N°44. EUMM Georgia. Des Européens face à la Russie

N°44. EUMM Georgia. Des Européens face à la Russie

Logo EUMM Georgia(B2) Début août en Géorgie, aux frontières de deux provinces autonomes de Ossétie du Sud et d'Abkhazie, des incidents se multiplient faisant plusieurs morts de part et d'autre. Les Géorgiens cherchent à reprendre le contrôle de cette province sécessionniste. Les Russes cherchent à stabiliser cette frontière et percer un coin définitif dans la Géorgie qui cherche à se rapprocher de l'OTAN et de l'Union européenne.

Prélude de la crise

Le 3 avril 2008, au sommet de Bucarest, l'OTAN décide de différer l'octroi du statut de candidat à l'adhésion pour l'Ukraine et la Géorgie. Le secrétaire général de l'Organisation, Jaap de Hoop Scheffer, précise que l'Alliance s'engage cependant à recevoir ces deux pays à une date ultérieure et de revoir la situation en décembre.

Le 7 mai 2008Les eurodéputés réclament une force de paix de l’UE en Géorgie

Août 2008 - La crise bat son plein, un accord de cessez-le-feu

  • Dans la nuit du 7 au 8 août 2008, les hostilités commencent autour de l'Ossétie du Sud. L'armée géorgienne lance un assaut sur Tskhinvali (Ossétie du sud). Les Russes présents dans la « force de maintien de la paix », avec des renforts venus d'Ossétie du nord par le tunnel de Roki, répliquent.

Le 8 août 2008, le Conseil de sécurité de l'ONU, réuni à la demande de Moscou, ne parvient pas à s'accorder sur le texte d'une déclaration. Télécharger le communiqué

Dès le 9 août 2008l’évacuation des ressortissants européens commence.

Le 12 août 2008, le président Russe Dmitri Medvedev annonce que ces objectifs sont atteints et que les troupes russes resteront sur les positions définies par l'accord de 1992. Un accord est conclu avec le président en titre de l'Union européenne, le Français Nicolas Sarkozy. L'accord Medvedev - Sarkozy, en six points, prévoit le non-recours à la force, l'arrêt des hostilités, le libre accès à l'aide humanitaire, le retour des forces armées géorgiennes dans leurs bases et celui des troupes russes sur leurs cantonnements antérieurs aux hostilités et le début d'une discussion internationale sur les moyens de garantir la sécurité de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. Est également prévu le déploiement d'observateurs impartiaux pour vérifier le bon déroulement du cessez-le-feu. Lire : Ossétie-Géorgie: les six principes du cessez-le feu
Les ambassadeurs du COREPER et du COPS (comité de politique de sécurité) se retrouvent, en réunion d'urgence à Bruxelles, pour préparer la réunion des ministres des Affaires étrangères.

Le 13 août 2008, les 27 ministres des Affaires étrangères de l'UE décident de l'établissement d'une mission d'observation en Géorgie. Télécharger les conclusions. Lire : Ossétie-Géorgie: les 27 décidés à agir. Ce qui s’est dit à Bruxelles. L'idée d'une mission d'observation et de contrôle de l'UE s'implante. Des contrôleurs seraient plus efficaces que les actuels observateurs?

Le 15 août 2008, l’ambassadeur de Russie à l’Otan, Vladimir Rogozine, se dit favorable à un maintien de la paix avec l’UE

Le 16 août 2008, un accord de cessez-le-feu entre Russes et Géorgiens est signé. Il met, temporairement, fin au conflit. Le plan en quatre points signé avec le président Géorgien. Le texte Lire aussi : Géorgie. Comment a été élaboré le plan de paix. Alexander Stubb

Le 17 août 2008, l’aide européenne de sécurité civile se déploie grâce au mécanisme de coordination sécurité civile (MIC). Dès le lendemain, deux équipes sont envoyées à Tbilissi pour coordonner l’aide. Selon un premier bilan établi par B2, l’Union européenne et ses Etats membres ont fourni, ou vont fournir, environ 21 millions d’euros d'aide humanitaire à la Géorgie – Ossétie.

