N°74. Le contrat rompu des BPC Mistral russes. Un pari géopolitique osé, mais raté

N°74. Le contrat rompu des BPC Mistral russes. Un pari géopolitique osé, mais raté

(B2) Il y a dix ans s'amorçait ce qui n'était pas seulement un contrat d'armement classique, ou une opportunité économique, mais une vraie opération stratégique : rapprocher la Russie de l'Europe

Le BPC Sébastopol aux chantiers de l'Atlantique (crédit : STX - Archives B2 - 2013)

La vente de deux bâtiments de projection et de commandement (BPC, type 'Mistral') à la Russie est, pour la France, alors un acte à la fois économique (sauver les chantiers de Saint-Nazaire) et politique (se rapprocher de la Russie). Du côté russe, c'est aussi un acte très politique : acheter du matériel à un pays membre de l'OTAN n'est pas anodin. Les militaires russes ne sont d'ailleurs pas follement enthousiastes de cette option. Entre les deux bords du continent européen, cet achat s'inscrit dans un futur pacte de sécurité européen proposé par le Kremlin qui doit amorcer une nouvelle ère de détente. Ère souhaitée par la France mais aussi l'Allemagne. Un pari osé, mais finalement raté...

A la fin des années 2000, les anciens chantiers de l’Atlantique (de Saint-Nazaire dans l'ouest de la France) sont à bout de souffle. Ils changent d'actionnaire, le groupe sud-coréen STX prenant le contrôle de son propriétaire norvégien, Aker Yards. Les effectifs fondent d’année en année. Un plan d'économies, avec chômage partiel et départs volontaires à la clé, est mis en place en 2009. Pour donner un souffle d'air aux chantiers, le gouvernement anticipe en avril 2009 la commande d’un troisième bâtiment de projection et de commandement (BPC), le Dixmude, et notifie le contrat pour donner un premier souffle d’air aux chantiers, en attendant d'autres commandes (civiles notamment). Commande entérinée dans la loi de programmation militaire. Début 2010, les chantiers n’emploient qu’un peu plus de 2000 personnes.

Un rapprochement stratégique franco-russe qui s'esquisse sur fond de tension géorgienne

Jeudi 5 juin 2008, nouvellement élu, le président russe Dmitri Medvedev lors d'un discours à Berlin propose aux Européens un 'pacte de sécurité' paneuropéen.

Dans la nuit du jeudi 7 au 8 août 2008, les hostilités commencent en Géorgie suivie d'une intervention russe. Lire dossier N°44. EUMM Georgia. Des Européens face à la Russie

Mardi 12 août 2008, un accord entre le président Russe Dmitri Medvedev et le Français Nicolas Sarkozy, président en titre du Conseil de l'Union européenne, met fin au conflit selon un plan en six points (le plan Medvedev-Sarkozy).

Samedi 27 septembre 2008, lors de l’assemblée générale de l’ONU, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov développe l'idée, proposant la tenue d'un sommet paneuropéen.

Mardi 7 octobre 2008, l'accord pour la venue de quatre hélicoptères russes en renfort de l'opération européenne de stabilisation à l'Est du Tchad (EUFOR RCA Tchad) est finalisé, opération en grande partie initiée par la France. Lire notre dossier N°04. L’UE dans le désert des sables tchadiens. EUFOR Tchad 2008

Vendredi 14 novembre 2008, lors du sommet européen, très officiellement, le président français Sarkozy répond oui à la proposition de Medvedev d’un pacte de sécurité

Le contrat des BPC russes s'amorce

♦ Mercredi 26 août 2009, à Oulan-Bator (Mongolie), le chef d'état-major russe, le général Nikolaï Makarov, indique « étudi[er] la possibilité d'acheter un navire en France » comme le BPC, indiquant vouloir conclure un contrat « cette année », selon Reuters.

Lundi 23 novembre 2009, le BPC Mistral commandé par le capitaine de vaisseau Didier Piaton est à Saint-Pétersbourg (Russie) pour une présentation à l’état-major russe, avec exercice à la clé d’appontage des hélicoptères russes Kamov.

