La PESCO comportera 17 projets. La liste définitive. Détails projet par projet (V5)

La PESCO comportera 17 projets. La liste définitive. Détails projet par projet (V5)

Le soutien médical a toujours difficile à obtenir dans les opérations de la PSDC. Ici. l'hôpital de campagne à Abéché monté par les Italiens (© NGV / B2).

(B2 - Exclusif) La liste finale des projets de la Coopération structurée permanente (PESCO ou CSP) qui sera annoncée, lundi (11 décembre), devrait comprendre, selon nos informations puisées à bonne source, dix-sept projets.

Cette liste sera l'objet d'une déclaration politique adoptée au conseil des Affaires étrangères de l'UE , en même temps que le projet de décision. D'un point de vue formel (lire : PESCO : quelques points (encore) à régler. Le COREPER saisi), l'adoption de la liste définitive sera effectuée ultérieurement (en janvier ou février).

Le regroupement possible uniquement sur le hub logistique

Quelques changements sont à constater dans la liste précédemment donnée. Il n'a pas été possible, en effet, de réduire la liste à quinze projets, comme proposé. Des dix neuf projets retenus dans la dernière liste (Lire : Quinze à dix-neuf projets retenus pour la PESCO. La liste quasi définitive), trois ont pu être regroupés facilement : les trois projets de hub logistique — portés l'un par l'Allemagne, l'autre par Chypre, le troisième par la France. Les autres projets (drones sous-marins) étaient trop différents pour pouvoir être simplement être regroupés.

Des participants et des observateurs

La liste ci-dessous comporte six projets de capacités (enablers), deux sur la formation, deux sur le Cyber, trois sur le maritime et quatre terrestres (mais aucun sur l'aérien qui fait déjà l'objet de plusieurs coopérations). Comme le veut la règle définie, un projet rassemble au moins deux pays participants. Et chaque pays participe à au moins un projet. Mais ils peuvent aussi signifier leur intérêt, sans participer, en devenant "observateurs" d'un projet. Cela leur permet d'être associés au projet, d'en suivre les évolutions et, au besoin, de le rejoindre plus ou moins rapidement. Les pays participent en général à plusieurs projets.

La participation multiple préférée à la participation en duo

On peut remarquer qu'en moyenne un projet rassemble trois à six pays. Un projet rassemble quasiment tous les États membres (la mobilité militaire)  tandis que deux autres rassemblent une bonne majorité de participants (hub logistique et formation). L'Italie apparaît comme le champion de la PESCO, conduisant 4 des 17 projets et participant à 12 autres (dans quasiment tous les projets donc, excepté la cyber réponse rapide). Deux projets ne rassemblent actuellement que deux pays participants. Ce qui permet de douter de leur intérêt comme de leur réalisation (les véhicules blindés, le soutien indirect au feu).

La liste des projets retenus

Facilités

1. Soutien médical. Commandement médical européen - European Medical Command (EMC)

Lead : Allemagne + 6 participants (Italie, Espagne, Pays-Bas, Roumanie, Suède, Slovaquie) + 6 observateurs (Bulgarie, Rép. Tchèque, France, Hongrie, Lituanie, Luxembourg)

Objectif : Le commandement médical européen (EMC) entend doter l'UE d'une capacité médicale durable pour soutenir les missions et les opérations sur le terrain. L'EMC fournira des ressources médicales essentielles, y compris un groupe de travail médical multinational avec une capacité rapidement déployable pour les soins primaires de base. Il fournira également des installations d'évacuation, de triage et de réanimation, de traitement et d'hébergement des patients jusqu'à ce qu'ils puissent être remis sur pied, ainsi que des soins dentaires d'urgence. Il assurera une gestion européenne efficace des services médicaux européens dits "rares" (avec une unité de planification, de gestion et de coordination). Il fournira aussi des ressources médicales essentielles et contribuera à harmoniser les normes médicales nationales, les conditions juridiques (au plan civil) et les principes du service sanitaire. Le projet devrait aussi faire progresser l'interopérabilité et la cohérence des capacités de soins de santé (avec la normalisation des concepts, la formation et certification).