Le 18 août 2008, l’ONU et les agences internationales lancent un appel de fonds pour une première aide d’urgence, à hauteur de 58,6 millions de $ (environ 39 millions d’euros).

Le 19 août 2008, une nouvelle réunion des ambassadeurs du COPS (comité de politique de sécurité) est organisée pour faire un état des lieux. Un premier document conjoint Commission – Conseil est distribué, dressant les principales pistes possibles de réponse de l'Union européenne face à la crise.

Le 19 août 2008, l'OTAN, qui doit examiner la candidature de la Géorgie en décembre, prône un « dialogue direct » entre les belligérants, lors d'une réunion extraordinaire

Le 20 août 2008, le Parlement européen organise, de façon improvisée, une réunion extraordinaire de ses différentes commissions intéressées (Affaires étrangères », « Défense » et la délégation « UE-Caucase »). Il appelle L’Europe à s’engager maintenant en Géorgie

Le 26 août 2008, la Fédération de Russie reconnaît officiellement l'indépendance de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie et se dit prête « à assurer la sécurité de ces deux États ».
Les ambassadeurs du COPS (Comité de politique de sécurité) sont réunis à Bruxelles pour préparer une mission européenne en Géorgie de type EUMM Georgia. Ils approuvent l'envoi d'une mission exploratoire. D'autres options sont sur la table, comme les sanctions. Lire : Que pourraient faire les Occidentaux ?

Septembre 2008 - La mission d'observation de l'UE se prépare

Le 1er septembre 2008, les chefs d’Etat et de gouvernement de l'UE réunis en sommet extraordinaire à Bruxelles. Ils décident de reporter les négociations sur leur partenariat avec Moscou tant que n'aura pas été réalisé le retrait des troupes russes sur leurs positions antérieures au 7 août. Les Vingt-Sept exigent l'« application intégrale » de l'accord passé le 12 août avec Dmitri Medvedev par Nicolas Sarkozy, président en titre du Conseil européen. Ils adoptent une série de mesures de soutien à la Géorgie et soulignent « l'impact de la crise sur toute la région », évoquant notamment l'Ukraine. Lire : Comment ont été rédigées les conclusions du Conseil sur la Géorgie

Une première mission de l’UE « exploratoire » part à Tbilissi, dotée d’effectifs assez légers et composée d'effectifs mixtes (Conseil de l'UE, Commission européenne, Etat-major militaire). Du côté de l'OSCE, une autre mission d'observation se met en place. Lire : Deux missions européennes en Géorgie avec un même objectif: observer

Les 5 et 6 septembre 2008, le sujet est à l'ordre du jour du Gymnich à Avignon, la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l'UE.

Le 8 septembre 2008, les accords Medvedev Sarkozy sont complétés et concrétisés. Nicolas Sarkozy, accompagné du président de la Commission européenne, José Manuel Durão Barroso, et du chef de la diplomatie européenne Javier Solana, discute à Moscou la « mise en œuvre du plan du 12 août ». La Russie s'engage à retirer avant le 10 octobre ses troupes des zones tampons constituées en bordure des deux territoires séparatistes; des observateurs internationaux, notamment européens, doivent ensuite se déployer dans ces zones. Dans le même temps, les troupes géorgiennes rejoindront leurs cantonnements. Le président géorgien Mikhaïl Saakachvili approuve l'accord. Lire : Retrait des Russes de Géorgie, le texte de l’accord du 8 septembre

Le 9 septembre 2008, Moscou annonce le maintien de quelque 7600 soldats russes en Ossétie du Sud et en Abkhazie, soit plus du double des contingents qui s'y trouvaient déployés avant la crise d'août.

Le 15 septembre 2008, le Conseil des Affaires générales et relations extérieures de l'UE, sous la présidence de Bernard Kouchner, décide l'établissement d'une mission d'observation, non armée, en Géorgie, avant le 1er octobre. Elle est chargée notamment de veiller au respect de l'accord du 8 septembre sur le retrait des troupes russes. Lire : Le mandat d’EUMM Géorgie, détails et texte et Mission européenne en Géorgie: dans quelle zone d’action ?

