N°68. L’Europe face à la crise au Venezuela

(B2) Cela fait plus de deux ans que la crise vénézuélienne est à l'agenda des Européens. Les ministres ont d'abord misé sur un trio de médiateurs (avec l'ancien Premier ministre José Luis Zapatero), puis, faute d'aboutissement, ont prononcé des sanctions, voulant faire pression sur Maduro pour finir par reconnaitre Juan Guaidó comme le président légitime du Venezuela.

Dimanche 6 décembre 2015, aux élections législatives, l'opposition (droite) l'emporte largement avec 112 sièges (3 seront invalidés ensuite) sur 167. La nouvelle assemblée prend ses fonctions le 5 janvier 2016.

Lundi 18 juillet 2016, un trio médiateur est mis en place, composé de José Luis Rodriguez Zapatero (Espagne), Leonel Fernandez (Rép. Dominicaine) et Martin Torrijos (Panama). Les 28 ministres donnent mandat à la Haute représentante Federica Mogherini pour aider à renouer le dialogue. Lire : Le trio médiateur au Venezuela soutenu par les Européens

Mardi 25 octobre 2016, l'assemblée ouvre un procès en destitution contre le président Nicolás Maduro. Le Grand Pôle patriotique Simón Bolívar (GSPPB) a la quasi-totalité des sièges.

Lundi 15 mai 2017, malgré les efforts de médiation, la situation demeure sensible au Venezuela. L'escalade de violences inquiète les ministres des Affaires étrangères. L'Union européenne appelle à la mise en place d'une solution pacifique. Un avertissement sans sanctions. Lire : L'UE inquiète du blocage politique et des violences au Venezuela

Mercredi 5 juillet 2017, le président français adresse une lettre à Nicolás Maduro, indiquant : « Nous sommes disponibles pour faciliter les négociations par la voie du dialogue ».

  • Dimanche 30 juillet 2017, élection d'une nouvelle assemblée constituante, chargée de rédiger une nouvelle constitution, qui se substitue à l'assemblée législative. Nombreuses violences.
  • Lundi 31 juillet 2017, les États-Unis décident un gel des avoirs du président Nicolás Maduro. Ils qualifient les élections « d’illégitimes » et le président vénézuélien de « dictateur ».

Mercredi 2 août 2017, la Haute représentante de l'UE déclare que « l'Union européenne et ses États membres déplorent vivement la décision prise par les autorités vénézuéliennes de procéder à l'élection d'une Assemblée constituante le 30 juillet ».

  • Samedi 5 août 2017, le Mercosur décide de suspendre le Venezuela pour une durée indéterminée pour « violation de l'ordre constitutionnel ».
  • Vendredi 25 août 2017, les USA décident d'alourdir les sanctions, une décision bloque l'accès aux devises étrangères.

Jeudi et vendredi 7 et 8 septembre 2017, réunis en informelle à Tallinn, les ministres demandent à la Haute représentante de l'UE et au SEAE (service diplomatique européen) de présenter un 'papier d'options'. Lire : Venezuela. Un papier d'options demandé. Des sanctions à l'étude ?

Lundi 11 septembre 2017 : rencontre entre pouvoir et opposition à Saint-Domingue, dans le cadre de la médiation Zapatero-Medina. Pas d'accord.

Mardi 11 octobre 2017, le comité politique et de sécurité (COPS) de l'UE entame les travaux préparatoires aux sanctions.

Lundi 16 octobre 2017, les ministres des '28' menacent de passer aux sanctions. Ces doutes se fondent sur le respect des standards démocratiques lors des élections régionales et le dialogue difficile avec l'opposition. Lire : Venezuela. Les Européens agitent le bâton « sanctions »

Lundi 13 novembre 2017, le Conseil des Affaires étrangères de l'UE décide d'adopter un embargo sur les armes, à effet immédiat. Un régime de sanctions individuelles (avec gel des avoirs et interdiction de visas à la clé), est aussi mis en place pour adresser un signal au gouvernement de Nicolás Maduro. Mais aucun nom n'est mis sur cette liste... pour le moment. Lire : Embargo sur les armes et sanctions individuelles. Les 28 augmentent la pression sur le Venezuela

Jeudi et vendredi 11 et 12 janvier 2018, nouvelle rencontre entre pouvoir et opposition à Saint-Domingue. Sans succès.