2. Radio. Logiciel de sécurisation des radiofréquences - European Secure Software defined Radio (ESSOR)

Lead : France + 6 participants (BE, DE, FI, IT, NL, PL) + 2 observateurs (EE, ES)

Objectif : Ce projet fournira un système de communications militaires sécurisé, améliorant la communication voix et données entre les forces de l'UE sur une variété de plate-formes, y compris les appareils portatifs et montés sur véhicule. Il vise à développer des technologies communes pour les radios militaires européennes. L'adoption de ces technologies en tant que norme garantira l'interopérabilité des forces de l'UE dans le cadre d'opérations conjointes, quelles que soient les plates-formes radio utilisées.

3. Hub logistique et soutien aux opérations. Le réseau d'hub logistiques en Europe - Network of Logistic Hubs in Europe - regroupe trois projets précédemment définis : le hub logistique proposé par l'Allemagne (European Logistic Hub ou Log Hub), le réseau de structures logistiques en périphérie de l'Union - Logistic structures network at the periphery of the Union ou LSN proposé par Chypre et le soutien logistique aux opérations (support aux opérations) proposé par la France.

Lead : Allemagne + 12 participants (BE, BG, CY, EL, ES, HR, HU, IT, NL, PT, SI, SK) + 4 observateurs (FI, FR, LT, LU)

Objectif : En combinant l'infrastructure logistique et des processus existants, le projet entend améliorer l'approvisionnement logistique des missions et opérations. Il vise à établir des solutions transfrontalières pour un transport / logistique militaire plus efficace et sans rupture et à relier les initiatives européennes existantes sous un même toit logistique. Il est construit autour de cinq services : la planification de la logistique, la construction d'un réseau de pôles logistiques (hubs) en Europe, l'optimisation du stockage de matériel et des déplacements (transport), ainsi que la mise en place de normes et de procédures communes.

4. Mobilité militaire. Simplification et standardisation des procédures de transport militaire transfrontalières - Simplifying and standardizing cross-border military transport procedures

Lead : Pays-Bas + 22 participants (AT, BE, BG, CY, CZ, DE, NL EE, EL, ES, FI, HR, HU, IT, LT, LU, LV, PL, PT, RO, SE, SI, SK) + 1 observateur (FR)

Objectif : Ce projet entend soutenir l'engagement des États membres à simplifier et à normaliser les procédures de transport militaire transfrontalier. Il vise ainsi à améliorer la vitesse de déplacement des forces militaires à travers l'Europe, comme à à garantir la circulation sans entrave du personnel et des biens militaires à l'intérieur des frontières de l'UE. Cela implique d'éviter de longues procédures bureaucratiques pour traverser les États membres de l'UE, que ce soit par voie ferroviaire, routière, aérienne ou maritime. Le projet devrait contribuer à réduire les obstacles juridiques aux déplacements transfrontaliers, aux exigences bureaucratiques persistantes (comme les contrôles des passeports à certains postes frontaliers) et aux problèmes d'infrastructure, comme les routes et les ponts qui ne peuvent accueillir de gros véhicules militaires.

7. Energie. Fonction énergie en opération - Energy Operational Function (EOF)

Lead : France + 3 participants (BE, ES, IT) + 5 observateurs (CY, DE, IE, NL, PT)

Objectif : Améliorer l'autonomie énergétique en opération. Basé sur les retours d'expérience, ce projet vise un double objectif : 1°) développer ensemble de nouveaux systèmes d'approvisionnement en énergie pour les camps déployés dans le cadre d'opérations conjointes et pour les appareils et équipements connectés au soldat 2°) faire en sorte que la question de l'énergie soit prise en compte depuis la conception des systèmes de combat jusqu'à la mise en œuvre du soutien aux opérations, y compris dans le cadre de la planification opérationnelle. NB : c'est une question vitale aujourd'hui surtout dans les lieux difficiles à atteindre (comme au Sahel) mais aussi dans les autres opérations (type Afghanistan). La consommation d'énergie devient une préoccupation vitale des armées déployées en Opérations extérieures (lire cette étude réalisée par le CICDE en 2009)

14. Commandement. Système de commandement et contrôle (C2) des missions/opérations de la PSDC - Strategic Command and Control (C2) System for CSDP Missions and Operations

Lead : Espagne + 3 participants (DE, IT, PT)+ 1 observateur (LU)

Objectif :  améliorer les systèmes de commandement et de contrôle des missions et des opérations de l'UE au niveau stratégique. Une fois mis en œuvre, le projet renforcera le processus de prise de décision militaire, améliorera la planification et la conduite des missions et la coordination des forces de l'UE. Le système de commandement et de contrôle stratégique (C2) pour les missions PSDC reliera les utilisateurs en fournissant des systèmes d'information et des outils d'aide à la décision qui aideront les commandants stratégiques à accomplir leurs missions. L'intégration des systèmes d'information comprendrait les systèmes de renseignement, de surveillance, de commandement et de contrôle et de logistique.

