N°60. L’Europe face à la guerre en Syrie

(B2) Le conflit en Syrie démarré sous les auspices d'une révolution, dans le cadre du printemps arabe, s'est vite embourbé dans un triple conflit : civil, international par proxy interposé, et terroriste

Lire aussi notre dossier N°59. Attaques chimiques en Syrie, les lignes rouges franchies plusieurs fois et notre fiche sur le dispositif de sanctions

2011. Le printemps syrien démarre, l'Europe s'enthousiasme, les manifestations sont réprimées

Jeudi 3 février 2011 : manifestation à Damas contre la "monocratie, la corruption et la tyrannie". Plusieurs manifestations auront lieu dans la capitale et dans plusieurs villes du pays.

Jeudi 17 février 2011, nouvelle 'manifestation de la colère' à Damas, quelques centaines de personnes se rassemblent pendant plusieurs heures aux cris de "Le peuple syrien ne se dénigre pas", et de "Voleurs, voleurs" pour protester contre les rationnements et la brutalité du régime.

Lundi 21 février 2011, les 27 ministres des Affaires étrangères saluent les évolutions en Tunisie et en Égypte. « Les voix appelant au plein respect des droits politiques, sociaux et économiques doivent être écoutées attentivement » est-il mentionné dans les conclusions. Pas un mot sur la Syrie. C'est la Libye qui concentre l'attention avec les violences en cours.

Mercredi 2 mars 2011, l'arrestation et la torture d'adolescents accusés d'écrire des slogans contre le régime à Deraa, met le feu aux poudres. Les rassemblements se transforment en mouvement de foule dans tout le pays.

Vendredi 15 avril 2011, le régime de Bachar al-Assad réprime férocement les manifestations. Plus de 70 morts selon les dépêches d'agence pour cette journée. L'Union européenne exprime sa « profonde préoccupation » par la voix de la Haute représentante de l'UE et demande « la libération des manifestants immédiatement et sans condition ».

Vendredi 29 avril 2011, Au nom des 27, la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, exprime « sa grave préoccupation » et « condamne de façon forte la violence inacceptable contre des manifestants pacifiques ». L'UE annonce engager les travaux pour établir un embargo sur les armes et réviser son aide à la Syrie. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU adopte une résolution créant une commission d'enquête internationale.

Lundi 9 mai 2011, face aux violences, l'Union européenne met en place une série de sanctions vis-à-vis du régime syrien. (Sur les différentes évolutions du régime de sanctions, lire notre fiche)

Lundi 4 juillet 2011, l'auteur d'un des chants les plus célèbres du soulèvement populaire, Ibrahim Qachouch, est retrouvé mort, les cordes vocales arrachées.

Vendredi 29 juillet 2011, la création de l'armée libre syrienne (ASL), constituée pour partie d'anciens officiers, marque la fin d'une révolution pacifique.

Mercredi 17 août 2011, Bachar al-Assad assure à l’ONU que toutes les opérations contre les civils ont pris fin.

Mardi 23 août 2011, un Conseil national syrien, formé d'opposants syriens, souvent exilés, est créé.

Lundi 10 octobre 2011, le Conseil des Affaires étrangères de l'UE adopte des conclusions par lesquelles il accueille le Conseil national syrien « comme un pas en avant positif ».

2012. Une intervention onusienne nécessaire

Mercredi 11 janvier 2012, le journaliste français de France 2 Gilles Jacquier est tué à Homs. Paris ouvre une enquête pour homicide volontaire. Le régime et l’opposition s’accusent mutuellement.

Lundi 30 janvier 2012, « une réaction rapide du Conseil de sécurité de l’ONU est urgente » déclare le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, dans un communiqué publié en conclusion d'une réunion exceptionnelle des Chefs d’État et de gouvernement des '27' à Bruxelles. Lire : Syrie, les Européens tous pour une résolution à l’ONU. Chacun doit prendre ses responsabilités

Début février 2012, une mission du service diplomatique européen (SEAE) est au Liban et en Jordanie pour mettre au point ce plan, qui comporte aussi un important volet humanitaire, d’accueil des réfugiés syriens. Et le SEAE veut aussi renforcer sa délégation à Damas. De leur côté, les services consulaires des différentes capitales européennes présentes en Syrie sont en alerte. Et un plan d’évacuation est en préparation afin de pouvoir évacuer les citoyens européens vivant en Syrie, voire des citoyens de pays tiers, si ceux-ci demandent l’assistance de l’UE. Lire : Plan d’urgence déclenché pour la Syrie, pour évacuer les citoyens européens

Mercredi 8 février 2012 - Analyse. Dès qu’on parle d’une éventuelle opération militaire pour la Syrie, la réponse fuse du coté des officiels européens : « La Syrie n’est pas la Libye ». Et quand on approfondit, on peut voir que l’opération de l’OTAN en Libye a laissé des traces indéniables au plan international qui semblent bloquer aujourd’hui toute avancée supplémentaire sur la Syrie. Lire : Syrie : pas d’option militaire, ni No Fly Zone, même le mot « Otan » devient tabou

Vendredi 10 février 2012, la Haute représentante de l'Union, Catherine Ashton, « condamne dans les termes les plus forts » les actes perpétrés en Syrie. Lire : Les violences à Homs condamnées par l’UE

Dimanche 12 février 2012, réunie au Caire, la Ligue arabe demande l’envoi de Casques bleus et « d’ouvrir tous les canaux de communication » avec l’opposition syrienne et fournir toutes les formes de « soutien politique et matériel ». Elle décide l’arrêt des relations diplomatiques avec la Syrie et de se tourner vers l’opposition.

Lundi 13 février 2012, le leader des Libéraux et démocrates au Parlement européen, l'ancien Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, demande à la Haute représentante de l'Union, Catherine Ashton d'agir la Syrie. « Les massacres qui continuent contre le peuple syrien rendent encore plus impératif pour la communauté internationale d’agir. Lire : Le plan d’action de Verhofstadt pour la Syrie. Son appel à la Haute représentante

Vendredi 17 février 2012, l’Assemblée générale de l’ONU vote une résolution, à une large majorité (137 votes pour, 12 votes contre et 17 abstentions) non contraignante mais écrasante et condamne « la poursuite des violations généralisées ». Lire : Écrasante majorité pour condamner le régime syrien et ses violences. 12 contre

Mercredi 22 février 2012, deux journalistes — la journaliste américaine Marie Colvin (56 ans), du Sunday Times et le photographe français Rémi Ochlik (28 ans), sont tués à Homs. D’autres sont blessés, comme Edith Bouvier, qui demande de l’aide dans une vidéo publiée sur Internet. Elle rentrera saine et sauve le 2 mars.

Mercredi 22 février 2012, en presqu'un an de conflit, 8317 personnes, dont 559 enfants, ont été tuées en Syrie, depuis le début des violences, selon l’office satellitaire de l’ONU (UNSOSAT). Lire : Plus de 8000 tués, dont plus de 500 enfants, en Syrie

Dimanche 12 avril 2012. Entrée en vigueur officielle du cessez-le-feu dans le cadre du plan proposé par Kofi Annan, suivi du déploiement de 300 observateurs de l’ONU dont l’opération sera suspendue en juin.

Samedi 30 juin 2012, une réunion à Genève définit les principes de la négociation : un processus politique, « conduit par les Syriens, pour une transition pacifique et inclusive ».

Vendredi 17 août 2012, Lakhdar Brahimi (72 ans) accepte de succéder à Kofi Annan comme médiateur international de l'ONU pour le conflit syrien. A lire également : L’impossible exercice. La fin de la mission des observateurs en Syrie

Jeudi 28 juillet 2012, la Commission européenne annonce 20 millions d'euros en plus pour répondre aux nécessités de la population syrienne. Lire : L’Europe double son aide humanitaire en Syrie. Situation critique

Vendredi 7 septembre 2012, la Commissaire européenne chargée de l'aide humanitaire, Kristalina Georgieva, adresse un nouveau message aux gouvernements ainsi qu’à l’opinion publique. Lire : Syrie : on doit faire plus. Georgieva met la pression sur les gouvernements

Mardi 11 septembre 2012, Guy Verhofstadt dénonce l’attitude des Européens et de la Haute représentante de l’UE sur la Syrie. Lire : L’apostrophe de Guy sur la Syrie

Mercredi 3 octobre 2012, l'OTAN tient une Réunion d’urgence sur la Syrie, bd Leopold.

Lundi 19 novembre 2012, l'Union européenne reconnait la « Coalition nationale des forces d’opposition et révolutionnaires syriennes » comme les représentants légitimes du peuple syrien. Lire : La coalition syrienne à demi reconnue

À lire également : L’opposition syrienne unifiée, l’Europe respire

Lundi 10 décembre 2012, L’Europe appelle à la saisine de la Cour pénale internationale sur le régime syrien.

