N°60. L’Europe face à la guerre en Syrie

N°60. L’Europe face à la guerre en Syrie

(B2) Le conflit en Syrie démarré sous les auspices d'une révolution, dans le cadre du printemps arabe, s'est vite embourbé dans un triple conflit, civil, et international par proxy interposé, et terroriste.

Lire aussi notre dossier N°59. Attaques chimiques en Syrie, les lignes rouges franchies plusieurs fois et notre fiche sur le dispositif de sanctions

Ce dossier sera complété dans les prochains jours

2011. Le printemps syrien démarre, l'Europe s'enthousiasme, les manifestations sont réprimées

Jeudi 3 février 2011 : manifestation à Damas contre la "monocratie, la corruption et la tyrannie". Plusieurs manifestations auront lieu dans la capitale et dans plusieurs villes du pays.

Jeudi 17 février 2011, nouvelle 'manifestation de la colère' à Damas, quelques centaines de personnes se rassemblent pendant plusieurs heures aux cris de "Le peuple syrien ne se dénigre pas", et de "Voleurs, voleurs" pour protester contre les rationnements et la brutalité du régime.

Lundi 21 février 2011, les 27 ministres des Affaires étrangères saluent les évolutions en Tunisie et en Égypte. « Les voix appelant au plein respect des droits politiques, sociaux et économiques doivent être écoutées attentivement » est-il mentionné dans les conclusions. Pas un mot sur la Syrie. C'est la Libye qui concentre l'attention avec les violences en cours.

Mercredi 2 mars 2011, l'arrestation et la torture d'adolescents accusés d'écrire des slogans contre le régime à Deraa, met le feu aux poudres. Les rassemblements se transforment en mouvement de foule dans tout le pays.

Vendredi 15 avril 2011, le régime de Bachar al-Assad réprime férocement les manifestations. Plus de 70 morts selon les dépêches d'agence pour cette journée. L'Union européenne exprime sa « profonde préoccupation » par la voix de la Haute représentante de l'UE et demande « la libération des manifestants immédiatement et sans condition ».

Vendredi 29 avril 2011, Au nom des 27, la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, exprime « sa grave préoccupation » et « condamne de façon forte la violence inacceptable contre des manifestants pacifiques ». L'UE annonce engager les travaux pour établir un embargo sur les armes et réviser son aide à la Syrie. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU adopte une résolution créant une commission d'enquête internationale.

Lundi 9 mai 2011, face aux violences, l'Union européenne met en place une série de sanctions vis-à-vis du régime syrien. (Sur les différentes évolutions du régime de sanctions, lire notre fiche)

Lundi 4 juillet 2011, l'auteur d'un des chants les plus célèbres du soulèvement populaire, Ibrahim Qachouch, est retrouvé mort, les cordes vocales arrachées.

Vendredi 29 juillet 2011, la création de l'armée libre syrienne (ASL), constituée pour partie d'anciens officiers, marque la fin d'une révolution pacifique.

Mercredi 17 août 2011, Bachar al-Assad assure à l’ONU que toutes les opérations contre les civils ont pris fin.

Mardi 23 août 2011, un Conseil national syrien, formé d'opposants syriens, souvent exilés, est créé.

Lundi 10 octobre 2011, le Conseil des Affaires étrangères de l'UE adopte des conclusions par lesquelles il accueille le Conseil national syrien « comme un pas en avant positif ».

2012. Une intervention onusienne nécessaire

Mercredi 11 janvier 2012, le journaliste français de France 2 Gilles Jacquier est tué à Homs. Paris ouvre une enquête pour homicide volontaire. Le régime et l’opposition s’accusent mutuellement.

Lundi 30 janvier 2012, « une réaction rapide du Conseil de sécurité de l’ONU est urgente » déclare le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, dans un communiqué publié en conclusion d'une réunion exceptionnelle des Chefs d’État et de gouvernement des '27' à Bruxelles. Lire : Syrie, les Européens tous pour une résolution à l’ONU. Chacun doit prendre ses responsabilités

Début février 2012, une mission du service diplomatique européen (SEAE) est au Liban et en Jordanie pour mettre au point ce plan, qui comporte aussi un important volet humanitaire, d’accueil des réfugiés syriens. Et le SEAE veut aussi renforcer sa délégation à Damas. De leur côté, les services consulaires des différentes capitales européennes présentes en Syrie sont en alerte. Et un plan d’évacuation est en préparation afin de pouvoir évacuer les citoyens européens vivant en Syrie, voire des citoyens de pays tiers, si ceux-ci demandent l’assistance de l’UE. Lire : Plan d’urgence déclenché pour la Syrie, pour évacuer les citoyens européens