Formation

5. Formation. Centre d’excellence pour les missions de formation de l'UE (EUTM) - European Union Training Mission Competence Centre (EUTMCC)

Lead : Allemagne + 12 participants (AT, BE, CY, ES, FR, IE, IT, LU, NL, PT, RO, SE) + 2 observateurs (CZ, SI)

Objectif : améliorer la disponibilité, l'interopérabilité, les compétences spécifiques et le professionnalisme du personnel (formateurs) pour les missions de formation de l'UE dans les États membres participants. Ce centre devrait aussi permettre d'accélérer la mise à disposition des missions EUTM grâce à une meilleure connaissance de la situation sur le personnel formé, éduqué et disponible pour les missions de formation actuelles et futures de l'UE. Une base de données devrait être ainsi constituée pour les formateurs et les mentors.

6. Certification. Centre de certification des formateurs pour les armées européennes - European Training Certification for European Armies

Lead : Italie + 2 participants (EL, PT) + 1 observateur (ES)

Objectif : Le Centre européen de certification en formation des armées européennes vise à promouvoir la normalisation des procédures entre les armées européennes et à permettre au personnel, jusqu'au niveau des divisions, de pratiquer l'ensemble des fonctions de commandement et de contrôle (C2) aux niveaux terrestre, interarmées et inter-institutions en Europe. Le Centre sera aussi en charge de l'environnement d'entraînement. Le Centre veillera à ce que les soldats et les employés civils travaillent ensemble dans un environnement d'entraînement simulé avec des scénarios tels que «Assistance humanitaire» et « Soutien à la stabilisation et au renforcement des capacités » et contribuent à consolider, partager et faire connaître disponible pour planifier et mener des missions et des opérations PSDC.

Maritime

9. Drones sous-marins. Drones sous-marins détecteurs et destructeurs de mines - Maritime (semi-)Autonomous Systems for Mine Countermeasures (MAS MCM)

Lead : Belgique + 6 participants (EL, IE, IT, NL, PT, RO) + 3 observateurs (EE, ES, FR)

Objectif : Essais conjoints de systèmes sous-marins semi-autonomes militaires.

10. Surveillance portuaire. Système autonome de protection et surveillance des ports - Harbour & Maritime Surveillance and Protection (HARMSPRO)

Lead : Italie + 3 participants (EL, IE, PT) + 2 observateurs (BE, NL)

Objectif : Développement d'un système pour rassembler les technologies existantes de protection des infrastructures critiques en zone portuaire et maritime.

11. Surveillance Maritime. Mise à jour du système de surveillance maritime - Upgrade of the Maritime Surveillance System (MSS)

Lead : Grèce + 6 participants (BG, CY, ES, HR, IE, IT) + 1 observateur (PT)

Objectif : améliorer la surveillance maritime, la connaissance de la situation et l'efficacité potentielle de l'intervention de l'UE, en utilisant l'infrastructure existante, en déployant des moyens et en développant des capacités connexes à l'avenir. Le projet va intégrer des systèmes de surveillance terrestres, des plates-formes maritimes et aériennes afin de diffuser des informations en temps réel aux États membres, afin de fournir une réponse rapide et efficace dans les eaux internationales.

Cyber

12. Cyber. Plateforme de partage d’informations sur la réponse aux attaques et menaces cyber - Cyber Threats and Incident Response Information Sharing Platform

Lead : Grèce + 7 participants (AT, CY, ES, HU, IE, IT, PT) + 6 observateurs (BE, DE, EE, FI, LT, SI)

Objectif : Ce projet vise à aider à atténuer ces risques en mettant l'accent sur le partage des renseignements sur les menaces cybernétiques au moyen d'une plate-forme d'États membres en réseau, dans le but de renforcer les capacités de cyberdéfense des pays, des pare-feu aux mesures plus actives.

