N°65. L’OTAN en dates. Une alliance militaire et stratégique avant tout

N°65. L’OTAN en dates. Une alliance militaire et stratégique avant tout

(B2) L'Organisation du Traité de l'Atlantique nord (OTAN) est une alliance politico-militaire née de la signature des États alliés du bloc l'«Ouest» dès la fin de la Seconde guerre mondiale à la fois pour réintégrer l'Allemagne dans un corset étroit d'interopérabilité empêchant toute résurgence du nationalisme que pour contrer la menace soviétique. Vivante depuis presque 70 ans, elle a connu bien des évolutions, au gré des crises, différents secrétaires généraux et chefs d'État et de gouvernements, ou encore les nouveaux arrivants...

24 avril 1999, sommet du 50e anniversaire à Washington DC, au Mellon Auditorium (crédit : OTAN).

La fondation de l'Alliance

♦ Le 4 avril 1949. Signature à Washington du traité de l'Atlantique nord, fondateur de l'OTAN, par douze pays, dont dix européens (Belgique, Danemark, France, Grande-Bretagne, Italie, Islande, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas et Portugal), ainsi que les États-Unis et le Canada. Le 24 août, le Traité de l’Atlantique Nord entre en vigueur.

Le 19 décembre 1950. Le Conseil de l’Atlantique Nord nomme le général Dwight D. Eisenhower, commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR).

Le 20 décembre 1950. Les puissances signataires du Traité de Bruxelles décident de fusionner l’organisation militaire de l’Union occidentale avec celle de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord.

Le 2 avril 1951. Le Commandement allié en Europe devient opérationnel, et le Grand quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE) s’installe à Rocquencourt, près de Paris.

Le 30 janvier 1952. Le vice-amiral Lynde D. McCormick (États-Unis) est nommé au poste de commandant suprême allié de l’Atlantique (SACLANT).

Le 18 février 1952. La Grèce et la Turquie adhèrent. C'est le premier élargissement de l'Alliance.

Les 20-25 février 1952. Le Conseil de l’Atlantique Nord, en session à Lisbonne décide que l’OTAN devient une organisation permanente. Son siège est établi à Paris.

Le 4 avril 1952. Lord Hastings Lionel Ismay (Royaume-Uni),  militaire de carrière et ancien ministre du Commonwealth d'un cabinet conservateur, est nommé vice-président du Conseil de l’Atlantique Nord et le premier secrétaire général.

Le 10 avril 1952. Le Commandement suprême allié de l’Atlantique devient opérationnel. Son quartier général est établi à Norfolk, en Virginie (États-Unis).

1954-1961 : La coexistence pacifique

Le 7 mai 1954. Les États-Unis et le Royaume-Uni rejettent la demande d’adhésion de l’URSS à l’Organisation.

Le 6 mai 1955. L'Allemagne fédérale (RFA) devient membre.

Le 14 mai 1955. L’URSS conclut le Pacte de Varsovie, une alliance militaire, avec l’Albanie, l’Allemagne de l’Est (RDA), la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Tchécoslovaquie.

Les 18-23 juillet 1955. Première conférence des parlementaires de l’OTAN, à Paris (devenue novembre 1966 l’Assemblée de l’Atlantique Nord).

Les 24 octobre - 8 novembre 1956. L'URSS intervient en Hongrie. L'Alliance ne bouge pas.

Le 16 mai 1957. Paul-Henri Spaak (Belgique), l'un des Pères de l'Europe, ministre des Affaires étrangères et Premier ministre (parti socialiste), succède à Lord Ismay au poste de Secrétaire général de l’OTAN.

Les 16-19 décembre 1957. Conseil de l'Atlantique Nord regroupant les chefs d'État et de gouvernement à Paris. En ressort : Une amélioration de la coordination et de l’organisation des forces de l’OTAN et des dispositions de consultation politique, la nécessité de liens économiques étroits et d’une coopération en la matière à côté d'une réaffirmation des principes, des buts et de l’unité de l’Alliance Atlantique, qui restera d'actualité à chaque sommet.

Les 26-29 mars 1958. Première réunion du Comité scientifique de l’OTAN.

Les 15-22 décembre 1959. Inauguration du nouveau siège de l’OTAN, Porte Dauphine, à Paris.

Le 21 avril 1961. Dirk U. Stikker (Pays-Bas), qui a notamment occupé le poste de ministre des Affaires étrangères au sein du cabinet Drees-Van Schaik, succède à Paul-Henri Spaak aux fonctions de Secrétaire général de l’OTAN.

Le 13 août 1961. Construction du mur de Berlin.

♦ Les 13-15 décembre 1961. Session ministérielle du Conseil de l’Atlantique Nord à Paris qui annonce la création d’une force mobile d’intervention.

La Détente : 1962-1975

Les 4-6 mai 1962. Les ministres des Affaires étrangères et les ministres de la Défense des pays de l’OTAN publient les Directives d’Athènes : ils examinent les circonstances dans lesquelles l’Alliance pourrait être contrainte de recourir aux armes nucléaires.

Le 20 juin 1963. Les États-Unis et l’Union soviétique signent à Genève un accord sur l’installation d’un “téléphone rouge” entre Washington et Moscou.

Le 1er août 1964. Manlio Brosio (Italie), ancien ministre de la Défense (parti libéral) et ambassadeur italien à l'Union soviétique, succède à Dirk Stikker au poste de secrétaire général de l’OTAN.

♦ Le 4 mars 1966. La France, puissance nucléaire, quitte la structure militaire intégrée de l'OTAN. En septembre 1965, le général de Gaulle annonçait que la participation de la France prendrait fin en 1969.

Le 16 octobre 1967. Les structures de l'OTAN quittent la France. Le nouveau siège de l’OTAN est inauguré à Bruxelles. Le grand quartier général des forces alliées en Europe (SHAPE) part à Casteau (près de Mons).