Mercredi 8 février 2012 - Analyse. Dès qu’on parle d’une éventuelle opération militaire pour la Syrie, la réponse fuse du coté des officiels européens : « La Syrie n’est pas la Libye ». Et quand on approfondit, on peut voir que l’opération de l’OTAN en Libye a laissé des traces indéniables au plan international qui semblent bloquer aujourd’hui toute avancée supplémentaire sur la Syrie. Lire : Syrie : pas d’option militaire, ni No Fly Zone, même le mot « Otan » devient tabou

Vendredi 10 février 2012, la Haute représentante de l'Union, Catherine Ashton, « condamne dans les termes les plus forts » les actes perpétrés en Syrie. Lire : Les violences à Homs condamnées par l’UE

Dimanche 12 février 2012, réunie au Caire, la Ligue arabe demande l’envoi de Casques bleus et « d’ouvrir tous les canaux de communication » avec l’opposition syrienne et fournir toutes les formes de « soutien politique et matériel ». Elle décide l’arrêt des relations diplomatiques avec la Syrie et de se tourner vers l’opposition.

Lundi 13 février 2012, le leader des Libéraux et démocrates au Parlement européen, l'ancien Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, demande à la Haute représentante de l'Union, Catherine Ashton d'agir la Syrie. « Les massacres qui continuent contre le peuple syrien rendent encore plus impératif pour la communauté internationale d’agir. Lire : Le plan d’action de Verhofstadt pour la Syrie. Son appel à la Haute représentante

Mercredi 22 février 2012, deux journalistes — la journaliste américaine Marie Colvin (56 ans), du Sunday Times et le photographe français Rémi Ochlik (28 ans), sont tués à Homs. D’autres sont blessés, comme Edith Bouvier, qui demande de l’aide dans une vidéo publiée sur Internet. Elle rentrera saine et sauve le 2 mars.

8317 personnes, dont 559 enfants, ont été tuées en Syrie, depuis le début des violences, selon l’office satellitaire de l’ONU (UNSOSAT). Lire : Plus de 8000 tués, dont plus de 500 enfants, en Syrie

Entrée en vigueur officielle du cessez-le-feu dans le cadre du plan proposé par Kofi Annan, suivi du déploiement de 300 observateurs de l’ONU dont l’opération sera suspendue en juin.

Samedi 30 juin 2012, une réunion à Genève définit les principes de la négociation : un processus politique, « conduit par les Syriens, pour une transition pacifique et inclusive ».

Vendredi 17 août 2012, Lakhdar Brahimi (72 ans) accepte de succéder à Kofi Annan comme médiateur international de l'ONU pour le conflit syrien. A lire également : L’impossible exercice. La fin de la mission des observateurs en Syrie

*Jeudi 28 juillet 2012, la Commission européenne annonce 20 millions d'euros en plus pour répondre aux nécessités de la population syrienne. Lire : L’Europe double son aide humanitaire en Syrie. Situation critique

*Vendredi 7 septembre 2012, la Commissaire européenne chargée de l'aide humanitaire, Kristalina Georgieva, adresse un nouveau message aux gouvernements ainsi qu’à l’opinion publique. Lire : Syrie : on doit faire plus. Georgieva met la pression sur les gouvernements

*Mardi 11 septembre 2012, Guy Verhofstadt dénonce l’attitude des Européens et de la Haute représentante de l’UE sur la Syrie. Lire : L’apostrophe de Guy sur la Syrie

*Mercredi 3 octobre 2012, l'OTAN tient une Réunion d’urgence sur la Syrie, bd Leopold.

*Lundi 19 novembre 2012, l'Union européenne reconnait la « Coalition nationale des forces d’opposition et révolutionnaires syriennes » comme les représentants légitimes du peuple syrien. Lire : La coalition syrienne à demi reconnue

A lire également : L’opposition syrienne unifiée, l’Europe respire

*Lundi 10 décembre 2012, L’Europe appelle à la saisine de la Cour pénale internationale sur le régime syrien.

*Vendredi 14 décembre 2012, les 27 Chefs d’État et de gouvernement, réunis en sommet à Bruxelles, chargent leurs ministres des Affaires étrangères d'examiner les options relatives au conflit syrien. Lire : Syrie : toutes les options sont ouvertes (disent les 27)

2013. Les Européens préoccupés par l'utilisation d'armes chimiques

Dimanche 6 janvier 2013. Bachar el-Assad présente un « plan politique » impliquant son maintien au pouvoir. L'opposition le rejette et la France qualifie les propos du dirigeant syrien de « déni de réalité ». Soupçonnant des transferts d'armes de la Syrie vers le Hezbollah libanais, Israël mène son premier raid aérien en Syrie le 30 janvier.