Lundi 22 janvier 2018, face à l'inaction des autorités vénézuéliennes, les ministres des Affaires étrangères passent aux actes. Le gel des avoirs et une interdiction de voyager sont prononcés contre sept personnalités du régime, dont le ministre de l’Intérieur, le général Nestor Reverol. Lire : Venezuela. L’Europe passe au bâton. Sept responsables gouvernementaux mis à l’index

Lundi 26 février 2018, la question du Venezuela revient sur la table des ministres. Les derniers développements — l'échec du dialogue politique dit de Saint-Domingue comme les élections présidentielles —, inquiètent. Et les Européens veulent envisager « les prochaines étapes possibles ». Lire : A la réunion des ministres des Affaires étrangères (26 février 2018)

Dimanche 20 mai 2018, élections présidentielles et régionales. Nicolás Maduro, président en exercice, est réélu par 67,8 % des voix (46% de participation).

Mardi 22 mai 2018, l'Union européenne, par le biais de la Haute représentante, ne cache pas son inquiétude face à cette réélection. Elle s'associe aux leaders du G7 pour dénoncer l'absence de démocratie, et menace de nouvelles sanctions en cas d'atteinte supplémentaire aux droits de l'Homme ou à l'Etat de droit. Lire : Venezuela. L'Europe inquiète après la réélection contestée de Maduro

Lundi 28 mai 2018, les 28 se mettent d'accord sur le principe de nouvelles sanctions, après de longs débats. Lire : Venezuela : les 28 donnent le top départ pour de nouvelles sanctions

Lundi 25 juin 2018, les ministres des Affaires étrangères de l'UE adoptent le set de sanctions supplémentaires ; elles visent onze dignitaires du gouvernement vénézuélien, dont la vice-présidente, un ministre, mais pas N. Maduro lui-même. Lire : Venezuela: L'UE franchit un cap et gèle les avoirs de 11 responsables vénézuéliens 

Lundi 15 octobre 2018, l'Union européenne envisage de créer un groupe de contact chargé de gérer la crise au Venezuela, annonce la chef de la diplomatie européenne, à l'issue d'une réunion du Conseil des affaires étrangères à Luxembourg. Lire : Au Venezuela, faciliter le dialogue, le mot d’ordre de l’UE

—En novembre 2018, plus de trois millions d'habitants ont fui le Venezuela pour se réfugier dans les pays voisins, selon l'OIM.

*Mardi 6 novembre 2018, l'Union européenne renouvèle l'embargo sur les armes et les mesures restrictives ciblées contre plusieurs responsables vénézuéliens pour un an. Lire : Les sanctions sur le Venezuela prolongées

*Mardi 4 décembre 2018, la Commission européenne débloque une aide d'urgence de 20 millions d'euros destinée à assister les personnes victimes de la crise socio-économique au Venezuela. (communiqué)

*Lundi 10 décembre 2018, réunion des ministres des Affaires étrangères. Les ministres se centrent sur l'état de lieux des contacts pour établir un groupe de contact. Environ huit États membres voudraient en faire partie. Ce groupe devrait être lancé au début de l'année prochaine, selon nos informations. Son objectif étant exclusivement « d'aider à créer les conditions pour qu'une médiation puisse commencer ».

Mercredi 23 janvier 2019, le président de l'Assemblée nationale Juan Guaidó se proclame président par intérim du pays. La Haute représentante réagit très vite au nom de l'Union européenne. Elle se contente de reconnaitre l'Assemblée nationale en tant qu'institution élue démocratiquement, et appelle à des élections, comme elle le fait depuis mai 2018. Lire : Venezuela. Les Européens satisfaits de la prise de pouvoir de Guaidó sans l'avouer. Parmi les gouvernements européens, certains veulent reconnaitre Guaido dans les 8 jours. D’autres trainent.

Jeudi 31 janvier 2019, lors du Gymnich à Bucarest, la Haute représentante de l'UE Federica Mogherini confirme la création d'un groupe de contact international pour le Venezuela. Le secrétariat permanent sera assumé par l'Union européenne. Huit pays européens en font partie (France, Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Suède, Pays-Bas, Royaume-Uni), et quatre pays d'Amérique Latine (Equateur, Costa Rica, Uruguay, Bolivie). Objectif : « créer un climat de confiance et les conditions nécessaires à l'émergence d'un processus (électoral) crédible » et indépendant. Lire : Le groupe de contact international sur le Venezuela, enfin, créé ! Sous leadership européen. En parallèle, dans une résolution, le Parlement européen reconnait Juan Guaidó « comme président par intérim légitime de la République bolivarienne du Venezuela ».

