Les 28 soutiendront la RCA dans les réformes à venir

Les 28 soutiendront la RCA dans les réformes à venir

Une patrouille de Sangaris à Bangui (crédit : DICOD/EMA, janvier 2016)

Une patrouille de Sangaris à Bangui (crédit : DICOD/EMA, janvier 2016)

(B2) Les 28 ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, réunis à Bruxelles ce lundi (14 mars), veulent s'engager à continuer à soutenir le nouveau gouvernement centrafricain. Les 28 veulent appeler la communauté internationale à augmenter son effort pour « conforter dans la durée la sortie de crise de ce pays ». 

Succès de la transition politique 

Les 28 saluent le « nouvelle étape décisive franchie » par la République centrafricaine (RCA). « La tenue pacifique des scrutins électoraux en RCA avec une mobilisation importante des électeurs centrafricains est un succès réel pour le processus de transition politique et les aspirations démocratiques de la population centrafricaine dans son ensemble. » L'Union européenne appelle toutes les parties prenantes à « reconnaître la légitimité des autorités issues des élections » (*).

... qu'il faut finaliser

« Maintenant, il est important de finaliser le cycle électoral. L'organisation du second tour des élections législatives dans les délais impartis constitue, à cet égard, un pas décisif pour l'achèvement de la transition dans le pays. »

Soutien européen pour les « nombreux défis » à venir

Dans les conclusions, les 28 annoncent que l'Union européenne « est consciente de l'ampleur des défis qui demeurent et se tient prête à appuyer les autorités élues dans l'action qu'elles conduiront pour les relever ». Les ministres établissent une liste des « nombreux défis », entre lesquels se trouvent « le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR) des éléments des groupes armés, la consolidation de l'État et la réforme du secteur de la sécurité, la lutte contre l'impunité et la mise en place d'une justice transitionnelle et le retour des réfugiés et déplacés dans leur communauté d'origine ».

La sécurité, toujours aux mains de la MINUSCA et Sangaris

Le conseil salue l'engagement de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA) et l'appui de l'opération Sangaris « qui ont contribué largement au déroulement dans le calme du processus électoral »« L'action de la MINUSCA est primordiale » soulignent les conclusions. Notamment dans « la conduite du processus de DDR, pour coordonner l'aide internationale dans le domaine sécuritaire et pour aider les autorités à concevoir et à mettre en œuvre la réforme du secteur de sécurité, y compris par la prestation de conseil stratégique et en matière de "vetting" ». L'Union continuera à se coordonner « avec les Nations Unies et d'autres partenaires internationaux ».

Augmenter les efforts internationaux

Si la situation sécuritaire est « plus apaisée », l'Union « reste préoccupée par la situation humanitaire en RCA », en particulier pour les populations déplacées et/ou enclavées. Elle rappelle « son engagement continu et son effort humanitaire neutre et impartial ». Les 28 appellent la communauté internationale à apporter « un appui supplémentaire, y compris en faveur des populations les plus vulnérables, notamment afin de renforcer leurs capacités de résilience et de relancer au plus vite les grands projets de développement dont l'avenir du pays dépend. » L'Union européenne appelle l'ensemble des parties à « garantir aux organisations humanitaires et à leur personnel l’accès en toute sécurité, en temps opportun et sans entrave à toutes les zones ».

Une conférence internationale à Bruxelles bientôt

La « mobilisation internationale après les élections » doit être maintenu pour « conforter dans la durée la sortie de crise de ce pays », les 28 se disent disposés « à jouer un rôle actif dans cette mobilisation en appuyant l'organisation d'une conférence internationale, qui pourrait se tenir à Bruxelles ». Une mobilisation qui devrait permettre la continuation du fond Bêkou, en faveur de la reconstruction de la RCA.

(Leonor Hubaut) 

(*) Les élections présidentielles du 14 février ont élu à la Présidence de la République Faustin-Archange Touadéra.

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