Le 6-7 avril 1967. Première réunion du Groupe des plans nucléaires, à Washington.

♦ Les 13-14 décembre 1967. Le Conseil de l’Atlantique Nord approuve le “Rapport Harmel” sur les futures tâches de l’Alliance. Le Comité des plans de défense adopte le nouveau concept stratégique de riposte graduée et approuve la création de la Force navale permanente de l’Atlantique (STANAVFORLANT).

Nuit du 20 au 21 août 1968. Début de l'intervention soviétique et des troupes du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie pour mettre fin au Printemps de Prague. L'OTAN ne bouge pas. Les Américains ont tacitement donné un feu vert à cette intervention (lire aussi sur Radio Prague).

Le 28 mai 1969. Création d’une force navale alliée disponible sur appel en Méditerranée (NAVOCFORMED).

Le 5 mars 1970. Entrée en vigueur du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

Le 20 mars 1970. Le premier satellite de communications de l’OTAN est lancé depuis le cap Kennedy, en Floride.

Le 2 février 1971. Le deuxième satellite de communications de l'OTAN est lancé depuis le cap Kennedy, en Floride.

Le 1er octobre 1971. Joseph Luns (Pays-Bas), ancien ministre de Affaires étrangères des Pays-Bas (parti populaire catholique), succède à Manlio Brosio, suite à sa démission en septembre, au poste de Secrétaire général de l’OTAN.

Le 26 mai 1972. Signature d’une convention provisoire sur la limitation des armements stratégiques (SALT) et d’un traité sur la limitation des systèmes anti-missiles balistiques (ABM) à Moscou.

Le 11 mai 1973. Inauguration de la Force navale permanente de la Manche (STANAVFORCHAN).

Le 26 juin 1974. Réunis en Sommet à Bruxelles, les chefs de gouvernement signent la "Déclaration sur les relations atlantiques". Elle réaffirme, 2 ans après sa signature, l’attachement des pays membres de l’Alliance aux buts et aux idéaux du Traité. Les chefs se consultent sur les relations est-ouest, en vue d'un prochain Sommet entre les États-Unis et l’URSS, sur la limitation des armes nucléaires stratégiques.

1975-1984 : une guerre « très fraiche »

Le 1er août 1975. 35 chefs d’État et de gouvernement signent "l'Acte final d'Helsinki", qui reconnaît notamment les frontières datant de la fin de la seconde Guerre mondiale.

Les 29-30 mai 1975. Réunion au Sommet à Bruxelles. Les chefs affirment l’importance fondamentale de l’Alliance et de la cohésion des puissances alliées face aux pressions économiques internationales qui suivent la crise pétrolière de 1974, offrent leur soutien à la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) (qui devaient conduire, en août 1975, à la signature de l’Acte final d’Helsinki).

Le 31 mai 1975. Création de l'Agence spatiale européenne (ASE), de la fusion de  L’Organisation européenne pour la mise au point et la construction de lanceurs d’engins spatiaux (ELDO) et l’Organisation européenne de recherche spatiale (ESRO). Pays membres : Belgique, Danemark, Espagne, France, Irlande, Italie, Pays-Bas, République fédérale d’Allemagne, Royaume-Uni, Suède et Suisse.

Le 2 février 1976. Création du Groupe européen indépendant de programme (GEIP), auquel participent tous les pays européens de l’OTAN. Il vise à promouvoir la coopération dans la recherche, le développement et la production des équipements de défense.

Le 10-11 mai 1977. Réunion du Conseil de l’Atlantique Nord à Londres. Lancement d’un Programme de défense à long terme (LTDP) visant à améliorer la capacité défensive des pays membres de l’OTAN. Et lancement de l’étude des tendances à long terme dans les relations est-ouest.

Le 18 novembre 1977. Lancement du troisième satellite de communications de l’OTAN depuis cap Canaveral, en Floride.

Les 5-6 décembre 1977. Approbation du programme relatif au système aéroporté de détection lointaine et de contrôle (AWACS).

♦ Les 30-31 mai 1978. Réunion du Conseil de l’Atlantique Nord, à Washington. Adoption de l’objectif de 3 % du PIB que chaque État à consacrer aux dépenses de défense, examen des résultats du Sommet de Londres de 1977.

♦ Le 12 décembre 1979. En réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, décision sur la modernisation des forces nucléaires de l'OTAN par le déploiement de 500 missiles "à portée intermédiaire" ("Pershing 2" et missiles de croisière lanceurs terrestres) américains en Europe et la décision de retirer 1 000 ogives à charge nucléaire d'Europe. Mesures prises pour la maîtrise des armements.

Le 20 octobre 1980. Les forces helléniques réintègrent la structure militaire de l’Alliance, qu'ils avaient quitté en 1974.

Le 30 mai 1982. L'Espagne devient le 16ème membre de l'OTAN, sans toutefois s'intégrer immédiatement dans la structure militaire (elle y adhèrera en 1998).

♦ Le 10 juin 1982. Sommet de Bonn (Allemagne), avec la publication de la Déclaration de Bonn, définissant le programme de l’Alliance pour la paix dans la liberté. Publication d’une déclaration concernant les buts et les politiques de l’Alliance en matière de maîtrise des armements et de désarmement et d’une Déclaration sur la défense intégrée de l’OTAN.

Le 27 octobre 1983. Les ministres de la Défense, au cours d’une réunion du Groupe des plans nucléaires de l’OTAN tenue à Montebello, au Canada, annoncent, dans la Décision de Montebello, leur décision de retirer 1.400 têtes nucléaires supplémentaires d’Europe. 2.400 têtes ont été retirées depuis 1979.

Le 31 mai 1984. Les ministres des Affaires étrangères de l’OTAN publient la déclaration de Washington sur les relations Est-Ouest.