Jeudi 26 novembre 2009, le président russe Dmitri Medvedev présente son projet de traité de sécurité lors du sommet UE-Russie, consacré à la question énergétique. Traité publié sur le site de la présidence russe dimanche suivant. Idée applaudie par Paris et Berlin. Lire : Un nouveau Traité… sur la sécurité et la défense ?

Jeudi 25 février 2010, « il y a des secteurs où nous voulons acquérir d'autres technologies » justifie, dans une interview à Paris-Match, le président russe Dmitri Medvedev. « Notre industrie doit être ouverte à la concurrence. C'est le cas des navires de guerre. »

Jeudi 25 février 2010 — face aux critiques notamment des Baltes et Polonais, lors de la réunion informelle des ministres de la Défense à Palma de Majorque, le ministre de la Défense Hervé Morin justifie le contrat des BPC : « La Russie a changé, il faut changer notre regard, nos lunettes ». Lire : Le Russe achète, les Baltes râlent, la France philosophe.

Lundi 1er mars 2010, lors d'une visite en France du président Dmitri Medvedev, Nicolas Sarkozy indique que les deux pays ont entamé des « négociations exclusives » pour l'achat par Moscou de quatre BPC Mistral. Des navires livrés « sans équipement militaire ». Un point qui suscite la discussion entre les Russes — désirant des équipements — et les Français, tout comme le nombre de navires construits en France et en Russie. L'option envisagée est le '1+3' (un navire construit en France, trois en Russie).

Mercredi 30 juin 2010, les ministres des Affaires étrangères du triangle de Weimar français (B. Kouchner), allemand (K. Westerwelle) et polonais (R. Sikorski) se rencontrent avec leur homologue russe, Sergueï Lavrov. « Le partenariat avec la Russie est un objectif stratégique de l’UE, ce n’est pas du tout, au contraire, un facteur de division » précise Bernard Kouchner à la fin de la rencontre. Lire : Un comité de sécurité UE-Russie plaide le triangle de Weimar

Vendredi 23 juillet 2010, la France construira pour la Russie deux navires de guerre de type Mistral, confirme le président français lors d'une visite aux chantiers navals de Saint-Nazaire, sur un schéma '2+2' (deux navires construits en France, deux autres en Russie). « Avec nos amis russes vous allez fabriquer les deux BPC. Le contrat, on est en train de le négocier, mais la décision de le faire, elle, est certaine » déclare Nicolas Sarkozy lors d'un discours devant les salariés des chantiers navals STX.

Vendredi 3 septembre 2010, le général Håkan Syrén, président du comité militaire de l’UE, est à Moscou, pour voir son homologue russe, le général Nikolaï Makarov. Lire : L’UE et la Russie créent un groupe de travail sur la sécurité. Détails

Mardi 7 septembre 2010, les ministres russes des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et de la Défense Anatoli Serdioukov s'entretiennent à Paris avec leurs homologues français, avant d’être reçu par le Président de la République Nicolas Sarkozy. Au menu, la vente du BPC. « Les derniers contacts sont encourageants » indique la présidence française. « Les négociations sont en cours et concrètes […] elles portent sur le transfert de technologie » précise Sergueï Lavrov qui ajoute que, malgré des négociations exclusives avec la France, la Russie a décidé de lancer un appel d'offres « parce que notre droit l'exige ».

Mardi 5 octobre 2010, la Russie lance un appel d'offre international. Trois pays européens : les Pays-Bas, l'Espagne et la France répondent.

Vendredi 24 décembre 2010, un communiqué commun des présidents russe et français annonce que la marine russe a « retenu l'offre présentée par le consortium formé par les industriels français DCNS et STX et les chantiers navals russes OSK » pour la construction en commun de deux navires de type BPC Mistral, « qui devrait être prolongée par la fabrication de deux unités supplémentaires ».

La signature du contrat

♦Mardi 25 janvier 2011, le président français Nicolas Sarkozy se rend aux chantiers STX de Saint-Nazaire, accompagné d'une délégation russe. Le ministre de la Défense Alain Juppé signe avec le vice-premier ministre de la fédération de Russie, Igor Setchine, une lettre d'intention portant sur la construction de quatre navires porte-hélicoptères, dont deux construits par les chantiers, et deux autres en Russie. Selon le directeur général STX-France, Jacques Hardelay, le premier BPC devrait être construit pour 80% en France et pour 20% en Russie (la livraison est alors prévue pour fin 2013). Pour le deuxième, livrable un an plus tard, la part russe pourrait monter à 40%, selon lui. Le rapport devait s'inverser pour les 3e et 4e navires. « Ce projet est le plus important parmi ceux jamais réalisés par la Russie et par un pays occidental dans ce domaine », indique le communiqué commun, affirmant qu'il garantira « de très nombreux emplois pour les entreprises russes et françaises » et ouvrira « de nouvelles perspectives de coopération » entre les deux pays.

