(Photo Parlement européen)
(B2) Un seul tour aura suffi pour l'élection de la candidate du PPE à la tête de l'institution, mardi 18 janvier. Elle offre à l'île méditerranéenne de Malte, le confetti européen de 457.000 habitants, une place sur l'un des trois podiums institutionnels européen. Roberta est la troisième femme à présider le Parlement européen. C'est aussi la plus jeune de l'histoire européenne. Tout cela un jour d'anniversaire !

Une victoire à un tour et trois groupes

Roberta Metsola devrait se souvenir longtemps de ce cadeau d'anniversaire. Celle qui fête aujourd'hui ses 43 ans, vient d'être élue présidente du Parlement européen jusqu'en 2024. Au terme du premier et donc unique tour de scrutin, puisqu'avec 458 voix (1), elle décroche d'emblée la majorité absolue. Cela n'était pas arrivé depuis 2014 et la ré-élection de l'Allemand du SPD (S&D) Martin Schultz. Il faut dire que la candidate a bénéficié de l'accord politique conclu hier entre les trois grands groupes de l'assemblée (PPE, S&D et Renew). Ce matin, le candidat ECR, Kosma Złotowski, avait même retiré sa candidature. 

La majorité absolue haut la main

Ne restaient que les candidats des Écologistes et de la gauche radicale qui n'ont réussi qu'à réunir à peine plus que les voix de leur groupe respectif. Sur 690 votants, 616 se sont exprimés. Roberta Metsola réunit 458 voix (pour un seuil de majorité à 309 voix), soit un score de presque 75% (74,3%), Alice Bah Kuhnke (Verts) recueille 101 suffrages et Sira Rego (GUE) 57 voix. 74 députés se sont abstenus ou glissé un bulletin nul.

Une femme, vingt ans après

Présidente par intérim depuis le 11 janvier, suite au décès du président sortant, David Maria Sassoli, c'est la troisième femme à présider le Parlement européen depuis 1979 (date de la première élection du Parlement au suffrage universel). Elle succède à deux Françaises, Simone Weil (1979/1982) et Nicole Fontaine (1999/2002). « J'espère qu'il ne faudra pas attendre encore vingt ans pour qu'une autre femme préside le Parlement européen », a glissé la Maltaise ce midi lors de son premier discours de présidente.

À 20 ans, le début de l'activisme politique pro-européen

1999 est une année marquante pour l'étudiante de 20 ans qu'elle est alors. Roberta fait en effet partie de la « première génération Erasmus ». Dans sa famille on ne faisait pas de politique. Elle, s'enflamme pour le projet d'adhésion de Malte à l'Union européenne. Celle qui dit adorer la loi européenne, comme la sociologie, a la passion européenne de celles et ceux qui ont encore gravé dans leur histoire personnelle le moment où leur pays a rejoint le projet des pères fondateurs de l'Union européenne. C'était en 2004.

De droite conservatrice, mais progressiste sur certains sujets

Mise au ban par une partie de l'hémicycle européen pour ses positions anti-avortement, Malte étant le dernier pays européen à pénaliser l'IVG, Roberta Metsola n'a pourtant rien de la caricature du leader de droite, nationaliste, conservateur. Ses positions sont moins tranchées. Lors d'un débat sur l’arrêt controversé sur l'avortement en Pologne, en novembre 2020, elle charge, fustigeant le gouvernement polonais qui « éloigne la Pologne de l'Europe ».

Une parlementaire engagée sur l'état de droit

Ceux qui s'intéressent aux questions liées à l'état de droit, aux libertés, aux migrations, ont pu éprouver aussi son approche progressiste sur nombre de sujets, sa faculté à ne pas esquiver, ni à hausser le ton. Porte-parole du groupe de la droite et du centre (PPE) sur les questions de justice et d'affaires intérieures, elle s'impose coordinatrice pour le PPE au sein de la commission LIBE. Elle s'investit dans le groupe sur l'État de droit, la démocratie. Elle fait son combat d'obtenir justice de l'assassinat de la journaliste et blogueuse maltaise Daphne Caruana Galizia, en 2017, pour avoir enquêtée sur la corruption à l'oeuvre à Malte. À Bruxelles, elle mène la commission d'enquête sur Frontex en 2021 lorsque l'agence est remise en cause sur ses pratiques (refoulement des réfugiés, etc.).

L'unité de Chypre

Députée européenne depuis 2013, Roberta gagne en notoriété lorsqu'elle accède au poste de première vice-présidence en octobre 2020, en remplacement de l'Irlandaise Mairead McGuinness partie rejoindre la Commission européenne. Elle a ce matin glissé quelques priorités, au titre desquelles, oeuvrer à l'unité de Chypre ! « Nous ne serons jamais entiers tant que Chypre sera divisé ».

Une victoire aussi pour Malte

Cette élection est aussi une victoire pour Malte qui rejoint le petit club des pays ayant obtenu pour l'un des leurs la présidence du Parlement. C'est la seconde fois que le poste est occupé par un des nouveaux pays adhérents de l'Union issus des derniers élargissements de 2004-2007. Le premier l'était par le Polonais Bronislaw Geremek. Le perchoir du Parlement européen a été occupé une fois par un Irlandais, un Britannique, un Néerlandais et un Polonais, deux fois par un Italien, trois fois par un Français ou une Française, idem pour l'Espagne, et quatre fois par un Allemand.

(Emmanuelle Stroesser)

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