Lundi 4 février 2019, 19 gouvernements européens reconnaissent de façon coordonnée Juan Guaidó, le président de l'Assemblée vénézuélienne, comme président par intérim, avec mandat de convoquer de nouvelles élections présidentielles. Neuf restent plus discrets. Lire : Venezuela : plusieurs pays européens reconnaissent Juan Guaido. Mais pas tous Cette division est révélatrice d'une division entre Européens. La position européenne reste difficile à comprendre.

Jeudi 7 février 2019, le groupe de contact international établi entre l'UE et l'Amérique latine décide de travailler dans deux directions : établir les garanties nécessaires à un processus électoral crédible et permettre l'acheminement de l'aide humanitaire.

*Lundi 18 février 2019, les ministres des Affaires étrangères se réunissent à Bruxelles et prennent leurs distances vis-à-vis des États-Unis. Ils demandent l'organisation de nouvelles élections présidentielles et renouvellent leur refus de soutenir une intervention militaire ou toute aide humanitaire militarisée. Lire : Venezuela. L’UE soutient Guaido, mais pas au détriment d’élections.

*Dimanche 24 février 2019, l'Union européenne condamne le régime Maduro dans son recours à la force, appelle à laisser passer l'aide humanitaire, et à une solution politique. L’Union européenne appelle au calme, abandonne son soutien exprès à Guaido et condamne toute intervention militaire (V2)

*Jeudi 28 mars 2019, la décision de disqualifier le président de l'Assemblée nationale, Juan Guaidó, de ses fonctions pendant 15 ans est « illégale », critique la Haute représentante de l'UE Federica Mogherini dans un communiqué. Il s'agit d'une « nouvelle preuve de la nature arbitraire des procédures judiciaires dans le pays ».

*—En parallèle, trois groupes de droite (PPE-ECR-ALDE) du Parlement européen adoptent une résolution (par 310 voix pour, 120 contre et 152 abstentions) qui soutient l'organisation d'élections présidentielles libres, transparentes et crédibles. La résolution reconnait Juan Guaidó comme Président par intérim légitime et appelle aux États membres ne l'ayant pas fait, de le reconnaitre.

*Jeudi 4 avril 2019, la Haute représentante de l'Union déclare, au nom des 28, que l'UE « rejette la décision de l'Assemblée nationale constituante non reconnue de lever l'immunité parlementaire de Juan Guaidó ».

*Mardi 30 avril 2019, « il ne peut y avoir qu'une issue politique, pacifique et démocratique aux multiples crises auxquelles [le Venezuela] est confronté », répète la Haute représentante, Federica Mogherini dans une déclaration au nom de l'Union européenne.

*Mardi 7 mai 2019, le groupe de contact international débouche sur la définition « d'options concrètes pour une solution pacifique et démocratique de la crise ». Mais « c'est un ensemble d'idées que nous n'allons pas rendre public », précise Federica Mogherini, la Haute représentante de l'UE, à la réunion de San Jose, lors de la conférence de presse.

*Jeudi 9 mai 2019, l'UE « appelle » à la libération immédiate du vice président de l'Assemblée nationale, Edgar Zambrano, arrêté par la police secrète. (communiqué)

*Mercredi 15 mai 2019, de nouvelles décisions judiciaires prises à l'encontre de membres de l'Assemblée nationale du Venezuela « s'inscrivent dans un ensemble de violations flagrantes des droits de la défense et de procédures judiciaires inéquitables. Elles constituent également des mesures d'intimidation claires visant à entraver le travail politique de l'Assemblée nationale. De telles mesures ne font que contribuer à polariser davantage la situation dans le pays », note le porte-parole du SEAE. L'Union européenne « souligne la nécessité de respecter pleinement la constitution du pays ainsi que les droits civils des législateurs et leur immunité parlementaire ». (communiqué)

*Vendredi et samedi 16 et 17 mai 2019, une mission composée de représentants du SEAE, d'Italie, du Portugal, d'Espagne, de Suède et d'Uruguay se rend au Venezuela pour des réunions avec tous les acteurs nationaux concernés par l'organisation « d'élections présidentielles libres et équitables ». (communiqué)

*Mardi 28 mai 2019, l'économiste et diplomate Enrique Iglesias est nommé conseiller spécial pour le Venezuela. Il conseillera la Haute représentante de l'Union européenne, Federica Mogherini, et le groupe de contact international (ICG).