Le 25 juin 1984. Lord Peter Carrington (Royaume-Uni, conservateur) succède à Joseph Luns au poste de secrétaire général de l’OTAN.

1984-1989 : une phase de détente

Les 29-30 mai 1984. A la réunion d'Halifax, au Canada, les ministres des Affaires étrangères publient la déclaration d’Halifax, invitant l’Union soviétique à se joindre à eux dans “une démarche ambitieuse et nouvelle” en vue de promouvoir la paix, la sécurité et un dialogue Est-Ouest productif.

Le 27 mars 1987. A la suite d’une réunion d’urgence du Conseil de l’Atlantique Nord, Lord Carrington, secrétaire général, propose ses bons offices pour aider à régler le différend en mer Égée entre la Grèce et la Turquie.

Les 2-3 mars 1988. Lors du Sommet à Bruxelles, les Chefs d’État et de gouvernement publient une "Déclaration sur la maîtrise des armements conventionnels". Ils demandent que des mesures significatives soient prises pour favoriser l’élimination des disparités entre les forces conventionnelles par à des négociations sur la stabilité de ces forces.

Le 1er juillet 1988. L'Allemand Manfred Wörner (CDU), ancien ministre de la Défense de la RFA, succède à Lord Carrington au poste de Secrétaire général de l'OTAN.

♦ Les 29-30 mai 1989. Sommet à Bruxelles avec le président américain nouvellement élu George W. H. Bush. Il annonce de nouvelles initiatives importantes en vue de réduire les forces conventionnelles en Europe. L’Alliance adopte le concept global de maîtrise des armements et de désarmement et publie une déclaration.

1989 - 1999 : chute du concurrent, réunification de l'Europe, l'intervention en ex-Yougoslavie

♦ Le 9 novembre 1989. Chute du mur de Berlin, précédée de l'ouverture des fils barbelés durant l'été entre l'Autriche et la Hongrie. Tour à tour, les régimes communistes en Allemagne de l'est, en Tchécoslovaquie et en Roumanie chutent sous la pression de la rue.

Le 4 décembre 1989. Sommet à Bruxelles. Le président américain George Bush fait part de ses entretiens avec le président Mikhaïl Gorbatchev au sommet américano-soviétique de Malte des 2 et 3 décembre.

♦ Les 5-6 juillet 1990. Les Chefs d’État et de gouvernement des pays de l’OTAN réunis publient la “Déclaration de Londres sur une Alliance de l’Atlantique Nord rénovée”, qui contient des propositions visant à développer la coopération avec les pays d’Europe centrale et orientale par des activités politiques et militaires, et par l’établissement de liaisons diplomatiques. Manfred Wörner est le premier secrétaire général de l'OTAN à se rendre à Moscou.

Le 2 août 1990. Crise du Golfe. Début de l'invasion du Koweït par l'Irak.

Le 3 octobre 1990. L'Allemagne est réunifiée et l'ex-RDA adhère de facto à l'OTAN.

Le 19 novembre 1990. Dans le cadre du Sommet de la CSCE, à Paris, les vingt- deux États membres de l’OTAN et de l’Organisation du Traité de Varsovie signent le Traité sur les forces armées conventionnelles en Europe (FCE) sur la réduction des armements conventionnels en Europe et publient une Déclaration commune de non-agression.

♦ Le 2 janvier 1991. L’OTAN envoie des avions de la force mobile du Commandement allié en Europe dans le sud-est de la Turquie, dans le cadre d’une mission opérationnelle. Le 5 mars, la guerre du Golfe terminée, la Force se retire.

Le 11 janvier 1991. L’OTAN demande aux autorités soviétiques de ne pas recourir à la force et à l’intimidation dans les républiques baltes.

Les 13 et 26 mars 1991. Les États-Unis achèvent le retrait de leurs forces nucléaires à portée intermédiaire ("Pershing-2" et missiles de croisière) en Europe, conformément aux dispositions du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI).

Le 31 mars 1991. début des incidents entre Croates et Serbes qui dégénère en guerre civile en juin 1991. Lire dossier N°01. L’Europe face aux premiers soubresauts yougoslaves

1er juillet 1991. Dissolution du Pacte de Varsovie.

♦ Les 7-8 novembre 1991. Sommet de Rome, publication du nouveau Concept stratégique de l’Alliance, qui prévoit des unités plus mobiles et plus légères pour affronter de nouvelles menaces, et de la "Déclaration de Rome sur la paix et la coopération et de déclarations sur les développements en Union soviétique et la situation en Yougoslavie".

Le 6 avril 1992. Début du siège de Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) par l’armée serbe (bombardements intensifs)

Le 30 avril 1992. La Force navale alliée disponible sur appel en Méditerranée est remplacée par une Force navale permanente de la Méditerranée (STANAVFORMED).

Le 4 juin 1992. Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’OTAN, réunis à Oslo, annoncent qu’ils sont prêts à soutenir, sous certaines conditions et au cas par cas, les activités de maintien de la paix entreprises sous la responsabilité de la CSCE.

Juillet 1992. L'OTAN et l'Union de l'Europe occidentale (UEO) lancent une opération de contrôle du respect de l'embargo en Adriatique autour de l'ex-Yougoslavie.

♦ Le 6 novembre 1992. L’OTAN fournit à la Force de protection des Nations Unies en Bosnie-Herzégovine un QG opérationnel comprenant une centaine de personnes, du matériel, des fournitures et un soutien financier.

Le 9 novembre 1992. Le Traité sur les FCE entre en vigueur officiellement, après avoir été ratifié par les vingt-neuf États signataires.

Le 4 décembre 1992. Les ministres de la Défense des pays européens de l’OTAN décident de dissoudre le Groupe européen indépendant de programme (GEIP) et d’en transférer les fonctions à l’Union de l'Europe occidentale (UEO).

