Le dossier des relocalisations sème le trouble entre Donald Tusk et Dimitris Avramopoulos

Le dossier des relocalisations sème le trouble entre Donald Tusk et Dimitris Avramopoulos

Dimitris Avramopoulos au Parlement européen (crédit : PE)

(B2) Entre la Commission européenne et le Conseil européen, du moins entre leurs deux présidents, le torchon brûle. En cause, l'immigration et le projet européen d'avoir une relocalisation obligatoire. Dans un document destiné à préparer le dîner du Conseil européen de jeudi (14 décembre), consacré à la migration, Donald Tusk a décidé de poser des questions franchement. Celui qui n'a jamais caché un certain scepticisme sur la question des quotas obligatoires souligne combien celle-ci « s'est révélée très conflictuelle ». Cette approche a reçu « une attention disproportionnée au regard de son impact sur le terrain. En ce sens, elle s'est avéré inefficace. » Un propos qui a suscité quelque remous à la Commission européenne notamment.

Un document inacceptable

Dimitris Avramopolous n'a pas caché sa colère lors d'une conférence de presse au Parlement européen ce mardi (12 décembre) : « Le document préparé par le président Tusk est inacceptable. Il est anti-européen et ignore tout le travail que nous avons fait au cours des trois dernières années, que nous avons fait ce travail ensemble.»

Un document qui sape les piliers européens

Et le commissaire grec d'attaquer bille en tête Donald Tusk, avec une violence rarement usitée, en public. « Le rôle du président du Conseil européen est de défendre l'unité et les principes européens. Cet article sape l'un des principaux piliers du projet européen, le principe de solidarité. L'Europe, sans solidarité, ne peut exister. Ce principe est dans le texte fondateur. Notre succès dans la gestion de la migration ne peut pas être attribué aux États membres individuels. Ce sont des succès européens, qui sont le résultat de nos efforts conjoints, des institutions européennes, des agences et des États membres. »

Pas d'Europe forteresse

Avramopoulos ne s'arrête pas en si bon chemin. Un président « ne devrait pas s'opposer à la protection de nos frontières extérieures et à notre devoir de protéger les réfugiés. C'est un devoir, moral et légal, de protéger les réfugiés. » C'est une question de principes et de valeurs selon lui. « Nous ne construisons pas une Europe forteresse ; cela n'arrivera jamais. Je ne suis pas du tout d'accord avec l'affirmation selon laquelle la réinstallation en tant que réponse d'urgence a été inefficace. [...] Nous devons alimenter notre unité, rester unis et ne pas alimenter les positions anti-européennes. » Il s'élève ainsi en faux contre la réputation d'inefficacité de ce dispositif. « Plus de 32.000 personnes ont été relocalisées jusqu'à présent. C'est plus de 90% de tous ceux qui étaient éligibles. La solidarité ne peut pas être choisie. Il n'y a pas de solidarité à la carte. »

(NGV avec LH)