*Lundi 3 juin 2019, rencontre à New York du groupe de Lima pour échanger sur la situation au Venezuela. (communiqué)

*Lundi 17 juin 2019, la Haute représentante Federica Mogherini publie une déclaration au nom de l'Union européenne, exprimant une « grave préoccupation devant la détérioration de la situation politique et humanitaire au Venezuela ».

*Samedi 29 juin 2019, alors qu'il était sous la garde des forces de sécurité vénézuéliennes, Rafael Acosta Arévalo, capitaine de l'armée, décède. C'est « un autre exemple frappant de la nature arbitraire du système judiciaire du pays et de l'absence de garanties et de droits pour les personnes en détention », indique le porte-parole du service diplomatique européen. (communiqué)

*Jeudi 11 juillet 2019, Michelle Bachelet, Haut commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, publie un rapport faisant état de graves violations de droits de l'Homme au Venezuela.

*Jeudi 18 juillet 2019, le Parlement européen approuve une résolution dénonçant la situation d'urgence au Venezuela par 455 voix 'pour', 85 'contre' et 105 abstentions.

*Jeudi 12 septembre 2019, une enveloppe de 10 millions d'euros est annoncée par l'UE en faveur des réfugiés vénézuéliens et des pays d'accueil, notamment la Colombie, l'Équateur et le Pérou. (communiqué)

*Vendredi 20 septembre 2019, le Tribunal (quatrième chambre élargie) rejette la requête du gouvernement vénézuélien à faire annuler l'embargo sur les armes et équipements militaires frappant la république bolivarienne. (affaire T-65/18)

 

*Jeudi 26 septembre 2019, réunion du groupe international de contact, ainsi que la Haute représentante Federica Mogherini, les ministres européens des Affaires étrangères et les pays de la région. Ils réaffirment « leur engagement indéfectible en faveur du retour à la démocratie et du respect de l'État de droit et des droits de l'homme au Venezuela par une transition pacifique, débouchant sur des élections présidentielles libres et équitables », rappellent leur « soutien » à l'Assemblée nationale démocratiquement élue et à ses dirigeants. Et disent leur « vive préoccupation face aux graves violations des droits de l'homme et des libertés fondamentales au Venezuela ». (déclaration commune)

*Vendredi 27 septembre 2019sept responsables du renseignement et de la sécurité du Venezuela sont mis sur liste noire européenne.

*—L'UE « invite les parties à reprendre des négociations sérieuses, crédibles et non exclusive, sur la base du programme convenu précédemment », indique la Haute représentante, Federica Mogherini, dans une déclaration.

*Lundi 30 septembre 2019, le président du Venezuela Nicolas Maduro déclare que les sanctions imposées par l'Union européenne le faisaient « rire », selon l'AFP. « Peu m'importent les sanctions de l'Union européenne, elles nous font rire, parce qu'elles les mettent dans une voie sans issue et les plongent dans la fange d'une politique qui échoue (...), celle de Donald Trump contre le Venezuela », déclare le dirigeant socialiste lors d'une conférence de presse à Caracas, réagissant à l'inscription de sept hauts gradés des forces de sécurité sur liste noire de l'UE. NB : Un propos contradictoire avec l'introduction par le Venezuela de recours devant la justice européenne.

*Mardi 8 octobre 2019, audition du Haut représentant, Josep Borrell. Sur le Venezuela, « nous devons faire ce que nous faisons déjà : exercer un pression politique pour que des élections démocratiques soient organisées, pour que les citoyens puissent s'exprimer. Nous avons reconnu Guaido. Il faut continuer sur cette ligne et rejeter des sanctions qui peuvent affecter encore plus les citoyens. Des sanctions individuelles oui, mais pas sectorielles. D'ailleurs nous en avons encore adopté récemment, et nous allons continuer. Mais je suis contre des sanctions qui aillent encore frapper un peuple qui est déjà au bord de la misère. Je ne crois pas que ce soit positif, ni même légitime ».