Vendredi 17 juin 2011, le contrat pour la construction de deux portes-hélicoptères du modèle du Mistral est signé entre le Russe "Rosoboronexport" et le Français DCNS, à Saint-Pétersbourg, en marge du Forum économique mondial. Il prévoit outre la livraison des navires, « les services et prestations associés (logistique initiale, formation, transfert de technologies ». Montant : 1,7 milliard $. Moscou espère gagner en technologie et rattraper une partie du retard qu’ont acquis les chantiers navals russes.

Début novembre 2011, les études de conception des navires débutent « pour prendre en compte les spécificités russes ».

Vendredi 2 décembre 2011, les Chantiers de la Baltique signent un contrat de 2,5 milliards de roubles (60,2 millions d'euros) pour la construction des coques de deux porte-hélicoptères de type Mistral dénommés Vladivostok et Sébastopol. Les hélicoptères seront russes : Kamov Ka-29 et Kamov Ka-52K14.

Mercredi 1er février 2012, la production industrielle du premier des deux BPC (le Vladivostok) est lancée sur le site des chantiers STX de Saint-Nazaire.

Novembre 2012 (Analyse) Le BPC un formidable « couteau suisse »

Vendredi 21 décembre 2012, le gouvernement russe aurait renoncé à l'option sur les deux navires Mistral supplémentaires annonce le journal Vedomosti et repris par la presse française. Seuls les deux navires commandés initialement seront donc livrés. Les Russes renoncent ainsi à une option autrement plus risquée à la fois pour l’industrie française maritime et pour l’équilibre géopolitique que la livraison des deux navires Vladivostok et Sébastopol.

Lundi 27 septembre 2013, les deux parties — la proue française et la poupe russe — commencent à être assemblées à Saint-Nazaire, indique Ouest-France.

La crispation due à la situation en Ukraine


Vendredi 28 février 2014, des troupes russes interviennent en Crimée (Ukraine) et le parlement de Crimée déclare son indépendance le 1er mars. Après un référendum le 16 mars, la Russie annonce le 18 mars son rattachement à la Russie.

Mercredi 5 mars 2014, le premier navire (le Vladivostok) qui doit être livré à la marine russe en novembre 2014 fait son premier essai en mer. Le président français François Hollande précise, le lendemain, le 6 mars, que le contrat est « maintenu à ce stade ».

Mars 2014 (Analyse). Pour les Européens, des leçons à tirer de la crise ukrano-russe. Merci Poutine ?*

Samedi 8 mars 2014, crash d'un Boeing de la Malaysian Airlines (MH 17) atteint par un missile au-dessus de l'Ukraine. Voir notre dossier

Dimanche 11 mai 2014, déclaration d’autonomie des républiques de l'Est de l'Ukraine du Donbass, Donetsk et Louhansk.

Jeudi 5 juin 2014, lors du G7 à Bruxelles, le président américain Barack Obama exprime ses « préoccupations, et je ne pense pas être le seul, sur la continuation d’un accord de défense avec la Russie dans un contexte où elle a violé le droit international et la souveraineté de ses voisins » (Lire : Entre Obama et Hollande, un air de Mistral …).

Mardi 15 juillet 2014, la poupe du bâtiment, fabriquée en Russie, qui a quitté le 26 juin les chantiers navals de la Baltique arrive à Saint-Nazaire.