Vendredi 14 décembre 2012, les 27 Chefs d’État et de gouvernement, réunis en sommet à Bruxelles, chargent leurs ministres des Affaires étrangères d'examiner les options relatives au conflit syrien. Lire : Syrie : toutes les options sont ouvertes (disent les 27)

2013. Les Européens préoccupés par l'utilisation d'armes chimiques

Dimanche 6 janvier 2013. Bachar el-Assad présente un « plan politique » impliquant son maintien au pouvoir. L'opposition le rejette et la France qualifie les propos du dirigeant syrien de « déni de réalité ». Soupçonnant des transferts d'armes de la Syrie vers le Hezbollah libanais, Israël mène son premier raid aérien en Syrie le 30 janvier.

Mardi 12 mars 2013, Un agent de l’ambassade européenne en Syrie tué.

*Le 15 mars 2013, deux ans après le début de la crise syrienne, les Nations unies estiment à 975.000 le nombre de réfugiés, 4,25 millions de déplacés internes et 80.000 morts.

À lire également :

Vendredi 15 mars 2013, Cameron et Hollande argumentent en faveur de la levée de l'embargo sur les armes. Lire : Pour Paris et Londres, en Syrie : lever l’embargo sur les armes ou le chaos !

Mardi 14 mai 2013, Kristalina Georgieva, la commissaire européenne en charge de l’aide humanitaire, tire l'alarme sur La « folie » syrienne.

À lire également :

Mardi 28 mai 2013,  l'UE lève partiellement son embargo sur les armes sur la Syrie. Lire : L’Europe lève à moitié son embargo sur les armes. Un choix très politique et L’embargo sur les armes levé, non sans conditions…

Jeudi 6 juin 2013, la Commission européenne a annoncé le déblocage de 400 millions d’euros supplémentaires pour venir en aide aux réfugiés syriens. Lire : 400 millions d’euros supplémentaires pour les Syriens. Mais pataquès à la Commission

Mercredi 21 août 2013, lors d'une réunion exceptionnelle des ministres des Affaires étrangères de l'UE (normalement consacrée à la situation en Égypte), les Européens se montrent « gravement préoccupés » par  les attaques chimiques au gaz sarin sur la Ghouta dans la nuit du 20 au 21 août.

27 août 2013. Des avions de guerre et des avions de transport militaires sont arrivés dansla base britannique d’Akrotiri à Chypre. Lire : Chypre, base arrière pour l’intervention en Syrie

Jeudi 29 août 2013, le Parlement britannique vote contre l’usage de frappes militaires en Syrie. Lire : Frappes en Syrie : not now ! répondent les Brit’. Un modèle à suivre ?

Lire également :

Vendredi 6 septembre 2013, les ministres des Affaires étrangères de l'UE lors de leur réunion informelle de Vilnius (gymnich) sont unanimes : Les armes chimiques imputables à Assad. Un certain consensus européen

Samedi 14 septembre 2013, au terme de trois jours de négociation, un accord est conclu entre la Russie et les États-Unis pour éliminer les armes chimiques en Syrie sur la base des engagements pris par le régime de Bachar Al-Assad. Le régime syrien adhère à la Convention pour l'interdiction des armes chimiques.

Lundi 21 octobre 2013, les ministres des Affaires étrangères demandent aux parties syriennes de participer activement à la Conférence de paix de Genève. Lire : L’opposition syrienne doit s’asseoir à la table de négociation

Lundi 28 octobre 2013, l’Union européenne a débloqué 85 millions d’euros sur les 400 millions d’euros prévus pour faire face à la crise syrienne. Essentiellement humanitaire, cette aide permettra aussi de fournir des services de base à la population réfugiée à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie.

Vendredi 15 novembre 2013, le Haut Commissaire aux réfugiés condamne l'érection de barrières à certaines frontières de l'Union européenne. Lire : Réfugiés syriens. Le HCR condamne les dérapages et demande un moratoire des expulsions

2014. Un engagement plus prononcé des Européens

Mercredi 22 janvier 2014, les négociations de « Genève 2 » s'ouvrent : le régime et l'opposition se réunissent en Suisse pour trouver un « règlement pacifique » au conflit.

Le 15 mars 2014, après 3 ans de conflit, ce sont plus de 150.000 personnes qui ont perdu la vie, dont un tiers sont des civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (site). L'UNHCR annonce 2,6 millions de Syriens qui ont fui vers les pays voisins (Liban, Jordanie, Turquie, Iraq et Égypte). 6,5 millions de personnes sont déplacées en Syrie.

Samedi 19 avril 2014. Les quatre journalistes français otages en Syrie depuis dix mois sont relâchés par leurs ravisseurs.

Lundi 28 avril 2014. Le président Bachar al-Assad annonce sa candidature à la présidentielle du 3 juin.

Mardi 3 juin 2014. élection présidentielle organisée par le régime dans les territoires qu'il contrôle, large victoire de Bachar al-Assad (88,7 % des suffrages exprimés). L'opposition a qualifié cette consultation de « farce », et plusieurs pays occidentaux ont critiqué la tenue du scrutin. Investiture le 17 juillet.

Dimanche 29 juin 2014, l'organisation de l'état islamique (EIIL) proclame son califat à cheval entre l'Irak et la Syrie sous le nom raccourci d'État islamique. Les déstabilisations géopolitiques font un heureux. Depuis un an, l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL, acronyme arabe Daesh et ISIS en anglais) conquiert les territoires syriens acquis par les rebelles, en parallèle des djihadistes d'al-Nostra. Le régime de Damas tente d'arrêter leur progression et attaque sans distinction civils et djihadistes. Les insurgés doivent faire face à la fois à l'armée de Bachar al-Assad et à cette nouvelle menace sanglante. Toujours plus de Syriens fuient leur pays.

Jeudi 10 juillet 2014. Le diplomate italo-suédois Staffan de Mistura est nommé pour succéder à l'Algérien Lakhdar Brahimi, qui a jeté l'éponge, comme médiateur de l'ONU dans le conflit syrien.

Mardi 29 juillet 2014, le Conseil de l'Union européenne augmente l'aide humanitaire et au développement à destination de la Syrie. Lire : L’Europe augmente son aide à la population en Syrie

Vendredi 15 août 2014, le Conseil des Affaires étrangères de l'UE décide, dans la lignée des États-Unis, de soutenir les Kurdes d'Iraq dans la lutte contre le terrorisme. Lire : Les Européens décident de livrer des armes aux Kurdes irakiens. Une inflexion (maj)

Mardi 19 août 2014, exécution du journaliste James Foley par Daesh. Les États-unis commencent les frappes aériennes au sein de la coalition internationale.

Dimanche 12 octobre 2014, la Commission européenne annonce une aide de 3,9 million d'euros pour répondre à la crise des réfugiés ayant fui Kobane vers la Turquie.

Mercredi 22 octobre 2014. Les Européens appellent la Turquie, en tant que candidate à l'UE et membre de l'OTAN, à renforcer son engagement contre Daesh. Lire : La Turquie doit s’engager sur Kobane (Parlement européen)

Lundi 3 novembre 2014, la DG Echo, le CICR et le Conseil norvégien aux réfugiés se présentent devant la commission Développement du Parlement européen. Objectif : dresser un tableau de la situation en Syrie et de l'aide budgétaire humanitaire et au développement de l'UE. Lire : Une fondation humanitaire pour la Syrie : une alternative. La zone tampon : une fausse solution

Lundi 15 décembre 2014, les 28 ministres des Affaires étrangères réunis en Conseil affirment leur soutien aux efforts de l'envoyé spécial onusien, Staffan de Mistura, pour arriver à un cessez-le-feu en Syrie, en particulier à Alep. Lire : Syrie. Les 28 soutiennent le Plan Mistura pour Alep

2015. La pire crise humanitaire...

Lundi 2 février 2015, l'envoyé spécial de l'ONU, Staffan De Mistura, ne se montre pas optimiste sur l'avenir de la Syrie. Lire : Tout faire pour obtenir un « gel des bombardements à Alep » (De Mistura) ou le chaos total…

15 mars 2015, quatre ans de conflit ont fait au moins 215.000 morts, dont plus de 66.000 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, près de 4 millions de réfugiés (Liban, Jordanie, Turquie, essentiellement). Plus de 12 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence rien que sur le territoire syrien.

Lundi 16 mars 2015, les '28' adoptent des conclusions en vue « d'instaurer une paix, une stabilité et une sécurité durables en Syrie, en Iraq et dans l'ensemble de la région, ainsi qu'à lutter contre la menace que représente l'EIIL/Daesh ».

Mardi 31 mars 2015, à la troisième conférence des donateurs au Koweit l’Europe augmente son aide humanitaire pour la population syrienne. Ensemble, la Commission européenne et les États membres se sont ainsi engagés à verser 1.1 milliard d’euros, la moitié environ (500 millions d’euros) provenant du budget de l’UE.