13. Cyber. Équipes de réaction rapide aux attaques cyber et assistance mutuelle dans la cybersécurité - Assistance in Cyber security and Cyber Rapid Response Teams (CRRT)

Lead : Lituanie + 4 participants (ES, FI, HR, NL) + 5 observateurs (BE, DE, EE, EL, SI)

Objectif : intégrer l'expertise des États membres dans le domaine de la cyberdéfense. Ces équipes d'intervention rapide (CRRT) permettront aux États membres de s'entraider afin de garantir un niveau plus élevé de cyber-résilience et de répondre collectivement aux incidents cybernétiques. Les Cyber RRT pourraient être utilisés pour aider les autres États membres et les institutions de l'UE, les opérations et missions de la PSDC ainsi que les pays partenaires. Les CRRT seront équipés de boîtes à outils Cyber ​​déployables, unifiées, conçues pour détecter, reconnaître et atténuer les cybermenaces. Les équipes d'intervention seraient en mesure de fournir de l'aide en matière de formation, de diagnostic et d'attribution de criminalistique et d'aide aux opérations.

Terrestre

8. Secours d'urgence. Soutien militaire déployable en cas de catastrophe - Deployable Military Disaster Relief Package (DMDRP)

Lead : Italie + 6 participants (AT, EL, ES, HR, IE, PT) + 1 observateurs (BG)

Objectif : construction d'un QG mobile et déployable pour les secours aux sinistrés.

15. Blindés. Véhicules blindés d'infanterie (AIFV Armoured Infantry Fighting Vehicle), amphibie (AAV Amphibious Assault Vehicle) et léger (LAV Light Armored Vehicle)

Lead : Italie + 1 participant (EL) + 5 observateurs (CZ, ES, HU, PT, SK)

Objectif : assurer l'interopérabilité entre les armées européennes en développant et construisant un prototype de véhicule blindé de combat d'infanterie / véhicule d'assaut amphibie / véhicule blindé léger. Les véhicules seraient basés sur une plate-forme commune et seraient aptes à être déployés rapidement pour des tâches de reconnaissance, soutien au combat, soutien logistique, commandement et contrôle, et soutien médical.

16. Artillerie. Soutien indirect au tir - Indirect Fire Support (EuroArtillery)

Lead : Slovaquie + 1 participant (IT) + 6 observateurs (BG, CZ, ES, HU, PT, SI)

Objectif : mettre au point une plate-forme d'artillerie mobile de précision, pouvant contribuer aux besoins de l'UE en matière de capacités de combat dans le cadre d'opérations militaires. Cette plate-forme devrait inclure l'emploi de munitions décisives pour la bataille terrestre, de munitions non létales et un système commun de contrôle du feu pour améliorer la coordination et l'interopérabilité dans les opérations multinationales. L'ambition est ainsi d'acquérir une nouvelle capacité / plate-forme d'une composante clé de la mission pour les forces terrestres à court et à moyen terme.

17. Opérations militaires. Noyau opérationnel pour la réponse de crise (EUFOR CROC) Crisis Response Operation Core

Lead : Allemagne + 4 participants (France, Espagne, Italie, Chypre) + 4 observateurs (Belgique, Portugal, Rép. tchèque, Slovénie).

Objectif : contribuer de manière décisive à la création d'un ensemble cohérent de forces à spectre complet. EUFOR CROC entend identifier les compétences et les forces nécessaires pour la gestion de crise, avec une évaluation commune de la menace et la planification du déploiement, afin de raccourcir le temps de réaction en cas de crise. Dans la phase 1, le projet commencera par une étude de mise en œuvre. « Demain si nous lançons une opération plutôt au milieu du spectre de crise du type EUFOR Tchad 2008, il est important de pouvoir identifier extrêmement rapidement des troupes capables d'intervenir sur place, donc de ne pas attendre la conférence de génération de force, d'identifier à l'avance, le type de troupes d'unité (combattantes, soutien, transport stratégique, etc.) nécessaires et disponibles », explique un expert diplomatique du dossier.

(Nicolas Gros-Verheyde, avec FDG)

Télécharger le mémo sur les 17 projets avec les détails projet par projet

Lire aussi (pour avoir une analyse pays par pays) : PESCO. Les champions, les actifs, les réticents. Qui participe à quoi ?

MAJ. Article publié dans une première version le 7.12 sur B2 pro, mis à jour et ouvert à la lecture le 10.12, détails sur les projets le 11.12)