N°68. L’Europe face à la crise au Venezuela

N°68. L’Europe face à la crise au Venezuela

(B2) Cela fait plus de deux ans que la crise vénézuélienne est à l'agenda des Européens. Les ministres ont d'abord misé sur un trio de médiateurs (avec l'ancien Premier ministre José Luis Zapatero), puis, faute d'aboutissement, ont prononcé des sanctions, voulant faire pression sur Maduro pour finir par reconnaitre Juan Guaidó comme le président légitime du Venezuela.

  • Dimanche 6 décembre 2015, aux élections législatives, l'opposition (droite) l'emporte largement avec 112 sièges (3 seront invalidés ensuite) sur 167. La nouvelle assemblée prend ses fonctions le 5 janvier 2016.

Lundi 18 juillet 2016, un trio médiateur est mis en place, composé de José Luis Rodriguez Zapatero (Espagne), Leonel Fernandez (Rép. Dominicaine) et Martin Torrijos (Panama). Les 28 ministres donnent mandat à la Haute représentante Federica Mogherini pour aider à renouer le dialogue. Lire : Le trio médiateur au Venezuela soutenu par les Européens

  • Mardi 25 octobre 2016, l'assemblée ouvre un procès en destitution contre le président Nicolás Maduro. Le Grand Pôle patriotique Simón Bolívar (GSPPB) a la quasi-totalité des sièges.

Lundi 15 mai 2017, malgré les efforts de médiation, la situation demeure sensible au Venezuela. L'escalade de violences inquiète les ministres des Affaires étrangères. L'Union européenne appelle à la mise en place d'une solution pacifique. Un avertissement sans sanctions. Lire : L'UE inquiète du blocage politique et des violences au Venezuela

Mercredi 5 juillet 2017, le président français adresse une lettre à Nicolás Maduro, indiquant : « Nous sommes disponibles pour faciliter les négociations par la voie du dialogue ».

  • Dimanche 30 juillet 2017, élection d'une nouvelle assemblée constituante, chargée de rédiger une nouvelle constitution, qui se substitue à l'assemblée législative. Nombreuses violences.
  • Lundi 31 juillet 2017, les États-Unis décident un gel des avoirs du président Nicolás Maduro. Ils qualifient les élections « d’illégitimes » et le président vénézuélien de « dictateur ».
  • Mercredi 2 août 2017, la Haute représentante déclare que « l'Union européenne et ses États membres déplorent vivement la décision prise par les autorités vénézuéliennes de procéder à l'élection d'une Assemblée constituante le 30 juillet ».
  • Samedi 5 août 2017, le Mercosur décide de suspendre le Venezuela pour une durée indéterminée pour « violation de l'ordre constitutionnel ».
  • Vendredi 25 août 2017, les USA décident d'alourdir les sanctions, une décision bloque l'accès aux devises étrangères.

Jeudi et vendredi 7 et 8 septembre 2017, réunis en informelle à Tallinn, les ministres demandent à la Haute représentante de l'UE et au SEAE (service diplomatique européen) de présenter un 'papier d'options'. Lire : Venezuela. Un papier d'options demandé. Des sanctions à l'étude? 

  • Lundi 11 septembre 2017 : rencontre entre pouvoir et opposition à Saint-Domingue, dans le cadre de la médiation Zapatero-Medina. Pas d'accord.

Mardi 11 octobre 2017, le comité politique et de sécurité (COPS) de l'UE entame les travaux préparatoires aux sanctions.

Lundi 16 octobre 2017, les ministres des '28' menacent de passer aux sanctions. Ces doutes se fondent sur le respect des standards démocratiques lors des élections régionales et le dialogue difficile avec l'opposition. Lire : Venezuela. Les Européens agitent le bâton « sanctions »

Lundi 13 novembre 2017, le Conseil des Affaires étrangères de l'UE décide d'adopter un embargo sur les armes, à effet immédiat. Un régime de sanctions individuelles (avec gel des avoirs et interdiction de visas à la clé), est aussi mis en place pour adresser un signal au gouvernement de Nicolás Maduro. Mais aucun nom n'est mis sur cette liste... pour le moment. Lire : Embargo sur les armes et sanctions individuelles. Les 28 augmentent la pression sur le Venezuela

  • Jeudi et vendredi 11 et 12 janvier 2018, nouvelle rencontre entre pouvoir et opposition à Saint-Domingue. Sans succès.