Mardi 26 mai 2015, de passage à Bruxelles le président du Comité international de la Croix rouge dénonce « une des pires crises humanitaires » qu'il ait jamais vu. Lire : La Syrie, un exemple de ce qui va mal dans un conflit (P. Maurer)

Lundi 17 août 2015, faute de résolution, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte une déclaration de la présidence. Depuis deux ans (et la résolution 2118 sur les armes chimiques en Syrie), c'est la première expression internationale sur le conflit syrien. Lire : Une quasi-résolution du Conseil de sécurité pour relancer le dialogue politique en Syrie

Mardi 15 septembre 2015. Le parquet de Paris annonce l’ouverture d’une enquête pénale pour crimes contre l’humanité à l’encontre de Bachar al-Assad. L’investigation s’appuie notamment sur un dossier contenant environ 50.000 photos d’au moins 11.000 personnes mortes dans les prisons syriennes.

Dimanche 13 septembre 2015, L'UE et ses États membres accusent toujours un déficit global de paiement de 40% par rapport au montant versé l'année dernière, alors que les besoins sur place ont augmenté. Lire : L’aide à la Syrie, les Etats ont bien du mal à mettre la main au porte-monnaie

Mercredi 7 octobre 2015, les députés demandent une action plus forte de la diplomatie européenne

Lundi 12 octobre 2015, les 28 ministres des Affaires étrangères de l'UE réunis à Luxembourg réaffirment leur credo sur une solution politique en Syrie. Ils clarifient leur position vis-à-vis de l'action russe comme du lien avec Bachar qui ne peut pas être un « partenaire dans la lutte contre Daesh ». Lire : Une solution politique en Syrie ? Pour les Européens, c’est sans Bachar (maj)

Jeudi 15 octobre 2015, réunis en sommet à Bruxelles, les Chefs d’État et de gouvernement de l'UE adoptent des conclusions sur la Syrie. Lire : Une position européenne sur la Syrie définie à 28 et L’Europe est prête à jouer un rôle en Syrie (Fed. Mogherini)

Mercredi 28 octobre 2015 - Analyse. La position européenne est teintée d'une grosse ambiguïté, prônant à la fois une solution politique, refusant le dialogue avec le régime et hostile à la Russie.Réfugiés, Russie, Bachar ? L’Europe va, vraiment, devoir choisir !

Vendredi 30 octobre 2015, la réunion ministérielle sur l'avenir de la Syrie, à Vienne, adopte une déclaration en neuf points, commune aux 19 pays et organisations participantes. Lire : Le groupe de contact sur la Syrie aboutit à une première déclaration en 9 points

Lundi 14 novembre 2015, le Groupe de soutien international à la Syrie (ISSG) aboutit à un accord autour de trois éléments : l'ouverture d'un dialogue politique, un cessez-le-feu et des mesures de confiance sur le terrain.  Lire Syrie. A Vienne, un agenda pour le dialogue politique et le cessez-le-feu

Mardi 17 novembre 2015, lors d'une réunion, les ministres de la défense clarifient la position européenne face à la crise syrienne. Lire : En 24 heures, une clarification stratégique sur 4 points fondamentaux. La fin d’une inconséquence

Vendredi 18 novembre 2015, le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte, à l'unanimité, la résolution 2254 qui entérine le consensus établi à Vienne le 14 novembre (Lire aussi : Le dialogue intersyrien engagé. Une résolution de l’ONU à l’unanimité. Ce qui reste à régler en 2016 ? Tout !).

Jeudi 26 novembre 2015, le président français, François Hollande, et son homologue russe, Vladimir Poutine, arrivent à un accord à Moscou, en le limitant strictement à la lutte contre le terrorisme. La Russie est censée «s'abstenir de viser» l'opposition modérée. Mais Poutine insiste également sur le fait que «l'armée de Bachar al-Assad est une alliée».

Du mercredi 9 au vendredi 11 décembre 2015, à Riyad, l'opposition au régime d'Assad s'entend pour désigner l'Arabie Saoudite comme chef de la coalition.

Mardi 15 décembre 2015, une rencontre entre Lavrov et Kerry à Moscou marque l'entente russo-américaine.

Vendredi 18 décembre 2015, le Conseil européen adopte des conclusions sur la Syrie. Lire : La Syrie et la Libye au sommet (conclusions)

2016. Une première trêve au conflit

Lundi 11 janvier 2016, « Nous devons faire en sorte que Bachar al-Assad quitte le pouvoir. En ce moment, aidé par les Russes, il agit et massacre une partie de son peuple, même s'il agit contre un certain nombre de terroristes », lance le président français lors d’une intervention télévisée. Et de demander la fin des bombardements russes.

Jeudi 4 février 2016, la conférence de Londres sur la Syrie, organisée conjointement par l'Allemagne, la Norvège, le Koweït, le Royaume-Uni et les Nations unies permet de lever 10 milliards d’euros pour soutenir les déplacés et réfugiés syriens, et les pays qui les accueillent. Les Européens contribuent pour un tiers de cette somme avec 3 milliards annoncés sur 2016-2017.

Jeudi 11 février 2016, sous l'égide de la Russie et des États-Unis, en leur qualité de coprésidents du Groupe international de soutien pour la Syrie (ISSG), un accord est atteint à Munich. C'est le premier progrès politique significatif depuis le début de la crise.

Vendredi 19 février 2016, les 28 chefs d’État et de gouvernement de l'UE lancent un appel à cesser les bombardements de civils en Syrie particulièrement dans le corridor entre Alep et la frontière turco-syrienne. Ils se montrent « très préoccupés par le risque d'escalade militaire » et « les bombardements répétés des infrastructures civiles ».

Lundi 22 février 2016, Américains et Russes annoncent un accord de cessation des hostilités entre les parties au conflit syrien pour samedi (27 février) 0h00 (heure de Damas). Lire : L’accord de Munich entre en application. Accès humanitaire et cessation des combats

Vendredi 26 février 2016, le Conseil de sécurité des Nations unies endosse l’accord sur la cessation des hostilités en Syrie dans la résolution 2268. Lire : La résolution 2268 adoptée. La trêve entre en vigueur en Syrie

Lundi 14 mars 2016, le président russe Vladimir Poutine ordonne  à son ministère de la Défense d'entamer le processus de retrait de la majeure partie des forces russes de Syrie.

15 mars 2016. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme et l'ONU publient leurs chiffres pour le quatrième anniversaire du conflit syrien : plus de 270.000 tués (dont 80.000 civils), 4,8 millions de réfugiés et 6,6 millions de déplacés internes.

Du 14 au jeudi 24 mars 2016, cinq ans après le début de la guerre civile, une nouvelle série de discussions destinées à mettre fin au conflit en Syrie se déroule à Genève, sous l'égide de l'ONU. L'envoyé spécial des Nations Unies donne rapidement le ton en assurant que l'accent sera mis sur « la formation d'un nouveau gouvernement, la rédaction d'une nouvelle Constitution et l'organisation d'élections parlementaires et présidentielles dans un délai de 18 mois ».

Mardi 17 mai 2016, réuni à Vienne, le Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG), coprésidé par la Russie et les États-Unis, ne réussit pas à relancer le processus politique de transition. Réunie sans les Syriens, la déclaration finale se contente de « demander aux parties de reprendre les négociations ». C'est l’échec. Lire : Syrie. Les négociations de paix dans l’impasse

Lundi 23 mai 2016, les 28 ministres des Affaires étrangères de l'UE se réunissent pour discuter de la stratégie européenne pour la Syrie, l'Iraq et la lutte contre Daesh. Lire : Bilan de la stratégie Irak-Syrie-Daesh. Les 28 veulent soutenir davantage le gouvernement de Bagdad

Mercredi 17 août 2016, les ambassadeurs du COPS se réunissent exceptionnellement. Ils « condamne[nt] fermement toutes les attaques » en Syrie, en particulier à Alep, et demandent la « cessation des hostilités ». Lire : Syrie. Les Européens inquiets appellent à une vraie trêve humanitaire

Samedi 10 septembre 2016, la Haute représentante de l'Union salue l'accord survenu entre Américains et Russes au sein du groupe de soutien à la Syrie, portant sur la cessation des hostilités, et appelle toutes les parties à le respecter. Elle rappelle également son soutien aux efforts de négociations de l'envoyé de l'ONU, Staffan de Mistura. (déclaration)

Jeudi 6 octobre 2016, le Parlement européen appelle à stopper les bombardements en Syrie, particulièrement à Alep, et demande à l’Union européenne d'intensifier ses efforts diplomatiques, dans une résolution (508 voix en faveur, 50 contre, avec 56 absentions).