*Mardi 12 mars 2013, Un agent de l’ambassade européenne en Syrie tué.

*Le 15 mars 2013, deux ans après le début de la crise syrienne, les Nations unies estiment à 975.000 le nombre de réfugiés, 4,25 millions de déplacés internes et 80.000 morts.

A lire également :

*Vendredi 15 mars 2013, Cameron et Hollande argumentent en faveur de la levée de l'embargo sur les armes. Lire : Pour Paris et Londres, en Syrie : lever l’embargo sur les armes ou le chaos !

*Mardi 14 mai 2013, Kristalina Georgieva, la commissaire européenne en charge de l’aide humanitaire, tire l'alarme sur La « folie » syrienne.

*A lire également :

Mardi 28 mai 2013,  l'UE lève partiellement son embargo sur les armes sur la Syrie. Lire : L’Europe lève à moitié son embargo sur les armes. Un choix très politique et L’embargo sur les armes levé, non sans conditions…

*Jeudi 6 juin 2013, la Commission européenne a annoncé le déblocage de 400 millions d’euros supplémentaires pour venir en aide aux réfugiés syriens. Lire : 400 millions d’euros supplémentaires pour les Syriens. Mais pataquès à la Commission

Mercredi 21 août 2013, lors d'une réunion exceptionnelle des ministres des Affaires étrangères de l'UE (normalement consacrée à la situation en Égypte), les Européens se montrent « gravement préoccupés » par  les attaques chimiques au gaz sarin sur la Ghouta dans la nuit du 20 au 21 août.

*27 août 2013. Des avions de guerre et des avions de transport militaires sont arrivés dansla base britannique d’Akrotiri à Chypre. Lire : Chypre, base arrière pour l’intervention en Syrie

*Jeudi 29 août 2013, le Parlement britannique vote contre l’usage de frappes militaires en Syrie. Lire : Frappes en Syrie : not now ! répondent les Brit’. Un modèle à suivre ?

*Lire également :

Vendredi 6 septembre 2013, les ministres des Affaires étrangères de l'UE lors de leur réunion informelle de Vilnius (gymnich) sont unanimes : Les armes chimiques imputables à Assad. Un certain consensus européen

Samedi 14 septembre 2013, au terme de trois jours de négociation, un accord est conclu entre la Russie et les États-Unis pour éliminer les armes chimiques en Syrie sur la base des engagements pris par le régime de Bachar Al-Assad. Le régime syrien adhère à la Convention pour l'interdiction des armes chimiques.

*Lundi 21 octobre 2013, les ministres des Affaires étrangères demandent aux parties syriennes de participer activement à la Conférence de paix de Genève. Lire : L’opposition syrienne doit s’asseoir à la table de négociation

*Lundi 28 octobre 2013, l’Union européenne a débloqué 85 millions d’euros sur les 400 millions d’euros prévus pour faire face à la crise syrienne. Essentiellement humanitaire, cette aide permettra aussi de fournir des services de base à la population réfugiée à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie.

*Vendredi 15 novembre 2013, le Haut Commissaire aux réfugiés condamne l'érection de barrières à certaines frontières de l'Union européenne. Lire : Réfugiés syriens. Le HCR condamne les dérapages et demande un moratoire des expulsions

2014. Un engagement plus prononcé des Européens

Mercredi 22 janvier 2014, les négociations de « Genève 2 » s'ouvrent : le régime et l'opposition se réunissent en Suisse pour trouver un « règlement pacifique » au conflit.

*Le 15 mars 2014, après 3 ans de conflit, ce sont plus de 150.000 personnes qui ont perdu la vie, dont un tiers sont des civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (site). L'UNHCR annonce 2,6 millions de Syriens qui ont fui vers les pays voisins (Liban, Jordanie, Turquie, Iraq et Égypte). 6,5 millions de personnes sont déplacées en Syrie.

Samedi 19 avril 2014. Les quatre journalistes français otages en Syrie depuis dix mois sont relâchés par leurs ravisseurs.

Lundi 28 avril 2014. Le président Bachar al-Assad annonce sa candidature à la présidentielle du 3 juin.

Mardi 3 juin 2014. élection présidentielle organisée par le régime dans les territoires qu'il contrôle, large victoire de Bachar al-Assad (88,7 % des suffrages exprimés). L'opposition a qualifié cette consultation de « farce », et plusieurs pays occidentaux ont critiqué la tenue du scrutin. Investiture le 17 juillet.