*Jeudi 17 octobre 2019, conseil des droits de l'Homme. Trois pays de l'Union européenne (Allemagne, Pays-Bas, Pologne) ont été élus par l'assemblée générale de l'ONU comme membres du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU pour la période 2020-2022. Le Venezuela, la Libye, le Soudan et la Mauritanie ont également été choisis. Ce qui a suscité une réaction européenne. Le porte-parole de Federica Mogherini a fait part de « (la) vive préoccupation (de l'Union européenne) devant le bilan des droits de l'Homme de certains des pays élus », citant le Venezuela. (communiqué)

*Lundi et mardi 28 et 29 octobre 2019, se tient une conférence internationale de solidarité à Bruxelles sur la crise des réfugiés et des migrants vénézuéliens. Selon les chiffres officiels, quelque 4,5 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays et la plupart d'entre eux se trouvent dans des pays de la région (Amérique latine ou Caraïbes). « Ce chiffre pourrait atteindre 6,5 millions de personnes d’ici fin 2020. » (déclaration)

*Vendredi 1 novembre 2019, « le 'statu quo' n'est pas une option » interpelle le groupe de contact international, alors que « les discussions facilitées par la Norvège sont suspendues et qu'il n'y a aucun signe d'un processus politique sérieux en vue d'une sortie démocratique et pacifique à la crise ». Le conseiller spécial de la Haute Représentante pour le Venezuela, Enrique Iglesias, doit se rendra à Caracas « pour des contacts avec toutes les parties prenantes nationales concernées ». (communiqué)

*Lundi 11 novembre 2019, les 28 prolongent les sanctions contre le Venezuela. But : encourager un changement politique. 

*Mardi 12 novembre 2019, la décision et le règlement prolongeant les mesures restrictives (embargo sur les armes, gel des avoirs et interdictions de visas) ont été publiés au journal officiel. Les informations concernant huit personnes ont également été mises à jour, dans le cadre du « réexamen » périodique des mesures restrictives. Précisons aussi que les textes ont été modifiées, avec l'insertion d'une formule désormais standard autorisant le Conseil, la Commission et le Haut représentant de l'Union « à traiter des données à caractère personnel », en application de la réglementation RGPD de 2016-2018. Ce « afin d'assurer une sécurité juridique maximale dans l'Union » et aux autorités européennes de « s'acquitter des tâches qui leur incombent » (règlement modificatif).

*Lundi 9 décembre 2019, le Haut représentant, Josep Borrell annonce au Conseil des Affaires étrangères que « L’Amérique latine est un des thèmes duquel nous devons parler parce que elle est, depuis le Chili jusqu’au Venezuela, dans une situation bien plus critique aujourd’hui que avant l’été. »

*Lundi 16 décembre 2019, le porte-parole du service diplomatique européen (SEAE) «regrette » que « (les) diplomates (de l'Union européenne) se soient, à nouveau, vu refuser l'accès en tant qu'observateurs aux audiences » des 16 députés vénézuéliens accusés d'avoir participé à l'attaque par drone d'août 2018. Il « regrette » également « que le procès n'ait jusqu'à présent pas fourni les garanties adéquates de transparence et de procédure légale ». Il rappelle au Venezuela sa « responsabilité particulière en tant que membre élu du Conseil des droits de l'homme ». (communiqué)

*Mercredi 18 décembre 2019, débat sur la crise humanitaire au Venezuela. Le Haut représentant de l'UE, Josep Borrell, confie son « problème de conscience », lié aux  sanctions imposées au régime Maduro depuis 2017. Outre une solution politique, il faut donc « trouver des solutions qui empêchent aussi que n’éclate une crise humanitaire terrible à cause de l’asphyxie économique ». Le Parlement européen votera la résolution suivant ce débat à la plénière de janvier. (discours)

*Samedi 21 décembre 2019, le Haut représentant de l'UE, Josep Borrell, rappelle dans une déclaration que « l'Union européenne réaffirme qu'une solution pacifique et politique ne peut être obtenue que si l'Assemblée nationale, le seul organe démocratiquement élu au Venezuela, est pleinement respectée et que ses membres peuvent exercer librement leurs prérogatives constitutionnelles».