Mercredi 12 octobre 2016, la Haute représentante de l'UE, Federica Mogherini, s'entretient avec des acteurs sur la question du règlement de la crise syrienne. Lire : Les Européens veulent se créer un espace politique sur la Syrie. Un crime de guerre à Alep

Lundi 17 octobre 2016, les ministres des Affaires étrangères se réunissent à Luxembourg pour discuter de la crise syrienne et du rôle de la Russie dans celle-ci. Lire : Syrie. Les Européens à la peine pour adopter un langage dur sur le rôle de la Russie

Jeudi 20 octobre 2016, les Chefs d’État et de gouvernement des '28' durcissent leur position à l'égard de la Russie suite aux attaques menées en Syrie. Lire : Un appel à Damas et à Moscou à cesser les atrocités en Syrie. De nouvelles sanctions envisageables

Lundi 7 novembre 2016, Federica Mogherini rencontre l'envoyé onusien Staffan de Mistura pour l'informer des pourparlers régionaux entamés, après ses visites en Iran et en Arabie saoudite, « en mettant l'accent sur le post-conflit, la réconciliation et la reconstruction une fois qu'une transition politique sera en place », ainsi que de l'initiative humanitaire de l'Union européenne pour Alep, souligne le communiqué

Jeudi 15 décembre 2016, réunis en sommet, les Chefs d'État et de gouvernement adoptent des conclusions condamnant l'évolution en Syrie. Lire : Face à l’explosion syrienne, les Européens semblent bien désarmés

2017. Les accords d'Astana

Toute la semaine du 9 janvier 2017, des réunions bilatérales avec des représentants des ministres des Affaires étrangères des États du Moyen-Orient sont organisées par le SEAE dans le cadre de l'Initiative régionale de l'UE pour l'avenir de la Syrie. (communiqué)

Lundi 16 janvier 2017, les ministres des Affaires étrangères de l'UE affirment leur soutien à la tenue d'une conférence internationale sur le futur de la Syrie.  La Haute représentante présente la stratégie pour la Syrie. Lire : Les Européens veulent préparer une conférence internationale sur le futur de la Syrie. Les grands axes de l’UE

Lundi 23 janvier 2017, sur initiative russe, les négociations entre le régime syrien et les délégations rebelles débutent à Astana, en présence d'un représentant de l'UE.

Mercredi 8 février 2017, la séance de négociation prévue à Genève sous l'égide de l'ONU est reportée à la fin du mois de février.

Jeudi 23 février 2017, les négociations entre le gouvernement et l'opposition de Syrie reprennent  à Genève, sous les auspices de l'envoyé spécial de l'ONU, Staffan de Mistura. (communiqué)

Mardi 14 mars 2017, la Commission européenne et la Haute représentante de l'UE présentent une nouvelle stratégie pour la reconstruction de la Syrie. Un texte « qui reflète le besoin de l'UE d’assumer sa responsabilité », selon Federica Mogherini. Un document qui ne présente pas vraiment de nouveauté. Il s'agit davantage de mettre par écrit la position défendue par la Haute représentante pour l'Union depuis plusieurs mois.

15 mars 2017. Depuis le début du conflit en 2011, 11 millions de personnes ont été obligées de fuir : 6,3 millions d'entre elles sont toujours déplacées en Syrie et 5 millions ont trouvé refuge à l'étranger. 400.000 personnes auraient perdu la vie selon l'ONU.

Lundi 3 avril 2017, les ministres des Affaires étrangères de l'UE approuvent la nouvelle stratégie sur la Syrie. Ils confirment leur engagement à contribuer à la reconstruction du pays, mais insistent sur la nécessité d'une transition politique, sans Bachar Al-Assad. Lire : L’UE pose ses conditions pour la reconstruction de la Syrie

Mercredi 5 avril 2017, à la Conférence sur le futur de la Syrie, l'Union européenne s'engage à donner 1,3 milliard de dollars pour 2017 et 1,7 milliard pour 2018-2020. Lire : Neuf milliards pour l’aide humanitaire en Syrie. La reconstruction, on verra…

Mercredi 17 mai 2017, l'Union européenne annonce une enveloppe de 10 millions d'euros, au titre de l'Instrument contribuant à la stabilité et la paix, pour des projets d'éducation dans les régions contrôlées par l'opposition en Syrie. (communiqué)

Samedi 2 juin 2017, la Haute représentante de l'Union rencontre le président de la Coalition d'opposition syrienne, Riad Seif, et le Premier ministre du Gouvernement intérimaire syrien (SIG), Jawad Abu Hatab, pour discuter du soutien pratique que l'Union européenne peut apporter à l'opposition syrienne. (communiqué)

Lundi 26 juin 2017, l'Italienne Tosca Barucco est désignée comme « chargée d’affaires » pour la Syrie au sein de la délégation de l'UE.

Mercredi 19 juillet 2017, la Commission européenne annonce le déblocage d'une enveloppe de 1,5 million d'euros en faveur du mécanisme international, impartial et indépendant, chargé de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises en Syrie et d'aider à juger ceux qui en sont responsables. (communiqué)

Mercredi 20 décembre 2017, l'Union européenne adopte la deuxième phase de l'initiative de soutien à la paix en Syrie (Syria Peace Support Initiative), programme de 9 millions d'euros, mis en place dans le cadre de l'instrument de stabilité et de la paix de l'UE. (communiqué)

Mardi 19 décembre 2017, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 2393, adoption saluée par la Haute représentante, au nom de l'Union européenne. (communiqué)

2018. Un retrait des Européens

Lundi 15 janvier 2018, la délégation de l'opposition syrienne, menée par Nasr al-Hariri, a plusieurs entretiens de haut niveau à Bruxelles : avec les ambassadeurs du COPS, la Haute représentante de l'UE et le ministre belge des Affaires étrangères.

Vendredi 9 février 2018, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine s'entretiennent par téléphone.  Ils discutent, entre autres, de l'importance de mettre fin à la situation en Ghouta et de l'importance d'une coordination franco-russe.  Lire : Syrie, Ukraine… Entre Paris et Moscou, la diplomatie du téléphone

Lundi 19 février 2018, Federica Mogherini, conjointement avec Christos Stylianides, commissaire à l'Aide humanitaire, fait part de l'inquiétude des Européens sur la Ghouta et Idlib. Message relayé à la délégation de la Commission nationale syrienne, menée par Nasr al-Hariri, lors d'une rencontre le même jour. (communiqué)

Jeudi 25 janvier 2018, le ministre des Affaires étrangères allemand, Sigmar Gabriel, demande au secrétaire général de l'OTAN la convocation d'une réunion afin de discuter de la situation syrienne.  Lire : L’Allemagne demande une convocation de l’OTAN pour discuter de la situation en Syrie

Vendredi 23 février 2018, les Chefs d’État et de gouvernement, réunis à Bruxelles, appellent les Nations unies à adopter la résolution proposée par les Suédois. Lire : La Suède propose une trêve en Syrie. Un projet de résolution déposé au Conseil de sécurité et Syrie. Les Européens sonnent le tocsin et en appellent à Moscou pour accepter une trêve

Samedi 24 février 2018, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte la résolution 2401 à l'unanimité.  Celle-ci prévoit notamment la mise en place d'une trêve humanitaire.  Lire : Syrie. Une trêve humanitaire de 30 jours votée par le Conseil de sécurité de l’ONU et Syrie. Le G3 convient de la poursuite d’efforts communs

15 mars 2018. Sept ans après le début de la révolution syrienne, on dénombre plus de 350.000 morts, dont 106.000 civils, plus de 5,6 millions de réfugiés dont plus de la moitié se trouvent actuellement en Turquie, et 6 millions sont toujours déplacées en Syrie.

Jeudi 15 mars 2018, le Parlement européen adopte une résolution demandant, entre autres, la création d'un tribunal pour juger les crimes de guerre commis en Syrie. (Résolution) Le même jour, la Haute représentante lance un appel pour « appliquer immédiatement et entièrement » le cessez-le-feu « sans délai ». Lire : Sept ans de guerre en Syrie? Les Européens lancent un appel aux garants d’Astana pour mettre fin au conflit

Lundi 19 mars 2018, Staffan de Mistura, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, est présent à Bruxelles, au Conseil des ministres des Affaires étrangères. Lire : Syrie. Apaiser l’enfer sur terre. Un cessez-le-feu « réalisable » (De Mistura)

Jeudi 22 mars 2018, Florence Gaub, la directrice adjointe de l'Institut d’études de sécurité de l’UE (EUISS), intervient devant la sous-commission Sécurité et défense (SEDE) du Parlement européen. Selon elle, il aurait fallu régler le conflit dès 2011. Lire : Syrie : « le monde n’est pas très efficace lorsqu’il s’agit de régler les conflits » (Gaub)

Mercredi 11 avril 2018, les 28 ambassadeurs du COPS se réunissent de manière informelle avec le chef du Mécanisme international, impartial et indépendant sur les crimes de guerre en Syrie, Catherine Marchi-Uhe et le directeur exécutif de la Commission pour la justice internationale et la responsabilité, Bill Wiley.

