N°67. Elections européennes 2019

N°67. Elections européennes 2019

(B2) Les élections au Parlement européen, du 23 au 26 mai, sont le grand moment de démocratie européenne. Elles déclenchent le renouvellement des dirigeants européens, à la tête de la Commission, du Conseil européen ou de la diplomatie européenne (Haut représentant).

Le siège du Parlement européen à Strasbourg au bord de l'eau (crédit : PE)

Lire aussi notre dossier N°18. Dossier Elections 2014 et Commission 2014

La campagne démarre... doucement

Mardi 28 août 2018. En visite à Milan, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán ouvre la campagne sur le thème de l'immigration. « Il y a actuellement deux camps en Europe et l'un est dirigé par Macron. Emmanuel Macron est à la tête des forces politiques soutenant l'immigration. [...] Et nous, nous voulons arrêter l'immigration illégale. » Le lendemain (29 août), en visite au Danemark, le président français Emmanuel Macron assume le clivage et réplique : « Je ne céderai rien aux nationalistes et à ceux qui prônent ce discours de haine. S'ils ont voulu voir en ma personne leur opposant principal, ils ont raison ».

Mercredi 5 septembre 2018. L'eurodéputé allemand CSU, président du groupe PPE au Parlement européen, Manfred Weber, se déclare candidat à la tête de liste du PPE, et s'il l'emporte à la tête de la Commission européenne. Il est soutenu par la Chancelière Angela Merkel.

Que cache la candidature de Manfred Weber à la Commission ?

Dimanche 9 septembre 2018. Élections législatives en Suède, le parti d'extrême-droite donné favori dans les sondages obtient finalement 17,8% des voix et des sièges... Face à eux, la coalition du parti social-démocrate et les verts reste leader avec 42% des sièges.

Le même jour, Guy Verhofstadt, président du groupe ALDE au Parlement européen, appelle Emmanuel Macron et son parti la République en Marche à s'allier à son groupe, dans une interview à Ouest France. Il critique le système des Spitzenkandidat.

Mardi 11 septembre 2018. Les présidents des groupes parlementaires Gabi Zimmer (GUE/NGL), Udo Bullmann (S&D), et Philippe Lamberts (coprésident Verts/ALE) annoncent, tour à tour, qu’ils ne souhaitent pas être nommés Spitzenkandidat par leurs partis.

Lundi 17 septembre 2018. Le Slovaque Maros Sefcovic (SMER), actuel commissaire en charge de l'énergie, annonce sa candidature comme tête de liste du parti socialiste européen (PSE) aux prochaines élections et à la présidence de la future Commission européenne.

Deux députés européens verts se retrouvent dans la liste des candidats à la tête de file pour les prochaines élections européennes, dont la leader actuelle, l'Allemande Ska Keller, et le Néerlandais Bas Eickhout.

Septembre 2018. Une première évaluation laisse entendre une baisse forte des deux partis de gouvernement (PPE et S&D) leur empêchant d'atteindre (comme en 2014) la majorité absolue. La montée du groupe libéral et démocrate est ralentie par le faible score des 'En Marche'. La gauche et les verts augmentent légèrement leur score. Mais c'est l'extrême-droite qui pourrait amorcer une notable augmentation. Une inconnue subsiste sur la formation des groupes eurosceptiques.

Européennes 2019. Quels changements attendre ?

Mardi 2 octobre 2018. Le Finlandais Alexander Stubb, ancien premier ministre et ministre des Affaires étrangères déclare sa candidature comme Spitzenkandidat du groupe PPE. Il est actuellement vice-président de la Banque européenne d'investissement.

Jeudi 4 octobre 2018. Le Français Pierre Moscovici annonce dans le Monde, renoncer à se présenter comme Spitzenkandidat pour le parti socialiste européen (PSE).

Dimanche 7 octobre 2018. Les élections législatives en Lettonie voient la victoire du parti social-démocrate Harmonie qui se maintient en tête avec 19,8 % des voix (23 sièges, — 1), mais le parti paysan et verts du Premier ministre, Maris Kucinskis, baisse largement (9,9 % 11 sièges, — 10). Les vainqueurs du scrutin sont les conservateurs populistes du KPV (14,25 %, 16 sièges) et le nouveau Parti conservateur plus europhile (13,6 %, 16 sièges), suivis par les libéraux europhiles de Attīstībai/Par (pour le Développement) avec 12,0 % des voix (13 sièges), Les nationalistes de Nacionālā apvienība régressent avec 11,0 % (13 sièges, — 4 sièges) tandis que Nouvelle Unité (centre droit) obtient 6,7 %. (source : Amb. Lettonie). 

Mercredi 10 octobre 2018. Frans Timmermans, le vice-président de la Commission européenne se présente comme Spitzenkandidat du Parti socialiste européen (PSE).

