Au Venezuela, faciliter le dialogue, le mot d’ordre de l’UE

Au Venezuela, faciliter le dialogue, le mot d’ordre de l’UE

(B2) Face à l'aggravation de la crise au Venezuela, l'Union européenne ne veut pas « rester assise et attendre ». Elle souhaite « jouer un rôle utile ». Un nouveau leitmotiv ?

Emmenés par l'Espagne, les Européens adoptent une stratégie plus souple vis-à-vis du Venezuela (crédit : Conseil de l'Union européenne)

L'Union européenne envisage de créer un groupe de contact chargé de gérer la crise au Venezuela, a annoncé la chef de la diplomatie européenne, ce lundi 15 octobre, à l'issue d'une réunion du Conseil des affaires étrangères à Luxembourg.

Crise politique : l'UE réaffirme sa position

« Nous avons réaffirmé notre position ferme face à la crise politique au Venezuela », assure Federica Mogherini. « Il ne peut y avoir qu'une solution politique démocratique à la crise actuelle dans le pays. »

Vers un possible rôle de facilitateur... 

Craignant que la situation politique ne s'améliore pas, les 28 « explorent la possibilité de créer un groupe de contact ». Il s'agirait d'un moyen pour aider à « créer les conditions pour d'un processus politique ». L'idée serait « d'être en contact avec les différentes parties - évidemment non seulement le gouvernement, mais aussi les différentes parties de l'opposition, impliquant certaines organisations internationales régionales acteurs ». Mais rien n'est décidé. La Haute représentante « ne veut pas créer d'expectative ». Pas question « d'empirer les tensions ». 

... mais pas de négociateur

Les limites sont claires. « Il ne s'agit pas de se positionner comme médiateur », reconnait le ministre espagnol Josep Borell. « Nous devons être à la mesure de ce que nous pouvons faire », explique un diplomate.

Pas de sanctions supplémentaires... pour l'instant

Quant aux mesures restrictives en place contre certains dignitaires vénézuéliens (lire : Venezuela. L’UE franchit un cap et gèle les avoirs de 11 responsables vénézuéliens), « cette politique va continuer », assure la Haute représentante. « L'Union européenne n'envisage aucunement d'atténuer sa position vis-à-vis du Venezuela. » Pas question non plus d'imposer un embargo sur le pétrole. « Il n'y a pratiquement aucune importation de pétrole vénézuélien en Europe », insiste un diplomate européen. Et d'ajouter que « les raffineries européennes ne sont pas conçues pour traiter ce type de brut ».  

Inquiétude sur la situation humanitaire

Les Européens ont également exprimé leur inquiétude sur la situation humanitaire, « une des pires » qui existent, avec plus de deux millions de vénézuéliens qui ont fui leur pays. Filippo Grandi, haut commissaire des nations unies pour les réfugiés (UNHCR), qui revient de la région et présent lors de la réunion, a dressé devant les ministres un tableau de la situation qui n'est pas merveilleux.

(Leonor Hubaut)

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