Un bilan positif pour Barkhane, relève sans nuances un rapport de l’Assemblée nationale

(B2) « La France ne s’enlise pas au Sahel : il n’y a aujourd’hui aucune solution sans Barkhane. En revanche, la patience stratégique s’impose »

Reconnaissance par les Maliens de l'ULRI et les Français de Barkhane lors de l'opération Bourrasque (crédit : EMA / DICOD)

C'est ainsi que se conclut le rapport d’information de la commission des Forces armées de l’Assemblée nationale française qui vient d'être publié, le 14 avril. Rédigé par Sereine Mauborgne (LaREM/ALDE, Var) et Nathalie Serre (app. LR/PPE) entérine sans ambages la stratégie officielle poursuivie, dressant « un bilan incontestablement positif ».

Une évolution vers le coopération structurelle

Le rapport recommande simplement de faire « évoluer » l'opération « vers un dispositif de coopération structurelle régionale, la responsabilisation croissante des forces locales n’induisant pas le retrait complet des troupes françaises ». Les forces françaises pourraient « apporter un soutien sur des moyens critiques – comme la chasse ou le renseignement – d’être en mesure d’agir à des fins de réassurance – sous la forme d’une force de réaction rapide maintenue sur le théâtre – de poursuivre la lutte contre le terrorisme et de mettre en œuvre un partenariat de combat approfondi avec les forces locales, en fonction de leurs besoins et de leurs demandes ».

Un rapport décevant

[Commentaire] Très documenté, ce rapport dresse un excellent état des lieux. Mais il se révèle cependant plutôt en-deçà de l'ambition annoncée qui était de s'interroger sur le cadre de l'opération Barkhane. La distanciation avec le langage officiel est parfois si faible qu'on a l'impression de lire un bon dossier de presse rédigé par le ministère plutôt qu'un rapport parlementaire.

Les titres comme le contenu de certains chapitres — « Barkhane, socle robuste de la lutte contre le terrorisme », « une opération dynamique en perpétuelle adaptation », « d'indéniables succès », « succès incontestable de l’opération Serval », « Takuba : un succès pour la France », « la France n'est pas seule au Sahel » — peuvent prêter parfois à sourire, tant le sens de la nuance est assez absent. On est ainsi très loin, et même aux antipodes d'un rapport d'information tel qu'on peut le lire à la Chambre des Communes ou des Lords ou au Congrès US.

Aucune mise en doute, ou même de mise en relief ou de questionnement de l'intervention militaire ne trouve ici d'interstices. Le présupposé que « La lutte contre le terrorisme constitue le socle sur lequel pourront se déployer les actions civiles et politiques permettant d’atteindre [l']objectif [de] stabilisation du Sahel » est souvent contesté par certains experts bons connaisseurs du terrain (lire : Au Sahel, le prisme unique de la lutte anti-terrorisme est dépassé (Niagalé Bagayoko)).

(AP & NGV)

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