Sikorski candidat de la Pologne pour prendre la succession de Catherine Ashton. Peut-être…

Le Premier ministre Tusk en visite à Gorsow Wiekopolski (crédit : Primature polonaise)
Le Premier ministre Tusk en visite à Gorsow Wiekopolski (crédit : Primature polonaise)

(BRUXELLES2) La Pologne a décidé de sortir du bois, après le sommet informel de Bruxelles. De retour au pays, le Premier ministre Donald Tusk a annoncé officiellement la candidature de son ministre des affaires étrangères, Radoslaw (Radek) Sikorski au poste de Haut représentant pour remplacer la Britannique (*) Catherine Ashton à partir de novembre. « Je vous le dis de façon très franche - a-t-il affirmé - La Pologne a déjà obtenu une influence sérieuse sur la politique étrangère de l'UE ». Pour le poste de « Haut Représentant, quand on parle de politique étrangère, Radoslaw Sikorski semble le choix le plus naturel », a confié Donald Tusk à plusieurs journalistes, lors d'un déplacement à Gorzow Wielkopolski, une petite ville située près de la frontière allemande, à l'ouest de Poznan.

La Pologne intéressée par d'autres postes également

Le Premier ministre a ajouté également « l'intérêt » de la Pologne pour plusieurs secteurs-clés parmi les commissaires comme l'énergie ou la concurrence » reconnaissant que les « négociations » pour les portefeuilles des commissaires dépendaient « de l'élection du nouveau président de la Commission européenne. « Ce sera une partie essentielle de sa décision » a-t-il précisé.

Commentaire : une sortie "du bois", très tactique

La Pologne est ainsi le premier pays à postuler officiellement à la candidature pour le poste de Haut représentant. Un poste auquel Radek Sikorski est sans doute pleinement qualifié. L'engagement très fort qu'il a manifesté en Ukraine pourrait cependant le desservir même si la Pologne a depuis quelques semaines, largement atténué ses positions. La question de l'équilibre à la fois politique et hommes-femmes est autrement plus problématique pour le Polonais.

Si la candidature de Jean-Claude Juncker ou d'un autre candidat PPE est retenu à la tête de la Commission européenne, la candidature de Radek Sikorski également du PPE est également problématique, à moins de considérer que les Sociaux-démocrates auront, en contrepartie, la présidence du Conseil européen et certains postes importants à valeur économique au sein de la Commission. Si la candidature (en second choix) d'un candidat social-démocrate à la tête de la Commission est retenue, en revanche, la candidature de Sikorski a davantage de chance.

Même si cette candidature échoue, cette sortie permet à la Pologne de se positionner dans l'équation de tête européenne afin de lui "donner" au moins ce poste ou sinon une solide contrepartie, commissaire à l'Energie ou à la Concurrence par exemple - comme mentionné expressément par le Premier ministre. Cette candidature de Sikorski aura alors servi de "monnaie d'échange".

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Pays dont Radek Sikorski avait la nationalité jusqu'à y renoncer pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle en 2010.

Lire aussi : Elections 2014. Tous candidats au poste de Haut représentant ?

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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