Dimanche 29 juin 2014, l'organisation de l'état islamique (EIIL) proclame son califat à cheval entre l'Irak et la Syrie sous le nom raccourci d'État islamique. Les déstabilisations géopolitiques font un heureux. Depuis un an, l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL, acronyme arabe Daesh et ISIS en anglais) conquiert les territoires syriens acquis par les rebelles, en parallèle des djihadistes d'al-Nostra. Le régime de Damas tente d'arrêter leur progression et attaque sans distinction civils et djihadistes. Les insurgés doivent faire face à la fois à l'armée de Bachar al-Assad et à cette nouvelle menace sanglante. Toujours plus de Syriens fuient leur pays.

Jeudi 10 juillet 2014. Le diplomate italo-suédois Staffan de Mistura est nommé pour succéder à l'Algérien Lakhdar Brahimi, qui a jeté l'éponge, comme médiateur de l'ONU dans le conflit syrien.

Mardi 29 juillet 2014, le Conseil de l'Union européenne augmente l'aide humanitaire et au développement à destination de la Syrie. Lire : L’Europe augmente son aide à la population en Syrie

Vendredi 15 août 2014, le Conseil des Affaires étrangères de l'UE décide, dans la lignée des États-Unis, de soutenir les Kurdes d'Iraq dans la lutte contre le terrorisme. Lire : Les Européens décident de livrer des armes aux Kurdes irakiens. Une inflexion (maj)

Mardi 19 août 2014, exécution du journaliste James Foley par Daesh. Les États-unis commencent les frappes aériennes au sein de la coalition internationale.

Dimanche 12 octobre 2014, la Commission européenne annonce une aide de 3,9 million d'euros pour répondre à la crise des réfugiés ayant fui Kobane vers la Turquie.

Mercredi 22 octobre 2014. Les Européens appellent la Turquie, en tant que candidate à l'UE et membre de l'OTAN, à renforcer son engagement contre Daesh. Lire : La Turquie doit s’engager sur Kobane (Parlement européen)

Lundi 3 novembre 2014, la DG Echo, le CICR et le Conseil norvégien aux réfugiés se présentent devant la commission Développement du Parlement européen. Objectif : dresser un tableau de la situation en Syrie et de l'aide budgétaire humanitaire et au développement de l'UE. Lire : Une fondation humanitaire pour la Syrie : une alternative. La zone tampon : une fausse solution

Lundi 15 décembre 2014, les 28 ministres des Affaires étrangères réunis en Conseil affirment leur soutien aux efforts de l'envoyé spécial onusien, Staffan de Mistura, pour arriver à un cessez-le-feu en Syrie, en particulier à Alep. Lire : Syrie. Les 28 soutiennent le Plan Mistura pour Alep

2015. La pire crise humanitaire...

Lundi 2 février 2015, l'envoyé spécial de l'ONU, Staffan De Mistura, ne se montre pas optimiste sur l'avenir de la Syrie. Lire : Tout faire pour obtenir un « gel des bombardements à Alep » (De Mistura) ou le chaos total…

15 mars 2015, quatre ans de conflit ont fait au moins 215.000 morts, dont plus de 66.000 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, près de 4 millions de réfugiés (Liban, Jordanie, Turquie, essentiellement). Plus de 12 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence rien que sur le territoire syrien.

Lundi 16 mars 2015, les '28' adoptent des conclusions en vue « d'instaurer une paix, une stabilité et une sécurité durables en Syrie, en Iraq et dans l'ensemble de la région, ainsi qu'à lutter contre la menace que représente l'EIIL/Daesh ».

Mardi 31 mars 2015, à la troisième conférence des donateurs au Koweit l’Europe augmente son aide humanitaire pour la population syrienne. Ensemble, la Commission européenne et les États membres se sont ainsi engagés à verser 1.1 milliard d’euros, la moitié environ (500 millions d’euros) provenant du budget de l’UE.

Mardi 26 mai 2015, de passage à Bruxelles le président du Comité international de la Croix rouge dénonce « une des pires crises humanitaires » qu'il ait jamais vu. Lire : La Syrie, un exemple de ce qui va mal dans un conflit (P. Maurer)*

Lundi 17 août 2015, faute de résolution, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte une déclaration de la présidence. Depuis deux ans (et la résolution 2118 sur les armes chimiques en Syrie), c'est la première expression internationale sur le conflit syrien. Lire : Une quasi-résolution du Conseil de sécurité pour relancer le dialogue politique en Syrie*

Mardi 15 septembre 2015. Le parquet de Paris annonce l’ouverture d’une enquête pénale pour crimes contre l’humanité à l’encontre de Bachar al-Assad. L’investigation s’appuie notamment sur un dossier contenant environ 50.000 photos d’au moins 11.000 personnes mortes dans les prisons syriennes.