Dimanche 14 octobre 2018. Élections législatives au Luxembourg. La coalition au pouvoir formée des libéraux, socio-démocrates et verts se voit confortée par les urnes, avec un rééquilibrage interne. Libéraux (16,92 %, 12 sièges, -1) et sociaux-démocrates (17,60 %, 10 sièges, -3 ) perdent quelques plumes au profit des Verts (15,13 %, 9 sièges, + 3). Le nouveau parti 'pirates' fait son entrée à la chambre avec 2 sièges (6,45%). Les Chrétiens-démocrates restent le premier parti du Grand-Duché mais s'effritent encore (28,31 %, 21 sièges, -2).

Dimanche 14 octobre 2018. Les élections régionales en Bavière (Allemagne) démontrent un effacement certain des deux partis de gouvernement : la CSU perd sa majorité absolue (37,25%, 85 sièges, -16), le SPD s'écrase (9,73%, 22 sièges, -20) au profit des Verts (17,55%, 38 sièges + 20) et de l'extrême-droite de l'AfD (10,21%, 22 sièges) qui fait son entrée à l'assemblée régionale. Les autres votes se répartissent entre le parti régionaliste libéral Freie Wähler (11,60%, 27 sièges, +8) et les libéraux du FDP qui passent juste la barre des 5% pour être représentés (5,08%, 11 sièges).

Vendredi 26 octobre 2018. Des élections présidentielles se déroulent en Irlande, dont sort gagnant le président Michael D. Higgings (parti travailliste), réélu pour un second mandat à environ 55% des voix.

Dimanche 28 octobre 2018. Les élections régionales se sont déroulées dans le Land de Hesse (Allemagne). La CDU chute de 10 points (26,96%, 40 sièges, -7) tout comme le SPD (19,80%, 29 sièges, -8) au profit des Verts (19,81% 29 sièges, + 15) qui codirigent le Land avec la CDU. L'extrême-droite AFD (13,14%, 19 sièges) fait son entrée. Les libéraux du FDP (7,49%, 11 sièges, +5) et la gauche Die Linke (6,30 %, 9 sièges, +3) gagnent quelques élu(e)s.

*7-8 novembre 2018. Lors du Congrès du parti populaire européen (PPE) à Helsinki (Finlande), Manfred Weber a été élu en tant que candidat pour la présidence à la Commission européenne, avant les élections au Parlement européen de mai 2019.

*8-10 novembre 2018. Le Congrès du parti des Libéraux et Démocrates (ALDE), co organisé par le parti espagnol Ciudadanos, s'est tenu à Madrid (Espagne). A cette occasion, le parti La République en Marche a entendu former une coalition avec ALDE en vue des élections européennes de mai 2019, pour « casser les équilibres actuels qui existent au Parlement européen ».

*7-8 décembre 2018. Le parti Socialiste Européen (PSE) a organisé son congrès à Lisbonne (Portugal), où Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, a été désigné comme candidat pour la présidence.

*Mecredi 9 janvier 2019. Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini, chef de la Ligue du Nord, rencontre à Varsovie Jaroslaw Kaczyński, le chef du parti conservateur polonais (PiS). Objectif : discuter d'une alliance pour les élections européennes de mai. Le PiS doit chercher d'autres alliances avec le départ des Tories britanniques.

*Vendredi 11 janvier 2019. La commissaire européenne à la Politique régionale, la Roumaine Corina Crețu, a annoncé sur DIGI 24  son intention de se porter candidate aux élections européennes, sous une autre étiquette que le PSD. Membre du parti social-démocrate, elle n'a pas trouvé de place et sera sous les couleurs de « Pro Romania» de l’ancien Premier ministre Victor Ponta.

*Lundi 21 janvier 2019. Le commissaire européen à l'Energie, Maroš Šefčovič, annonce sa candidature aux élections présidentielles en Slovaquie, en mars. Il « sera en congé de la Commission européenne dès le 1er février » a précisé le porte-parole de la Commission. Son portefeuille sera assuré par le commissaire Miguel Arias Cañete, en charge du Climat et Energie.

Le Premier ministre suédois Stefan Löfven a réussi, quatre mois après les élections, à constituer un gouvernement, composé des socio-démocrates et Verts, avec le soutien du parti du Centre et des Libéraux et l'abstention de la gauche. Il a obtenu ainsi vendredi (18 janvier), 153 voix au Riksdag contre 115 voix, avec 77 abstentions. La déclaration politique et les ministres doivent être présentés ce lundi (21 janvier).

*Mercredi 23 janvier 2019. Autriche. OVP. Eurodéputé autrichien depuis 1999, Othmar Karas rempile et prend la tête de liste du parti chrétien démocrate l'OVP (groupe PPE) aux Européennes.