Lundi 21 juillet 2014 au soir, la livraison du second navire de commandement (BPC), de type Mistral, à la Russie devient hypothétique, conditionnée à l'attitude de Moscou, explique le président français François Hollande. En revanche, la livraison du premier navire sera effectuée comme prévu. « Le premier navire est quasiment achevé et va être livré, tel que cela est prévu, au mois d'octobre. Pour l'instant, aucun niveau de sanction n'a été décidé pour empêcher cette livraison. Est-ce à dire que le reste du contrat, le deuxième Mistral, pourra être fait? Cela dépendra de l'attitude la Russie ». La construction et la livraison des navires Mistral continue, malgré tout (Fr. Hollande)

Juillet 2014 (Analyse), le temps de la tergiversation et l’hésitation ne semble plus possible. L’embargo sur les armes est désormais sur toutes les lèvres. Il s’agit de viser au coeur, quelques sociétés de l’establishment russe (la société d’exportation d’armes par exemple…). Lire : L’embargo (armes, finances) contre la Russie devient inéluctable

Août 2014 (Analyse), la position française sur la vente des navires porte-hélicoptères, de type Mistral, à la Russie semble beaucoup moins assurée qu'avant. Les offensives russes en Ukraine rendent la décision de plus en plus difficile... Lire : Le Mistral livré à la Russie a-t-il du plomb dans l’aile ?

Septembre 2014 (Analyse) Tour de vis financier contre la Russie. Le détail du texte… quand il sera en vigueur

Le contrat suspendu

Mercredi 3 septembre 2014, à la veille du sommet de l'OTAN, face aux tensions renouvelées en Ukraine et aux admonestations des alliés notamment américain, britannique, baltes et polonais, François Hollande constate que les conditions pour la livraison des BPC « ne sont pas réunies. (...) Le contrat est suspendu jusqu'en novembre » Lire : La vente du Mistral à la Russie est suspendue (Fr. Hollande)

Jeudi 12 septembre 2014, après quelques hésitations, les sanctions européennes contre la Russie sont alourdies, visant des entreprises de défense. Lire notre fiche Le dispositif de sanctions avec l’Ukraine et la Russie. Le point

Nuit du 20 au 21 octobre 2014, le premier navire BPC russe est mis à l'eau. Il est prévu que le Sébastopol, rejoigne la marine russe en automne 2015.

Mardi 28 octobre 2014, les ambassadeurs de l'Union européenne décident de ne pas toucher au volet "sanctions" contre la Russie. Une décision conforme avec la volonté du Conseil européen. Lire : L’UE ne veut pas toucher au « paquet » de sanctions contre la Russie.

Mardi 28 octobre 2014, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, indique, au salon Euronaval, qu'une « décision finale sera prise par le président français, François Hollande, en novembre »

Jeudi 30 octobre 2014, le ministre français des Finances, Michel Sapin, invité de RTL, a souligné que les « conditions n'étaient pas réunies aujourd'hui » pour une telle livraison avant de détailler ces conditions : « qu'en Ukraine, nous soyons dans un dispositif que va vers la normale, qui permettre de détendre les choses, que la Russie joue un rôle positif. (Mais) D'un certain point de vue, ça va mieux, d'un autre point de vue, il y a encore des inquiétudes. Donc aujourd'hui, les conditions ne sont pas réunies. »

Fin octobre 2014, la cérémonie de livraison du Vladivostok, le premier navire BPC russe, est prévue pour prendre place le 14 novembre à St Nazaire, selon la lettre d’invitation de DCNS, adressée à son client russe, Rosoboronexport, qui a fuité dans la presse. Lire : Le Mistral livré le 14 novembre ?

Mardi 25 novembre 2014, la décision est prise au plus haut niveau français. Le Vladivostok, le navire porte-hélicoptères de type Mistral ne rejoindra pas son port d'attache en Russie. Le président français François Hollande rend publique sa décision : « la livraison du BPC est suspendue jusqu'à nouvel ordre ». Lire : le Vladivostok (alias le Mistral russe) ne rejoindra pas son client. Varsovie satisfait ? Il n'est pas encore question d'annulation du contrat, mais de report de la livraison.

Novembre 2014 (Analyse). Vendre le « Mistral » russe à l’Union européenne. Heu… Ca coute combien ?

La négociation sur l'indemnisation

Mi janvier 2015, le gouvernement russe envoie une demande formelle demandant à la France d'expliquer les raisons de la non-conformité du contrat pour la fourniture du navire porte-hélicoptères. La France choisit de résilier le contrat sur la base d'accords entre les deux gouvernements. Les négociations sont menées, côté russe, par le vice Premier ministre Dimitri Rogozine (ancien ambassadeur russe à l'OTAN) et, côté français, par le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), Louis Gautier (un proche de François Hollande qui a présidé la commission du Livre blanc sur la Défense).