Dans la nuit du vendredi au samedi 13 avril 2018, suite à une nouvelle attaque chimique dans la Douma le 7 avril, Américains, Français et Britanniques assurent des frappes contre trois cibles précises. Lire : La coalition americano-franco-britannique frappe trois sites syriens Le président français se défend d'avoir voulu déclencher une guerre. Lire : Pour instaurer la paix en Syrie, il faut négocier avec tout le monde, y compris le régime (Macron)

Lundi 16 avril 2018, le Conseil des Affaires étrangères, réuni à Luxembourg, adopte des conclusions sur la Syrie. Lire : Syrie. Les 28 veulent saisir le momentum pour remettre la solution politique en selle

Mardi 17 avril 2018, devant les députés européens, Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, a mis l'accent sur la seconde conférence de Bruxelles (24 et 25 avril). « C’est la première rencontre qui réunit des acteurs de différents bords [...]. Nous allons exploiter toutes les possibilités de cette conférence pour déplacer l’action (militaire) vers l’action politique, sans cela, la prochaine escalade militaire n'est qu’une question de temps ».

Mardi et mercredi 24 et 25 avril 2018, est organisée à Bruxelles, la seconde conférence internationale sur la Syrie. Lire : Conférence sur la Syrie. Des donateurs mobilisés mais des besoins insatisfaits  Elle aboutit à des résultats mitigés, tant du point de vue humanitaire que politique. Lire : Besoins humanitaires, blocage politique, serment de Bruxelles. Les résultats de la conférence sur la Syrie

* Mardi 24 avril 2018, « en quatre ans, nous n'avons vu aucune négociation, la seule concession qu'a faite le gouvernement c'est de venir à Genève » a lâché, un rien désabusé, Staffan de Mistura, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, lors de la première journée de la conférence sur la Syrie.

* Mercredi 25 avril 2018, en marge de la conférence de la Syrie, sept pays (Allemagne, Belgique, Danemark, France, Pays-Bas, Suède, Royaume-Uni) tiennent en début d'après midi, une réunion destinée à renforcer la coopération judiciaire entre autorités nationales et les mécanismes internationaux afin de réprimer les crimes de guerre en Syrie et l'utilisation des armes chimiques.

*Dans la nuit du 9 au 10 mai 2018, des tensions sur le plateau du Golan surgissent. Pour l'Union européenne, les rapports « sur les attaques iraniennes d'hier soir contre des postes de l'armée israélienne à l'intérieur de la Syrie » auxquels « Israël a répondu en frappant des cibles iraniennes en Syrie » sont extrêmement inquiétants. (communiqué)

*Lundi 28 mai 2018, les ministres des Affaires étrangères de l'UE décident doivent de prolonger d'un an supplémentaire le régime de sanctions (économiques et individuelles) contre la Syrie jusqu'au 1er juin 2019. Une mesure justifiée par « la répression actuellement exercée à l'encontre de la population civile ». Lire : Les sanctions contre la Syrie renouvelées (V3)

* Le 29 mai 2018, la porte-parole de la diplomatie européenne explique dans un communiqué que « la décision du régime syrien d'établir des relations diplomatiques avec les régions séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud viole le droit international et le principe d'intégrité territoriale tels que définis par la Charte des Nations Unies et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. » (communiqué)

* Le 22 juin 2018, l'offensive du régime syrien dans « la région de Deraa, dans le sud-ouest de la Syrie » cause « la population civile à s'enfuir vers la frontière avec la Jordanie » prévient la porte parole de la diplomatie européenne. Elle dénonce l'intensification des attaques (terrestres et aériennes) des forces syriennes, alors que l'accord d'Astana (soutenu par la Russie) prévoit la désescalade dans certaines zones, dont fait partie la ville de Deraa. Il faut assurer « les mesures nécessaires pour protéger la vie des civils ainsi qu'un accès humanitaire sans entraves, sûr et durable ». L'UE reprend l'estimation de l'ONU sur la mise en danger de 750.000 civils. (communiqué)

*Jeudi 28 juin 2018, la Haute représentante de l'UE réaffirme le « ferme soutien de l'Union européenne » aux efforts déployés par l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura. À l'occasion d'une rencontre à Bruxelles, celui a informé « des résultats de ses récentes réunions avec les garants d'Astana et des travaux en vue de la création d'un comité constitutionnel chargé de reprendre les pourparlers à Genève ». (communiqué)

*Dans une lettre, datée du 11 juillet 2018, transmise par la France au Conseil de sécurité des Nations unies, les secouristes de l’Union des organisations de secours et soins médicaux syrienne se plaignent d'un acheminement de l'aide humanitaire aux civils dans les provinces de Deraa et de Qouneïtra qui demeure très difficile malgré la signature récente d’un accord de « réconciliation ».

*Le 22 juillet 2018, un groupe de plus de 400 Casques blancs et leurs familles réussi à quitter  la Syrie et rejoignent la Jordanie. Lire : Les casques blancs exfiltrés de Syrie sont arrivés en Jordanie

*Mardi 4 septembre 2018, la Haute représentante des affaires étrangères de l'UE met en garde contre une offensive militaire à Idlib et précisément « toute utilisation d’armes chimiques » qui « pourrait avoir des conséquences humaines et humanitaires dévastatrices ». Il s'agit de la « dernière zone de désescalade en Syrie que les garants d'Astana se sont engagés à protéger », rappelle-t-elle appelant ceux-ci « à donner suite à leur engagement et à protéger les civils en priorité». (communiqué)

*Mardi 11 septembre 2018, devant le Parlement européen réuni en plénière à Strasbourg, le président libanais Michel Aoun a tenu à souligner la charge que représente les réfugiés syriens pour le pays du Cèdre. Il dénonce l'incapacité de la communauté internationale à 'prendre sa part'. Lire : Le retour des réfugiés syriens doit être indépendant d’une solution politique (Michel Aoun)

*Vendredi 14 septembre 2018, la Haute représentante de l'UE s'entretient avec l'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura. À l'ordre du jour, la prochaine réunion de haut niveau sur la Syrie, organisée par l'UE en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, du 26 septembre. Les échanges ont également porté sur la création d'un comité constitutionnel « afin de relancer le processus de transition politique en Syrie » et des moyens par lesquels « l'Union européenne pourrait soutenir ce processus, y compris des efforts pour ramener les parties au conflit à la table de négociation ».

*Lundi 17 septembre 2018, un avion militaire russe, avec 15 membres d’équipage à bord, a disparu au-dessus de la Méditerranée, indique le ministère russe de la Défense, en accusant indirectement la France d’être impliquée avant de jeter son accusation sur Israël. Lire : Un avion russe détruit en vol par un tir de missile au-dessus de la Syrie (V2)

*Mardi 18 septembre 2018, le ministre des Affaires étrangères turc, Mevlüt Çavuşoğlu, échange avec la Haute représentante aux affaires étrangères de l'UE sur l'accord conclu lundi (17 septembre) entre le président turc Erdoğan et le président russe Poutine au sujet d'Idlib, lors d'un coup de fil. Le ministre turc a été invité à à la rencontre de haut niveau sur la Syrie, organisée par l’UE en marge de la prochaine Assemblée générale des Nations Unies, à New-York. (communiqué)

*Mardi, l'Union européenne publie également le rapport sur le suivi des engagements pris par les donateurs lors de la seconde conférence "Soutenir l'avenir de la Syrie et de la région", organisée par l'UE à Bruxelles les 24 et 25 avril 2018. Des engagements déjà largement remplis mais qui ne suffisent pas à financer l'aide coordonnée par les Nations unies.

*Jeudi 27 septembre 2018, la situation en Syrie a constitue une question débattue en marge de la 73e réunion de l'assemblée générale des Nations unies à New York. Lire : Syrie. Appel de sept pays et de l’UE à ouvrir le processus politique. Une troisième conférence internationale fin mars à Bruxelles

*Mercredi 17 octobre 2018, l'envoyé spécial des Nations Unies, Staffan de Mistura, indique sa démission. Le vendredi 19, il se réunit avec les ambassadeurs de l'UE dans un échange en format 'ambassadeurs seuls', comme il l'avait fait auparavant au Conseil de sécurité des Nations unies. Lire : Lancer la commission constitutionnelle en Syrie, la dernière grande ambition de De Mistura

*Samedi 27 octobre 2018, les dirigeants turc, français, russe et allemand, réunis à Istanbul dans un format inédit, s'engagent à « travailler ensemble afin de créer les conditions pour la paix et stabilité en Syrie » et à « encourager » une solution politique. Nouvelle constitution, cessez-le-feu et aide humanitaire sont au cœur de la déclaration conjointe publiée. Lire : Sommet inédit à Istanbul pour débloquer la crise syrienne

*Mercredi 31 octobre 2018, le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres nomme un  nouvel envoyé spécial. L’ambassadeur norvégien en Chine, Geir O. Pedersen sera le remplacement de Staffan de Mistura.