Octobre - décembre 2008 - lancement de la mission

Le 1er octobre 2008, date prévue par les accords, la mission EUMM est déployée et déclarée opérationnelle. Elle est dirigée par le diplomate allemand Hansjörg Haber avec comme adjoint le général français Gilles Janvier comme adjoint. Lire : Un Allemand à la tête d’EUMM Georgia, secondé par un général français et Eumm Georgia déploie 250 observateurs et recrute encore

  • Le 8 octobre 2008, Moscou annonce le retrait total de ses troupes des zones tampons, en application de l'accord de paix conclu en septembre.

Le 15 octobre 2008, les premières discussions internationales sur le dossier géorgien, tenues à Genève en application de l'accord de paix, aboutissent à un échec. Moscou exige d'élever les représentants de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie – dont il a reconnu l'indépendance en août – au rang de délégations étatiques, ce que refusent les Géorgiens. Ces derniers tentent en vain, de leur côté, d'imposer dans les discussions des représentants ossètes et abkhazes alliés de Tbilissi.

Le 22 octobre 2008, l'Union européenne organise un conférence des donateurs en faveur de la Georgie.

Le 24 octobre 2008, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, rappelle aux observateurs européens que leur mission consiste à protéger l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie de « nouvelles provocations » de la part de la Géorgie.

Dès novembre 2008La mission Eumm Georgia réorganise ses « field office ». Une réorganisation nécessaire à un double titre : le retrait des Russes des zones de sécurité autour de l’Abkhazie et de l’Ossétie a changé la donne. « Il faut donc se rapprocher de la limite administrative » confie un officier à B2.

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2009

Le 29 mars 2009, un policier géorgien est mort et six autres ont blessés dans deux explosions consécutives au nord de Dvani, à la limite de l’Ossétie du Sud. C'est une preuve de plus des violations des accords Medvedev-Sarkozy près de l’Ossétie du Sud selon Hansjörg Haber, le chef de la mission des observateurs européens « EUMM » en Géorgie

  • Le 31 mai 2009, les partis alliés au président de la République séparatiste géorgienne d'Ossétie du Sud, Edouard Kokoïty, remportent les élections législatives, avec plus de 90% des voix. Pour les vainqueurs de l'élection, les résultats confirment la légitimité de l'indépendance de l'Ossétie. Les partis d'opposition n'avaient pas obtenu l'autorisation de participer au scrutin. Le président Mikhaïl Saakachvili, soutenu par l'Union européenne, dénonce une élection illégitime.

Le 15 juin 2009, Moscou oppose son veto à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, présentée par les Occidentaux, visant à prolonger de quinze jours le mandat de la mission d'observation de l'ONU en Géorgie (MONUG) dans la province séparatiste d'Abkhazie. Le mandat de la mission prend fin eu 30 juin.

Le 21 juin 2009, une mine explose au passage d’un véhicule des observateurs de l’UE. Bilan: 1 mort

Le 26 juin 2009, les observateurs militaires de l'OSCE, déployés depuis 17 ans en Géorgie, patrouillent pour la dernière fois le long de la frontière administrative avec la région sécessionniste d'Ossétie du Sud, à la suite du refus de Moscou de prolonger leur mandat au-delà du 30 juin. Les observateurs de l'Union européenne restent seuls sur place.

Le 27 juillet 2009, la mission d'observation EUMM Georgia est prolongée d’un an.

Le 18 août 2009, Tbilissi se retire officiellement de la Communauté des États indépendants (CEI), qui regroupe les anciennes Républiques soviétiques à l'exception des États Baltes. La Géorgie continuera toutefois à observer certains traités passés avec la CEI, notamment ceux qui ont trait au commerce et aux déplacements des personnes à l'intérieur du territoire de l'ancienne Union soviétique.

Début septembre 2009, un an après le lancement de la mission EUMM Georgia, son commandant, l'Allemand Hansjörg Haber, considère que l’accord Medvedev-Sarkozy n'est toujours pas respecté.