Dimanche 13 septembre 2015, L'UE et ses États membres accusent toujours un déficit global de paiement de 40% par rapport au montant versé l'année dernière, alors que les besoins sur place ont augmenté. Lire : L’aide à la Syrie, les Etats ont bien du mal à mettre la main au porte-monnaie*

Mercredi 7 octobre 2015, les députés demandent une action plus forte de la diplomatie européenne*

Lundi 12 octobre 2015, les 28 ministres des Affaires étrangères de l'UE réunis à Luxembourg réaffirment leur credo sur une solution politique en Syrie. Ils clarifient leur position vis-à-vis de l'action russe comme du lien avec Bachar qui ne peut pas être un « partenaire dans la lutte contre Daesh ». Lire : Une solution politique en Syrie ? Pour les Européens, c’est sans Bachar (maj)*

Jeudi 15 octobre 2015, réunis en sommet à Bruxelles, les Chefs d’État et de gouvernement de l'UE adoptent des conclusions sur la Syrie. Lire : Une position européenne sur la Syrie définie à 28* et L’Europe est prête à jouer un rôle en Syrie (Fed. Mogherini)*

Mercredi 28 octobre 2015 - Analyse. La position européenne est teintée d'une grosse ambiguïté, prônant à la fois une solution politique, refusant le dialogue avec le régime et hostile à la Russie.Réfugiés, Russie, Bachar ? L’Europe va, vraiment, devoir choisir !

Vendredi 30 octobre 2015, la réunion ministérielle sur l'avenir de la Syrie, à Vienne, adopte une déclaration en neuf points, commune aux 19 pays et organisations participantes. Lire : Le groupe de contact sur la Syrie aboutit à une première déclaration en 9 points*

Lundi 14 novembre 2015, le Groupe de soutien international à la Syrie (ISSG) aboutit à un accord autour de trois éléments : l'ouverture d'un dialogue politique, un cessez-le-feu et des mesures de confiance sur le terrain.  Lire Syrie. A Vienne, un agenda pour le dialogue politique et le cessez-le-feu

Mardi 17 novembre 2015, lors d'une réunion, les ministres de la défense clarifient la position européenne face à la crise syrienne. Lire : En 24 heures, une clarification stratégique sur 4 points fondamentaux. La fin d’une inconséquence

Vendredi 18 novembre 2015, le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte, à l'unanimité, la résolution 2254 qui entérine le consensus établi à Vienne le 14 novembre (Lire aussi : Le dialogue intersyrien engagé. Une résolution de l’ONU à l’unanimité. Ce qui reste à régler en 2016 ? Tout !).

Jeudi 26 novembre 2015, le président français, François Hollande, et son homologue russe, Vladimir Poutine, arrivent à un accord à Moscou, en le limitant strictement à la lutte contre le terrorisme. La Russie est censée «s'abstenir de viser» l'opposition modérée. Mais Poutine insiste également sur le fait que «l'armée de Bachar al-Assad est une alliée».

Du mercredi 9 au vendredi 11 décembre 2015, à Riyad, l'opposition au régime d'Assad s'entend pour désigner l'Arabie Saoudite comme chef de la coalition.

Mardi 15 décembre 2015, une rencontre entre Lavrov et Kerry à Moscou marque l'entente russo-américaine.

Vendredi 18 décembre 2015, le Conseil européen adopte des conclusions sur la Syrie. Lire : La Syrie et la Libye au sommet (conclusions)

2016. Une première trêve au conflit

Lundi 11 janvier 2016, « Nous devons faire en sorte que Bachar al-Assad quitte le pouvoir. En ce moment, aidé par les Russes, il agit et massacre une partie de son peuple, même s'il agit contre un certain nombre de terroristes », lance le président français lors d’une intervention télévisée. Et de demander la fin des bombardements russes.

Jeudi 4 février 2016, la conférence de Londres sur la Syrie, organisée conjointement par l'Allemagne, la Norvège, le Koweït, le Royaume-Uni et les Nations unies permet de lever 10 milliards d’euros pour soutenir les déplacés et réfugiés syriens, et les pays qui les accueillent. Les Européens contribuent pour un tiers de cette somme avec 3 milliards annoncés sur 2016-2017.

Jeudi 11 février 2016, sous l'égide de la Russie et des États-Unis, en leur qualité de coprésidents du Groupe international de soutien pour la Syrie (ISSG), un accord est atteint à Munich. C'est le premier progrès politique significatif depuis le début de la crise.

Vendredi 19 février 2016, les 28 chefs d’État et de gouvernement de l'UE lancent un appel à cesser les bombardements de civils en Syrie* particulièrement dans le corridor entre Alep et la frontière turco-syrienne. Ils se montrent « très préoccupés par le risque d'escalade militaire » et « les bombardements répétés des infrastructures civiles ».