*Vendredi 23 novembre 2018, l'Union européenne réagit à l'assassinat dans la province d'Idlib, en Syrie, de Raed Fares et Hamoud Janeed, deux militants de la société civile syrienne. (communiqué)

*Jeudi 13 décembre 2018, la résolution (2449) du Conseil de sécurité des Nations unies est adoptée, réaffirmant « que certaines des exactions commises en Syrie pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ». À défaut de solution politique au conflit, elle prolonge le mécanisme de surveillance jusqu'au 10 janvier 2020. Elle demande qu'une aide humanitaire plus efficace soit assurée en 2019. Et rappelle ses résolutions précédentes dont celle soulignant « qu'il appartient au peuple syrien de décider de son avenir ». (résolution)

*Samedi 15 décembre 2018, face à la menace d'une intervention militaire turque au nord est de la Syrie, la Haute représentante de l'Union européenne, demande aux autorités turques « qu'elles s'abstiennent de toute action unilatérale susceptible de saper les efforts de la Coalition contre Daech ou de risquer une nouvelle instabilité en Syrie ». Elle rappelle : « En tant que garant du processus d'Astana, la Turquie a une responsabilité particulière ». (communiqué)

*Mardi 18 décembre 2018, les ministres des affaires étrangères d'Iran, de Russie et de Turquie réaffirment « leur détermination à faciliter le début des travaux de la Commission constitutionnelle ». La première session du Comité constitutionnel à Genève aura lieu au début de l'année prochaine, ont-il annoncé. (communiqué)

*Jeudi 20 décembre 2018, « la décision abrupte des USA de retirer leurs troupes de Syrie n'est pas seulement surprenante pour nous », dénonce le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas. « L'État islamique est repoussé, mais la menace est toujours là. Il y a un risque que cette décision nuirait à la lutte contre l'État islamique et compromettrait les succès obtenus. » Et d'ajouter : « Il y a encore des structures souterraines, les terroristes dans l'est de la Syrie sont actifs. » (communiqué et tweet)

*Le 31 décembre 2018, les Pays-Bas annoncent leur retrait de la Syrie. Lire : Les Néerlandais (et Belges) mettent fin à leur mission aérienne en Irak et Syrie

2019.

*Lundi 21 janvier 2019,les ministres des Affaires étrangères de l'UE mettent à l'index plusieurs personnes, liées à la fabrication ou l'utilisation d'armes chimiques, dont le chef du GRU russe et le Centre de recherche syrien. Lire : Premières sanctions sur les armes chimiques. Le GRU Russe visé à sa tête. Des chercheurs syriens listés aussi

*Mercredi 23 janvier 2019, Erika Ferrer, la chef de division MENA au Proche-Orient reconnaît devant la commission des Affaires étrangères l'existence de dissensions sur la normalisation du régime syrien. « Certains États sont d'un avis différent ». Mais « nous ne voyons pas de raison de négocier avec le régime » de Bachar el Assad. « Nous ne pensons pas que la normalisation pousserait le régime en direction d'un processus politique». Trois pays européens ont aujourd'hui une ambassade ouverte à Damas : la République tchèque, la Hongrie et la Bulgarie, selon un eurodéputé.

*Lundi 28 janvier 2019, l'UE y verra « peut-être plus clair la semaine prochaine » sur les conditions et le calendrier du retrait des troupes américains du nord est de la Syrie confie Colin Scicluna, directeur adjoint du SEAE pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, en commission des Affaires étrangères du Parlement européen. Une réunion de la coalition mondiale contre Daech doit se réunir à Washington.

*Mardi 12 février 2019, lors du débat (demandé par les Verts et ALDE) sur la situation en Syrie au Parlement européen, le commissaire européen Johannes Hahn (Voisinage) répète la doctrine de l'UE : 1. la solution sera politique, 2. négociée sous les auspices de l'ONU, 3. les conditions d'un retour des réfugiés ne sont pas réunies, 4. la situation humanitaire exige que les conditions d'accès soient garanties. Ce débat fait suite à la décision des Américains de retirer leurs forces du pays et précède la 3è conférence sur la Syrie prévue à Bruxelles.

*Vendredi 15 février 2019, le gouvernement turc envisage d'ouvrir ses frontières pour permettre aux réfugiés syriens de se rendre en Europe si l'Union européenne s'oppose au projet d'Ankara d'établir une 'zone de sécurité' dans le nord-est de la Syrie, annonce le quotidien progouvernemental Yeni Safak.

*Mercredi 20 février 2019, devant l’assemblée fédérale russe le président russe menace assez directement les occidentaux. Mais, dans le même temps, l’homme fort du Kremlin lance un appel à « l’Union européenne » de prendre « enfin les mesures qui s’imposent pour rétablir les relations politiques et économiques avec la Russie ». Lire : La menace poutinienne ou le retour d’expérience de Syrie ?

*Le 20 février, le Français Fabien Clain a été tué en Syrie, son frère Jean-Michel gravement blessé lors d'une frappe aérienne de drone à Baghouz, indique France-Info. Il est considéré comme un des instigateurs des attentats du 13 novembre 2016 à Paris et a été mis sur liste noire de l'UE après un mandat d'arrêt en juin 2018.

*Jeudi 21 février 2019, Didier Reynders en visite à Washington semble faire un pas en direction des États-Unis, de façon très timides. Les Américains militent pour une présence d'Européens à leurs côtés au Nord de la Syrie, dans le cadre d'une force d'observation. Les Européens ne sont pas très enthousiastes. Lire : La Belgique ouverte à une discussion sur une possible présence en Syrie s’il y a un cadre légal (Didier Reynders)

*Vendredi 22 février 2019, l'envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Geir Pedersen informe Federica Mogherini lors d'une rencontre à Bruxelles « des résultats de ses dialogues avec les principaux acteurs du conflit syrien et des projets à venir en vue d’une reprise des pourparlers intra-syriens à Genève ». Une rencontre préalable avant la troisième conférence de soutien à la Syrie et sa région, les 13 et 14 mars prochain. (communiqué)

*Vendredi 1er mars 2019, l'Organisation internationale contre les armes chimiques (OIAC) confirme l'utilisation d'armes chimiques dans la région de Douma en Syrie le 7 avril 2018, en l'occurence un « produit chimique toxique contenant du chlore réactif, probablement le chlore moléculaire ». (Rapport)

*Mercredi 13 mars 2019, le ministre belge de la Défense, Didier Reynder, indique devant les députés nationaux que la création d'une zone de sécurité au nord-est de la Syrie « est une solution » à l'étude parmi « d'autres pistes » entre les les pays clés au sein des structures de coordination de la coalition (NDLR : Belgique, Pays-Bas, France, Danemark et Royaume-Uni). Si la position de principe reste « l'absence de militaires belges sur le sol syrien », « on peut intervenir au départ de l'Irak ou dans d'autres configurations » a expliqué le ministre.

*Le 13 mars, plusieurs représentants des travailleurs humanitaires dénoncent ce qui est devenu la norme dans le conflit en Syrie : la normalisation des violations des droits de l'Homme par le régime. « Il est urgent d'intervenir » face à « l'impunité » avec laquelle ces actes sont commis, alertent-ils. Lire : Les travailleurs humanitaires, cible privilégiée en Syrie

*Le 14 et 15 mars 2019, la troisième conférence internationale sur la Syrie se tient à Bruxelles. Elle est centrée sur l'aide à la population syrienne dans la région mais aussi à l'intérieur du pays. Une aide qui pose un problème hautement politiquement, celui des relations avec le régime de Bachar al-Assad alors que les Européens se sont fixé comme ligne rouge de ne pas reconstruire sans un processus de transition politique crédible. Cette limite semble un peu poreuse. Lire : En Syrie, l’UE pose les bases de la future reconstruction

*Lundi 18 mars 2019, la situation politique et humanitaire au Yémen, la conférence de Bruxelles sur l'avenir de la Syrie et le suivi du processus d'Astana est au centre des échanges, entre l'UE, représentée par la secrétaire générale du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), Helga Schmid, des diplomates représentant la France, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni, et l'Iran, dont la délégation est dirigée par le vice-ministre des Affaires étrangères, Hossein Jaberi Ansari. (communiqué)

*Samedi 23 mars 2019, la bataille de Baghouz (commencée en le 9 février) se termine par une victoire des forces démocratiques syriennes (SDF) et marque pour Daech la perte du dernier territoire sous son contrôle en Syrie. Une grande quantité de combattants étrangers et leurs familles sont présents pendant la bataille et se retrouvent sous contrôle SDF après la chute de la ville. Ils sont ensuite placés dans des camps de détention.

*Jeudi 4 avril 2019, pour les juges européens, être un homme d'affaires influent implique nécessairement d'être lié au régime. C'est le sens de l'arrêt rendu par le Tribunal de l'UE. Lire : Être un homme d’affaires influent en Syrie suffit pour être lié au régime syrien (Tribunal de l’UE)

*Mardi 9 avril 2019, François Delattre, le représentant permanent de la France auprès des Nations unies, indique que la France est « extrêmement préoccupée par les informations faisant état d’arrestations arbitraires de réfugiés de retour chez eux par les services de sécurité syriens ».