Le 21 janvier 1993. Le Commandant suprême des forces alliées en Europe et les chefs d’état-major de la France et de l’Allemagne, signent un accord sur les modalités d’emploi du Corps européen (Eurocorps) dans le cadre de l’Alliance.

Avril 1993. L'OTAN entame ses opérations aériennes au dessus de la Bosnie pour faire respecter l'interdiction de survol de l'ONU.

Le 24 mai 1993. Les ministres de la Défense de l’EUROGROUPE transfèrent les activités en matière d’entraînement et EUROMED à l’OTAN et les activités d’information et EUROCOM à l’UEO.

♦ Le 9 août 1993. Le Conseil de l’Atlantique Nord approuve les options opérationnelles pour des frappes aériennes en Bosnie-Herzégovine comme prévu lors de la réunion extraordinaire du 2 août, elles seront mises en œuvre si le Secrétaire général des Nations Unies en donne l’autorisation.

♦ Les 10-11 janvier 1994. Au Sommet de Bruxelles, l'OTAN lance le programme de coopération militaire du Partenariat pour la paix (PPP) à destination des États non-membres. Tous les pays partenaires du CCNA et les États de la CSCE y sont invités. Le concept de Groupes de forces interarmées multinationales (GFIM) est adopté ainsi que les mesures de développement de l’Identité européenne de sécurité et de défense. L’Alliance réaffirme qu’elle est prête à effectuer des frappes aériennes à l’appui des objectifs des Nations unies en Bosnie-Herzégovine.

Le 14 janvier 1994. Le président américain Bill Clinton et le président russe Boris Eltsine signent un accord. A partir du 30 mai 1994, chacun des deux pays s'engage à cesser de pointer en direction de l’autre des missiles nucléaires à longue portée.

Le 28 février 1994. L'OTAN ouvre pour la première fois le feu. Quatre avions serbes, ayant violé la zone d'exclusion aérienne imposée par l'ONU au-dessus de la Bosnie-Herzégovine, sont abattus par deux F-16 américains, chasseurs de l'Alliance.

Le 10 avril 1994. Premier bombardement au sol, sans précédent depuis la création de l'OTAN, à la demande du Commandement de la force des Nations Unies: deux F-16 de l'US Air Force bombardent des positions serbes dans l'enclave bosniaque de Gorazdé, qui fait l'objet d'attaques serbes répétées et zone de sécurité désignée par les Nations Unies en Bosnie-Herzégovine. Les aéronefs de l'OTAN fournissent un appui aérien rapproché au personnel de l'ONU.

Le 13 août 1994. Décès de Manfred Wörner. Le Secrétaire général délégué, Sergio Balanzino (Italie), italien avec plus de 50 ans d’expérience au sein du Service italien des Affaires étrangères, assume les fonctions de Secrétaire général par intérim.

Le 12 octobre 1994. Le programme de partenariat individuel de la Finlande avec l’OTAN, élaboré dans le cadre du Partenariat pour la paix, est accepté officiellement.

Le 17 octobre 1994. L'ancien ministre belge des Affaires économiques (socialiste) Willy Claes succède à Sergio Balanzino au poste de Secrétaire général de l’OTAN.

Le 24 janvier 1995. Le Conseil de l’Atlantique Nord décide de créer une nouvelle Organisation OTAN de normalisation (NSO).

Le 25 mai 1995. A la demande des Nations Unies, des avions de l’OTAN attaquent un dépôt de munitions des Serbes de Bosnie situé près de Pale. Une seconde attaque est effectuée le lendemain.

Les 30-31 mai 1995. Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN et le Conseil de coopération nord-atlantique se réunissent à Noordwijk, aux Pays-Bas. Au cours d’une réunion spéciale avec le ministre des Affaires étrangères de la Russie, Andreï Kozyrev, ce pays accepte officiellement son programme de partenariat individuel dans le cadre du PPP, ainsi que le document sur les “Domaines dans lesquels poursuivre sur la voie d’un dialogue et d’une coopération larges et renforcés entre l’OTAN et la Russie”.

Août-septembre 1995. L'OTAN mène une campagne aérienne contre les positions serbes en Bosnie qui mènera aux accords de paix de Dayton (États-Unis).

Le 20 octobre 1995. L'Italien Sergio Balanzino prend le relais par intérim au poste de secrétaire général de l’OTAN une seconde fois, après Willy Claes. Celui-ci a dû démissionner après avoir été mis en cause dans une affaire de corruption relative à l'achat d'hélicoptères par le gouvernement belge (affaire Agusta/Dassault).

Le 5 décembre 1995. L'ancien ministre espagnol des Affaires étrangères (PSOE) Javier Solana Madariaga prend le poste de secrétaire général de l’OTAN.

Le 5 décembre 1995. Le ministre français de la Défense et son chef d'état-major des armées participent à nouveau aux réunions de l'OTAN.

♦ Le 16 décembre 1995. Première opération terrestre de l'OTAN avec une force de 60.000 hommes déployée pour un an en Bosnie (IFOR).

Le 26 février 1996. L’Autriche signe son programme de partenariat individuel avec l’OTAN.

Fin 1996. Une force de stabilité (SFOR) prend la relève de la Forpronu en Bosnie-Herzégovine, avec 31.000 hommes pour un mandat de 18 mois, prolongé par la suite. Objectif : appliquer les accords de Dayton.

Le 3 juin 1996. Décision à Berlin de créer au sein de l'OTAN une Identité européenne de défense et de sécurité (IESD).

♦ Le 27 mai 1997. Sommet de Paris. L'OTAN et la Russie signent l’“Acte fondateur sur les relations, la coopération et la sécurité mutuelles entre l’OTAN et la Fédération de Russie”, mettant définitivement fin à la Guerre froide.