Lundi 22 février 2016, Américains et Russes annoncent un accord de cessation des hostilités entre les parties au conflit syrien pour samedi (27 février) 0h00 (heure de Damas). Lire : L’accord de Munich entre en application. Accès humanitaire et cessation des combats*

Vendredi 26 février 2016, le Conseil de sécurité des Nations unies endosse l’accord sur la cessation des hostilités en Syrie dans la résolution 2268. Lire : La résolution 2268 adoptée. La trêve entre en vigueur en Syrie

Lundi 14 mars 2016, le président russe Vladimir Poutine ordonne  à son ministère de la Défense d'entamer le processus de retrait de la majeure partie des forces russes de Syrie.

*15 mars 2016. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme et l'ONU publient leurs chiffres pour le quatrième anniversaire du conflit syrien : plus de 270.000 tués (dont 80.000 civils), 4,8 millions de réfugiés et 6,6 millions de déplacés internes.

Du 14 au jeudi 24 mars 2016, cinq ans après le début de la guerre civile, une nouvelle série de discussions destinées à mettre fin au conflit en Syrie se déroule à Genève, sous l'égide de l'ONU. L'envoyé spécial des Nations Unies donne rapidement le ton en assurant que l'accent sera mis sur « la formation d'un nouveau gouvernement, la rédaction d'une nouvelle Constitution et l'organisation d'élections parlementaires et présidentielles dans un délai de 18 mois ».

Mardi 17 mai 2016, réuni à Vienne, le Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG), coprésidé par la Russie et les États-Unis, ne réussit pas à relancer le processus politique de transition. Réunie sans les Syriens, la déclaration finale se contente de « demander aux parties de reprendre les négociations ». C'est l’échec. Lire : Syrie. Les négociations de paix dans l’impasse

Lundi 23 mai 2016, les 28 ministres des Affaires étrangères de l'UE se réunissent pour discuter de la stratégie européenne pour la Syrie, l'Iraq et la lutte contre Daesh. Lire : Bilan de la stratégie Irak-Syrie-Daesh. Les 28 veulent soutenir davantage le gouvernement de Bagdad

Mercredi 17 août 2016, les ambassadeurs du COPS se réunissent exceptionnellement. Ils « condamne[nt] fermement toutes les attaques » en Syrie, en particulier à Alep, et demandent la « cessation des hostilités ». Lire : Syrie. Les Européens inquiets appellent à une vraie trêve humanitaire

Samedi 10 septembre 2016, la Haute représentante de l'Union salue l'accord survenu entre Américains et Russes au sein du groupe de soutien à la Syrie, portant sur la cessation des hostilités, et appelle toutes les parties à le respecter. Elle rappelle également son soutien aux efforts de négociations de l'envoyé de l'ONU, Staffan de Mistura. (déclaration)

Jeudi 6 octobre 2016, le Parlement européen appelle à stopper les bombardements en Syrie, particulièrement à Alep, et demande à l’Union européenne d'intensifier ses efforts diplomatiques, dans une résolution (508 voix en faveur, 50 contre, avec 56 absentions).

Mercredi 12 octobre 2016, la Haute représentante de l'UE, Federica Mogherini, s'entretient avec des acteurs sur la question du règlement de la crise syrienne. Lire : Les Européens veulent se créer un espace politique sur la Syrie. Un crime de guerre à Alep

Lundi 17 octobre 2016, les ministres des Affaires étrangères se réunissent à Luxembourg pour discuter de la crise syrienne et du rôle de la Russie dans celle-ci. Lire : Syrie. Les Européens à la peine pour adopter un langage dur sur le rôle de la Russie

Jeudi 20 octobre 2016, les Chefs d’État et de gouvernement des '28' durcissent leur position à l'égard de la Russie suite aux attaques menées en Syrie. Lire : Un appel à Damas et à Moscou à cesser les atrocités en Syrie. De nouvelles sanctions envisageables

Lundi 7 novembre 2016, Federica Mogherini rencontre l'envoyé onusien Staffan de Mistura pour l'informer des pourparlers régionaux entamés, après ses visites en Iran et en Arabie saoudite, « en mettant l'accent sur le post-conflit, la réconciliation et la reconstruction une fois qu'une transition politique sera en place », ainsi que de l'initiative humanitaire de l'Union européenne pour Alep, souligne le communiqué

Jeudi 15 décembre 2016, réunis en sommet, les Chefs d'État et de gouvernement adoptent des conclusions condamnant l'évolution en Syrie. Lire : Face à l’explosion syrienne, les Européens semblent bien désarmés

