La France prend la tête des projets de la coopération structurée permanente

(B2 - exclusif) Si on se fie à une petite analyse rapide de la participation des projets, la troisième vague est assez intéressante car elle apporte un certain rééquilibrage en Europe, à la fois dans le couple franco-allemand et entre l'Est et l'Ouest de l'Europe. L'hexagone prend la tête de la PESCO

B2 a fait tourner les chiffres dans une base 'maison' qui a suivi toutes les évolutions des projets PESCO.

Un rééquilibrage au sein du quatuor

Avec cette troisième vague, la France devient championne toutes catégories de la PESCO : elle participe à 30 projets (sur 47, soit 2/3 des projets) et en conduit 10 (soit un bon cinquième). Une nette remontée en puissance. En mars 2018, Paris avait vu avec timidité ce projet qu'elle ne comprenait plus (ce n'était pas l'avant-garde prévue par les Traités) tandis que l'Allemagne enfourchait derechef les rênes de la PESCO.

L'Allemagne est aujourd'hui plus en retrait, devenant le quatrième larron du quatuor là où elle était en tête au début. Berlin participe seulement à 16 projets dont il conduit 6, soit moitié moins que la France. Le taux de concentration (nombre de projets conduits / nombre de projets en participation) est assez  similaire entre Paris et Berlin, autour de un tiers.

L'Espagne a aussi décidé d'investir la PESCO : si elle ne conduit directement que 2 projets, ce qui est assez modeste, sa participation est aussi très nette (24 projets sur 47, soit un peu plus de 50%), la mettant en 3e position des participants, juste derrière l'Italie qui participe à 26 projets et en conduit 9.

Un rééquilibrage en Europe

Deuxième élément intéressant à signaler : les pays d'Europe de l'Est, en particulier la Roumanie (qui vient de présider l'Union européenne au 1er semestre 2019) ont décidé d'investir la PESCO. Bucarest s'affiche comme le champion de l'Est du continent avec 12 projets en participation dont 2 qu'elle conduit. Une remontée spectaculaire par rapport aux premiers éléments. La Hongrie qui a décidé une participation très nette lors de cette troisième vague est à égalité avec la Pologne avec 10 projets en participation dont un dirigé chacun. La république tchèque n'est pas loin dans cette dynamique avec 9 participations dont un projet conduit. Ce qui les rapproche des pays du Benelux qui sont restés plutôt prudents lors de cette dernière vague avec 2 projets conduits et 12 participations pour la Belgique, et 1 projet conduit et 11 participations pour les Pays-Bas. Les pays du Sud et de l'Est sont proportionnellement plus dynamiques que les pays du Nord.

Une répartition assez équilibrée

Les trois vagues de projets témoignent au total d'une répartition assez proportionnelle à la taille du pays, à son statut constitutionnel (neutralité, non alignement) et à l'importance de son armée dans la vie publique. La Grèce reste toujours après le quatuor de la PESCO le principal pays en termes de participations (14) comme de projets conduits (5). À l'autre bout, avec 2 participations uniquement, l'Irlande obéit à son statut de neutralité et une industrie plutôt limitée. Seuls huit pays ne conduisent aucun projet (Chypre, Croatie, Finlande, Irlande, Lettonie, Luxembourg, Slovénie, Suède), une liste assez logique à une ou deux exceptions près.

Six projets par pays en moyenne

Au niveau global, on constate que chaque projet rassemble en moyenne 6 pays (sur 25 participants à la PESCO), ce qui est plus qu'honorable. En moyenne, chaque pays participe à un cinquième des projets. Le taux de concentration moyen (nombre de projets conduits / nombre de projets en participation) étant de 15%.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

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