Des formations en commun pour des déploiements en commun ? Ici des casques bleus finlandais (crédit : MOD Finlande)

Suédois et Finlandais veulent travailler leur défense en commun

Les ministres suédois et finlandais de la Défense, Karin Enström et Carl Haglund, ont signé, mardi (6 mai), un accord sur le développement des grandes orientations de la coopération en matière de défense.

Des formations en commun pour des déploiements en commun ? Ici des casques bleus finlandais (crédit : MOD Finlande)
Des formations en commun pour des déploiements en commun ? Ici des casques bleus finlandais (crédit : MOD Finlande)

(BRUXELLES2) Finlande et Suède sont proches géographiquement. Elles n'appartiennent à aucune alliance militaire et ont des armées assez semblables. Renforcer leur coopération pourrait être aussi simple que l'attraction terrestre. Cependant ce n'est pas le cas. Du moins pas encore. L'accord, signé le 6 mai, est un « signal fort en matière de politique de sécurité » souligne le ministre finlandais de la Défense Carl Haglund. Mais, en aucun cas  « une alliance militaire ».

9 secteurs de coopération

L'accord cerne neuf terrains de coopération la fois dans le court terme (2014-2015) et de la perspective à long terme (2016-): de la logistique et de la gestion du matériel à la création d'unités conjointes de la marine ou l'armée de l'air en passant par les exercices conjointsLes études prendront plusieurs mois, et les décisions politiques seront prises en 2015. Un premier rapport est attendu pour octobre 2014 et le rapport final en janvier 2015. Les premières décisions devraient être prises d'ici février 2015. Et leur mise en oeuvre pourrait commencer rapidement au printemps 2015.

Des unités communes maritime et aérienne

Premier terrain de coopération : la création d’unités communes pour la marine et l’armée de l’air. La Finlande et la Suède pourraient ainsi proposer aux opérations de gestion de crise de l’UE, de l’ONU et de l’OTAN des unités conjointes de soldats finlandais et suédois, formées et entrainées ensemble, qui partageraient les mêmes infrastructures de base, et dont le contrôle opérationnel (OpCon) pourrait être exercé en commun. « L’idée principale est de pouvoir agir ensemble dans les opérations de gestion de crise mais les unités communes signifieraient aussi que, en cas de crise dans une région limitrophe, les troupes pourraient éventuellement agir ensemble », explique le ministre finlandais de la Défense, Carl Haglund.

Acquisitions en commun

Les possibilités d’une acquisition en commun de navires pour les marines est aussi mis sur la table. « Les deux [pays] doivent dans les dix ans renouveler leurs navires. Nous avons des conditions et des côtes semblables, de sorte que les exigences pour les navires seraient les mêmes », explique le ministre. « La sous-traitance conjointe à des entreprises, la coopération bilatérale dans l'entretien ou le développement des capacités » sont également évoqués.

Les formations

Autre terrain de coopération : les différents exercices et formation entre les deux armées de terre, notamment pour la formation de base, à l'artillerie, dans les unités mécanisés ou pour les exercices en condition extrême nordique, comme dans le partage des infrastructures de formation.

Echanges de personnel, canaux sécurisés de communication, etc.

Les échanges de personnel entre les ministères de la défense, le développement de canaux de communication sécurisé appropriées à différents niveaux, y compris un lien sécurisé pour la visioconférence, la mise en œuvre « d'analyses conjointes sur des questions d'enjeux communs et de la coopération de défense » sont également évoqués.

(NGV)

Télécharger la lettre de mission (en suédois)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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