*Dimanche 5 janvier 2020, le service diplomatique européen indique que « l'Union européenne continue de reconnaître Juan Guaidó comme président légitime de l'Assemblée nationale jusqu'à ce que les conditions d'une bonne session de vote puissent être assurées » indique le service diplomatique européen. Il estime que les « graves irrégularités » et les « actes contre le fonctionnement démocratique et constitutionnel de l'Assemblée nationale » au Venezuela « constituent une nouvelle étape dans la détérioration de la crise vénézuélienne ». (communiqué)

*Jeudi 9 janvier 2020, l’UE dénonce l’élection de Luis Parra et annonce de nouvelles sanctions. « Cette 'élection' n'est pas légitime car elle n'a pas respecté les procédures légales ni les principes constitutionnels démocratiques » assure Josep Borrell, Haut représentant de l'UE. (déclaration)

*Jeudi 16 janvier 2020, le Parlement européen apporte son soutien à Juan Guaidó « en tant que Président légitime de l’Assemblée nationale et Président par intérim du Venezuela ». Suite à la tentative le 5 janvier de le remplacer par le candidat du pouvoir. Résolution adoptée par 471 voix 'pour', 101 'contre' et 103 abstentions.

*Mercredi 22 janvier 2020,discussion entre le Haut représentant de l'UE et Juan Guaidó, et le président de l'assemblée nationale du Venezuela, opposant déclaré du président Maduros. Josep Borrell lui réaffirme « le soutien de l'Union européenne », « en tant que seul organe démocratiquement élu au Venezuela », et « à Juan Guaidó en tant que président légitime ». (communiqué)

*Lundi 17 février 2020, réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE. Un point sur la situation politique du Venezuela doit être fait. L'objectif est de faire l'évaluation du voyage de l'opposant Juan Guaido en Europe et la façon dont la communauté internationale peut assurer la tenue des élections. La question de recourir à de nouvelles sanctions est désormais sur la table. La décision pourrait être adoptée dans les semaines à venir.

*Dimanche 1 mars 2020, « les forces de sécurité ont l'obligation de prévenir la violence contre les manifestants » rappelle le SEAE, après que des hommes armés aient tiré sur une manifestation organisée par le président de l'Assemblée nationale (vénézuélienne) Juan Guaidó à Barquisimeto, dans l'État de Lara, samedi (29 février), faisant au moins un blessé. (communiqué)

*Mardi 10 mars 2020, le procureur général de la république du Venezuela annonce que Juan Guaidó a été convoqué pour une nouvelle tentative de coup d'État. (tweet)

* Lundi 23 mars 2020, lors de la réunion par vidéo-conférence des ministres des Affaires étrangères, les Européens ont donc accepté de soutenir la demande de l'Iran et du Venezuela au Fonds mondial international (FMI) pour obtenir un soutien financier. Mais la question essentielle reste les sanctions américaines qui rendent la situation dans ces pays très difficile. « Beaucoup de besoins ne sont pas soumis aux sanctions américaines » a tenu à rappeler le chef de la diplomatie européenne, lançant un appel au secteur. « Il faut le réaffirmer car beaucoup de gens et d'entreprises ont peur de faire du commerce avec ces pays. »

*Samedi 28 mars 2020, entretien téléphonique entre le Haut représentant de l'UE et son homologue américain, Mike Pompéo. Les crises en Syrie et en Libye, le Venezuela, l'Iran, les relations UE-Turquie, ont été parmi les « questions urgentes de politique étrangère » abordées. (communiqué UE en anglais, US en français)

*Jeudi 2 avril 2020, le SEAE va étudier « très attentivement » les propositions du secrétaire d'État américain Mike Pompeo pour trouver une issue à la crise au Venezuela promet son porte-parole. D'autant que la pandémie du COVID-19 risque d'avoir des  « effets potentiellement dévastateurs » dans ce pays. (communiqué).

*Vendredi 3 avril 2020, l'Union européenne « (prend) note avec intérêt de la nouvelle approche des sanctions américaines » vis-à-vis du Venezuela. Josep Borrell, Haut représentant de l'UE, précise que la proposition américaine de « transition démocratique » « s'inscrit dans la ligne de l'UE consistant à proposer une sortie pacifique de la crise par une voie négociée vers un gouvernement démocratique, qui est désormais plus nécessaire que jamais ». (déclaration)

