Conférence Genève 2. Les Européens pour une véritable transition politique

(BRUXELLES2 - mis à jour) Sujet du Conseil des Affaires étrangères de ce lundi (20 janvier), la crise syrienne a été au centre des discussions des ministres dans « toutes ses dimensions ». Les ministres ont ainsi évoqué les deux volets principaux du conflit, le processus politique comme la situation humanitaire. Ils ont voulu aussi aborder la question des combattants étrangers (en Syrie), qui devient de plus en plus préoccupante, comme celle du démantèlement de l'arsenal chimique syrien, qui est en bonne voie. (Télécharger les conclusions adoptées ici!)

  • La préparation de la Conférence de Genève II, le 22 janvier, restait conditionnée à la décision de la coalition syrienne de participer à la conférence. Sa décision de participer, puis sa condition mise à la non-invitation de l'Iran aux négociations, a fait peser jusqu'au dernier moment, une hypothèque sur les négociations de Genève. Les diplomates européens ont, dans tous les cas, préparé « un plan B »... au cas où.

Volet politique : la préparation de Genève II

Pour l'Union européenne, la solution se trouve dans « une véritable transition politique, basée sur le résultat de la conférence de Genève I (du 30 juin 2012), préservant « la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de la Syrie ». Comme l'explique un haut diplomate européen : « l'Union européenne soutient tout ce qui va dans le sens d'une solution politique ». L'objectif est de « faire avancer des mesures pour rétablir un début de confiance et alléger les souffrances du peuple et de la population syrienne ».

Le soutien au processus international. Pour les "28", la conférence de Genève n'est qu'une « première étape dans un processus qui pourrait conduire à une solution politique au conflit ». L'UE apporte ainsi « son soutien à son Représentant spécial, Lakhdar Brahimi et son équipe ».

Vers un gouvernement de transition. Le Conseil rappelle l'objectif de la Conférence de Genève II : former « par consentement mutuel un gouvernement de transition » (Transitional Governing Body (TGB) doté des pleins pouvoirs exécutifs, incluant la sécurité, l'armée et les renseignements (« intelligence ») ». Il rappelle également que « toute élection en Syrie devrait seulement se passer dans le cadre du Communiqué de Genève ».

Assister la délégation de l'opposition. Les 28 sont « prêts à assister la délégation de l'opposition - dirigée par la SOC (décision de la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution) en cas de besoin dans une partie de la négociation » ("in needs that might arise as part of the negotiation").

Volet humanitaire 

La question de « l’accès à l'aide humanitaire et la libération des prisonniers politiques » fait partie du dispositif européen. Objectif, selon un diplomate européen: « faire avancer des mesures pour rétablir un début de confiance et alléger les souffrances du peuple et population syrienne ».

Encourager des mesures concrètes.  Des mesures doivent être prises tels que « l'accord sur le cessez-le-feu local, la levée du siège sur certaines zones urbaines afin de permettre un meilleur accès humanitaire, et la libération des prisonniers détenus arbitrairement ainsi que l'échange de détenus ». Un diplomate européenne a ainsi affirmé : « on a trouvé le moyen d’améliorer l’accès au territoire ». La notion de corridors humanitaires a en effet été évoquée avec les Russes et, par leur intermédiaire, avec le régime de Bachar.

Inclure l'ensemble des communautés. L'UE souligne « l'importance d'un processus de paix inclusif en Syrie. » Elle « soutient la participation active et significative des femmes et de la société civile dans le processus global de transition politique ». Pour cela, le Conseil s'en remet aux Nations-Unis pour « faciliter la participation des groupes de femmes ». L'Union européenne s'est dit aussi concernée par « la situation critique de tous les groupes vulnérables et les minorités ethniques et religieuses ».

Lire aussi : Brèves et Confis (13 janvier 2014) - Aide humanitaire 

Combattants étrangers

Un retrait immédiat. Les "28" « appellent tous les combattants étrangers en Syrie, y compris le Hezbollah, à se retirer immédiatement ».

Coopérer avec les pays-tiers. L'Union européenne appelle « tous les Etats riverains, ou  qui ont un accès aérien ou maritime à la Syrie » à la « vigilance ». Ces Etats sont encouragés « à prendre des mesures appropriées pour empêcher le flux de combattants étrangers en provenance et vers la Syrie ». Et cela passe par la « [coopération] avec les pays tiers et faire face efficacement contre le terrorisme et le financement des flux de combattants étrangers ». NB : Un appel dirigé vers la Turquie et le Liban notamment.

Lire aussi : Combattants étrangers. La Commission lance le rappel

Transfert d'armes chimiques 

Beaucoup reste à faire. « Beaucoup reste à faire, y compris pour la destruction effective des produits chimiques. » indique le Conseil, qui « salue » néanmoins « le début du transfert d'armes chimiques » comme  « une étape importante ». Elle doit être suivie par « une action rapide et décisive du gouvernement syrien pour répondre à toutes ses obligations et engagements dans les délais convenus ». 

La responsabilité revient au régime syrien. « Une contribution financière supplémentaire à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) est requise » remarquent les  « 28 » , qui renvoient la « responsabilité de couvrir les coût associés »  au régime syrien. Néanmoins, ils réaffirment leur soutien financier, politique et logistique à l'OIAC. 

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