♦ Les 8-9 juillet 1997. Au Sommet de Madrid, un accord est obtenu sur l'élargissement de l'Alliance à la Pologne, la Hongrie et la République tchèque. Le Concept stratégique de 1991 est actualisé. Une Charte de partenariat spécifique entre l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord et l’Ukraine est officiellement signée. Les avancées et les engagements représentés par l’Acte fondateur OTAN-Russie sont reconnus. Une déclaration spéciale sur la Bosnie-Herzégovine est adoptée.

Le 8 décembre 1998. Le Conseil de l'Atlantique Nord se réunit au niveau des ministres des Affaires étrangères, avec la participation de la République tchèque, la Hongrie et la Pologne, invitées. Les ministres de l'Alliance examinent la situation en Bosnie-Herzégovine, l'avenir de la SFOR et le Kosovo.

Le Conseil de Partenariat euro-atlantique se réunit au niveau des ministres des Affaires étrangères. Les ministres discutent des futurs défis pour la sécurité et de la coopération entre l'OTAN et les partenaires dans le contexte du CPEA et du PPP. Ils entérinent un plan d'action actualisé du CPEA pour 1998-2000.

1998. L'Espagne intègre la structure militaire de l'OTAN.

Le 12 mars 1999. Adhésion de la Hongrie, de la Pologne et de la République tchèque. L'Alliance compte 19 pays.

Le 24 mars 1999. A la veille de son cinquantenaire, l'OTAN lance une campagne aérienne de 78 jours contre les forces serbes au Kosovo. Cela entraîne le retrait des forces serbes de la province, qui passe en juin sous administration de l'ONU. Une force de l'OTAN (KFOR) de 40.000 hommes est déployée pour assurer la sécurité.

♦ Les 23-25 avril 1999. Le Sommet de Washington, en plein conflit du Kosovo, célèbre le 50e anniversaire de l'Alliance. Il adopte un nouveau concept stratégique qui élargit la zone d'action à l'ensemble de la zone euro-atlantique et prend en compte la menace terroriste. Les dirigeants publient la Déclaration de Washington. Adoption de 116 des initiatives destinées à améliorer les capacités de défense, faire face aux risques que représentent les armes de destruction massive, favoriser le processus de développement d'une Identité européenne de sécurité et de défense au sein de l'Alliance, renforcer la dimension opérationnelle du PPP, la consultation et la coopération dans le cadre du CPEA, poursuivre le Dialogue sur la Méditerranée et à aider les pays candidats dans le cadre d'un plan d'action pour l'adhésion (MAP). Lancement du MAP avec la Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie.

Le 4 juin 1999. Le Secrétaire général de l'OTAN, Javier Solana, est également nommé au nouveau poste de Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune.

Le 29 juin 1999. Le premier centre d'entraînement du Partenariat pour la paix (PPP) s'ouvre à Ankara, Turquie.

Le 14 octobre 1999. Lord George Robertson (Royaume-Uni), après avoir été parlementaire et ministre de la Défense (travailliste), prend ses fonctions de Secrétaire général de l'OTAN, succédant ainsi à Javier Solana, dont le mandat s'est achevé le 6 octobre.

Le 1er décembre 1999. L'Irlande devient le 25e pays participant au programme du PPP.

2001-2011 : La lutte anti-terroriste au cœur de l'Alliance

♦ Le 12 septembre 2001. Au lendemain des attentats de New York et Washington, l'OTAN invoque, pour la première fois, l'article 5 de son traité selon lequel une attaque armée contre un membre doit être considérée comme une attaque contre tous. Mais elle ne joue qu'un rôle mineur dans la riposte américaine en Afghanistan. L'Alliance décide cependant d'ajuster ses capacités militaires, notamment pour lutter contre le terrorisme.

Les 23-25 avril 2001. Sommet du quartier général de l'OTAN, à Bruxelles.

♦ Le 7 mars 2001, alors que les incidents se multiplient aux frontières macédonienne et serbe, des soldats américains de la KFOR ouvrent le feu sur des combattants albanais à la frontière avec la Macédoine. Le lendemain, la KFOR investit le fief des rebelles albanais, Tanusevci. Lire notre dossier : N°03. La crise (évitée) de 2001 en Macédoine

Le 7 octobre 2001. Début de l'opération militaire américaine anti-terroriste en Afghanistan pour traquer Oussama Ben Laden et les réseaux des talibans.

Le 14 mai 2002. Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN, réunis à Reykjavik (Islande), annoncent la participation de la Croatie au MAP.

Le 28 mai 2002. Sommet à Rome. Les Alliés et la Fédération de Russie créent le Conseil OTAN-Russie, où ils seront des partenaires égaux. Il remplace le Conseil conjoint OTAN-Russie.

♦ Les 21-22 novembre 2002. Sommet de Prague. Le premier à se tenir dans un ancien pays du Pacte de Varsovie. Sept pays partenaires (la Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie) sont invités à entamer des pourparlers d'adhésion, réaffirmation de la "politique de la porte ouverte de l'OTAN", approbation d'un paquet d'initiatives pour créer de nouvelles relations avec des partenaires. Adoption d'une série de mesures dans le but d'améliorer les capacités militaires (l'Engagement capacitaire de Prague, la Force de réponse de l'OTAN, la rationalisation de la structure de commandement militaire de l'Alliance) et du Concept militaire pour la défense contre le terrorisme. L'OTAN prend la décision d'offrir son soutien aux pays membres en Afghanistan.

Le 17 décembre 2002. Les accords dits "Berlin plus" sont finalisés avec l'Union européenne. Ils permettent l'utilisation par l'UE des structures de l'OTAN pour mener des opérations d'interposition ou de maintien de la paix. Ils seront définitivement conclus en mars 2003

Le 20 mars 2003. Les États-Unis débutent leur intervention en Irak par la coalition qu'ils mènent contre le Parti Baas de Saddam Hussein. La guerre d'Irak débute (ou seconde guerre du Golfe), elle se terminera le 18 décembre 2011.