Lundi 22 janvier 2018, face à l'inaction des autorités vénézuéliennes, les ministres des Affaires étrangères passent aux actes. Le gel des avoirs et une interdiction de voyager sont prononcées contre sept personnalités du régime, dont le ministre de l’Intérieur, le général Nestor Reverol. Lire : Venezuela. L’Europe passe au bâton. Sept responsables gouvernementaux mis à l’index

Lundi 26 février 2018, la question du Venezuela revient sur la table des ministres. Les derniers développements — l'échec du dialogue politique dit de Saint-Domingue comme les élections présidentielles —, inquiètent. Et les Européens veulent envisager « les prochaines étapes possibles ». Lire : A la réunion des ministres des Affaires étrangères (26 février 2018)

  • Dimanche 20 mai 2018, élections présidentielles et régionales. Nicolás Maduro est réélu par président en exercice par 67,8 % des voix (46% de participation).

Mardi 22 mai 2018, l'Union européenne, par le biais de la Haute représentante, ne cache pas son inquiétude face à cette réélection. Elle s'associe aux leaders du G7 pour dénoncer l'absence de démocratie, et menace de nouvelles sanctions en cas d'atteinte supplémentaire aux droits de l'Homme ou à l'Etat de droit. Lire : Venezuela. L'Europe inquiète après la réélection contestée de Maduro

Lundi 28 mai 2018, les 28 se mettent d'accord sur le principe de nouvelles sanctions, après de longs débats. Lire : Venezuela : les 28 donnent le top départ pour de nouvelles sanctions

Lundi 25 juin 2018, les ministres des Affaires étrangères de l'UE adoptent le set de sanctions supplémentaires ; elles visent onze dignitaires du gouvernement vénézuélien, dont la vice-présidente, un ministre, mais pas N. Maduro lui-même. Lire : Venezuela: L'UE franchit un cap et gèle les avoirs de 11 responsables vénézuéliens 

Lundi 15 octobre 2018, l'Union européenne envisage de créer un groupe de contact chargé de gérer la crise au Venezuela, annonce la chef de la diplomatie européenne, à l'issue d'une réunion du Conseil des affaires étrangères à Luxembourg. Lire : Au Venezuela, faciliter le dialogue, le mot d’ordre de l’UE

  • Novembre 2018, plus de trois millions d'habitants ont fui le Venezuela pour se réfugier dans les pays voisins, selon l'OIM.

Mercredi 23 janvier 2019, le président de l'Assemblée nationale Juan Guaidó se proclame président par intérim du pays. La Haute représentante réagit très vite au nom de l'Union européenne. Elle se contente de reconnaitre l'Assemblée nationale en tant qu'institution élue démocratiquement, et appelle à des élections, comme elle le fait depuis mai 2018. Lire : Venezuela. Les Européens satisfaits de la prise de pouvoir de Guaido sans l'avouer

Jeudi 31 janvier 2019, lors du Gymnich à Bucarest, la Haute représentante de l'UE Federica Mogherini confirme la création d'un groupe de contact international pour le Venezuela. Le secrétariat permanent sera assumé par l'Union européenne. Huit pays européens en font partie (France, Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Suède, Pays-Bas, Royaume-Uni), et quatre pays d'Amérique Latine (Equateur, Costa Rica, Uruguay, Bolivie). Objectif : « créer un climat de confiance et les conditions nécessaires à l'émergence d'un processus (électoral) crédible » et indépendant. Lire : Le groupe de contact international sur le Venezuela, enfin, créé ! Sous leadership européen

Lundi 4 février 2019, 19 gouvernements européens reconnaissent de façon coordonnée Juan Guaido, le président de l'Assemblée vénézuélienne, comme président par intérim, avec mandat de convoquer de nouvelles élections présidentielles. Neuf restent plus discrets. Lire  Venezuela : plusieurs pays européens reconnaissent Juan Guaido. Mais pas tous Cette division est révélatrice d'une division entre Européens. La position européenne reste difficile à comprendre

.... A suivre