Le 30 septembre 2009, la mission indépendante chargée d’établir la vérité sur le conflit en Géorgie présidée par la Suisse Hendi Tagliavini, rend son rapport. Conclusion : l’artillerie géorgienne a ouvert le feu en premier.

2010

En mars 2010, à l’aide d’images d’archives, Imedi TV, une des télévisions géorgiennes (anciennement d’opposition) annonce que « La Russie attaque la Géorgie, Saakashvili tué ? » Ce n’était qu’un coup médiatique, un "hoax". Pour Eumm Georgia, l’hoax d’Imedi Tv est « irresponsable »

Le 20 juin 2010, Irakli Porchkhidze, le secrétaire général adjoint du Conseil national de sécurité de Géorgie, présent au Parlement européen, affirme que « La Russie ne respecte pas ses engagements en Géorgie » 

Le 15 juillet 2010, lors de son déplacement en Géorgie (1), et sa rencontre avec le président géorgien, la Haute représentante Cathy Ashton, au nom de l’UE pointe du (petit) doigt la Russie pour la situation en Géorgie

Le 20 août 2010, Hansjörg Haber, le chef d’EUMM Georgia prolongé pour un an. Il dirige une équipe de 430 personnes : 330 experts internationaux (dont la plupart, 299, détachés par leur Etat membre) et une centaine d’employés locaux.

En septembre 2010,  Le colonel finlandais Jussi Saressalo prend le relais comme chef adjoint d’EUMM Georgia du général Janvier. Cette nomination maintient ainsi le couple « diplomate – militaire » qui marque la direction comme la composition de cette mission EUMM qui comporte également une sensible tonalité « maintien de la paix » tout autant que l’a surveillance.

Fin septembre 2010, les observateurs européens de la mission, en patrouille sur la « frontière » avec l’Ossétie du Sud, ne trouvent pas de « preuves » d'une activité de démarcation mais sonnent l'alerte face à la Crainte d’une démarcation sauvage près de l’Ossétie du Sud

Début octobre 2010, Krzysztof Lisek, eurodéputé polonais (Plateforme civique / PPE), assure que La présence des troupes russes aux frontières de la Géorgie : « ça calme ». « Depuis que ces "frontières" ont été assurées par les soldats russes et non plus par la police ossète, c’est devenu calme. Il n’y a plus d’incident, ni de fusillade. Tout cela est maintenant terminé. »

Le 9 octobre 2010, le chef d'EUMM Georgia, Hansjörg Haber, appelle les troupes russes à regagner leurs positions d'avant le conflit osséto-géorgien d'août 2008. Soulignant que le départ des gardes-frontières russes de Perevi était insuffisant pour parler du respect des accords Medvedev-Sarkozy.

Le 22 novembre 2010, le président géorgien, Mikheil Saakashvili, s'adresse au Parlement européen à Strasbourg. La Géorgie renonce à l’usage de la force. Un engagement juridique dicté par la politique

Le 25 novembre 2010, les observateurs européens s'inquiètent de mesures de frontières, en vue d'une démarcation. La « frontière » se renforce en Géorgie,

2011

Le 28 avril 2011, l’Union européenne critique la visite récente du ministre des Affaires étrangères russe, Sergey Lavrov, en Abkhazie et en Ossétie du sud, deux « régions géorgiennes ». Visite effectuée, les 25 et 26 avril, « sans l’autorisation préalable des autorités géorgiennes ».