*Vendredi 25 janvier 2019. L'eurodéputée finlandaise verte Heidi Hautala (Vihreä liitto), candidate à sa succession aux élections européennes, réitère également sa candidature à un poste de commissaire européen.

*Mardi 29 janvier 2019. Le chef du parti Les Républicains (PPE) propose trois noms pour conduire la liste aux Européennes : le professeur de philosophie François-Xavier Bellamy (traditionnaliste), la vice-présidente de la région Ile-de-France Agnès Evren (proche de François Baroin) et l'eurodéputé Arnaud Danjean (proche de Alain Juppé).

*Lundi 4 février 2019. La Commission européenne appelle les partis qui ne l'ont pas encore fait à désigner un Spitzenkandidat.

Le même jour, Nicolas Schmit est pressenti pour tenir le rôle de Commissaire luxembourgeois. Ancien ministre du Travail sous Jean-Claude Juncker (2000-2013) et Xavier Bettel (2013-2018), c'est un très bon connaisseur de l'Europe.

*Mercredi 6 février 2019. Au moins 6 députés européens français ne renouvelleront pas leur mandat européen. Il s'agit notamment de Alain Lamassoure, vice-président de la délégation française du groupe PPE, Jean Arthuis (ALDE /LREM), corapporteur sur le MFF 2021/2027, Elisabeth Morin-Chartier (ex LR/PPE), José Bové chez les Verts, et Edouard Martin du groupe Générations, Michel Dantin (LR) pour se concentrer sur son mandat de maire, et Françoise Grossetête (LR), vice présidente du Parlement, n'a pas encore pris sa décision.

*Lundi 18 février 2019. La Commission européenne a confirmé que le commissaire Vytenis Andriukaitis sera en « congé de la Commission sans rémunération, afin d’être candidat aux élections présidentielles en Lituanie », du 1er avril jusqu’au 30 avril, et du 14 au 27 mai en cas de second tour. Son portefeuille (santé) est transféré au vice-président Jyrki Katainen.

 


Le calendrier à venir

13-14 décembre 2018 : Conseil européen à Bruxelles. Même si le sujet ne figure pas officiellement à l'ordre du jour, la discussion sur les futurs candidats pourrait être abordé en bilatérale ou dans les coulisses.

A partir de la mi-février: Le Parlement européen fournira régulièrement des projections sur la composition du prochain Parlement, en terme de sièges pour les groupes politiques et les partis nationaux (nouveauté). (lire: Européennes 2019: l'axe PPE-S&D perd sa majorité absolue)

mars 2019 : Début (officiel) de la campagne électorale

3 mars 2019 : Élections législatives en Estonie

mars 2019 : Élections présidentielles en Slovaquie

21-22 mars 2019 : Conseil européen à Bruxelles.

29 mars 2019 : date prévue pour le retrait officiel du Royaume-Uni de l'Union européenne

15-18 avril 2019 : Dernière session du Parlement européen. Les eurodéputés — dont nombre ne reviendront pas ou ne se représentent pas — partent, du Parlement, en campagne électorale ou vers d'autres horizons. (calendrier)

avril 2019 : Élections législatives en Finlande

9 mai 2019 : Sommet informel sur l'avenir de l'Europe à Sibiu (Roumanie).

15 mai 2019: Débat entre les têtes de liste européennes à Bruxelles, avec retransmission prévue sur le site du Parlement.

Jeudi 23 au dimanche 26 mai 2019 : Élections européennes, vote étalé sur plusieurs jours selon les pays.

Dimanche 26 mai 2019 : Élections législatives en Belgique

17 juin 2019 (date limite) : Élections législatives au Danemark

20-21 juin 2019 : Conseil européen. Désignation du futur président de la Commission européenne et (éventuellement) du futur Haut représentant de l'UE.

2 au 4 juillet 2019 : Première session plénière (constitutive) du nouveau Parlement européen à Strasbourg . Élection du Président du Parlement européen.

15 au 18 juillet 2019 : session plénière du Parlement européen à Strasbourg. Approbation (provisoire) du nom du président désigné de la Commission européenne

juillet-août 2019 (théoriquement) : le président désigné de la Commission européenne constitue son équipe de commissaires, désignés par les États membres.

septembre 2019 (théoriquement) : Audition des futurs commissaires par le Parlement européen

septembre 2019 : Élections législatives en Grèce et au Portugal

1er novembre 2019 (date prévue) : entrée en fonction de la nouvelle Commission européenne et du Haut représentant

1er décembre 2019 (date prévue) : entrée en fonction du nouveau président du Conseil européen.


Nos analyses et nos fiches mémo (B2 Pro)

Lire aussi : les interventions des dirigeants européens sur le futur de l'Europe

 

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