Le 16 avril 2003. L'OTAN décide de prendre la direction de la force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) à Kaboul et ses environs, en Afghanistan, mandatée par les Nations Unies, entrée dans les faits le 11 août 2003.

Juin 2003. Les ministres de la Défense, à Bruxelles, approuvent une réforme de la structure de commandement de l'Alliance et des plans pour la création d'une force de réaction rapidement déployable.

Le 17 décembre 2003. L'ancien ambassadeur italien Alessandro Minuto-Rizzo (Italie) est nommé secrétaire général de l’OTAN par intérim, après la démission de Lord Robertson.

Le 1er janvier 2004. Jaap de Hoop Scheffer (Pays-Bas), ancien ministre des Affaires étrangères (D66 puis CDA), prend ses fonctions comme nouveau secrétaire général de l’OTAN.

Le 29 mars 2004. L'OTAN passe à 26 membres avec l'adhésion de sept pays : les trois pays baltes (l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie), trois pays d'Europe de l'est (la Slovaquie, la Bulgarie et la Roumanie) et un premier pays issu de l'ex-Yougoslavie (la Slovénie).

Les 28-29 juin 2004. Sommet d'Istanbul. Décision de l'élargissement de l'opération de l'OTAN en Afghanistan en continuant l'établissement des Équipes de reconstruction provinciales, renforcement de sa présence en Afghanistan pour assurer la sécurité en période d'élections et accord d'assistance du gouvernement intérimaire d'Irak, accompagné de la formation de ses forces de sécurité. Les leaders prennent la décision de changer les processus de planification de la défense et de génération de force. En plus, lancement de l'Initiative de coopération Istanbul avec les États du Moyen-Orient.

Le 2 décembre 2004. La force de l'OTAN en Bosnie-Herzégovine (SFOR) laisse sa place à une force de l'Union européenne (EUFOR) dans le cadre des accords de Berlin Plus.

Le 21 avril 2005. Lancement, à l'occasion d'une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères à Vilnius (Lituanie), du dialogue intensifié sur les aspirations de l'Ukraine à l'adhésion à l'OTAN et sur les réformes à mener en ce sens.

Le 9 juin 2005. L'OTAN apporte une aide logistique à l'Union africaine et l'Union européenne pour sa mission au Darfour (AMIS), notamment en transport aérien des troupes et formation en matière de commandement.

Le 22 février 2005. Sommet de Bruxelles. Accord d'un soutien à une mission de formation des nouvelles forces de sécurité irakiennes, avec des instructeurs de l'OTAN. L'Allemagne, la Belgique et la France proposeront un entraînement hors du pays ou un financement des opérations.

Le 27 avril 2006. Les ministres des Affaires étrangères réunis à Sofia, en Bulgarie, commencent des discussions sur le renforcement des relations de l'OTAN avec des pays non-membres (Australie, Nouvelle-Zélande, Japon, Corée du Sud).

Le 30 juillet 2006. L'ISAF étend son autorité sur l'ensemble de l'Afghanistan, dont les zones troublées du sud et de l'est et affronte quotidiennement l'insurrection des talibans. L'OTAN en prend le commandement dans le sud du pays, qui était alors sous commandement américain.

Le 21 septembre 2006. Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN, réunis à New York, annoncent la décision de proposer à la Géorgie d'entamer un dialogue intensifié.

Les 28-29 novembre 2006. Sommet de Riga. Premier sommet dans une ex république soviétique (Lettonie). Les dirigeants des pays de l'Alliance déclarent qu'ils lanceront de nouvelles invitations à l'adresse des pays entrés dans le plan d'action pour l'adhésion (MAP) qui répondront à certaines conditions. Les discussions tournent principalement autour de la question afghane. Les États dont les troupes sont stationnées dans les zones sûres acceptent d'apporter un soutien à celles dans les zones les plus dangereuses. Un "groupe de contact" est mis sur pied pour aider à la reconstruction du pays.

Le 14 décembre 2006. La Bosnie-Herzégovine, du Monténégro et de la Serbie adhérent au Partenariat pour la Paix. Le conseil de partenariat euro-atlantique compte 49 membres.

Le 20 juin 2007. L'Alliance adopte une Initiative sur une capacité de transport aérien stratégique pour appuyer les opérations en cours et s'inscrit dans le cadre de la transformation à long terme de l'Alliance.

Le 7 novembre 2007. Lors d'une intervention devant le congrès US à Washington le président français Nicolas Sarkozy (qui vient de prendre ses fonctions en mai) annonce le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN. Il la conditionne à ds avancées sur l'Europe de la défense. « Plus l'Europe de la défense sera aboutie, plus la France sera résolue à reprendre toute sa place dans l'OTAN ».

♦ Les 2-4 avril 2008. Sommet de Bucarest. La Croatie et l'Albanie sont invitées à rejoindre l'alliance. La Macédoine n'est pas invitée à cause de la dispute sur son nom avec la Grèce (veto grec). La demande de la Géorgie et de l'Ukraine de rejoindre le Plan d'action d'adhésion à l'Alliance en décembre 2008 est revue. Mais France et Allemagne s'opposent à leur adhésion. On renvoie leur adhésion à « un jour ». La Bosnie-Herzégovine et le Monténégro sont invités à entamer un dialogue intensifié. Un sommet également consacré à la crise en Afghanistan avec l'envoi de renforts.

Nuit du 7 août au 8 août 2008. Début de l'intervention russe en Géorgie, qui est candidate à l'adhésion à l'OTAN. Des Européens face à la Russie. Lire notre dossier N°44. EUMM Georgia.

Octobre 2008. La force navale de l'OTAN entame une opération de lutte contre la piraterie au large de la Somalie (Ocean Shield).

Décembre 2008. Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’Alliance conviennent que la Géorgie doit élaborer un programme national annuel (ANP) sous les auspices de la commission OTAN‑Géorgie.