Mercredi 18 mai 2011, un Grave incident entre la Géorgie et l’Ossétie du sud a lieu. Plusieurs jeunes adultes, « partis cueillir des plantes » près de la ligne de démarcation avec l’Ossétie du sud, ont été pris à partie par les forces sud-ossètes, qui ont gravement blessé par balle l'un d'entre eux. Pour le gouvernement géorgien, qui vient de faire une déclaration, il s’agit d’une « grave violation du cessez le feu ». Il met directement en cause la Russie « qui poursuit ainsi une politique visant à déstabilisant et terroriser la population locale » et « cherche à provoquer l’escalade des tensions ». C’est le plus grave incident depuis mars 2009. Situation toujours tendue à la frontière avec l’Ossétie du Sud

Le 5 juillet 2011, le diplomate polonais, Andrzej Tyszkiewicz, ancien général est nommé chef de la mission.

p_lefort_smallLe 1er septembre 2011Un Français prend la relève en Géorgie et Caucase comme RSUE. Philippe Lefort, ambassadeur français en Géorgie entre 2004 et 2007 puis chef de mission adjoint à l’ambassade de France de Russie (de 2007 à 2010).

Le 7 octobre 2011, Nicolas Sarkozy, le Président français, visite la Géorgie, dont il salue l'« aspiration » à l'Europe. Reconnaissant que Moscou ne respecte pas entièrement les accords d'août 2008 qui avaient mis fin à l'intervention des troupes russes dans le pays – et à la conclusion desquels la France avait participé –, il appelle à la « réconciliation » entre les deux pays.

2012

andrzej-tyszkiewiczAu printemps 2012, le chef de la mission d’EUMM, le Polonais Andrzej Tyszkiewicz, est déclaré « persona non grata » par les autorités de Sokhumi.

Le 29 mai 2012. La mission européenne est inquiète après un incident à Gali (Abkhazie). Deux hommes armés de kalachnikov entrent dans un café faisant feu et tuent deux policiers et un civil à Gali, localité située en Abkhazie près de la limite administrative.

Le 29 août 2012, un groupe armé rebelle est pris en chasse par des forces spéciales géorgiennes, dans une zone montagneuse, plutôt isolée, située au nord-est de Tbilissi et à la frontière avec la Russie. L'affrontement fait 14 morts. Les tensions ne diminuent pas. Lire: Les forces spéciales géorgiennes en opération près du Dagestan. 14 morts (maj3)

Le 25 octobre 2012, le Parlement géorgien élit Bidzina Ivanichvili au poste de Premier ministre. Ce milliardaire franco-géorgien a créé en 2012 le parti du Rêve géorgien, qui prône un rapprochement entre Tbilissi et Moscou. 

Le 3 novembre 2012, une équipe de la mission d’observation européenne en Géorgie (EUMM) est brièvement arrêtée par des forces russes, de gardes frontières, entre les villages de Pakhulani et de Saberio, le long de la limite administrative (frontière) qui sépare l’Abkhazie du reste de la Géorgie. Ils ont assez rapidement été relâchés, « en moins d’une heure » selon nos informations. Lire : Incident de frontière en Géorgie. Des observateurs européens arrêtés

Lundi 26 novembre 2012, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, est en visite en Géorgie, avec une rencontre prévue avec le nouveau Premier ministre Bidzina Ivanishvili et son rival le président de la République, M. Saakashvili. Au programme également une rencontre avec la ministre des Affaires étrangères Maïa Panjikidze (ancienne ambassadrice aux Pays-Bas et en Allemagne). Géorgie et Asie centrale au menu de la Haute représentante

2013

Au printemps 2013, les autorités russes installent des barbelés le long des lignes de démarcation administrative des territoires abkhaze et ossètes.

Début mai 2013, une vingtaine de Géorgiens sont emprisonnés en Ossétie. Il sont empêchés de travailler près de l’Ossétie. L’Abkhazie, elle, devient une vraie frontière

Lundi 27 mai 2013, les différents protagonistes, le ministre géorgien des Affaires intérieures et les services russes des gardes frontières, se rencontrent afin de discuter de l'installation de clôtures à Ditsi. « Une situation inacceptable » selon le chef d’EUMM

Le samedi 10 août 2013, un incident a lieu près de l’Ossétie du Sud au 5e anniversaire de l’intervention russe. Alors qu’une patrouille de la mission mène des activités d’observation près de Kveshi, un tir (d’avertissement ?) est effectué de l’autre coté de la ligne administrative (Administrative Boundary Line) – qui sépare l’Ossétie du sud du reste de la Géorgie.