Jeudi 12 février 2015, en marge du Conseil européen, à Bruxelles, le président François Hollande dément certaines rumeurs, venant de Russie, sur une possible livraison du premier navire de type BPC Mistral en mars. « Les conditions ne sont toujours pas réunies » explique-t-il à quelques journalistes. « Elles seront, je l’espère, un jour » ajoute-t-il, fixant trois conditions pour livrer le Mistral (Fr. Hollande). Le coût de la non-livraison

Lundi 16 mars 2015, le second BPC russe 'Sébastopol', qui devait théoriquement être livré à l'automne 2015, fait sa première sortie en mer indique France 3.

Au printemps 2015, les négociations entrent dans une phase plus active  et se concentrent sur le montant de l'indemnisation à reverser ainsi que la possibilité de revente.

Avril 2015 (Analyse) Les Mistral russes c’est fini… ou presque ?

Jeudi 16 avril 2015, « bien sûr, le refus de livrer des navires dans le cadre du contrat existant est un mauvais signe » , indique le président russe Vladimir Poutine lors de sa séance annuelle de questions-réponses « Direct line » à la télévision russe. Mais « pour parler franchement, cela n’a que peu de conséquence pour nous ou notre capacité de défense. Nous avions prévu d’utiliser les navires en Extrême-Orient. Pour nous, ce n’est pas critique. On survivra ! ».

Mercredi 22 avril 2015, le président français François Hollande confirme officiellement lors de sa conférence de presse commune avec le président ukrainien Petro Porochenko, à l’Elysée. Si les BPC Mistral ne sont pas livrés à la Russie, ils seront remboursés ! Lire : Les Mistral : on rembourse ! (François Hollande)

Jeudi 30 juillet 2015, l'assistant du président Poutine pour la coopération militaro-technique, Vladimir Kojine, annonce, via Ria Novosti, que « les négociations sont achevées. Tout a été décidé, les délais et la somme. L'accord sur la résiliation du contrat devrait être bientôt signé ». Ce qui est démenti le lendemain par les autorités françaises.

Août 2015 (Analyse), La fin du contrat des Mistral : la France perd-elle vraiment au change ?

Mercredi 5 août 2015, Français et Russes tombent d'accord sur l'indemnisation à verser (1,16 milliard d'euros) pour la non livraison des deux navires porte-hélicoptères de type Mistral, le 'Vladivostok' et le 'Sébastopol'. L'Élysée le confirme. Lire : Un accord sur le Vladivostok et le Sébastopol. La fin d’un flirt franco-russe*

La revente aux Égyptiens

Jeudi 17 septembre 2015, l'Assemblée nationale française approuve l'accord franco-russe. (projet de loi)

Mercredi 23 septembre 2015, dans un communiqué, l'Élysée annonce un accord sur la vente des BPC russes avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. En marge du sommet européen à Bruxelles, le président français François Hollande l'assure, ce contrat se fera « sans rien perdre financièrement ». Mais le montant s'avère inférieur à l'indemnisation russe : environ 950 millions d'euros.

Mercredi 30 septembre 2015, le Sénat ratifie l'accord entre la France et la Russie annulant la vente des navires BPC. (rapport législatif)

Samedi 10 octobre 2015, le Premier ministre français Manuel Valls signe officiellement au Caire la vente des deux navires BPC Mistral à la marine égyptienne. Les BPC sont renommés 'Gamal Abdel Nasser' et 'Anouar el Sadate'. L'objectif pour la France est de s'assurer la stabilité de l'Égypte, en modernisant son armement (Le Caire a acheté en février deux douzaines d'avions Rafale à la France).

Jeudi 23 juin 2016, le BPC Gamal Abdel Nasser (ex-Vladivostok) accoste dans le port d'Alexandrie en Égypte, livré par DCNS.

Vendredi 16 septembre 2016, le BPC Anouar el Sadate (ex-Sébastopol) est officiellement livré à la marine égyptienne à Saint-Nazaire. Il rejoint Alexandrie, début octobre 2016.

(Nicolas Gros-Verheyde)