*Mercredi 24 avril 2019, le représentant permanent met en garde : « Il existe aujourd’hui, pour la première fois peut-être depuis huit ans, une étroite mais réelle fenêtre d’opportunité pour mettre un terme au conflit. C’est dire la responsabilité qui est la nôtre, [...] face à cette crise qui est existentielle aussi pour les Nations Unies ».

*Sur les 338 demandes d’accès humanitaire formulées auprès du régime syrien durant les mois de février et de mars, seule la moitié a donné lieu à une autorisation précise-t-on au Conseil de sécurité des Nations-Unies.

*Jeudi 25 avril 2019, Eurostat dans son communiqué indique que les 28 États membres ont accordé le droit d'asile ou une protection temporaire à 333.400 personnes en 2018. Soit 40% de moins qu'en 2017 (533.000 protections). À ceux-là, il faut ajouter 24.800 réfugiés réinstallés. Les Syriens sont les premiers bénéficiaires de cette protection (29%), suivis des Afghans (16%) et des Irakiens (7%). Soit globalement le même trio de tête qu'en 2017.

*Jeudi 2 mai 2019, un nouveau programme de 18 millions d'euros au titre de l'instrument contribuant à la stabilité et à la paix est débloqué « pour soutenir les travaux de stabilisation dans les zones libérées de Daesh », dans le nord-est de la Syrie, via la fourniture de services de base tels que l'approvisionnement en eau, et le déminage. (communiqué)

*Vendredi 3 mai 2019, le regain de frappes aériennes sur « des zones densément peuplées » fait courir « le risque d'une escalade dangereuse à Idlib » réagit la porte-parole du service diplomatique européen. Elle rappelle aux « garants d'Astana » leur engagement « à protéger Idlib en tant que zone de désescalade». (communiqué)

*Mercredi 8 mai 2019, la Haute représentante de l'UE et chef de la diplomatie qualifie de « violation inacceptable du droit international » les récentes attaques aériennes et tirs d'artillerie « visant des écoles et des hôpitaux, y compris avec l'utilisation de barils d'explosifs », dans une déclaration.

*En raison de l'insécurité, le programme alimentaire mondial suspend ses distributions de nourriture dans le sud d’Idlib annonce son porte-parole lors d'un point presse à Genève, le vendredi 10.

*Vendredi 17 mai 2019, le Conseil de l'Union européenne décide de prolonger les mesures restrictives prises par l'UE à l'encontre du régime syrien d'une année supplémentaire jusqu'au 1er juin 2020. Lire : La liste noire ‘Syrie’ prolongée d’un an. Neuf mentions supprimées, deux effacées (V3)

*Mercredi 29 mai 2019, la situation dans les gouvernorats de Idlib et du nord de Hama est critique, s'alarme l'Union européenne. Dans un communiqué conjoint, la Haute représentante de l'UE (F. Mogherini) et le commissaire européen chargé de l'Aide humanitaire (C. Stylianides) demandent au « régime syrien et aux garants des accords d'Astana de remplir leurs responsabilités et engagements » et d'assurer la « protection immédiate des civils ». Les récents combats ont fait « au moins 160 morts de civils et entraîné le déplacement de 200.000 personnes ». (communiqué)

*Jeudi 27 juin 2019, pour lutter contre les vestiges de l'Etat islamique (EI) dans le nord-est de la Syrie, les États-Unis demandent aux membres de la coalition internationale de lutte contre Daesh, réunis en marge de la ministérielle de l'OTAN de « [fournir] des forces pour mener des opérations » et « des opérations de soutien logistique, comme ils l'ont fait en Irak » explique à la presse l'ambassadeur américain auprès de la coalition. Il attend de l'Union européenne qu'elle fournisse une « aide humanitaire », mais aussi qu'elle reprenne ses combattants étrangers capturés.

*Jeudi 27 juin, 100 millions d'euros de nouvelles mesures sont annoncées par la Commission européenne en faveur des réfugiés et des communautés locales au Liban, en Jordanie et en Irak, via le 'trust fund' Syrie. Le renforcement des services publics, l'accès à l'enseignement supérieur et les services de protection de l'enfance seront plus particulièrement visés. (communiqué)

*Dimanche 30 juin 2019, l’US Central Command (plus connu sous l’appellation CentCom) annonce avoir conduit une frappe aérienne contre « un camp d’entraînement du commandement de Al Qaida en Syrie » près de la province d’Alep. Lire : Les forces américaines ciblent un camp d’entraînement de al-Qaida en Syrie

*Jeudi 4 juillet 2019les autorités de Gibraltar annoncent avoir arrêté un supertanker, le Grace 1, en route pour livrer du pétrole iranien à la raffinerie de Baniyas, en Syrie. La porte-parole aux Affaires étrangères de la Commission européenne, Maja Kocijančič, rapelle, au 'briefing de midi', que le respect de l'embargo « est une compétence des États membres ».

*Vendredi 12 juillet 2019, le ministère des Affaires étrangères allemand « (condamne) fermement les attaques ciblées contre des installations médicales et des travailleurs humanitaires », « au cours de l'offensive militaire téméraire du régime syrien et de ses alliés », « en violation des règles fondamentales du droit international humanitaire». Trois structures médicales (soutenues par l'Allemagne) ont été touchées et plusieurs assistants médicaux tués selon le communiqué.

*Lundi 22 juillet 2019, une nouvelle attaque meurtrière contre des civils a lieu, dans le nord est de la Syrie, sur un marché, à Maraat al-Numan. (communiqué)

*Mardi 27 août 2019, le député européen Thierry Marianidu groupe ID (RN) se rend en Syrie jusqu'au 1er septembre, accompagné de deux autres eurodéputés français du Rassemblement national, Nicolas Bay et Virginie Joron, ainsi qu'un ancien de la gauche 'France Insoumise', Andréa Kotarac. Il entend rencontrer le dirigeant syrien Bachar el Assad qu'il a déjà rencontré à cinq reprises Une visite critiquée par l'eurodéputée LREM Nathalie Loiseau (Renew) : « En Crimée avec Poutine, en Syrie avec Bachar : toute honte bue ». Lire : Pour reconstruire la Syrie, Assad n’a pas besoin de l’Europe (Thierry Mariani)

*Lundi 23 septembre 2019, l'accord sur la formation du Comité constitutionnel en Syrie était « une nouvelle attendue depuis longtemps et qui redonne espoir aux Syriens » réagit la Haute représentante de l'UE, Federica Mogherini, suite à l'annonce faite par le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. « L'UE a toujours affirmé que toute solution durable au conflit nécessitait une véritable transition politique, conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies et au communiqué de Genève de 2012, négociés par les parties syriennes dans le cadre du processus de Genève dirigé par l'ONU » ajoute -t-elle dans un communiqué.

*Mardi 24 septembre 2019, la chef de la diplomatie européenne rappelle que cet accord est « le premier entre Syriens depuis le début du conflit, en 2011 ». (déclaration)

*Le rapport financier de suivi de la troisième conférence de Bruxelles pour 'Soutenir l'avenir de la Syrie et de la région', publié mardi 24 septembre, note que 92% des promesses de financement pour 2019, faites lors de la conférence organisée par l'UE en mars, ont été remplies

*Mercredi 25 septembre 2019, le cadre de sanctions sur les armes chimiques est revu et prolongé pour une année supplémentaire par les ambassadeurs de l'UE (Coreper II). La décision doit être adoptée officiellement par le Conseil de l'UE, sans doute par les ministres des Affaires étrangères le 14 octobre. Elle vise surtout des Russes et Syriens.

*Jeudi 26 septembre 2019, suite à l'annonce d'un accord sur la formation d'un comité constitutionnel, la Haute représentante appelle au nom de l'UE à « un cessez-le-feu complet et durable (...) dans toute la Syrie », ainsi qu'au respect des accès humanitaires dans la région d'Idleb notamment. « Ces mesures sont importantes en elles-mêmes, mais contribueront également à créer le climat positif nécessaire au succès des négociations entre les parties syriennes », explique le communiqué.

*Lundi 30 septembre 2019, l’envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Geir O. Pedersen annonce devant le Conseil de sécurité de l'ONU que la première réunion du Comité constitutionnel syrien sous l’égide des Nations Unies aura lieu le 30 octobre à Genève.

*Dimanche 6 octobre 2019, le président turque, Recep Tayyip Erdoğan, met en cause lors d'une conversation téléphonique avec Donald Trump « la bureaucratie militaire et de sécurité américaine» pour tarder à mettre en œuvre un accord sur une zone de sécurité dans le nord-est de la Syrie. Il sera reçu à Washington en novembre (communiqué). Donald Trump annonce le retrait de ses troupes et donne par la même occasion son 'feu vert' à la Turquie pour son opération dans le nord-est Syrie (déclaration). Choc et incompréhensions du côté européen. Lire : Stupeur chez les Européens après l’annonce de Donald Trump de retrait américain du Nord-Syrie au profit des Turcs

*Lundi 7 octobre 2019, « Nous voyons dans la mise en place du comité constitutionnel un premier pas, très important, mais cela reste un premier pas dans l'application de la feuille de route validée dans le cadres des Nations unies » souligne la Haute représentante de l'UE Federica Mogherini, à Amman, dans le cas d'une conférence de presse avec le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, à l'occasion d'un déplacement de deux jours. (discours)

*Mercredi 9 octobre 2019, l'armée turque franchit la frontière. L'opération 'Source de Paix' (Peace Spring) démarre. Objectif affiché : débarrasser des terroristes du YPG/PKK et de Daech, et créer une zone sécurisée pour favoriser le retour des réfugiés syriens dans leur pays.