En octobre 2013, face à l'insistance russe d'implanter des barbelés à la Ligne frontière en Ossétie : l’UE n’est pas contente et le fait savoir. Cathy Ashton parle d'activités « contraires à l’intégrité territoriale de la Géorgie », peuvent « créer des difficultés importantes pour les résidents de chaque côté des limites administratives » et « menacer sérieusement la stabilité et la sécurité dans ces régions ». Et d’appeler le gouvernement Poutine à « s’assurer que ces obstacles sont supprimés » et réaffirmer « le soutien de l’Union européenne pour l’intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues ».

klaarLe vendredi 13 septembre 2013, le Comité politique et de sécurité (COPS) approuve la nomination d'un Estonien, comme chef de la mission EUMM, Toivo Klaar, jusqu'ici chef de division au service diplomatique européen (SEAE), chargé de la coordination et de la politique des ressources humaines. Il remplace l'ancien général et diplomate polonais Andrzej Tyszkiewicz.

Le 13 novembre 2013, a lieu la 25e réunion de Genève. La détente entre Russes et Géorgiens semble s'installer.

Le 29 novembre 2013, EUMM Georgia alerte sur la reprise d’installation de barbelés entre l’Ossétie du Sud et la Géorgie. Lire : Attention frontière ! La Géorgie gagne l’Europe, l’Ossétie s’en détache

Le 14 décembre 2013La mission EUMM Georgia est prolongée d’un an, jusqu’au 14 décembre 2014. Dans cette prolongation des modifications sont apportées, permettant une souplesse de gestion et surtout, attribuant une capacité juridique en propre.

2014, le rapprochement de l'UE en marche 

Lundi 17 février 2014, Maia Panjikidze, la ministre géorgienne des Affaires étrangères résume la situation de son pays devant le Parlement européen. « Nous sommes prêts à résister à toute pression. Car ce qui est en jeu c'est l'avenir européen de la Géorgie ». En Ossétie du Sud comme en Transnistrie, les troubles s'intensifient depuis plusieurs semaines et, cela, malgré les efforts prônés par les autorités envers la diplomatie russe. Elle appelle donc l'Union européenne à avoir « un message politique clair » face à la montée des tensions inévitable avec la Russie

Le 30 mai 2014Les « Weimar » pour un dialogue UE-Russie avec l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie. France, Allemagne et Pologne proposent l'instauration « d'un dialogue UE-Russie avec l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie au sujet des conséquences de l’Accord d’association de l’UE avec les Partenaires d’Europe orientale»

Le 27 juin 2014, l'Union européenne et la Géorgie signent un accord d'association. Il entre en vigueur, de façon provisoire, à partir du 1er septembre 2014.

Le 20 juillet 2014, Herbert Salber devient officiellement nouveau représentant spécial de l’UE, pour le Caucase et la crise en Géorgie. Le diplomate allemand avait, dans les faits, déjà pris ses fonctions, coprésidant - au nom de l’Union européenne - le cycle de discussions internationales de Genève sur la Géorgie, les 17 et 18 juin derniers. Cette décision marque aussi un message politique adressé à Tbilissi et les capitales aux alentours, que l'Union européenne n'entend pas délaisser cette région.

Lundi 3 novembre 2014, le nouveau représentant spécial de l'UE (RSUE) pour la Géorgie et le Caucase du Sud, Herbert Salber, devant les eurodéputés de la commission des Affaires étrangères, appelle à maintenir les négociations malgré tout

Le 11 novembre 2014, les autorités "de facto" de l'Abkhazie et la Russie signent un "Traité d'alliance et de partenariat stratégique". L'Union européenne considère cette signature comme une « violation de la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Géorgie ». Télécharger le communiqué

Le 17 novembre 2014, l'Union européenne adopte un plan de libéralisation des visas pour la Géorgie, dans les conclusions du conseil des Affaires étrangères qui suit la première réunion de suivi de l'Accord d'association

jankauskasotan1109Mardi 16 décembre 2014, la mission EUMM Géorgie prolongée, avec diminution de budget, de deux ans supplémentaires, jusqu’au 14 décembre 2016. Décision approuvée par le Conseil des ministres des Affaires étrangères, sans débat. Le budget dévolu pour 2015 est de 18,3 millions d'euros soit une certaine diminution du budget (-20%) par rapport à 2014 (23 millions d'euros). Ce qui correspond à une approche visant à diminuer légèrement les effectifs, sans toucher au coeur de la mission.