Le 17 mars 2009. Le gouvernement français dirigé par François Fillon obtient le vote de confiance de l'Assemblée nationale par 329 voix contre 238, sur une question centrale le retour de la France dans l'OTAN.

Le 1er avril 2009. L’Albanie et la Croatie, deux pays des Balkans, adhèrent à l'Alliance. L'OTAN compte 28 membres.

♦ Les 3-4 avril 2009. Sommet de Strasbourg-Kehl, qui marque le 60ème anniversaire de l'Organisation. La France reprend sa place au sein de l'OTAN, en réintégrant la structure militaire intégrée après 43 ans, décision prise par le Président français Nicolas Sarkozy.

Le 1er août 2009. Anders Fogh (Danemark), ancien Premier ministre (Venstre), succède à Jaap de Hoop Scheffer au poste de Secrétaire général de l’OTAN.

Le 22 avril 2010. Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN invitent la Bosnie-Herzégovine à participer au MAP, n'autorisant le Conseil de l'Atlantique Nord à accepter le premier ANP de ce pays qu'après que la question de la propriété des biens immobiliers militaires aura été réglée.

Mai 2010. Un rapport du Groupe d'experts sur le nouveau concept stratégique de l'OTAN appelle au renforcement des liens avec le voisin russe. Il se dit en faveur du maintien des armes nucléaires américaines sur le continent européen.

♦ Les 19-20 novembre 2010. Sommet de Lisbonne. Concept stratégique pour les années 2010 « engagement actif, défense moderne », la situation en Afghanistan, les dirigeants prennent la décision de diminuer d'au moins 35 % les effectifs de la structure permanente de l'Alliance. Décision de développer une capacité de défense antimissile balistique (BMD).

♦ Le 31 mars 2011. L'OTAN prend le commandement de l'intervention occidentale en Libye, au nom de la protection des populations civiles libyennes. Baptisée "Unified Protector", cette opération de sept mois conduit au renversement du dirigeant Mouammar Kadhafi. Il meurt aux mains des insurgés.

♦ Les 20-21 mai 2012. Sommet de Chicago, avec au programme des discussions sur le retrait des troupes des États membres et de l'OTAN d'Afghanistan, et abouti à l'adoption de la stratégie de retrait du pays. Lancement de la "Smart defense" initiative, dont 20 projets sont approuvés par les leaders, qui s'accordent pour partager les coûts d'armement et équipement. Les chefs approuvent l'établissement d'un système de défense anti-missile capable de couvrir tous les États parties.

Novembre 2012. Le rapport de Hubert Védrine sur l’OTAN est remis à François Hollande. Ce rapport qu'il avait commandé porte sur "Les conséquences du retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN, l’avenir de la relation transatlantique et les perspectives de l’Europe de la défense".

Les 4-5 juin 2013. La réunion des ministres de la Défense des "28" met en lumière les ambiguïtés de la situation en Syrie. Syrie : l’OTAN coincée

Les 22-23 octobre 2013. Réunion des ministres de la Défense de l'OTAN. La CyberDéfense, le nouveau leitmotiv de l’OTAN

Les jeudi/vendredi 27 et 28 février 2014. Début de manœuvres militaires russes en Ukraine, concomitantes avec la prise de contrôle de Sébastopol et de la presqu'ile de Crimée par les militaires russes non siglés (les bonshommes verts). La Crimée est annexée officiellement à la Russie le 18 mars 2014, suite à un référendum tenu le 16 en Crimée. L'OTAN est extrêmement préoccupée.

2014 - 2018 : la résurgence de la menace russe

Le 2 mars 2014. Réunion exceptionnelle des ambassadeurs de l'OTAN, convoquée ce dimanche sur l'Ukraine. Le consensus à 28 à l’OTAN est difficile à atteindre.

Le 5 mars 2014. Réunion OTAN-Russie, ambiance froide, l’OTAN suspend sa coopération militaire avec la Russie.

Le 3 avril 2014. L’OTAN rouvre l’espace aérien supérieur du Kosovo

Le 16 avril 2014. Face à la situation en Ukraine, le Conseil de l'Alliance atlantique prend un ensemble de mesures militaires à effet « immédiat ». Objectifs : « la défense, la dissuasion et la désescalade ». Lire : L’OTAN sur la défensive. Un paquet de mesures…au cas où

Fin août 2014. La Finlande et la Suède signent l’accord de pays hôte avec l’OTAN.

♦ Les 4-5 septembre 2014. Sommet du Pays de Galles (Royaume-Uni) : des discussions très stratégiques à l’agenda. Décisions prises dans la Déclaration du sommet du Pays de Galles sur le lien transatlantique. Adoption du plan d'action "réactivité", tourné contre les menaces russes, du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, renforcement de la force de réaction. Annonce de la recommandation d'un minimum de 2 % du PIB consacré au budget de la défense, objectif à atteindre sous dix ans, dont 20 % pour l'acquisition de matériels neufs. L’OTAN affirme sa pleine solidarité avec l’Ukraine, elle affirme également sa possibilité de coopérer aux actions au Mali si besoin il y a. Les leaders développent le concept OTAN de « pays-cadre » pour créer des centralités dans le déploiement de démarches spécialisées. L’OTAN se décide à mettre en place une force de réaction rapide, s'attaque à la réactivité et les guerres hybrides. Plusieurs pays de l’OTAN s’engagent à coopérer sur les munitions intelligentes. Lire : Carnet spécial – Sommet de l’OTAN 4 et 5 septembre

Le 1er octobre 2014. L'ancien Premier ministre norvégien (social-démocrate) Jens Stoltenberg succède à A.-F. Rasmussen au poste de Secrétaire général de l’OTAN. Lire : Un Norvégien à la tête de l’OTAN ?, il prend ses marques.

Novembre 2014. Une relance de la coopération UE-OTAN ?