*Mercredi, « Le franchissement par les forces turques de la frontière — annoncé par les agences de presse — peut faire craindre une escalade » s'inquiète le commissaire européen Günther Oettinger lors de la traditionnelle conférence de presse suivant la réunion du collège. Dans la soirée, la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini appelle « la Turquie à mettre fin à cette action militaire unilatérale » dans déclaration publiée en anglais au nom de l'Union européenne. Lire : L’Union européenne appelle la Turquie à mettre fin à son intervention en Syrie. L’OTAN bafouille. Donald Trump s’embrouille.

*Cette offensive remet sur la table, des législateurs comme du public, la question des combattants étrangers détenus en Syrie et en Irak. Lire : N°31. Le phénomène des combattants étrangers en Europe

*Jeudi 10 octobre 2019, les membres européens du Conseil de sécurité de l'ONU (Allemagne, France, Belgique, Royaume-Uni, Pologne et Estonie) « (appellent) la Turquie à mettre fin à l’action militaire unilatérale, car nous ne pensons pas que cela répondra aux préoccupations de sécurité turques sous-jacentes », dans leur déclaration commune. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan menace d' « envoyer 3,6 millions de réfugiés syriens en Europe si l'Union européenne décrit la campagne militaire turque en Syrie comme une 'occupation' ».

*Vendredi 11 octobre 2019, « les forces kurdes qui ont fait partie des forces démocratiques syriennes ont joué et jouent un rôle crucial dans la lutte contre Da’esh. Pour les deux côtés de l'Atlantique, les abandonner n'est pas seulement une mauvaise idée, comme l'a dit le président Trump, mais soulève de nombreuses questions, à la fois stratégiques et morales » déclare le président du Conseil européen, Donald Tusk, à l'occasion d'une rencontre avec le président chypriote, Nicos Anastasiades, à Nicosie. (déclaration)

*Lundi 14 octobre 2019, l'espoir d'un règlement politique possible en Syrie est encore présent au Conseil des Affaires étrangères, malgré l'offensive turque et même si les esprits sont plutôt pessimistes. Lire : Situation politique en Syrie : une paix à consolider

*Lundi 14 octobre, le ministre turc de la Défense nationale, Hulusi Akar, s'entretient par téléphone avec la ministre française de la Défense, Florence Parly. Ils échangent « leurs points de vue sur les questions de défense et de sécurité, en particulier en Syrie » indique le communiqué turc.

*Kris Peeters (PPE/CD&V), chef de la délégation du Parlement européen UE-OTAN demande une réunion d'urgence du Conseil de l'Atlantique Nord (NAC) « pourremédier à la situation désastreuse dans le nord-est de la Syrie et d'éviter davantage de souffrances chez les civils, la déstabilisation et le déplacement de la population ».

*Mercredi 16 octobre 2019, la présence russe dans le nord-est de la Syrie, agissant comme intermédiaire entre Turcs et Syriens, c'est «une nouvelle fois un coup de maître de la part du régime russe, puisqu'il renforce ainsi sa position dans la région au détriment de l'Union européenne et de l'OTAN » commente le chef de la sûreté belge Claude van den Voorde dans une audition devant la Chambre des députés. Il indique également qu'une « sorte de police militaire russe 'tempérait' les velléités offensives de l'armée turque à Manbij » (rapport). Lire aussi : L’offensive turque en Syrie rebat les cartes

*Vendredi 18 octobre 2019, le Conseil européen, d'une seule voix, « fait siennes » les conclusions des ministres des Affaires étrangères de lundi, condamnant l'action militaire de la Turquie en Syrie et endossant les mesures limitant l'exportation des armements. Lire : Le Conseil européen condamne l’offensive turque en Syrie, endosse la limitation des exportations d’armes. Sans plus (v2)

*Lors de sa conférence de presse en conclusion du sommet européen, le président français Emmanuel Macron ne mâche pas ses mots sur l’intervention turque en Syrie comme sur le fonctionnement de l’Alliance atlantique. Lire : La faute lourde des Occidentaux et de l’OTAN en Syrie (Emmanuel Macron)

*Dimanche 20 octobre 2019, l'offensive de la Turquie en Syrie « n'est pas conforme au droit international » affirme Heiko Maas, le ministre allemand des Affaires étrangères, à la télévision allemande ZDF.

*Lundi 21 octobre 2019, dans une interview à la Deutsche Welle, la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, indique vouloir proposer à la réunion des ministres de la défense de l'OTAN jeudi (24 octobre) un plan pour « créer une zone de sécurité sous contrôle international en coopération avec la Turquie et la Russie » dans le nord-est de la Syrie. Lire : Une zone de sécurité (Schutzzone) au nord de la Syrie. La proposition de AKK encore (très) floue

*La position de l'Union européenne reste la même : « De notre point de vue, les positions restent les mêmes par rapport aux retours qui doivent être sûrs, volontaires et dignes » déclare la porte-parole de la Haute représentante de l'UE Maja Kocijančič à propos des divergences possibles entre l’OTAN et l’UE, et les conséquences pour les pays membres des deux organisations, sur la zone de sécurité que la Turquie voudrait établir dans le Nord-est de la Syrie.

*Mardi 22 octobre 2019, la Turquie et la Russie signe l'accord de Sotchi sur la zone de 'sécurité' en nord-est Syrie, en l'absence des Occidentaux. Lire : L’accord de Sotchi consolide la zone de sécurité turque et l’emprise russe en Syrie. Le texte

*Jeudi 24 octobre 2019, le Parlement européen vote pour un embargo et des mesures ciblées contre la Turquie

*Dimanche 27 octobre 2019, les États-Unis annoncent avoir tué dans la nuit précédente le leader de Daech, Abu Bakr al-Baghdadi, dans une opération au nord-ouest de la Syrie. (communiqué)

*Une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de la Coalition contre Daech est convoquée jeudi 14 novembre à Washington, DC. Objectif annoncé : « passer en vue les prochaines étapes de la campagne commune visant à obtenir la défaite durable » de l'organisation de l'État islamique, comme le précise le communiqué du Pentagone. Réunion cruciale au regard « des récents développements dans le nord-est de la Syrie », comme de « la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi ».

*Lundi 28 octobre 2019, la réunion du comité constitutionnel devrait être « un signe d’espoir pour le peuple syrien, qui souffre depuis si longtemps » déclare Geir O. Pedersen, l'envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, à deux jours du lancement des travaux du Comité constitutionnel syrien.

*Les 30, 31 et 1er novembre 2019, a lieu la première réunion  du Comité constitutionnel syrien à Genève (déclaration). C'est la première réunion en face à face des belligérants depuis le début de la guerre. Lire : La première réunion du comité constitutionnel syrien. Un (petit) espoir pour la paix

*Mercredi 30 octobre 2019, « nous continuons d'appeler à un cessez-le-feu national immédiat et authentique à Idlib » réagissent les ministres des Affaires étrangères des USA, de France, d'Allemagne, de Jordanie, d'Arabie saoudite et d'Égypte, dans une déclaration commune le jour de lancement du Comité constitutionnel à Genève. « Il ne peut y avoir de solution militaire à la crise syrienne, mais un règlement politique sur la base de la résolution 2254 du Conseil de sécurité », insistent-ils.

*Jeudi 14 novembre 2019, « nous appelons en particulier tous les acteurs du nord-est à mettre en œuvre immédiatement un cessez-le-feu et à mettre fin à toutes les opérations offensives militaires » déclarent les pays membres du Small group sur la Syrie (Égypte, États-Unis, France, Allemagne, Jordanie, Arabie saoudite et Royaume-Uni) dans un communiqué. Ils appellent également « à une cessation immédiate et réelle des hostilités à Idlib, y compris un arrêt immédiat des attaques contre des civils ». (communiqué ENG / FR)

*Jeudi, les ministres de la coalition contre Daech sont réunis à Washington. « La coalition doit donc rester unie quant à son objectif et maintenir la cohésion en Syrie et en Irak ». Un message est passé à la Turquie. « Nous demandons instamment à tous les acteurs présents dans le Nord-Est de la Syrie de rester vigilants [... et] d’agir ensemble contre toute menace compromettant les résultats obtenus et d’éviter de créer des vides sécuritaires dont Daech pourrait profiter ». (communiqué FR / ENG)

(Rédaction B2)

Mis à jour le 21 novembre 2019.


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