2017. Les accords d'Astana

Toute la semaine du 9 janvier 2017, des réunions bilatérales avec des représentants des ministres des Affaires étrangères des États du Moyen-Orient sont organisées par le SEAE dans le cadre de l'Initiative régionale de l'UE pour l'avenir de la Syrie. (communiqué)

Lundi 16 janvier 2017, les ministres des Affaires étrangères de l'UE affirment leur soutien à la tenue d'une conférence internationale sur le futur de la Syrie.  La Haute représentante présente la stratégie pour la Syrie. Lire : Les Européens veulent préparer une conférence internationale sur le futur de la Syrie. Les grands axes de l’UE

Lundi 23 janvier 2017, sur initiative russe, les négociations entre le régime syrien et les délégations rebelles débutent à Astana, en présence d'un représentant de l'UE.

Mercredi 8 février 2017, la séance de négociation prévue à Genève sous l'égide de l'ONU est reportée à la fin du mois de février.

Jeudi 23 février 2017, les négociations entre le gouvernement et l'opposition de Syrie reprennent  à Genève, sous les auspices de l'envoyé spécial de l'ONU, Staffan de Mistura. (communiqué)

Mardi 14 mars 2017, la Commission européenne et la Haute représentante de l'UE présentent une nouvelle stratégie pour la reconstruction de la Syrie. Un texte « qui reflète le besoin de l'UE d’assumer sa responsabilité », selon Federica Mogherini. Un document qui ne présente pas vraiment de nouveauté. Il s'agit davantage de mettre par écrit la position défendue par la Haute représentante pour l'Union depuis plusieurs mois.

*15 mars 2017. Depuis le début du conflit en 2011, 11 millions de personnes ont été obligées de fuir : 6,3 millions d'entre elles sont toujours déplacées en Syrie et 5 millions ont trouvé refuge à l'étranger. 400.000 personnes auraient perdu la vie selon l'ONU.

Lundi 3 avril 2017, les ministres des Affaires étrangères de l'UE approuvent la nouvelle stratégie sur la Syrie. Ils confirment leur engagement à contribuer à la reconstruction du pays, mais insistent sur la nécessité d'une transition politique, sans Bachar Al-Assad. Lire : L’UE pose ses conditions pour la reconstruction de la Syrie

Mercredi 5 avril 2017, à la Conférence sur le futur de la Syrie, l'Union européenne s'engage à donner 1,3 milliard de dollars pour 2017 et 1,7 milliard pour 2018-2020. Lire : Neuf milliards pour l’aide humanitaire en Syrie. La reconstruction, on verra…

Mercredi 17 mai 2017, l'Union européenne annonce une enveloppe de 10 millions d'euros, au titre de l'Instrument contribuant à la stabilité et la paix, pour des projets d'éducation dans les régions contrôlées par l'opposition en Syrie. (communiqué)

Samedi 2 juin 2017, la Haute représentante de l'Union rencontre le président de la Coalition d'opposition syrienne, Riad Seif, et le Premier ministre du Gouvernement intérimaire syrien (SIG), Jawad Abu Hatab, pour discuter du soutien pratique que l'Union européenne peut apporter à l'opposition syrienne. (communiqué)

Lundi 26 juin 2017, l'Italienne Tosca Barucco est désignée comme « chargée d’affaires » pour la Syrie au sein de la délégation de l'UE.

Mercredi 19 juillet 2017, la Commission européenne annonce le déblocage d'une enveloppe de 1,5 million d'euros en faveur du mécanisme international, impartial et indépendant, chargé de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises en Syrie et d'aider à juger ceux qui en sont responsables. (communiqué)

Mercredi 20 décembre 2017, l'Union européenne adopte la deuxième phase de l'initiative de soutien à la paix en Syrie (Syria Peace Support Initiative), programme de 9 millions d'euros, mis en place dans le cadre de l'instrument de stabilité et de la paix de l'UE. (communiqué)

Mardi 19 décembre 2017, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 2393, adoption saluée par la Haute représentante, au nom de l'Union européenne. (communiqué)

2018.

Lundi 15 janvier 2018, la délégation de l'opposition syrienne, menée par Nasr al-Hariri, a plusieurs entretiens de haut niveau à Bruxelles : avec les ambassadeurs du COPS, la Haute représentante de l'UE et le ministre belge des Affaires étrangères.