*Mercredi 15 avril 2020, échange téléphonique entre le Haut représentant de l'UE, Josep Borrell et les trois présidents : Antonio Vitorino (Organisation internationale pour les migrations OIM), Filippo Grandi (Haut commissariat aux réfugiés HCR) et Peter Maurer, (Comité international de la Croix rouge CICR). Ils échangent sur la situation dans quatre pays en conflit (Syrie, Libye, Yémen, Venézuela) et en Afrique. (communiqué)

*Mardi 28 avril 2020, cinq pays européens (Belgique, Estonie, France, Allemagne et Pologne) membres du Conseil de sécurité de l'ONU, appellent « à la dépolitisation de l'aide humanitaire et à un accès humanitaire sûr et sans entrave » au Venezuela. (déclaration)

*Mardi 12 mai 2020, le régime de sanctions économiques qui concernent plusieurs pays sensibles (Cuba, Iran, Libye, Syrie, Corée du Nord et Venezuela), devrait être suspendu de façon temporaire. (lettre)

*Mercredi 6 mai 2020, le président vénézuélien Nicolas Maduro affirme que les deux Américains arrêtés au Venezuela pour avoir tenté d' « envahir » le pays seront jugés sur place lors d'une conférence de presse, rapporte notamment France 24.

*Vendredi 15 mai 2020, une conférence internationale des donateurs est organisée (par téléconférence) mardi 26 mai, coorganisée par l'Espagne et la Commission européenne. (communiqué)

*Mercredi 20 mai 2020, 50 millions d’euros d’aide supplémentaire sont débloqués pour faire face à la crise humanitaire liée à la pandémie Covid-19, dans la région du Sahel et du lac Tchad, en République centrafricaine, dans la région des Grands Lacs, en Afrique de l'Est, en Syrie, Yémen, Palestine, Venezuela ainsi que dans la communauté Rohingya. (communiqué)

*Mercredi 27 mai 2020, 2,544 milliards d'euros. C'est le chiffre atteint lors de la première conférence de donateurs en faveur des réfugiés vénézuéliens, organisée par l'Union européenne et l'Espagne. Une quarantaine de pays participent.

*Jeudi 4 juin 2020, les '27' condamnent la nomination de Luis Parra à la tête de l'Assemblée nationale, à la place de l'opposant Juan Guaidó, et la qualification d'organisation terroriste du parti politique Voluntad Popular, par le procureur général de la Cour suprême. (déclaration)

*Mardi 16 juin 2020, l'Union européenne condamne, par la voix du Haut représentant de l'UE, la « réduction de l'espace démocratique » au Venezuela après la nomination de recteurs du comité national électoral et la suspension des dirigeants de 'Accion Democratica', le principal parti d'opposition. (déclaration) Le groupe de contact international publie un communiqué similaire.

*Lundi 29 juin 2020, le président venezuélien annonce l'expulsion de l'ambassadrice de l'Union européenne au Venezuela, Isabel Brilhante Pedrosa.

*Mercredi 24 juin 2020, le groupe international de contact, réuni par vidéoconférence, dénonce la nomination des membres du conseil électoral national « ni équilibré ni indépendant ». (communiqué)

*Vendredi 26 juin 2020, © Procédure lancée. De nouvelles sanctions individuelles contre des officiels du gouvernement du Venezuela devraient être adoptées ce lundi (29 juin) par le biais de procédure écrite.

*Lundi 29 juin 2020, le Conseil de l'UE ajoute 11 hauts fonctionnaires vénézuéliens à la liste noire des personnes faisant l'objet de mesures restrictives. Ils sont interdits de séjour dans l'Union européenne. Et leurs avoirs sont gelés. En cause : « leur rôle dans des actes et décisions portant atteinte à la démocratie et à l'État de droit au Venezuela ». (communiqué, décision et règlement)

*Le président venezuélien annonce l'expulsion de l'ambassadrice de l'Union européenne au Venezuela, Isabel Brilhante Pedrosa, quelques heures après que l'annonce par Bruxelles de nouvelles sanctions contre 11 responsables du régime. Nicolás Maduro est colère. « Qui sont-ils pour tenter d'imposer la menace ? Ça suffit ! J'ai décidé de donner à l'ambassadeur de l'Union européenne à Caracas 72 heures pour quitter notre pays. Assez de colonialisme européen contre le Venezuela », déclare le leader vénézuélien à la télévision, selon les propos rapportés par le quotidien espagnol El Pais.