Vendredi 19 décembre 2014, le COPS approuve la nomination d'un nouveau chef pour la mission EUMM Georgia, le Lituanien Kestutis , ancien représentant permanent de la Lituanie à l'OTAN.

2015

Du 2 au 6 février 2015, Irakli Garibashvili, le président géorgien, rencontre les représentants des institutions européennes à Bruxelles. Federica Mogherini renouvelle le soutien de l'UE à l'intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues. 

Le 17 mars 2015, l'Union européenne condamne le « soit disant Traité » signé entre la Russie et les autorités de facto de l'Ossétie du Sud. « Comme les précédents accords signés entre la Fédération de Russie et les deux régions séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, ce «traité» - qui inclut des références à un transfert de compétences dans certains domaines - viole clairement la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Géorgie, les principes du droit international et les engagements internationaux pris par la Fédération de Russie » explique la Haute représentante dans un communiqué.

Jeudi 27 août 2015, Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'OTAN inaugure un centre de formation conjoint en Géorgie, lors de sa première visite en tant que responsable de l'organisation dans le pays. Etabli sur le site militaire de Krtsanissi, ce centre a pour vocation de permettre aux troupes géorgiennes de s'entraîner, de concert, avec celles des pays de l'Alliance et des pays partenaires.

En septembre 2015, le Mécanisme de prévention et réponses aux incidents (IPRM) à Ergneti constate que la situation de sécurité reste « stable ». Lire : Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix l’UE (PSDC) – septembre 2015

Le 10 novembre 2015, la Haute représentante de l'UE Federica Mogherini se rend à Tbilissi. Elle rencontre le président, Giorgi Margvelashvili, le Premier ministre, Irakli Garibashvili, et le ministre des affaires étrangères, Giorgi Kvirikashvil. Elle se déplace jusqu'au ligne de démarcation, avec l'équipe de la mission EUMM Georgia.

Le 23 novembre 2015, le Conseil de l'UE proroge jusqu'au 28 février 2017 le mandat du Représentant spécial de l'Union européenne (RSUE) pour le Caucase du Sud et la crise en Géorgie, Herbert Salber.

Le 26 novembre 2015La situation est « stable » le long de la ligne administrative (entre Ossétie du Sud et Géorgie)  selon les participants à la 60e réunion du Mécanisme de prévention et réponse aux incidents (IRPM), qui a lieu à Ergneti.

2016

Mercredi 17 février 2016, devant les parlementaires européens, le chef de mission Jankauskas estime que la présence européenne en Géorgie n'est pas superflue. De son côté, Natalie Sabanadze, ambassadrice de la Géorgie auprès de l'Union européenne, assure que La Géorgie a un pistolet sur la tempe

Un homme est tué après une fusillade au point de passage Khurcha-Nabakevi (district de Zugdidi). Lire : Un mort sur la ligne de démarcation avec l’Abkhazie

Vendredi 27 mai 2016, une réunion extraordinaire du mécanisme de réponse et de prévention des incidents (IPRM) a lieu à Gali. Lire: Abkhazie-Georgie. Les discussions reprennent à Gali

Vendredi 11 juin 2016, au conseil des ministres de l'Intérieur, l'Allemagne, la France et l'Italie forment une minorité de blocage face au projet d'octroyer la libéralisation des visas de court séjour à la Géorgie. Le dossier est repoussé à l'automne.

Jeudi 23 juin 2016, les ministres des Affaires étrangères des 28 pays membres de l’OTAN décident de ne pas donner suite à sa demande de rejoindre « le Plan d’action vers l’adhésion à l’Otan » (MAP), étape préalable à toute intégration.
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