Le 28 juillet 2015. Réuni en session spéciale à la demande de la Turquie, le Conseil de l'Alliance Atlantique, face au terrorisme, exprime sa solidarité avec la Turquie mais pas plus.

Le 27 août 2015. L’OTAN met en place un centre de formation conjoint en Géorgie

Le 4 novembre 2015. Huit chefs d'État des pays d'Europe centrale et orientale, réunis à Bucarest, demandent à l’OTAN de renforcer sa présence à l’Est. La déclaration de Bucarest.

Le 17 novembre 2015. Présent au Conseil des ministres de la Défense de l'UE, comme à l'Agence européenne de défense, Jens Stoltenberg, pris de court, défend la compétence de l’OTAN et nie tout rôle militaire à l’UE.

Le 1er décembre 2015. Réunis à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'OTAN conviennent de stopper toute diminution des engagements en Afghanistan dans le cadre de leur mission "Resolute support". Lire : L’OTAN remet la vapeur sur l’Afghanistan.

Les 10-11 février 2016. En Conseil des ministres de la Défense, l’OTAN veut renforcer sa présence à l’Est, déclenche une opération en mer Égée, inaugure sa capacité commune ISR et OTAN et UE signent un accord technique sur la cyberdéfense. Les décisions.

Le 7 mars 2016. Frontex et OTAN travaillent de concert dans la mer Égée.

Le 8 avril 2016. OTAN et Russie reprennent leurs relations politiques : « Un Conseil OTAN-Russie aura lieu dans deux semaines à Bruxelles », a annoncé le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg.

Le 20 avril 2016. Réunion du Conseil OTAN-Russie, la première depuis plus de deux ans. L’OTAN rétablit le téléphone avec Moscou.

♦ Les 8-9 juillet 2016. Sommet de Varsovie, et publication du Communiqué du Sommet de Varsovie. Les chefs d'États et de gouvernement décident du renforcement de la présence avancée des forces de l'Alliance près de la frontière russe, et le déploiement de 4 bataillons à ses frontières orientales (Estonie, Lettonie, Lituanie et Pologne) pour compléter le Plan d'action de "réactivité". Le Cyber, un nouveau domaine activé pour l’OTAN, et la capacité opérationnelle initiale de la défense anti-missiles de l’OTAN est déclarée.

Lire : N°40. Le Sommet de l’OTAN de Varsovie

Le 8 novembre 2016. Donald Trump remporte les élections américaines. Le message des Européens : Hello Donald. Don’t forget us ! L’UE et l’OTAN inquiètes du futur des relations USA-Europe

Le vendredi 20 janvier 2017. Arrivée de Donald Trump à la Maison blanche : l’OTAN obsolète, l’UE trop allemande, le Brexit une bonne chose…

Les mercredi-jeudi 15-16 février 2017. Les ministres de la Défense de l’OTAN décident de créer un « hub sud » pour affronter la menace terroriste : un nouveau centre régional de collecte de renseignement de l'OTAN pour répondre à la « menace djihadiste du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord ».

Le jeudi 25 mai 2017. Sommet de Bruxelles, qualifié de "réunion spéciale" pour organiser une première rencontre avec le président nouvellement élu Donald Trump. A l'occasion,  l’OTAN met le focus sur Daeshrejoint la coalition contre Daesh. Inauguration du nouveau siège de l'OTAN. En fait, la réunion spéciale était surtout un face à face UE - États-Unis.

Le lundi 5 juin 2017. Le Monténégro devient membre de l’OTAN, il est le 29e. C'est le premier pays issu de l'ex fédération serbo-monténégrine, bombardée par l'OTAN en 1999 à adhérer.

Les mercredi/jeudi 8-9 novembre 2017. A la ministérielle Défense. Les ministres donnent leur imprimatur au renforcement des structures de l'Alliance en adoptant une série de principes, la structure de commandement est revue et corrigée.

Le mardi 5 décembre 2017. L'OTAN et l'UE adoptent, simultanément, une nouvelle vague d'actions communes, venant illustrer l'accord signé en marge sommet de l'OTAN à Varsovie, définissant sept domaines d'intérêt communs de coopération, et compléter les 42 actions déjà définies en décembre 2016. Entre l’OTAN et l’UE, les sourires sont de rigueur : on prévoit de nouvelles actions communes pour renforcer la coopération.

Le vendredi 15 décembre 2017. En venant s'exprimer devant les Chefs d'État et de gouvernement de l'UE, Jens Stoltenberg rappelle, hors de question de concurrencer l’OTAN.

Le jeudi 25 janvier 2018. L’Allemagne demande une convocation de l’OTAN pour discuter de la situation en Syrie

Le mardi 26 juin 2018. L'OTAN dévoile sa stratégie sur la puissance aérienne (JAP), « la première du genre depuis la création de l'OTAN en 1949 », indique le communiqué de l'Alliance. L'objectif est de définir un plan pour le développement de doctrines de la puissance aérienne et de nouvelles capacités. Le temps de la suprématie dans les airs est révolu, l’OTAN établit une stratégie de puissance aérienne.

♦ Les mercredi/jeudi 11-12 juillet 2018. Le Sommet de Bruxelles qui se tient dans le bâtiment tout neuf de l'Alliance approuve le lancement d'une nouvelle mission de formation en Irak, la mise en place de deux nouvelles structures de commandement, le renforcement de la présence vers l'Est. Mais c'est surtout la question du partage du fardeau et de la discussion avec le président américain Donald Trump qui est au centre des débats. Une réunion heurtée, où les mots volent bas, et des menaces sont proférées. Lire : Trump secoue l’Alliance. Une fêlure sérieuse, mais la cassure est évitée

... à suivre ...

(dossier assemblé par Aurélie Pugnet)

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Sources : OTAN, Documentation française, Wikipédia, B2 (rubrique OTAN)