corrigé. L'objectif de réduire le nombre de militaires de 9800 à 5000 d’ici à fin 2015 est interrompu et le retrait progressif  total des troupes fin 2016 semble remis en cause. « La feuille de route de l’opération de retrait des troupes américaines pour 2016 sera précisée plus tard en 2015 afin de permettre une consolidation des troupes et de la présence militaire autour de l’ambassade à Kaboul », déclare la Maison Blanche.

Jeudi 8 octobre 2015, les ministres de la Défense de l'OTAN envisagent de réviser le plan de retrait d'Afghanistan. L'objectif programmé était de garder seulement Kaboul et de réduire de 13.000 à 8000, avec la fin de l'opération Resolute support, fin 2016, pour se transformer dans une mission de partenariat durable (Enduring partnership). Le général Campbell, commandant l'opération, estime qu'il faut revoir ce plan et suspendre la diminution des effectifs. Lire : Les enjeux de la réunion des MinDéf de l’OTAN. Un agenda bousculé par les crises.*

Le 12 octobre 2015, un hélicoptère britannique se crashe sur le quartier général de la mission de l'OTAN. L'accident fait 5 morts ( 2 Britanniques, 2 Américains, 1 Français) et 4 blessés, de retour d'une mission de formation.

Le 1er décembre 2015, les ministres des Affaires étrangères de l’Alliance et les pays tiers participant à la mission décident de maintenir la présence de Resolute Support, non seulement à Kaboul, comme prévu dans le plan initial mais aussi dans les 4 régions afghanes (Herat, Mazar-e Sharif, Kandahar et Laghman) pendant l’année 2016. Lire : L’OTAN remet la vapeur sur l’Afghanistan*

2016

Lundi 29 janvier 2016, l’OTAN et le Koweit signent un accord pour faciliter l’envoi de personnels et l’approvisionnement en matériel et équipement vers la mission. C'est le premier accord de l'Alliance avec un pays du Golfe pour Resolute Support. Lire : Carnet 29.02.2016.*

Mardi 2 mars 2016, le général John Mick Nicholson succède au général John F. Campbell à la tête de la mission. Nicholson a passé la majeure partie de ces dernières années sur le conflit afghan. Il a notamment servi sur place entre 2006 et 2012, et occupé le poste de chef d’Etat major de la force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) de 2010 à 2012. Lire : Carnet 04.03.2016.*

Vendredi 20 mai 2016, les ministres des Affaires étrangères de l’Alliance et leurs partenaires décident de maintenir Resolute Support et leur présence au-delà de 2016. Lire : L’OTAN maintient un engagement en Afghanistan après 2016. Mais en soutien*

Les 14 et 15 juin 2016, les ministres de la Défense de l’Alliance et leurs partenaires se penchent sur la constitution des forces pour Resolute Support. Les précédentes générations de force n'ont pas produit les résultats espérés. Lire : A la ministérielle Défense OTAN des 14 et 15 juin 2016  *

Mercredi 6 juillet 2016, juste avant le sommet de l'OTAN, Barack Obama annonce — en présence du ministre de la la Défense Ash Carter et du chef d'Etat-major des armées Joe Dunford — sa décision de maintenir 8400 soldats en Afghanistan jusqu’en 2017 sur plusieurs bases (outre Kaboul, Kandahar et Jalalabad notamment) contre 5500 soldats comme prévu. La situation en Afghanistan reste « précaire. (...) Les talibans restent une menace. Et dans certaines régions, ils ont effectivement gagné du terrain contre les forces gouvernementales » reconnait le président américain. « Les forces de sécurité afghanes ont plus de 320.000 membres. (Mais) ces forces ne sont pas aussi fortes qu'elles doivent être. (...) Avec notre aide, ils sont toujours à la recherche pour améliorer les capacités critiques comme le renseignement, la logistique, l'aviation, les (structures) de commandement et de contrôle (= C2). » Télécharger déclaration ici

Vendredi 8 juillet 2016, au Sommet de l’OTAN de Varsovie, les Chefs d'Etat et de gouvernement rappellent leur engagement sur « le long terme » en Afghanistan et maintiennent le soutien financier apporté aux forces de sécurité afghanes, jusqu'à 2020. Cela marque « un engagement très fort de la part des Etats-Unis et des autres partenaires » explique le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg. Lire : Les alliés confirment leur soutien financier aux forces de sécurité afghanes *

*Mardi 6 et mercredi 7 décembre 2016, lors de leur réunion semestrielle, les ministres des Affaires étrangères de l'OTAN se penchent sur l'Afghanistan. Le ministre afghan des Affaires étrangères, Salahuddin Rabbani, appellent les Alliées à « réaffirmer l'engagement »  à soutenir l'Afghanistan. La présence de l'OTAN en Afghanistan a trois effets selon Jens Stoltenberg : « soutenir les Afghans à assurer la sécurité de leur pays ; démontrer notre engagement à long terme en faveur de la lutte contre le terrorisme ; contribuer à stabiliser la région et freiner le flux de migrants et de réfugiés ».

 

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