Vendredi 9 février 2018, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine s'entretiennent par téléphone.  Ils discutent, entre autres, de l'importance de mettre fin à la situation en Ghouta et de l'importance d'une coordination franco-russe.  Lire : Syrie, Ukraine… Entre Paris et Moscou, la diplomatie du téléphone

Lundi 19 février 2018, Federica Mogherini, conjointement avec Christos Stylianides, commissaire à l'Aide humanitaire, fait part de l'inquiétude des Européens sur la Ghouta et Idlib. Message relayé à la délégation de la Commission nationale syrienne, menée par Nasr al-Hariri, lors d'une rencontre le même jour. (communiqué)

Jeudi 25 janvier 2018, le ministre des Affaires étrangères allemand, Sigmar Gabriel, demande au secrétaire général de l'OTAN la convocation d'une réunion afin de discuter de la situation syrienne.  Lire : L’Allemagne demande une convocation de l’OTAN pour discuter de la situation en Syrie

Vendredi 23 février 2018, les Chefs d’État et de gouvernement, réunis à Bruxelles, appellent les Nations unies à adopter la résolution proposée par les Suédois. Lire : La Suède propose une trêve en Syrie. Un projet de résolution déposé au Conseil de sécurité et Syrie. Les Européens sonnent le tocsin et en appellent à Moscou pour accepter une trêve

Samedi 24 février 2018, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte la résolution 2401 à l'unanimité.  Celle-ci prévoit notamment la mise en place d'une trêve humanitaire.  Lire : Syrie. Une trêve humanitaire de 30 jours votée par le Conseil de sécurité de l’ONU et Syrie. Le G3 convient de la poursuite d’efforts communs

*15 mars 2018. Sept ans après le début de la révolution syrienne, on dénombre plus de 350.000 morts, dont 106.000 civils, plus de 5,6 millions de réfugiés dont plus de la moitié se trouvent actuellement en Turquie, et 6 millions sont toujours déplacées en Syrie.

Jeudi 15 mars 2018, le Parlement européen adopte une résolution demandant, entre autres, la création d'un tribunal pour juger les crimes de guerre commis en Syrie. (Résolution) Le même jour, la Haute représentante lance un appel pour « appliquer immédiatement et entièrement » le cessez-le-feu « sans délai ». Lire : Sept ans de guerre en Syrie? Les Européens lancent un appel aux garants d’Astana pour mettre fin au conflit

Lundi 19 mars 2018, Staffan de Mistura, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, est présent à Bruxelles, au Conseil des ministres des Affaires étrangères. Lire : Syrie. Apaiser l’enfer sur terre. Un cessez-le-feu « réalisable » (De Mistura)

Jeudi 22 mars 2018, Florence Gaub, la directrice adjointe de l'Institut d’études de sécurité de l’UE (EUISS), intervient devant la sous-commission Sécurité et défense (SEDE) du Parlement européen. Selon elle, il aurait fallu régler le conflit dès 2011. Lire : Syrie : « le monde n’est pas très efficace lorsqu’il s’agit de régler les conflits » (Gaub)

Mercredi 11 avril 2018, les 28 ambassadeurs du COPS se réunissent de manière informelle avec le chef du Mécanisme international, impartial et indépendant sur les crimes de guerre en Syrie, Catherine Marchi-Uhe et le directeur exécutif de la Commission pour la justice internationale et la responsabilité, Bill Wiley.

Dans la nuit du vendredi au samedi 13 avril 2018, suite à une nouvelle attaque chimique dans la Douma le 7 avril, Américains, Français et Britanniques assurent des frappes contre trois cibles précises. Lire : La coalition americano-franco-britannique frappe trois sites syriens Le président français se défend d'avoir voulu déclencher une guerre. Lire : Pour instaurer la paix en Syrie, il faut négocier avec tout le monde, y compris le régime (Macron)

Lundi 16 avril 2018, le Conseil des Affaires étrangères, réuni à Luxembourg, adopte des conclusions sur la Syrie. Lire : Syrie. Les 28 veulent saisir le momentum pour remettre la solution politique en selle

Mardi 17 avril 2018, devant les députés européens, Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, a mis l'accent sur la seconde conférence de Bruxelles (24 et 25 avril). « C’est la première rencontre qui réunit des acteurs de différents bords [...]. Nous allons exploiter toutes les possibilités de cette conférence pour déplacer l’action (militaire) vers l’action politique, sans cela, la prochaine escalade militaire n'est qu’une question de temps ».

*Mardi et mercredi 24 et 25 avril 2018, est organisée à Bruxelles, la seconde conférence internationale sur la Syrie. Lire : Conférence sur la Syrie. Des donateurs mobilisés mais des besoins insatisfaits  Elle aboutit à des résultats mitigés, tant du point de vue humanitaire que politique. Lire : Besoins humanitaires, blocage politique, serment de Bruxelles. Les résultats de la conférence sur la Syrie

A suivre

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