*Mardi 30 juin 2020, Bruxelles convoque l'ambassadrice du Venezuela, Isabel Brilhante Pedrosa, auprès des institutions européennes après l'expulsion de la cheffe de la délégation de l'Union européenne à Caracas. Le Haut représentant de la diplomatie européenne Josep Borrell menace de « prendre des mesures de réciprocité » sur son fils twitter.

*Jeudi 2 juillet 2020, le ministre vénézuélien du pouvoir populaire pour les Affaires étrangères, Jorge Arreaza, et le Haut représentant, Josep Borrell, annoncent que Caracas renonce à expulser Isabel Brilhante Pedrosa, ambassadrice de l'Union européenne, à Caracas. (communiqué)

*Vendredi 10 juillet 2020, le Parlement européen demande au Conseil d'envisager « d’étendre » la liste des noms de personnes adoptée le 29 juin et « de renforcer les sanctions » si la situation en matière de droits de l’homme et de démocratie « continue à se détériorer ». Le rapport porte également sur l'urgence envers la situation humanitaire adopté à 487 voix 'pour', 119 'contre' et 79 abstentions. (texte)

*Lundi 13 juillet 2020, réunion des ministres des Affaires étrangères. Le Haut représentant de l'UE fait le point sur la situation au Venezuela. Face à une situation « qui s'aggrave et se complexifie », il propose de « convoquer une réunion du groupe de contact international ». L'objectif est double : « analyser les conditions de nouvelles élections parlementaires et envoyer un message fort au régime de Maduro ».

*Le ministre slovaque des Affaires étrangères, Ivan Korcok, annonce que son pays a décidé de reconnaitre Juan Guaido comme le « président légitime du Venezuela ». (Lire : Venezuela : de nombreux pays européens reconnaissent Juan Guaidó. Sauf quelques uns (V3))

*Août 2020, la situation dans six pays (Rwanda, Colombie, Venezuela, Myanmar, Syrie et Irak) est passée au crible d'une étude (de 90 pages) du Parlement européen sur la lutte contre les impunités. (document)

*Vendredi 7 août 2020, le procureur général du Venezuela, Tarek William Saab, annonce que les deux anciens soldats américains ont été condamnés à 20 ans de prison pour une tentative ratée "d'invasion" du Venezuela par la mer. (article France 24 avec AFP)

*Lundi 24 août 2020, la Commission européenne finance deux vols pour livrer 82,5 tonnes d'aide humanitaire à partir de l'Espagne, les 19 et 21 août. (communiqué)

*Mardi 1 septembre 2020, points sur la situation au Liban et au Venezuela avec le SEAE, en commission AFET. À huis clos, échanges avec les nouveaux représentants de l'UE à Hong-Kong (Thomas Gnocchi) et en Turquie (Nikolaus Meyer-Landrut).

*Mercredi 2 septembre 2020, le gouvernement vénézuélien confirme sur twitter l'invitation des Nations unies et l'Union européenne à envoyer des observateurs pour les élections législatives de décembre 2020.

*Mercredi 16 septembre 2020, un rapport des Nations unies demande que les auteurs de crimes contre l'humanité soient tenus de rendre des comptes.

*Jeudi 17 septembre 2020, réunion du groupe de contact sur le Venezuela présidé par le Haut représentant. Ordre du jour : évolution de la situation politique et humanitaire.

*« Les conditions ne sont pas réunies, pour le moment, pour un processus électoral transparent, inclusif, libre et équitable » indique Josep Borrell, au nom du groupe de contact international. (communiqué)

*Jeudi 24 septembre 2020, le groupe chrétien-démocrate du Parlement européen (PPE) proteste officiellement contre l'envoi par le chef de la diplomatie européenne d'une équipe de négociation avec le pouvoir de Nicolas Maduro afin d'obtenir le report des élections. Mission qu'il considère « clandestine » et illégale. (lettre)

*Vendredi 25 septembre 2020, la Commission européenne dénie que l'équipe de négociation envoyée par le Haut représentant auprès du pouvoir de Nicolas Maduro afin d'obtenir le report des élections soit « une mission clandestine » comme l'accuse le parti populaire européen (PPE). « Les États membres ont été prévenus avant le départ de la délégation » et celle-ci s'exerce « dans le cadre du mandat donné par le Conseil des Affaires étrangères et le groupe de contact international » a précisé la porte-parole 'politique extérieure', Nabila Massrali.

À suivre...

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