Une commission d’experts pour réfléchir au futur de l’OTAN propose l’Allemand Heiko Maas. Une manière de combler le vide politique

(B2) Le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas n'arrive pas les mains vides à la réunion de Bruxelles des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN ce mercredi (20 novembre). Il entend proposer à ses homologues de l'OTAN, la création d'une commission d'experts sur 'le futur de l'Alliance'. Un moyen de panser les plaies et de combler le vide politique

Heiko Maas cherche un moyen de combler la distance qui s'installe entre les membres de l'OTAN. Ici avec à ses côtés Jean-Yves Le Drian lors de la ministérielle du 4 avril 2019 (crédit : OTAN)

L'Allemagne en médiateur

Après les critiques du président français Emmanuel Macron sur la 'mort cérébrale' de l'OTAN et le trouble causé au sein de l'Alliance, on ne peut « faire comme si de rien n'était » ('Weiter so') « Sinon, nous courons le risque de ne faire qu'aggraver encore l'incertitude au sein de l'Alliance et d'encourager une division dont des tiers pourraient se réjouir de voir » a-t-il indiqué en marge d'un déplacement à Kiev mardi (19 novembre), selon Der Spiegel.

Un constat semblable sur le fond à celui de Macron

Si on se fie aux échanges qu'ont eu les journalistes allemands avec leur ministre et les diplomates allemands, le constat fait à Berlin de l'état de l'Alliance rejoint d'assez près à celui dressé par Emmanuel Macron. Si les questions militaires font l'objet de discussions approfondies au sein de l'OTAN, la discussion sur les grandes lignes stratégiques fait cruellement défaut.

Un groupe qui ferait rapport au sommet de 2021

Ce groupe d'experts serait composé d'anciens ministres des affaires étrangères et de la défense et de hauts responsables issus de tous les groupes clés de l'OTAN (Est, Sud, Transatlantique, Turquie). Il devrait présenter un rapport d'ici le prochain sommet régulier de l'OTAN, qui a lieu traditionnellement après les élections présidentielles américaines.

Le Gymnich en modèle

À moyen terme, Maas a apparemment à l'esprit un échange plus étroit entre les partenaires de l'OTAN sur les questions politico-stratégiques. Les réunions informelles des ministres des Affaires étrangères de l'UE (type Gymnich) pourraient servir de modèle. Il est nécessaire « de combler l'écart dans le débat politique au sein de l'Alliance » insiste-t-on dans la délégation allemande. « Nous ne devons pas limiter la discussion nécessaire aux capacités militaires. L'OTAN est une alliance de valeurs et a toujours été un lieu politique. Un lieu où les stratégies de politique étrangère et de sécurité ont été discutées et planifiées de part et d'autre de l'Atlantique ».

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

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